Chapitre 95
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 95
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Le pouvoir accordé par l’Anneau du Ciel relevait du lavage de cerveau. Il amenait naturellement sa cible à se soumettre. Le moyen de le renforcer était tout aussi simple : il suffisait de laver le cerveau à davantage de cibles.
Une fois une cible complètement soumise, l’Anneau recevait un peu de son pouvoir et grossissait. C’était ainsi que le fragment, qui n’avait autrefois pas été plus gros qu’un ongle, avait grandi petit à petit.
Comme l’avait dit l’Anneau du Ciel, son pouvoir avait ses limites lorsqu’il s’agissait de laver le cerveau des gens, surtout des mages. Il ne pouvait venir à bout de la complexité de leur esprit ni de la fermeté de leur âme.
Ceux qui recevaient ce pouvoir s’en prenaient donc aux bêtes magiques. Comparées à la puissance qu’elles possédaient, celles-ci manquaient généralement d’intelligence. Leur méthode se révélait très efficace contre de telles créatures.
Le pouvoir de l’Anneau du Ciel procurait avant tout du bonheur. La vie sauvage n’était qu’une succession de souffrances. L’angoisse et la douleur que ressentaient les bêtes magiques se transformaient en bonheur sous l’effet du pouvoir de l’Anneau.
Les bêtes magiques ne ressentaient alors plus que du bonheur et suivaient le détenteur de ce pouvoir. Pour en éprouver encore davantage, elles obéissaient à chacun des ordres de leur maître.
Je fixai la fenêtre d’un regard absent. Tout en bas de la montagne, les arbres qui couvraient autrefois le terrain avaient été rasés et la terre retournée, laissant place à une vaste étendue plane. Des bêtes magiques de toutes sortes y couraient et jouaient.
Deux semaines s’étaient écoulées depuis la conférence de l’Anneau du Ciel. Pendant ce temps, une zone assez vaste réservée aux bêtes magiques avait été aménagée en contrebas. C’était l’œuvre de Hao : un espace où les étudiants avaient relâché leurs bêtes magiques.
J’avais craint que Hao ne recommence à dérailler après avoir reçu ce pouvoir. Cette fois, pourtant, il n’avait causé aucun problème majeur. À vrai dire, il en prenait grand soin.
Hao faisait un usage de ce pouvoir accordé par l’Anneau du Ciel plus prudent que quiconque. Même après avoir complètement lavé le cerveau d’une cible — non, après l’avoir rendue heureuse, pour reprendre les mots de l’Anneau — il ne passait pas à la suivante.
Au lieu de cela, il redoublait d’attention envers cette bête magique. Et elle était très heureuse.
Hao disait que ce pouvoir était une grâce accordée par l’Anneau du Ciel. Il ne fallait donc pas s’en servir simplement pour donner des ordres aux autres. À la longue, affirmait-il, cette voie aurait ses limites.
Ce n’était qu’en les rendant d’abord heureux qu’ils pourraient à leur tour nous rendre heureux. C’est ce que déclara Hao avant de créer cette zone pour bêtes magiques. Puis il se mit à s’occuper d’elles avec ses compagnons.
Par la fenêtre, je vis des gens gravir la montagne. L’ouverture de la tour approchait ; il devait donc s’agir d’étudiants venus de différents endroits pour être là à temps.
Et sous la tour, leur destination, quelqu’un était déjà arrivé avant eux. C’était Hao.
Avec les personnes qui l’entouraient, Hao se mit à distribuer des tracts aux étudiants qui entraient dans la tour. Même quand ceux-ci les ignoraient et passaient leur chemin, il ne s’en souciait pas. Il allait simplement vers d’autres personnes, leur souriait et leur tendait un tract.
Oui, Hao s’était fait des compagnons. Ou plutôt, il serait plus juste de parler de fidèles.
En deux semaines, Hao était devenu je ne sais comment le chef d’une secte.
Hao et les gens qui l’entouraient portaient tous les mêmes vêtements : des robes noires ornées d’un anneau blanc. C’était l’uniforme de l’ordre religieux qu’ils avaient fondé.
Ils s’appelaient l’Église de l’Anneau du Ciel. Hao en était le chef.
Hum. Je me grattai discrètement la joue en les observant. Même à mes yeux, c’était déconcertant.
À vrai dire, je savais que Hao avait été profondément touché par l’Anneau du Ciel. Sinon, il ne serait pas allé le voir sept fois pendant la conférence. D’autant qu’il avait même atteint l’illumination au cours de ces rencontres.
