Chapitre 114
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 114 : La Faille du temps (4)
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L’Empire d’Elandor comptait plusieurs grandes maisons qui avaient contribué à la fondation du pays.
Elles regroupaient les familles des fondateurs qui s’étaient installés dans la capitale, Archandia, aux côtés du Premier Empereur, et avaient bâti le royaume.
La Maison Lucent figurait sans conteste parmi les plus éminentes. C’était une maison prestigieuse, à l’histoire la plus longue. Avant même la fondation du Royaume d’Elandor, elle avait régné sur une petite nation. Elle avait aidé le Premier Empereur à ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire. Tandis que les familles des autres fondateurs recevaient de l’Empereur de nouveaux noms et de nouveaux patronymes, la Maison Lucent fut la seule à conserver son nom d’origine.
C’était une façon de montrer qu’elle n’oublierait pas ses racines.
C’était aussi pour cela qu’elle constituait la principale opposition à l’Empereur. Elle était la seule maison capable de tenir tête à la Famille impériale d’Archandia. Pouvoir lui adresser des conseils francs, qu’aucune autre famille n’aurait pu se permettre, était l’un de ses privilèges.
Même la Maison Lucent avait connu un chef de famille qu’elle jugeait si honteux qu’elle aurait voulu effacer jusqu’à son souvenir.
« Alfred… Lucent… »
Elysia murmura le nom du vieil homme d’un air absent, comme pour se le répéter. Elle semblait accablée d’apprendre que le mage âgé qui se tenait devant elle était l’un de ses lointains ancêtres.
« Si je ne me trompe pas, Alfred Lucent fut l’un des pires traîtres de l’histoire impériale, un homme qui tenta d’assassiner l’Empereur. C’est bien cela ? »
Kyle posa la question à sa place.
Alfred Lucent. Il était assez célèbre pour que Kyle ait croisé son nom à plusieurs reprises dans des livres.
Trois cents ans plus tôt, alors que le Royaume d’Alenos, au sud, s’effondrait sous les coups de la guerre civile, il était le plus grand archimage de l’Empire. Il était aussi le chef de la plus prestigieuse et de la plus ancienne maison d’Elandor. Pourtant, après une seule erreur, il avait disparu du monde, un perdant avide effacé de l’histoire.
« C’est la version officielle. »
Alfred acquiesça calmement. Même en s’entendant traiter en face de l’un des pires traîtres, il ne semblait pas le moins du monde contrarié.
« La version officielle ? »
« C’est exact. J’étais un traître, mais pas parce que j’avais tenté d’assassiner l’Empereur. C’était parce que j’avais appris un secret impérial que je n’aurais jamais dû connaître. »
« Alors pourquoi ? »
« Parce que la Famille impériale a répandu cette histoire. J’avais découvert un secret que seuls l’Empereur et quelques rares personnes connaissaient. Il était donc inévitable que je devienne une épine dans leur pied. Ils se sont débarrassés de moi sous le prétexte bien commode d’une tentative de régicide. Je n’avais pas le choix. Pour sauver ma maison et les siens, j’ai dû accepter ma mort en silence. »
Puis Alfred commença lentement à révéler la vérité sur ce jour-là.
Des secrets qui n’avaient rien à voir avec ce que rapportaient les livres d’histoire, des détails que seul pouvait connaître quelqu’un qui avait été présent.
Après avoir perdu les faveurs de l’Empereur, il n’y avait plus d’autre issue. La Maison Lucent nia tout lien avec Alfred et déclara qu’il serait exécuté. Son bourreau ne fut autre que son fils aîné et héritier, Raymond Lucent. En échange de sa poursuite aux côtés d’un chevalier wyverne et de l’avoir tué de ses propres mains, la Maison Lucent avait été autorisée à survivre.
Voilà ce que racontait la version officielle. La vérité, elle, était tout autre.
