Chapitre 92
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 92
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-Evron : Je vais quitter la tour quelque temps pour assister à un cours. Le tableau de messages continuera de fonctionner normalement, alors n’hésitez pas à discuter autant que vous voulez.
À partir de maintenant, je m’absenterai ainsi une fois tous les trois mois. Si vous avez besoin de quelque chose, dites-le-moi avant mon départ.
└Hache Sanglante : Massacre ? Massacre. Massacre ? Massacre !
└Collier de dents : Ah, ça veut donc dire que la tour sera vide. Ça promet d’être amusant. Une fois tous les trois mois. Je m’en souviendrai. Ce jour sera le Jour de la liberté !
└Anneau du Ciel : C’est… dommage. Je voulais parler… davantage. Mais… j’attends… le prochain cours avec impatience.
└Langue délicieuse : Besoin. Bête magique délicieuse ! Ça, demande de cette semaine.
└Collier de dents : Tu veux que je t’en achète une ? Depuis quelque temps, je gagne ces trucs qu’on appelle des points, tu vois. Avec ça, je peux obtenir tout ce que je veux. Tu es jaloux ? Hein ? Tu dois l’être ! Kkekek !
└Hache Sanglante : Mas, massacre… ?
└Collier de dents : Allons, allons, tu ne peux pas. C’était notre accord, non ? Tu ne pourras donner un cours que si tu arrives à communiquer avec les humains. Alors dépêche-toi de t’entraîner à parler !
└Hache Sanglante : Mas, sacre… Massacre ! Moi, toi massacrer !
Les règles avaient le pouvoir de guider naturellement les gens. L’avis que j’avais rédigé faisait pareil. Chaque fois que les élèves venaient dans la tour, ils se mettaient à étudier la statue du rez-de-chaussée. À côté d’eux, la punaise-miroir affichait le score du jour.
Hao était redescendu au deuxième étage. C’était normal, puisqu’il avait perdu la majeure partie du pouvoir qu’il avait acquis en dévorant des vies. Il avait payé le prix de sa cupidité gratuite.
Son histoire fit le tour de la tour en un rien de temps grâce au tableau de messages. Collier de dents l’apprit lui aussi et se roula de joie par terre en faisant claquer ses dents.
Tous ceux qui entendirent la nouvelle se montrèrent alors beaucoup plus prudents dans leur usage des pouvoirs des trésors. Même ceux qui, comme Hao auparavant, avaient utilisé leurs dents sans retenue se mirent à dévorer des vies à intervalles raisonnables.
En voyant la situation s’apaiser, je souris, satisfait. Grâce à Hao, la tour était devenue un endroit agréable pour tout le monde. Les gens feraient attention en manipulant leur pouvoir et, au moindre problème, ils viendraient me voir.
Bien sûr, Hao avait subi une petite perte. Mais même ça lui avait été utile. S’il avait continué à absorber du pouvoir de cette façon, il serait devenu fou en un rien de temps, comme Collier de dents l’avait dit. Survivre, c’était déjà une victoire.
Les cours étaient prévus une fois par mois. Plus tôt ils recevraient le pouvoir d’un trésor, plus vite ils deviendraient forts. Je l’avais aussi indiqué dans le programme.
Bien sûr, une fois que tous les trésors auraient dispersé leur pouvoir, les cours cesseraient. Ensuite, les élèves se perfectionneraient à force d’entraînements et de duels, tout en recevant les conseils des trésors.
Ainsi, les trésors préparaient leurs cours et les élèves s’entraînaient dans la tour tout en gagnant en puissance. Ils me demandaient souvent quel trésor donnerait le prochain cours.
Je ne leur répondais pas. Même s’ils le savaient, ça ne leur serait évidemment d’aucune aide. De toute façon, je n’avais pas besoin d’ouvrir la bouche.
Ils allaient plutôt voir quelqu’un d’autre. Comme Hao le faisait en ce moment.
