Chapitre 97
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 97
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D’où venaient-ils, tous ces gens ? Je cherchais la réponse depuis un moment déjà.
Je ne trouvais rien de particulièrement étrange chez les nouveaux membres. À vrai dire, leurs scores mentaux étaient plus élevés qu’avant. Leur esprit semblait plus développé, comme s’ils avaient compris quelque chose de nouveau.
Les étudiants n’étaient pas idiots non plus. À force de voir des gens les rejoindre, chacun avait trouvé sa propre parade. Certains attaquaient l’Église de l’Anneau du Ciel, tandis que d’autres protégeaient leur esprit grâce à la magie.
Et pourtant, même ces gens finissaient par intégrer ce groupe. Ils avaient sûrement été sur leurs gardes tout du long, alors je ne comprenais vraiment pas pourquoi cela continuait à se produire.
Je retournais le problème dans ma tête, et je ne décelai une piste que lorsque leur nombre atteignit dix-sept.
Je contemplai le gigantesque tableau noir devant moi. Il indiquait avec précision les déplacements de ces vingt personnes. Jusqu’à aujourd’hui, celle qui les avait rejoints s’était contentée d’aller et venir entre la tour et son logement. Puis, soudain, elle avait rejoint cette religion.
Il n’y avait aucun contact notable entre l’Église de l’Anneau du Ciel et les victimes. Ni dans la tour, ni à l’extérieur. Les étudiants les évitaient et, après que leur prosélytisme eut été entravé, ils ne cherchaient pas à les poursuivre.
L’incident évoluait quelque part hors de ma vue. Dans un domaine qui m’échappait. Avec cette idée en tête, je passai tout au peigne fin et, finalement, je compris comment ils s’y prenaient.
À cet instant, l’insecte miroir sonna. Il s’envola et afficha un écran. Le forum des trésors apparut. Un trésor venait de publier une nouvelle demande d’animaux magiques.
Même pendant que j’enquêtais sur cette affaire, la vie quotidienne de la tour suivait son cours. D’abord, il me faudrait me rendre dans la zone des animaux magiques pour en ramener quelques-uns. Les trésors avaient décrété que leurs animaux magiques étaient très savoureux.
Qui aurait cru qu’il était si facile de se procurer des animaux magiques ? C’était extrêmement pratique. Peu importaient les manigances de l’Anneau du Ciel, ce pouvoir-là était indéniablement utile.
Oui, ce pouvoir. Voilà le problème.
Leurs déplacements ne se recoupaient jamais. Mais qu’en était-il des animaux magiques qu’ils contrôlaient ?
Le tableau noir indiquait aussi les itinéraires des animaux magiques que je suivais depuis deux jours. Tous convergeaient vers un seul endroit : la zone des animaux magiques.
Ils apprivoisaient des animaux magiques, puis en apprivoisaient d’autres. À mesure qu’ils s’accumulaient, ils avaient aménagé un lieu pour les garder efficacement : la zone des animaux magiques. Et ceux qui la géraient principalement, c’était eux : l’Église de l’Anneau du Ciel.
La réponse devait se trouver là. Persuadé de cela, j’avais passé les derniers jours à fouiller l’endroit seul. Et, peu à peu, les éléments flous s’étaient mis à s’assembler clairement.
Toutes les victimes étaient des personnes qui élevaient beaucoup d’animaux magiques. Chaque fois que leurs bêtes finissaient de chasser, elles se rendaient dans cette zone.
C’était logique. Il n’y avait pas assez de place dans la tour ni dans leurs logements pour s’occuper des animaux magiques. Hao avait eu une bonne raison de créer un lieu pareil.
Hao avait pris ces animaux pour cible. Il se rendait plusieurs fois par jour dans la zone. Le soir, tous les fidèles s’y réunissaient même pour adresser leurs prières à l’Anneau du Ciel.
La première fois que je les avais vus, j’avais cru que ces prières leur étaient destinées. Je pensais qu’elles devaient renforcer un peu plus leur foi et leur volonté.