« Je n’ai pas fui. J’ai simplement attendu la mort. J’ai attendu que mon fils me tranche la tête, devant le commandant des Chevaliers célestes. »
Il poursuivit d’une voix calme :
« Certains membres de la maison s’y sont opposés. Ils voulaient demander asile à la Fédération. Je les en ai empêchés. J’ai négocié la survie de la maison en offrant ma tête, directement à l’Empereur. Il a dit qu’il l’épargnerait si j’emportais tous les secrets avec moi et mourais sans faire de bruit. »
« Mais vous… non, monsieur… »
Elysia l’interrompit brusquement. Elle semblait avoir repris un peu contenance, mais ne parvenait toujours pas à dissimuler le tremblement de sa voix. Il aurait été plus étrange encore qu’elle demeure calme alors que l’un de ses lointains ancêtres, considéré comme l’un des pires traîtres de l’Empire, se tenait devant elle.
« Vous vous demandez pourquoi je suis en vie ? »
Elysia se tut, les lèvres serrées.
« Vous venez forcément du futur, après ma mort. A-t-on consigné que j’étais mort en traître ? »
Kyle hésita un bref instant avant de répondre.
« … Oui. »
« Je vois. »
« Comment êtes-vous encore en vie ? »
« Je ne suis pas mort. Plus exactement, je suis tombé en ce lieu juste avant de mourir. Découvrir le secret impérial n’était pas mon seul crime. J’en avais commis un autre, tout aussi important. »
« Lequel ? »
« Un fragment du Cœur du Dragon de Prisia. »
Alfred planta son regard dans celui de Kyle.
« Ils savaient que j’avais découvert le secret impérial, mais ignoraient que j’avais dérobé le Cœur du Dragon en cachette. À l’époque, j’ai détruit toutes les archives concernant les recherches sur le Cœur du Dragon de Prisia. Je l’ai gardé caché jusqu’au bout, puis je l’ai remis secrètement à mon fils juste avant de mourir, sans que le chevalier wyverne s’en aperçoive. Alors, comme s’il avait attendu cet instant, le Cœur du Dragon s’est déchaîné… »
Sa voix s’éteignit.
Kyle s’attarda sur le mot qu’Alfred venait d’employer.
Déchaîné.
Il était tombé dans le passé parce que le Cœur du Dragon s’était déchaîné.
La même chose s’était-elle produite lorsque la faille était entrée en résonance avec le Cœur du Dragon ? La faille n’avait été qu’un intermédiaire : Kyle et Elysia étaient tombés dans le passé uniquement à cause du Cœur du Dragon de Prisia.
« Est-ce le Cœur du Dragon de Prisia ? »
Kyle sortit de ses vêtements un pendentif serti d’une pierre blanche. Les yeux dorés d’Alfred, si semblables à ceux d’Elysia, s’écarquillèrent.
« C’est bien lui ! »
« … »
« Ha… Vous l’aviez donc vraiment. Je me disais que c’était possible, mais… »
Après avoir reçu le Cœur du Dragon des mains de Kyle, Alfred retourna la pierre blanche entre ses doigts. Même sous la douce lumière jaune qui baignait la maison, son éclat d’un blanc pur ne perdait rien de son intensité. Il vacillait au rythme de l’immense flot de mana qui tourbillonnait en son sein.
Une contrefaçon n’aurait jamais pu offrir un tel spectacle.
« À présent, je suis curieux, moi aussi. Je crois vous avoir suffisamment dit qui je suis. À mon tour de vous poser la question : qui êtes-vous, tous les deux ? »
Alfred rendit le Cœur du Dragon à Kyle et les regarda tour à tour.
« Je… »
Elysia hésita et jeta un regard à Kyle. Il hocha légèrement la tête pour lui faire comprendre qu’elle pouvait répondre comme elle l’entendait.
Au bout d’un instant, Elysia prit la parole, le visage résolu.