« Oui, oui. »
Hao hocha vigoureusement la tête. Assis devant une punaise-miroir, il avait les yeux brillants. La punaise-miroir couvrait l’écran d’écriture.
-Oui. En d’autres termes, tu n’as pas besoin de trop t’inquiéter pour le prochain cours. C’est ce que je te dis. Si tu restes simplement tranquille, il dispersera son pouvoir pour toi. Ah, maintenant que j’y pense, cet ami préfère peut-être les femmes aux hommes. Alors, pourquoi ne pas te déguiser en femme cette fois ? Tu te feras remarquer tout de suite. Kkekek !
C’était un message de Collier de dents. Hao lui payait des points pour obtenir des conseils. En lisant ces mots, il hocha la tête d’un air absent.
Il y croyait vraiment ? Je souris amèrement. Hao prenait des notes sur les conseils de Collier de dents avec le plus grand sérieux. Le prochain cours promettait d’offrir un spectacle plutôt rare.
Je ne cherchais pas à communiquer avec les élèves plus que nécessaire. Les trésors étaient là, après tout. Désormais, d’autres trésors leur parleraient, comme celui-là venait de le faire. Je n’avais pas à m’immiscer dans ce processus.
Il me suffisait de faire tourner la tour sans incident. Comme lorsque j’avais établi les nouvelles règles. De ce point de vue, la structure de la tour était parfaite. Assez parfaite pour fonctionner même sans moi.
Une autre semaine passa ainsi. Rien ne se produisit dans la tour.
Je consultai discrètement la punaise-miroir. Le tableau de messages était silencieux. Même les trésors, qui avaient toujours bavardé bruyamment, ne disaient plus rien.
C’était normal. Nous étions loin de la tour, à présent. Cela faisait trois jours que nous étions partis.
La tortue leva son énorme patte et fit un nouveau pas. Le sol trembla et des arbres s’abattirent sous le choc. Sans hésiter, la tortue continua tout droit.
Le léger brouillard qui l’entourait dissimulait son corps. Des bêtes magiques attirées par le grondement du sol s’approchaient de la tortue, mais, sans jamais parvenir à bien la distinguer, elles perdaient leur chemin et repartaient en errant.
Le numéro zéro était assis tranquillement sur la tête de la tortue. Il scrutait les alentours sans cesse et semblait plutôt excité.
À bien y réfléchir, cela faisait longtemps que le numéro zéro n’avait pas quitté la tour. Je ne l’avais emmené qu’une fois, lorsque j’étais allé dans la tour du professeur Heisen. C’était déjà plusieurs années plus tôt.
Et tout ce qu’il y avait vécu, c’était de se faire démembrer encore et encore. Pour lui, sortir avait été synonyme de souffrances répétées.
Mais aujourd’hui, c’était différent. Je tripotai tranquillement la carte. Du pouvoir magique pur s’en échappait ; le mot « On » y était inscrit. Hwaryeong avait demandé à assister au cours, puis me l’avait rendue.
Heureusement, le cours du professeur On avait lieu cette année. Il s’agissait d’un petit cours, avec seulement douze participants en tout. Apparemment, il était réservé aux détenteurs de cette carte. Nous étions en route pour y assister.
L’inscription à ce cours s’était faite en privé. C’était pour cela qu’il n’y avait pas non plus de programme. D’après Hwaryeong, seuls ceux que le professeur désignait pouvaient y participer. Sans cette carte, je n’aurais même pas su qu’il existait.
Je ressentis de nouveau de la gratitude envers Mauro. En même temps, un doute me traversa l’esprit. Pourquoi m’avait-il offert une occasion aussi précieuse ?
Je n’en avais aucune idée. Pour l’instant, je décidai de garder cette gratitude au fond de moi. Quoi qu’il en soit, c’était une occasion à saisir.
Une petite ouverture béait dans la poitrine du numéro zéro, qui regardait autour de lui. C’était là que le Faux Arbre avait été fixé. Je l’avais laissé dans la tour pour le moment. Après tout, le système de la tour devait encore être entretenu.