Une semaine, peut-être ? C’est à partir de là que Hao se mit à prêcher sa foi en l’Anneau du Ciel avec une ferveur extrême. Il vint même me voir pour me dire qu’il voulait rencontrer l’Anneau du Ciel en personne.
Au début, je me demandai si ce pouvoir ne l’avait pas complètement corrompu. Dès que j’entendis cette histoire absurde, j’examinai donc l’état de Hao.
Pourtant, malgré les examens que je lui fis passer à l’aide de l’insecte-miroir et de ma magie, je ne trouvai rien d’anormal.
Au cas où un problème m’aurait échappé, je procédai même à une purification de Hao, mais le résultat fut le même. Il allait parfaitement bien et continuait de croire en l’Anneau du Ciel.
Même en interrogeant l’Anneau du Ciel, je n’obtins pas de réponse claire. Il se contenta de dire qu’il avait appris à Hao ce qu’était le bonheur, avec une assurance déconcertante. Il alla même jusqu’à me proposer de consulter leur conversation de l’époque.
Mal à l’aise, je consultai l’enregistrement, mais je n’y décelai rien d’étrange. Hao s’était simplement épanché sur son passé et sa culpabilité, et l’Anneau du Ciel l’avait écouté avant d’aborder quelques sujets.
Après avoir entendu son histoire, Hao s’était mis à croire en l’Anneau du Ciel. C’était vraiment déconcertant. Je savais qu’il était assez crédule pour croire tout ce que disait le Collier de dents, mais je n’aurais jamais imaginé qu’il irait jusqu’à fonder une religion.
Cela dit, on pouvait considérer que c’était naturel. Si Hao disait vouloir croire en l’Anneau du Ciel, qu’est-ce que j’y pouvais ? Je ne pouvais pas non plus l’en empêcher.
Même si j’essayais de l’arrêter, il était évident que Hao poursuivrait sa religion ailleurs. Plutôt que de le pousser à se cacher sous terre, il était bien plus pratique de le laisser agir au grand jour et de l’observer.
Je n’y pouvais rien, même si j’avais quelques doutes. Et puis, c’était plutôt utile. Je contemplai la vaste zone réservée aux bêtes magiques. Depuis sa création, j’avais retrouvé un peu de sérénité.
Les Trésors aimaient généralement manger des bêtes magiques. Ils consacraient donc souvent à cela la majeure partie de leurs occasions de faire des demandes. Je devais par conséquent me procurer moi aussi quantité de bêtes magiques.
Mais celles qui vivaient autour de la tour avaient disparu depuis longtemps. Je les avais chassées, et d’autres les avaient dévorées pour renforcer le pouvoir du Collier de dents.
Je devais donc toujours m’éloigner un peu pour trouver des bêtes magiques. D’ordinaire, ça ne m’ennuyait pas particulièrement. Je n’avais qu’à grimper sur la tortue comme pour une promenade et la regarder les engloutir.
Ces derniers temps, pourtant, cela commençait à m’agacer. C’était à cause de mon devoir. Même si je n’arrêtais pas de penser aux marionnettes, les demandes des Trésors n’en finissaient pas. Et plusieurs nouveaux Trésors avaient rejoint le tableau de messages, ce qui n’arrangeait rien.
Dans ces circonstances, la zone réservée aux bêtes magiques m’épargnait bien des tracas. Je n’avais qu’à leur en acheter quelques-unes à bas prix. Comme ils étaient ivres de bonheur, ils ne résistaient pas non plus.
Je concentrai mon pouvoir magique dans mes yeux et examinai leurs tracts. Ce n’était rien de plus qu’une feuille sur laquelle on avait écrit : « Croyez en l’Anneau du Ciel et vous connaîtrez le bonheur. » La religion qu’ils avaient fondée n’avait ni doctrine ni objectif clairement défini.
Hao croyait simplement en l’Anneau du Ciel et le suivait. Qui pouvait bien être attiré par une religion pareille ? C’est ce que je pensai d’abord.
Mais je me trompais. Quelques personnes commencèrent à venir trouver Hao. Comme lui, elles avaient toutes reçu le pouvoir de l’Anneau du Ciel. Enfin, pas toutes : au début, quatre personnes seulement rejoignirent la religion.
Même après deux semaines, leurs rangs n’avaient pas beaucoup grossi. Je les comptai lentement. Une dizaine, peut-être. Cinq personnes de plus qu’au début, pas davantage.
Je fronçai légèrement les sourcils. Était-ce vraiment juste de dire « pas davantage » ? Vu sous un autre angle, c’était aussi impressionnant : ils avaient doublé leurs effectifs en si peu de temps.
