Chapitre 105
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 105 : Là où l’appel de la tempête résonne (5)
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Il sombra plus profondément.
Il sombra sous la mer. Sous sa conscience. Jusqu’au fond.
Kyle dérivait à la frontière entre la vie et la mort. Son corps lui semblait atrocement lourd, comme si quelque chose l’écrasait. Ses mains et ses pieds ne lui obéissaient plus, comme s’ils avaient été étroitement ligotés. À chaque instant, il sentait la mort se rapprocher.
Pourtant, il était en paix. À un moment donné, la douleur dans ses poumons, comme s’ils allaient éclater, s’était évanouie. Le chant céleste qui lui avait résonné aux oreilles avait lui aussi disparu.
Tout lui semblait vide. Pour la première fois, aucune pensée ni inquiétude parasite ne troublait son esprit.
Paradoxalement, c’était ainsi.
Je suis fatigué.
Dans ce monde entièrement teinté de noir, Kyle songea :
Ses pensées embrumées aboutirent à une seule conclusion.
Si je ferme les yeux comme ça… je pourrai me reposer pour toujours.
Pourtant, au fil du temps, le calme autour de lui se mit lentement à vaciller. Le poids qui écrasait ses membres s’allégea. Ses cinq sens lui revinrent un à un, et Kyle s’efforça désespérément de bouger les bras et les jambes.
Il força sa main gauche, celle qui portait la bague, à se refermer en poing.
Je ne peux pas mourir comme ça.
J’ai encore des choses à faire. Je n’ai encore rien accompli…
Tandis que Kyle marmonnait pour lui-même, quelque chose l’enveloppa soudain d’une douce chaleur. La sensation lui était inconnue, et pourtant étrangement familière.
Kyle ne la repoussa pas.
Il l’accepta telle quelle.
Lorsqu’il entrouvrit les yeux, il aperçut quelque chose dans son champ de vision restreint.
Un dragon d’un blanc pur, couvert d’écailles aussi blanches que la neige, entourait le corps de Kyle.
Kyle contempla la scène d’un air absent.
« Ton souhait sera exaucé. »
Une voix de femme familière résonna dans son esprit.
« Selon ta volonté. »
Des yeux bleus comme des saphirs se tournèrent vers Kyle. Leurs pupilles verticales le fixèrent.
Kyle ne détourna pas le regard.
À l’instant où il croisa ces immenses yeux bleus, sa conscience, qui venait à peine de s’éveiller, sombra de nouveau sous la surface.
* * *
« Hum ! Hum, hum… »
Quelque chose lui chatouilla la gorge et Kyle toussa par réflexe. Après avoir recraché de l’eau pendant un moment, il se prit le front palpitant et se redressa péniblement.
« Où suis-je… »
Kyle regarda autour de lui.
La première chose qu’il vit fut l’horizon, au loin. En levant les yeux, il aperçut le soleil haut dans le ciel, légèrement incliné vers l’ouest. Puis, en baissant le regard, il vit les vagues paisibles déferler à intervalles réguliers et une plage de sable fin, toute blanche.
La côte ?
Cette pensée lui traversa l’esprit et Kyle vérifia aussitôt son corps. Un geste purement instinctif.
Il n’avait aucune blessure visible ni lésion interne. Son manteau de cuir, sa cape noire et son épée à la taille étaient toujours là. La pochette d’inventaire qu’il gardait sous ses vêtements était intacte elle aussi.
La seule différence, c’était que son corps entier était trempé d’eau de mer.
Kyle sortit sa montre de poche et vérifia l’heure. Ils étaient entrés dans le détroit en fin d’après-midi, mais il était maintenant tôt dans l’après-midi. Au moins une journée s’était écoulée.
Il ignorait combien de jours avaient passé depuis le naufrage.
Et le Cœur du Dragon.
À la vue du pendentif serti d’une gemme blanche, qu’il tenait serré dans sa main droite, les pensées engourdies de Kyle se remirent à défiler à toute allure.
Il se trouvait bien sous la mer avant de perdre connaissance.