Mais ce n’était pas ça. Ce que Hao convoitait, c’étaient les animaux magiques qui remplissaient la zone. Blottis dans le bonheur que leurs maîtres leur avaient préparé, ils se reposaient confortablement.
Hao triait les animaux magiques et attirait à lui ceux des victimes. Le cas de la victime du jour était semblable. Ses animaux avaient écouté les récits de Hao et, au bout du compte, leur maître avait rejoint l’Église à son tour.
Oui, ils rassemblaient les animaux magiques des étudiants et leur inculquaient la foi en l’Anneau du Ciel. On pouvait appeler ça une transmission par le bas.
Hao avait dit que si l’on rendait les animaux magiques plus heureux, ils nous rendraient heureux à leur tour. Suivant cette logique, il rendait les animaux magiques des étudiants encore plus heureux.
Ils étaient heureux d’écouter les récits de Hao sur l’Anneau du Ciel. Et, portés par ce bonheur, leur foi en l’Anneau du Ciel atteignait leurs maîtres par le lien de pouvoir.
À vrai dire, ce n’était pas une méthode ordinaire. On ne pouvait même pas parler de magie. Cette propagation de la foi était uniquement due au pouvoir de Hao : ce parfum intense et envoûtant qui émanait de lui.
Enivrés par ce parfum, les animaux magiques acceptaient sans réserve les histoires qu’il leur racontait. Puis ils faisaient de ces récits leur propre bonheur. Deux boucles de bonheur se superposaient ainsi en eux.
Et cette façon heureuse de voir les choses modifiait naturellement aussi les pensées de leurs maîtres. Ceux-ci en venaient à éprouver une certaine confiance envers l’entité appelée Anneau du Ciel, et cette confiance se transformait bientôt en foi.
Il n’y avait là ni pouvoir magique ni contrainte. Il n’y avait donc pas non plus de contamination. Au contraire, grâce à cette valeur commune qu’était le bonheur, ils avaient atteint une grande maturité mentale.
J’ignorais que le pouvoir de Hao pouvait agir aussi fortement. Qu’il puisse même faire remonter la volonté des animaux magiques jusqu’à leurs maîtres ! Mais le résultat était là. La vague de foi partie des profondeurs, avec Hao en son centre, avait déferlé jusqu’au sommet.
Une fois le résultat et sa cause compris, le processus m’apparut lui aussi avec une telle clarté. Je comprenais également pourquoi ils avaient tenté de faire du prosélytisme : ils voulaient sans doute ancrer solidement l’idée de l’Église de l’Anneau du Ciel dans l’esprit des nouveaux membres.
Je pouvais également deviner, dans une certaine mesure, leur objectif, même si rien n’était encore certain.
S’ils avaient pu s’en charger seuls, ils n’auraient pas eu besoin de rassembler des gens. Cela signifiait qu’il leur en fallait beaucoup. Et pas n’importe lesquels : des gens qui possédaient le pouvoir de l’Anneau du Ciel.
Je ne pouvais donc pas envisager les choses de mon propre point de vue. Je devais me mettre à la place de Hao.
Hao parlait de foi aux animaux magiques et, par ce lien, répandait le bonheur jusqu’aux étudiants. Vingt personnes avaient déjà été gagnées. Que se passerait-il si les quarante se rassemblaient ainsi ?
Chacun d’eux avait reçu un fragment de l’Anneau du Ciel. Bien sûr, ce n’était qu’un amas de pouvoir. Il ne pouvait rien faire tout seul.
De plus, dès que le pouvoir était accordé à chacun, sa nature changeait. Chaque mage ayant ses particularités propres, il était impossible de modifier le pouvoir lui-même.
Mais que se passerait-il s’ils partageaient la même volonté et les mêmes pensées, sous la protection de l’Église de l’Anneau du Ciel, et rêvaient d’un même bonheur avec une foi unie ? J’imaginai la scène.
S’ils tentaient de donner forme à l’objet de leur foi par la magie, ces fragments se rassembleraient pour créer une forme unique : celle du trésor dont ils rêvaient, l’Anneau du Ciel.