« Qu’est-ce que tu fais ? »
Peut-être intriguée de me voir regarder sans cesse par la fenêtre, Mira s’approcha. Elle suivit mon regard et observa l’extérieur. En apercevant Hao, elle sourit.
« Ah, ces enfants font du prosélytisme, maintenant ? C’est amusant. »
« Tu veux regarder avec moi ? Je compte les observer aujourd’hui. »
« Pourquoi pas ? Je ne vais pas refuser. »
Une marionnette d’ombre qui attendait là lui apporta une chaise. C’était une marionnette à l’image d’une belle femme que j’avais fabriquée auparavant. Mira semblait l’apprécier et l’emmenait souvent avec elle, comme aujourd’hui.
Elle s’assit et s’appuya contre moi. Je l’accueillis doucement contre moi. Ainsi installés, nous continuâmes d’observer l’Église de l’Anneau du Ciel.
C’était le premier jour où ils se mettaient à faire du prosélytisme. Jusqu’ici, ils n’avaient jamais entrepris une action d’une telle ampleur. Leur comportement éveillait mes soupçons, alors j’avais commencé à les observer.
Leur prosélytisme était plutôt stratégique. Ils ne se donnaient pas beaucoup de mal avec les gens ordinaires. Ils les abordaient une ou deux fois, puis s’en allaient.
Leurs cibles étaient ceux qui possédaient le même pouvoir qu’eux : les gens qui avaient reçu celui accordé par l’Anneau du Ciel. La plupart des étudiants ignoraient l’Église de l’Anneau du Ciel et passaient leur chemin. Malgré tout, les fidèles s’accrochaient à eux avec insistance.
Comme maintenant. Ils avaient abordé un étudiant au regard un peu perçant. Peut-être agacé, celui-ci libéra une grande quantité de pouvoir magique et les renversa tous.
L’étudiant marmonna quelque chose, se moqua d’eux et s’en alla. Je n’entendais pas d’ici, mais je devinai ses paroles en lisant sur ses lèvres : « Vous êtes tous ensorcelés par un Trésor. » Quelque chose comme ça.
Je hochai discrètement la tête. Je pensais la même chose. Pourtant, j’avais beau les examiner, je ne décelais rien d’anormal. Ils croyaient simplement sincèrement en l’Anneau du Ciel et le suivaient.
Ce matin-là, ils continuèrent leur prosélytisme jusqu’à ce que tout le monde soit entré dans la tour. Ce n’est qu’après avoir distribué tous leurs tracts qu’ils s’y rendirent à leur tour.
Je continuai de suivre leurs mouvements grâce à la vision de l’insecte-miroir et de la marionnette d’ombre qui les accompagnait. À l’intérieur de la tour, ils menaient une vie tout à fait normale. Ils ne se livraient pas à d’autres activités de prosélytisme.
Ils absorbaient avidement le pouvoir magique et s’entraînaient à la magie. Certains tentaient d’atteindre les étages supérieurs, d’autres s’occupaient des bêtes magiques à l’extérieur de la tour. Leurs journées ressemblaient à celles de tout le monde.
Bien sûr, il leur arrivait de se retrouver ici et là. Mais ils n’y discutaient de rien de précis. Ils écoutaient simplement Hao parler, puis se dispersaient.
Ce fut vers le soir qu’ils commencèrent à se comporter bizarrement. Ils se rassemblèrent dans une pièce tranquille du premier étage, un endroit où personne ne venait. Un unique insecte-miroir avait été placé devant eux.
Ils s’assirent bien droits et fixèrent l’insecte-miroir. Hao se posta devant eux et s’inclina face à lui. Au même instant, l’insecte-miroir se mit à luire.
« Merci d’avoir encore une fois pris le temps de nous recevoir en personne aujourd’hui, grand Anneau du Ciel. »
Hao prit la parole. À ses mots, l’insecte-miroir se mit à projeter du texte. Les caractères restèrent suspendus dans les airs et formèrent des phrases régulières.
— Inutile de m’appeler ainsi. Vous pouvez m’appeler l’Anneau du Ciel.
Hao secoua la tête, puis se frappa la poitrine avec ferveur.
« Comment le pourrions-nous ? C’est vous qui avez accordé à des êtres aussi insignifiants que nous une profonde illumination et du pouvoir. Nous garderons toujours vos enseignements au fond de notre cœur et les suivrons. »
— Oui. Si cela vous rend tous heureux, alors je suis satisfait.
« Nous vous en sommes reconnaissants. Comme vous l’avez dit, grand Anneau du Ciel, nous nous efforcerons toujours d’être heureux. »
Hao s’inclina profondément. Derrière lui, les autres inclinèrent également la tête devant l’insecte-miroir.