Ils étaient montés à bord d’un navire à Cadis, en direction de la Fédération, puis avaient pénétré dans le Détroit de Pargon. Ils avaient rencontré des pirates. Ensuite, ils avaient affronté des vagues auxquelles ils ne pouvaient résister, et le navire s’était brisé en deux.
Elysia et lui avaient sombré ensemble sous la mer. Comme s’il priait pour un miracle, il avait tendu la main vers le Cœur du Dragon qui remontait à la surface.
La scène qu’il avait entrevue un instant, quand sa conscience était remontée à la surface, restait parfaitement nette dans son esprit. Kyle tenta de se rappeler le dragon qu’il avait vu pour la deuxième fois.
Était-ce un rêve ? Une illusion ? Ou une vision apparue au seuil de la mort ?
Mais surtout, où était Elysia ?
Perdu dans ses pensées, Kyle regarda vivement autour de lui. Par chance, une silhouette en robe blanche gisait à proximité.
Kyle se releva aussitôt. Il fit quelques pas et s’arrêta devant Elysia.
Comme Kyle quelques instants plus tôt, elle était inconsciente, les yeux fermés. Ses cheveux blond platine, d’un éclat lumineux, étaient trempés sous la capuche de sa robe retournée.
Elle ne présentait aucune blessure visible.
Kyle s’agenouilla devant elle et plaça sa main sous son nez. Il sentit à peine son souffle léger effleurer ses doigts.
Ce n’est qu’alors qu’il poussa un soupir de soulagement et lui secoua doucement l’épaule.
« Elysia. »
« Ugh… »
« Elysia. Tu m’entends ? »
Elysia gémit à voix basse. Kyle attendit en silence.
Bientôt, ses paupières frémirent et s’ouvrirent lentement. Ses yeux dorés se tournèrent vers Kyle, penché au-dessus d’elle.
« Kyle… ? »
« Oui. C’est moi. »
Au début, Elysia cligna des yeux, l’air absent. Puis la conscience revint peu à peu dans son regard.
Kyle l’aida à se redresser quand elle tenta de prendre appui sur le sable.
« Tu peux tenir debout ? »
« Mm… »
Elysia se releva en vacillant. Kyle la rattrapa quand elle chancela.
« Cet endroit… »
Elysia murmura.
Un vent marin frais et humide soufflait sur eux. L’horizon s’étirait à perte de vue. En contrebas, la mer bleue venait doucement clapoter contre le sable blanc, vague après vague.
« Je crois qu’on est sur une île », dit Kyle à côté d’elle après avoir contemplé la mer un moment.
« Une île ? Ne me dis pas que… »
« Si je ne me trompe pas, nous sommes dans l’Archipel de Corsa. C’est la seule terre vers laquelle la tempête aurait pu nous pousser depuis le détroit. »
Kyle se retourna. Elysia suivit son regard.
De l’autre côté de la mer s’étendait une dense forêt de grands arbres. Rien n’indiquait que des hommes avaient jamais foulé ces terres.
Le rivage s’étendait si loin dans les deux directions qu’ils n’en voyaient pas le bout. Pourtant, ce n’était pas un continent.
Kyle balaya les environs avec le mana de sa bague, puis claqua intérieurement la langue. L’île était bien plus vaste qu’il ne l’avait imaginé.
Dans le Détroit de Pargon, une seule terre, qui ne faisait pas partie du continent, pouvait être aussi grande : l’Archipel de Corsa.
« Alors, nous avons vraiment fait naufrage. Je n’aurais jamais cru que ça nous arriverait… »
Elysia se tourna vers la mer et marmonna d’un ton préoccupé. Elle se remémora son dernier souvenir.
Le navire marchand avait été englouti par les vagues. Après avoir sombré dans la mer avec Kyle, elle ne se rappelait plus de rien.
« Kyle. »
Elysia remua les lèvres.