L’être ainsi créé ne pourrait pas être appelé l’Anneau du Ciel lui-même. Ce ne serait qu’une sorte de corps dérivé. Mais cela suffirait à permettre à l’Anneau du Ciel d’y résider. J’en étais certain. Tel était l’objectif de l’Église de l’Anneau du Ciel.
Mais certains détails me tracassaient, et mon expression se crispa légèrement. Contrairement aux autres trésors, l’Anneau du Ciel ne semblait pas vouloir sortir. Au contraire, il s’y refusait catégoriquement.
Il gérait les trésors à l’intérieur de l’entrepôt et y développait naturellement son pouvoir. Cet endroit était pratiquement son terrain de reproduction. Il n’avait aucune raison de résider dans un corps dérivé et d’abandonner l’entrepôt.
La façon dont les choses évoluaient était également plutôt bâclée. Si j’avais été l’Anneau du Ciel, je n’aurais pas eu recours à une méthode aussi voyante. J’aurais agi de manière plus sournoise et plus discrète. Après tout, il avait disposé de cinq longues années.
Je coupai court à mes réflexions et secouai la tête. Certains points restaient étranges, mais j’avais au moins découvert leur méthode et leur objectif. Il ne me restait plus qu’à les en empêcher.
C’était mon rôle dans cette partie d’échecs. Rien ne devait venir ruiner la tour que j’avais tant travaillé à bâtir. Tout comme l’Anneau du Ciel, cette tour était mon terrain de reproduction.
« Hum, alors, si on condamnait toute la zone des animaux magiques ? Comme ça, ces enfants ne pourraient plus bouger. »
Mira dit cela avec un sourire. C’était une très bonne idée. J’acquiesçai en silence. De toute façon, je convoitais déjà cette zone. Il n’était pas question de laisser passer une si belle occasion.
Ce fut cet après-midi-là. Nous condamnâmes toute la zone des animaux magiques. Le brouillard de Mira recouvrit entièrement les lieux.
« À partir de maintenant, je vais gérer cette zone. »
Je m’adressai ainsi à Hao. Il parut très agité, comme s’il s’apprêtait à protester, mais je secouai doucement la tête et pris la parole avant lui.
« Un incident regrettable s’est produit. Tu as utilisé les animaux magiques des étudiants pour les entraîner de force dans une religion. En tant que responsable de la tour, je ne peux absolument pas tolérer un tel comportement. C’est aussi une question de droits fondamentaux. »
À ces mots, Hao se figea un instant. Après nous avoir observés brièvement, il ouvrit la bouche avec hésitation.
« Qu-que veux-tu dire par là ? »
Je sortis un insecte miroir et le lui tendis. Il contenait tout ce que j’avais découvert jusque-là : comment l’Église de l’Anneau du Ciel avait attiré ses victimes, pourquoi la zone des animaux magiques avait été créée, et ainsi de suite.
En le regardant, il sembla un peu décontenancé. Je lui adressai un sourire bienveillant.
« J’ai envisagé d’en informer les autres, mais pour l’instant, j’ai décidé de m’arrêter là. Vous êtes aussi nos étudiants, après tout. Il te suffit de nous confier cette zone des animaux magiques. Et cesse aussi de faire du prosélytisme. »
Les lèvres de Hao remuèrent. Mais il ne parvint pas à poursuivre. Les preuves étaient assez solides pour qu’il ne puisse pas se justifier.
Hao fixa l’insecte miroir, le visage fermé, puis soupira et ferma les yeux. Il acquiesça en silence et se détourna. Il avait l’air complètement abattu.
« Oh là là, il n’attaque pas. J’espérais pouvoir goûter à ça, ne serait-ce qu’un instant. »
À côté de moi, Mira exprima sa déception. Je lui jetai un regard.
Mira se léchait les lèvres en regardant Hao s’éloigner. Du pouvoir magique émanait de tout son corps. C’était précisément pour cela que Hao était parti sans protester. Et c’était aussi pour cela que je l’avais amenée.