« Elysia Lucent Archandia. »
« Quoi… ? »
« C’est mon nom. »
« Lucent Archandia… Vous êtes ma descendante, née de l’union de la Maison Lucent et de la Famille impériale ? »
Alfred parut plus stupéfait encore qu’à la vue du Cœur du Dragon de Prisia. Son regard se posa naturellement sur Kyle, assis à côté d’elle.
« Alors, vous êtes… »
« Kyle Baldrick. »
« Baldrick ? Baldrick, c’est bien… »
« C’est le nom de famille d’Asherad, le premier roi de Hailen. Il lui a été accordé directement par la Famille royale. »
« Si je ne me trompe pas, il n’y a qu’une seule raison pour laquelle quelqu’un recevrait le nom de famille de la Famille royale de Hailen. Êtes-vous le commandant des Chevaliers des Cendres ? »
« Ce titre ne signifie plus rien. Du moins, à l’époque d’où nous venons, les Chevaliers des Cendres n’existent plus. »
Les lèvres d’Alfred s’entrouvrirent.
La disparition des Chevaliers des Cendres, l’ordre royal de Hailen, ne pouvait signifier qu’une chose : le pays était tombé.
« Pourquoi… ? »
« L’Empire a envahi le royaume. »
« Et il est tombé ? »
« Oui. »
« C’est impossible. Hailen a disparu ? Le Hailen que je connaissais n’était pas un pays qui pouvait tomber si facilement… »
Alfred poussa un soupir de profonde tristesse.
Hailen était le seul royaume du nord, plus ancien encore que l’Empire d’Elandor. Son premier roi, Asherad, l’avait fondé en unissant les tribus dispersées dans la région.
Une nation aussi riche d’histoire était tombée.
Et sous les coups de la patrie d’Alfred lui-même.
« De quelle époque venez-vous ? »
Le visage grave, Alfred regarda Kyle et Elysia.
Kyle répondit aussitôt.
« Environ trois cents ans après votre arrivée dans le passé. »
« Trois cents ans… Je vois. Tant de temps a donc passé. »
Alfred gémit et se prit le front.
« Si vous voyagez ensemble, alors la Maison Lucent… »
Elysia détourna les yeux. Un désespoir indescriptible envahit le visage ridé du vieil homme.
« Elle a été détruite ? »
« … Oui. »
« Pourquoi ? »
« Pour la raison que vous avez devinée. Elle a perdu les faveurs de l’Empereur. À mon époque, la Maison Lucent avait déjà perdu peu à peu son influence en tant que force d’opposition à l’Empereur. »
« Alors, sa ruine était inévitable. »
Trois cents ans, c’était long.
Assez pour que plusieurs nations apparaissent et disparaissent. En si longtemps, Hailen, qui avait perduré plus de mille ans, pouvait tout à fait être anéanti, et la Maison Lucent, la plus grande maison fondatrice de l’Empire, rayée de la carte.
C’était simplement difficile à accepter pour un homme qui avait autrefois dirigé la Maison Lucent.
Le silence s’étira. Personne ne prit la parole.
La soupe, qui avait été chaude, refroidit dans le silence.
Kyle reprit la cuillère qu’il avait posée. Il en recueillit une bouchée et la porta à ses lèvres. La soupe froide avait un goût fade, mais il finit en silence ce qu’il en restait.
Cling.
Kyle posa sa cuillère.
Au même moment, Alfred et Elysia, qui avaient repris leur repas en silence comme Kyle, reposèrent leurs couverts et relevèrent la tête.
« J’ai peut-être entendu trop de choses d’un coup. Je suis un peu perdu. »
Alfred ravala un soupir, l’air troublé, puis se leva. D’un geste magique, il fit flotter les trois bols vides jusqu’à un coin de la cuisine, puis revint avec trois gobelets d’eau fraîche.