« Je t’écoute. »
« Quelle heure est-il ? »
« Environ deux heures. »
« Une journée a passé ? »
« Probablement. »
« C’est toi qui m’as amenée jusqu’ici ? Pour être honnête, quand je suis tombée à la mer, j’ai cru que j’allais mourir. Nous étions en plein milieu du détroit. »
Kyle, qui allait répondre, se tut.
Même Kyle ignorait comment il avait survécu. Il ne pouvait même pas savoir si le dragon qu’il avait vu pour la deuxième fois était réel, imaginaire ou le fruit d’une hallucination.
« On a juste… eu de la chance. »
Il baissa les yeux vers le Cœur du Dragon dans sa main droite. Le pendentif serti d’une gemme blanche brillait toujours d’une lumière immaculée.
Kyle sentait le mana de Frisia bouillonner à l’intérieur.
« …Je vois. »
Kyle utilisa le mana de sa bague pour extraire toute l’eau de mer qui avait imprégné sa cape et ses vêtements. À son exemple, Elysia essora sa robe et ses cheveux.
Aucune autre île n’était visible depuis la plage qui s’étendait devant eux.
Kyle tendit le Cœur du Dragon à Elysia, mais elle ne le prit pas. Au contraire, elle refusa.
« Non, garde-le. »
« Tu es sûre ? »
« Je crois qu’il vaut mieux que tu le gardes, Kyle. C’est juste une impression. »
Kyle acquiesça sans hésiter.
Avant, il le lui aurait tendu sans trop y réfléchir. Mais cette fois, il avait le sentiment qu’Elysia avait raison.
« Mais surtout, tu sais ce qui est arrivé aux autres marins et aux pirates ? »
Elysia demanda cela après s’être assurée que la pochette d’inventaire sous ses vêtements était intacte.
« Non. Je n’ai pas pu regarder. »
« Alors… »
« Il va falloir bouger et chercher nous-mêmes. On ne saura rien en restant ici. »
Leurs regards se tournèrent vers les terres boisées.
Contrairement à la mer, dont le bleu s’étendait à perte de vue, le sentier forestier ne semblait pas avoir de fin. Et ils ne savaient pas ce qui les attendait au-delà.
Ils n’avaient donc qu’une seule option.
Ils devaient s’enfoncer davantage dans l’île.
Kyle observa un instant l’espace entre les arbres, puis jeta un dernier coup d’œil à Elysia.
« Allons-y. »
* * *
Sur le sentier forestier de l’île, où l’herbe poussait par plaques éparses, Kyle avançait en évaluant la position du soleil et la direction d’où ils avaient quitté le rivage.
Elysia marchait à son rythme à ses côtés.
« C’est immense. J’ai l’impression que ça fait déjà des heures qu’on marche… »
Au début, Elysia avait marché en silence. Mais comme le même paysage se prolongeait à l’infini, elle finit par marmonner, à moitié incrédule, à moitié épuisée.
Sans l’air humide qui lui caressait la peau, elle aurait cru qu’ils se trouvaient à l’intérieur des terres.
« Les îles de l’archipel sont grandes, on n’y peut rien. Certaines possèdent même de grandes villes qui rivalisent avec les capitales de petits pays. Leur population est importante aussi. »
« Pourtant, il n’y avait aucun quai là où nous avons échoué. »
« Toutes les côtes n’ont pas de jetée. Nous avons probablement accosté loin du port. Mais j’ignore sur quelle île de l’archipel nous sommes. »
L’archipel comptait de nombreuses îles. La plus grande était celle où la Famille Skaldir avait établi son quartier général.
Ce n’était pas pour rien qu’elle avait échappé à l’influence des royaumes du sud et de la Fédération, avant de prendre le contrôle du Détroit de Pargon.
Si les autres acceptaient volontairement leurs pertes et payaient le péage à chaque passage, c’était pour une bonne raison. Les pirates de l’Archipel de Corsa étaient redoutables.
Du moins, en mer, ils n’avaient pas d’égaux.
Mais maintenant, nous sommes à terre.
Kyle envisagea la possibilité que l’île où ils avaient échoué fût celle où la Famille Skaldir avait établi son quartier général.