Ainsi, la zone des animaux magiques tomba entre nos mains sans véritable heurt. Je dispersai des marionnettes d’ombre et en remplis les lieux. Elles se mirent à s’occuper des animaux magiques avec dextérité.
Je recevrais des animaux magiques et des points en guise de frais de gestion, tandis que les étudiants pourraient s’occuper de leurs bêtes facilement et sans souci. Quelle relation idéale !
C’était presque dommage de ne pas y avoir pensé plus tôt. Maintenant que la zone était entièrement entre mes mains, il ne me restait plus qu’à la gérer parfaitement, sous mon contrôle.
J’avais également mis un terme à la propagation de l’Église de l’Anneau du Ciel : deux oiseaux d’une pierre, en somme. J’avais ainsi complètement coupé leurs moyens. Je plissai les yeux en regardant Hao s’éloigner.
Que feraient-ils, maintenant ? Je prédis calmement le prochain mouvement de l’Anneau du Ciel. Il tenterait certainement autre chose. Il pourrait agir d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas ; je devais donc me préparer encore plus soigneusement.
Je ne me trompais pas.
Cela se produisit le soir suivant. L’Anneau du Ciel passa aussitôt à l’action. Il prit directement contact avec moi.
Je regardai l’insecte miroir, quelque peu tendu. L’écran clignota et des mots apparurent. De l’autre côté, l’Anneau du Ciel écrivait.
— Je vous contacte parce que j’ai besoin d’aide.
« De quelle aide as-tu besoin ? »
Je penchai la tête en parlant. Me demandait-il de faire quelques concessions ? Quelque chose comme m’accorder un avantage en échange de mon autorisation de créer son corps dérivé.
Mais je n’avais aucune raison d’accepter. Qu’est-ce que je ferais si le professeur me surprenait après un coup pareil ? Garder sa confiance comptait plus qu’un petit profit.
Quoi que l’Anneau du Ciel puisse dire, je devais donc refuser fermement. Ma décision prise, j’attendis calmement la suite.
L’Anneau du Ciel hésita un instant, puis continua d’écrire. En le regardant, je ne pus que cligner des yeux. À côté de moi, Mira réagit de la même façon.
— Cet enfant s’appelait Hao, c’est bien ça ? J’aimerais que vous l’arrêtiez.
« … Tu veux parler de Hao ? »
— Oui. Cet enfant essaie de me forcer à descendre. Ah, il ne m’écoute même plus. Il prétend que je suis un démon envoyé par le gardien de l’entrepôt. Comment peut-il dire une chose pareille ? Je voulais seulement partager le bonheur.
Devant ces paroles incompréhensibles, j’envoyai silencieusement ma volonté à l’insecte miroir. Celui-ci clignota, puis afficha une vidéo. On y voyait le premier étage, dans la salle où l’Église de l’Anneau du Ciel tenait ses offices.
C’était le résultat du suivi de Hao. Les fidèles se tenaient derrière lui et il criait devant l’insecte miroir. Son visage était rouge vif, tant il était exalté.
« Vous avez entravé notre prosélytisme, volé notre sanctuaire et maintenant vous nous empêchez même de communiquer avec l’Anneau du Ciel ! L’Anneau du Ciel ne souhaite pas descendre ? L’Anneau du Ciel que nous connaissons ne dirait jamais une chose pareille ! C’est forcément un imposteur ! »
— Je suis le véritable Anneau du Ciel…
« Tu crois que je vais me laisser avoir par tes paroles, démon impie ? Anneau du Ciel, je vous en prie, tenez bon. Je vous sauverai, sans faute ! »
Les yeux de Hao brillaient d’une conviction plus ardente que jamais. Les fidèles derrière lui aussi. Face à cette scène bizarre, je clignai doucement des yeux.
Pfft. À côté de moi, j’entendis un souffle s’échapper. En me retournant, je vis Mira qui trépignait de rire. Je plaquai une main sur mon front, où une douleur commençait à battre. Je ne m’étais pas attendu à une telle situation.
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