« L’une de vous est ma descendante, née de l’union de la Maison Lucent et de la Famille impériale, et l’autre est le dernier commandant des Chevaliers des Cendres… Quelle que soit la façon dont je vois les choses, cela ne ressemble pas à une simple coïncidence. Je n’ai jamais beaucoup cru au destin, d’ailleurs. »
Il se rassit et but longuement.
Kyle contempla silencieusement le gobelet devant lui. Elysia aussi semblait perdue dans ses pensées, comme si elle avait besoin d’un moment pour mettre de l’ordre dans ses idées.
« Monsieur… Non, duc Alfred. »
Kyle fut le premier à parler.
« Hum ? Allez-y. »
« Que pensez-vous de l’Empire ? »
Kyle ne tourna pas autour du pot.
Alfred ouvrit de grands yeux. Un instant plus tard, un léger sourire effleura ses lèvres.
« Vous êtes plutôt direct. »
« … »
« Ce que je pense de l’Empire… C’est compliqué. Mais je n’en ai pas une bonne opinion. Il fut un temps où je me croyais le fidèle serviteur de l’Empereur et un pilier de l’Empire. Plus depuis que j’ai appris la vérité. »
« Lui en voulez-vous, alors ? »
Kyle fixa Alfred droit dans les yeux.
Le vieux mage ne détourna pas le regard. Il se contenta d’un sourire amer.
« Lui en vouloir… »
« Au bout du compte, l’Empereur a tenté de vous tuer. Votre propre maison, la Maison Lucent, a été détruite pour s’être opposée à lui. »
« … »
« C’est pareil pour moi. Les Chevaliers des Cendres ont été dissous et Hailen a sombré dans l’histoire. »
« Qu’essayez-vous de dire ? »
« Nous avons besoin de la puissance nécessaire pour nous opposer à l’Empire. »
Kyle le dit sans détour.
« Même si nous devons d’abord retrouver notre futur d’origine, cela ne fait que rendre les choses plus urgentes. Alors dites-nous : quel est exactement le secret impérial qui vous a poussé à choisir la mort ? »
Lorsqu’il eut fini de parler, Kyle s’assit en silence et attendit la réponse d’Alfred.
Le vieux mage détourna les yeux du regard inébranlable de Kyle et se tourna sur le côté.
Elysia, aux yeux dorés et aux cheveux platine semblables à ceux d’Alfred, affichait la même détermination que Kyle. Il était évident qu’elle partageait ses pensées.
Elle était une descendante d’Alfred, une Princesse impériale issue de la Maison Lucent.
Et Kyle était le dernier commandant de l’ordre chevaleresque de Hailen, désormais tombé.
En temps normal, ils ne se seraient jamais rencontrés. En tant que Princesse impériale, Elysia n’aurait eu aucune raison de quitter Archandia, la capitale de l’Empire. Si Hailen était tombé sous l’invasion impériale, les Chevaliers des Cendres royaux auraient combattu sans répit sur les champs de bataille.
Pourtant, ils voyageaient ensemble.
Leur relation n’avait rien d’ordinaire.
Le vieux mage, que sa longue vie avait rendu perspicace, le comprit aussitôt. Une telle confiance ne se bâtissait pas en un jour. Elle ne naissait qu’après avoir franchi ensemble, encore et encore, la frontière entre la vie et la mort.
Alors, si tous deux voulaient la mort de l’Empereur et la destruction de l’Empire…
Peut-être…
« Laissez-moi d’abord vous poser une question. »
Alfred, qui faisait courir ses doigts sur son gobelet à moitié plein depuis un moment, prit enfin la parole.