Ce serait peut-être mieux, finalement.
« Nous devrions bientôt établir le camp. »
Tandis que l’après-midi cédait peu à peu la place au soir, Kyle s’arrêta, choisit un emplacement convenable et alluma un feu.
Ils avaient fait des provisions avant de quitter Cadis ; ils ne manqueraient donc ni de nourriture ni d’eau potable pendant quelque temps.
« Heureusement que la pochette d’inventaire est intacte. »
Elysia souffla sur le ragoût que Kyle lui avait tendu, puis en prit une cuillerée.
Après avoir utilisé la magie pour retirer toute l’eau de leurs vêtements et mangé chaud, elle sentit soudain la tension quitter son corps. Toute la fatigue accumulée semblait lui tomber dessus d’un coup.
Kyle trempa du pain de seigle dur dans le ragoût et le mâcha lentement. Les flammes orangées qui vacillaient apaisèrent son esprit.
« Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ? »
Ils mangèrent un moment avant qu’Elysia ne regarde Kyle droit dans les yeux et lui pose la question. Il jetait dans le feu les branches qu’il avait ramassées plus tôt.
« Nous devons d’abord trouver une ville. »
« Pour nous renseigner ? »
Elysia insista. Kyle acquiesça.
« La priorité, c’est de trouver un navire. Une île aussi grande aura forcément une grande ville, et il doit y avoir un port où mouillent des navires marchands. Il devrait bien y en avoir un qui se dirige vers le Royaume de Rustin. »
Il avait largement assez d’argent.
Même s’il devait payer un supplément exorbitant, il trouverait un navire. Depuis sa rencontre avec Elysia à la Porte de Ligrid, son objectif n’avait pas changé une seule fois.
La protéger.
Et l’emmener jusqu’à la Fédération.
Une fois arrivés à Renavik, capitale du Royaume de Kalov et siège de l’Assemblée fédérale, ils pourraient rencontrer l’oncle d’Elysia, le Grand-Duc Rivelius, et obtenir le soutien de la Fédération.
C’était pour cette raison qu’ils devaient rejoindre au plus vite Belmar, la ville portuaire la plus méridionale du Royaume de Rustin.
Ils ignoraient précisément ce que l’Empire préparait, ce qui rendait leur départ d’autant plus urgent.
« Ces gens… ils sont tous morts, pas vrai ? »
Elysia s’était remise à manger en silence, mais elle immobilisa soudain sa cuillère et posa la question.
Il était évident de qui elle parlait.
« Je n’en sais rien. »
« … »
« S’ils ont eu de la chance, ils ont peut-être échoué sur le rivage et survécu comme nous. Ou alors, ils se sont noyés. Impossible de le savoir pour l’instant. Après tout, le navire marchand de la Compagnie marchande du Corbeau Noir a été entièrement détruit. »
« Et les navires rapides des pirates ? »
demanda Elysia.
Les trois navires rapides utilisés par les pirates directement au service de la Famille Skaldir étaient assez particuliers pour éventrer le navire marchand de la Compagnie marchande du Corbeau Noir, réputé plus solide que les autres navires marchands.
Avec une chance extraordinaire, peut-être l’un des trois navires avait-il survécu à la tempête.
« Ça ne changerait rien au fait que ce serait difficile. »
Kyle secoua la tête.
Même le navire le plus robuste ne pouvait rien contre des vagues qui le renversaient. S’il chavirait en pleine mer, il n’y avait qu’une issue possible.
« Tu t’inquiètes pour eux ? »
Kyle posa la question après avoir avalé le dernier morceau de pain.
« Ce n’est pas ça… S’ils ont survécu, on pourrait repartir ensemble, non ? Si nous trouvons un navire, ce sont des marins chevronnés ; ils pourraient nous aider pendant le voyage. »
« Donc, tu t’inquiètes. »
« Pardon. Hier encore, ils s’inquiétaient pour moi. Penser qu’ils ont peut-être sombré et sont morts dans la nuit me fait une drôle d’impression… »
Elysia baissa la tête.