À vrai dire, j’avais aussi envisagé de laisser le numéro zéro derrière moi pour cette raison. Mais il m’avait regardé avec des yeux si brillants que j’avais fini par l’emmener. La marionnette l’intéressait beaucoup, lui aussi.
Peut-être parce qu’il avait hâte d’assister au cours, il était si excité depuis notre départ qu’il peinait à se contenir. Bien sûr, c’était pareil pour moi. J’étais impatient.
Je ne savais pas combien de temps nous avions voyagé ainsi. Bientôt, je compris que nous approchions de notre destination. Je sortis la carte et la consultai un instant. Le terrain alentour correspondait presque parfaitement à ce qu’elle indiquait.
« Oh là là, ça doit être la tour. C’est fascinant. »
Mira prit la parole à côté de moi. Je regardai dans la direction qu’elle fixait. Sa forme ne m’apparaissait pas encore clairement. Mais je sentais un immense flux de pouvoir magique converger vers elle.
La tortue se dirigea dans cette direction. Je compris alors pourquoi Mira avait dit cela. Comme elle l’avait remarqué, la tour avait une apparence très étrange.
C’était une sphère gigantesque.
Pouvait-on vraiment appeler ça une tour ? La sphère flottait dans les airs, à une certaine distance au-dessus du sommet de la montagne. Et elle tournait sans cesse à une vitesse régulière.
Je la contemplai, hébété. Les cercles magiques gravés sur sa surface changeaient continuellement, engendrant d’étranges transformations. Elle ressemblait tantôt à un rocher, tantôt à la lune et, sous un autre angle, à un globe oculaire.
Le pouvoir magique qu’elle attirait en tournant s’écoulait le long de la sphère, puis s’infiltrait en elle. Ainsi, elle faisait circuler le pouvoir magique tout en aspirant tout en son sein. Le flux de pouvoir magique que je sentais depuis un moment venait d’elle.
Je levai les yeux vers la sphère depuis le pied de la montagne escarpée. La tortue rétrécit et s’accrocha à ma poitrine. Après l’avoir caressée pour la remercier de ses efforts, je me mis lentement en marche. Le numéro zéro s’enfonça dans le sol sous mes pieds.
À mesure que je gravissais la montagne, je sentais sa puissance de plus en plus nettement. Si l’on comprimait la tour de la professeure Irian pour lui donner la forme d’une sphère, elle devait ressembler à ça. Son pouvoir magique et sa taille étaient tout simplement écrasants.
Je ne tardai pas à atteindre le sommet. L’endroit était vaste et plat, comme s’il avait été aménagé exprès. La sphère flottait paisiblement en son centre.
Un bon nombre de silhouettes déambulaient en dessous. Elles aussi levaient les yeux vers la tour. C’étaient forcément des participants au cours. La tour ouvrait aujourd’hui. À vue de nez, il devait y en avoir des dizaines.
À cette vue, je clignai des yeux. D’après Hwaryeong, nous étions douze à participer au cours, moi compris. Alors pourquoi y avait-il tant de monde ? Intrigué, je m’approchai.
Plus je m’avançais, plus leurs silhouettes se précisaient. Je compris alors mon erreur. Il n’y avait pas tant de monde que ça. Les autres n’étaient que des marionnettes.
Les marionnettistes avaient dû remarquer notre arrivée, car ils jetèrent un coup d’œil dans notre direction. Leurs regards glissèrent sur moi, puis se tournèrent vers Mira, accrochée à mon bras. Leurs yeux s’écarquillèrent légèrement en la voyant.
Après l’avoir observée un instant, ils me regardèrent et s’inclinèrent légèrement. Ils avaient clairement perçu la qualité exceptionnelle de son corps. La satisfaction m’envahit. Un sourire se dessina naturellement sur mes lèvres.
« Hé hé, comme c’est mignon. Tu te réjouis pour si peu. »
Mira regarda mon visage et lança ça en riant. Un peu gêné, je me raclai la gorge.