— Alors, pourquoi m’avez-vous appelé ?
« Aujourd’hui, nous avons parlé du bonheur aux autres et nous nous sommes consacrés avec assiduité à notre entraînement. Après quoi, nous avons préparé cet endroit afin d’entendre vos paroles du jour. Voici les points que nous vous offrons en guise de tribut. »
— Merci. Vous avez encore bien travaillé aujourd’hui. Continuez ainsi.
L’Anneau du Ciel projeta une réponse très simple. Hao la lut et hocha la tête. Puis il se retourna vers les autres. Le fragment d’anneau au-dessus de sa tête brilla tandis qu’il ouvrait la bouche.
« L’Anneau du Ciel vient de parler. “Je connais vos efforts. Vous rencontrerez encore des difficultés, alors ne cédez pas et supportez toutes les souffrances. Au bout du chemin, un bonheur encore plus grand vous attend.” Voilà les paroles du jour. Priez tous l’Anneau du Ciel, et terminons notre culte d’aujourd’hui. »
Hao joignit les mains pour former un grand cercle et le posa contre sa poitrine. Les autres firent le même geste.
Je souris avec amertume. J’avais déjà assisté plusieurs fois à cette scène. Une fois par jour, ils se rassemblaient ainsi et offraient un tribut à l’Anneau du Ciel.
Comme ils le disaient, c’était une forme de culte. En les regardant, Mira sourit largement. C’était apparemment la première fois qu’elle assistait à ce rituel.
« Hé hé, c’est sérieux ? C’est fascinant. Croire en un Trésor, c’était déjà étrange, mais je n’aurais jamais pensé qu’ils iraient jusque-là. »
Croire en un Trésor était une histoire assez courante. Leur pouvoir était considérable. Il y avait donc toujours eu des gens pour le vénérer.
Bien sûr, ce n’était qu’une histoire de mauvaises herbes. C’était la première fois que je voyais un mage s’y adonner.
Je les observai lentement. Par la suite, ils agirent comme auparavant. Ils continuèrent de s’entraîner, puis, à l’heure de partir, attendirent de nouveau à l’entrée.
Et ils se remirent à faire du prosélytisme. Même si beaucoup les ignoraient et passaient leur chemin, ils n’y prêtaient pas attention. Je percevais même chez eux une sorte de sens du devoir.
Je consultai de nouveau les informations de Hao pour vérifier si quelque chose avait changé.
— Score physique : 38 points. Votre croissance est régulière. Très bien.
— Score mental : 96 points. Votre esprit s’est considérablement élevé. Peut-être devriez-vous calmer un peu votre enthousiasme ?
— Score de l’âme : 33 points. Votre état est tout à fait normal. Comme d’habitude.
Évaluation générale : Vous êtes profondément absorbé par quelque chose. Certaines choses vous échapperont si vous les examinez de trop près. Pourquoi ne pas prendre un peu de recul ?
Comme prévu, rien ne clochait. Au contraire, comme l’indiquait l’explication, seul le score mental de Hao continuait d’augmenter. C’était là l’élément inhabituel. Plus sa foi se renforçait, plus ce score grimpait.
Ainsi, tout le monde quitta la tour. Ils rangèrent également leurs affaires avant de commencer à descendre la montagne. Rien de particulier ne se produisit. Ce n’était que la répétition d’une journée presque identique aux précédentes. Le prosélytisme s’était simplement ajouté à leur routine.
« Mira, tu devrais rentrer te reposer. Il y avait moins à observer que je ne le pensais. »
Avais-je donc eu tort de leur prêter attention ? On aurait presque pu le croire. Peut-être ne faisaient-ils que s’adonner à une sorte de passe-temps.
Bien sûr, c’était impossible. Il s’agissait clairement d’un phénomène anormal. Un mage qui croyait en quelqu’un d’autre ? Même un chien de passage n’aurait pas cru à cette histoire.
Le lendemain matin arriva. Ils se remirent à prêcher. Je les regardai d’un air absent. Leur méthode était la même que la veille : ils distribuaient des tracts et abordaient les gens.
Mais une chose avait changé. Quand je le remarquai, je fronçai légèrement les sourcils.
Ils étaient passés de dix à onze, je ne savais comment. Le nouveau venu était l’étudiant au regard perçant qui les avait repoussés auparavant. Il souriait à présent de toutes ses dents en distribuant des tracts aux autres.
Le lendemain, une personne de plus les rejoignit. En voyant cela, je poussai un soupir. Ils préparaient clairement quelque chose. Puisqu’ils avaient fait un geste, c’était à mon tour de réagir.
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