Kyle laissa échapper un léger soupir.
« Ne t’excuse pas. Ce n’est pas ta faute. »
Il pouvait tuer ceux qui leur étaient hostiles. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher d’être contrarié par la disparition de personnes qui les avaient traités avec gentillesse.
Kyle ne trouvait pas que ce trait de caractère d’Elysia fût une mauvaise chose. C’était la preuve qu’elle n’avait pas encore perdu son innocence.
« Ces vagues, c’était un accident. Une catastrophe naturelle. Tu n’as pas à culpabiliser, Elysia. »
Elle était encore jeune.
Selon les normes de ce monde, elle était en âge de se marier et d’avoir des enfants. Mais selon celles de Kyle, qui avait vécu en Corée, elle restait jeune.
Jusqu’à récemment, elle avait aussi vécu à Archandia, la capitale impériale, en tant que princesse. Kyle savait que, malgré les apparences, Elysia était à deux doigts de craquer.
« …Je vois. »
« Tu sais quelque chose sur l’Archipel de Corsa ? »
« Ce que je sais ? »
Elysia se tut.
Après un moment, elle fronça légèrement les sourcils et secoua la tête.
« J’ai honte de l’avouer, mais contrairement aux autres pays, je n’ai appris que les notions les plus élémentaires sur l’Archipel de Corsa. Je n’en connais pas les détails. »
« Je vois. »
« Et toi, Kyle ? »
« Pareil. L’archipel est incroyablement loin au nord. Si j’avais su que ça arriverait, j’aurais dû poser davantage de questions au lieu de me fier à ce qu’on disait sur le paiement d’un péage. »
Tout ce que Kyle savait, c’était que la Famille Skaldir de l’Archipel de Corsa était, en pratique, une famille royale qui contrôlait le détroit depuis des siècles, et que l’archipel comptait d’innombrables îles.
Il ignorait tout des différentes îles, de leur emplacement et de leur culture.
« Malgré tout, ne t’inquiète pas. Quoi qu’il arrive, je t’emmènerai jusqu’à la Fédération. Une fois en ville, nous trouverons suffisamment d’informations. Nous saurons peut-être même ce qui est arrivé aux marins de la Compagnie marchande du Corbeau Noir. »
Kyle baissa les yeux vers l’épée posée à côté de lui.
La précieuse épée qui l’accompagnait depuis peu après son adoubement brillait toujours, sans la moindre fissure, bien qu’elle eût été trempée dans l’eau de mer.
« D’accord. »
« … »
« Tu as raison. Je te fais confiance. Comme toujours. »
Elysia sourit doucement.
Peu après avoir terminé leur repas, ils dormirent à tour de rôle, le feu de camp entre eux.
Ils se réveillèrent tôt le lendemain matin et traversèrent de nouveau l’île. À part une pause pour déjeuner, ils ne s’arrêtèrent pas.
Peut-être parce qu’ils marchaient avec tant d’ardeur, les arbres se firent peu à peu plus clairsemés. Bientôt, une vaste plaine s’étirant jusqu’à la mer apparut devant eux.
Douze heures s’étaient écoulées depuis qu’ils avaient quitté le rivage.
« Kyle, là-bas… »
« Oui. On l’a trouvée. »
Kyle et Elysia s’arrêtèrent et contemplèrent le paysage devant eux.
Au loin se dressait un magnifique château, dont le sommet de la flèche portait un drapeau flottant au vent.
« C’est le château principal de la Famille Skaldir. L’île était déjà d’une taille inhabituelle, mais je ne pensais pas que le repaire des pirates se trouverait vraiment ici. »
Le drapeau fouetté par le vent marin portait l’image de deux sabres d’abordage, le même symbole que celui aperçu sur les voiles des navires pirates.
C’était le blason de la Famille Skaldir.
Au pied du château bâti sur la colline, à leur gauche, une multitude de bâtiments formaient une vaste ville. Dans le port, les navires se teintaient de rouge sous la lueur orangée de la fin d’après-midi.
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