« Le Royaume d’Elandor est devenu un Empire il y a moins de cinq cents ans. Pourtant, Prisia est morte bien avant cela, il y a mille ans. Comme vous le savez, Prisia était différente des Dragons ordinaires. Le titre de Dragon primordial ne signifie pas seulement qu’elle fut le premier Dragon. Il exprime aussi la révérence qu’elle inspirait : aucun autre Dragon ne pouvait l’égaler. »
« Je le sais. »
« Alors, vous êtes-vous déjà posé cette question ? »
Après une courte pause, Alfred poursuivit :
« Pourquoi le Premier Empereur a-t-il fondé un royaume alors qu’il avait Prisia, un être d’une telle puissance, à ses côtés ? Le pays n’était-il pas assez fort pour proclamer un Empire ? Pourtant, il disposait du Dragon primordial, un Dragon gardien qu’aucun être ne pouvait approcher, et ce jusqu’à la mort de tous les autres Dragons. Est-ce logique ? »
« … »
« Le Royaume d’Elandor n’est devenu un Empire qu’après s’être mis sérieusement à apprivoiser les wyvernes et avoir fondé les Chevaliers célestes. Avant cela, il n’avait même pas les moyens d’envisager de devenir un Empire. Et c’était encore vrai du vivant de Prisia. À votre avis, pourquoi ? Prisia était-elle moins puissante que ne le racontent les légendes ? Pourquoi la Famille impériale d’Archandia était-elle si obsédée par les wyvernes ? Et pourquoi ne les a-t-elle pas apprivoisées du vivant de Prisia ? »
Kyle voulut répondre par réflexe, mais aucun son ne franchit sa gorge.
Les paroles d’Alfred se tenaient.
Prisia était le Dragon le plus puissant de l’histoire.
Alors pourquoi l’Empire, qui s’appuyait désormais sur les wyvernes, était-il plus puissant qu’à l’époque où Prisia était en vie ?
Le premier et le dernier Dragon.
Un Dragon ordinaire pouvait à lui seul détruire un petit pays. Le bon sens ne permettait pas de comprendre une telle chose. Si le Premier Empereur l’avait voulu, il aurait pu unifier tout le continent occidental et fonder un Empire au lieu du Royaume d’Elandor, mille ans plus tôt.
Il en allait de même pour l’apprivoisement des wyvernes. S’il avait fait appel à l’autorité de Prisia, capable d’exercer même une infime part de Magie temporelle, cela n’aurait pas dû être difficile.
Pourquoi ?
« Prisia n’est pas le Dragon gardien de l’Empire. »
Comme pour faire voler ces questions en éclats, Alfred ajouta calmement :
« Elle ne l’a jamais été. Dès le début, elle fut une victime, maintenue de force sous l’emprise du Premier Empereur. »
Kyle en resta sans voix.
Elysia n’était pas moins bouleversée.
Les paroles d’Alfred étaient si stupéfiantes qu’elles semblaient nier tout ce qu’ils avaient appris sur l’histoire de Velia.
Ah.
Kyle leva les yeux vers le plafond, l’air absent.
À bien y penser, plus d’une chose était étrange.
Prisia, que l’on disait Dragon gardien de l’Empire, se montrait exceptionnellement bienveillante envers Kyle. Elle lui apparaissait souvent en rêve. Elle avait sauvé Kyle et Elysia lorsqu’ils avaient failli se noyer dans le Détroit de Pargon.
Cela n’avait aucun sens, puisque Kyle était le dernier commandant des Chevaliers des Cendres, aujourd’hui dissous, et l’ennemi juré de l’Empire.
Si Prisia était vraiment le Dragon gardien de l’Empire.
« On dirait que vous avez compris quelque chose. »
Kyle remua les lèvres sans un son. Elysia était dans le même état. Aucun d’eux ne parvenait à surmonter le choc immense.
« Et surtout, tous les Empereurs de l’histoire ont été le Premier Empereur. »
Alfred leur porta le coup de grâce.
« Dès qu’ils montent sur le trône, leur personnalité disparaît et celle du Premier Empereur s’impose peu à peu à eux. Des monstres portant la peau humaine de descendants transmis de génération en génération. Voilà le secret du Premier Empereur que j’ai découvert, et la plus grande honte de l’Empire, qu’il s’est efforcé de dissimuler. Un secret qui ne doit jamais être révélé au monde extérieur. »
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