Mais qu’y pouvais-je ? C’était la meilleure marionnette que j’aie jamais créée. Bien sûr, je n’aurais pas pu la fabriquer sans l’aide du professeur. Malgré tout, elle était bel et bien ma marionnette.
Les autres mages ne pouvaient pas comprendre à quel point elle était incroyable. Après tout, les marionnettes ne les intéressaient pas. Ils savaient seulement se servir des miennes, sans comprendre pleinement leur structure délicate ni leur beauté.
Ces gens étaient différents. En tant que marionnettistes, ils semblaient parfaitement saisir tout ce que le corps de Mira recelait.
Ils avaient su le reconnaître d’un seul regard. C’étaient clairement des passionnés de marionnettes comme moi. Je me sentis immédiatement beaucoup plus proche d’eux.
Leur niveau était très variable. Certains avaient l’air de venir tout juste d’arriver à l’université, tandis que d’autres dégageaient un pouvoir magique si puissant qu’ils semblaient être au quatrième étage. Ils prirent chacun place et attendirent que la porte de la tour s’ouvre.
J’examinai leurs marionnettes. L’une avait une épée attachée dans le dos ; une autre portait une armure.
Certains manipulaient des cadavres de bêtes magiques, tandis que d’autres, comme moi, avaient donné une forme humaine à leurs marionnettes. Leurs apparences étaient aussi variées que celles de leurs propriétaires.
Mais comment allions-nous entrer dans cette sphère ? Tout en me posant la question, je levai les yeux vers elle. La punaise-miroir s’envola légèrement et m’indiqua l’heure. Il restait encore une heure avant l’ouverture.
Il ne nous restait donc qu’à attendre. Personne d’autre ne venait. Après tout, j’étais arrivé le dernier.
Je tuais le temps en bavardant doucement avec Mira quand je vis la personne en armure sortir une nouvelle armure. Il l’enfila, puis regarda autour de lui.
Il se racla la gorge et hocha légèrement la tête. L’armure était impressionnante. Les circuits étroitement entrelacés qui la composaient formaient un immense sort et dégageaient un pouvoir magique assez robuste pour bloquer n’importe quelle attaque.
Il avait dû tisser chaque fil de circuit comme s’il s’agissait de fil ordinaire pour créer un corps aussi imposant. Rien qu’en observant certains circuits apparents à l’extérieur, je pouvais sentir tout le travail qu’ils avaient exigé ; l’admiration venait toute seule.
Combien de temps avait-il passé à la fabriquer ? Et cette armure n’était pas simplement constituée de circuits entrelacés. Les techniques qu’elle renfermait étaient si complexes et variées que je n’arrivais même pas à les reconnaître. C’était un talent incroyable.
Il s’échauffa légèrement, comme pour exhiber son armure. Puis il regarda autour de lui et eut un petit rire. Un rire teinté de malice. Il s’était apparemment lassé d’attendre sans rien faire. À cette vue, le pouvoir magique des autres frémit légèrement.
Après avoir observé l’ambiance un moment, ils sortirent chacun leurs marionnettes et se raclèrent la gorge. Ils examinaient celles des autres avec un regard perçant, comme s’ils en cherchaient les défauts. Mais toutes les marionnettes étaient impeccables et remarquables.
Finalement, ils échangèrent des regards et hochèrent légèrement la tête. Je n’avais pas besoin de sortir une marionnette. La plus grande création que j’aie jamais réalisée se tenait juste à côté de moi.
Je bombai fièrement le torse. Leurs marionnettes étaient elles aussi impressionnantes, mais aucune ne semblait pouvoir surpasser Mira.
Bien sûr, si l’on ne jugeait que la technique, quelques-uns d’entre eux étaient meilleurs que moi. Et si l’on ne tenait compte que de la magie, la plupart me dépassaient.
Mais le nombre total de points investis était différent. Je jetai un coup d’œil à Mira. Elle observait les marionnettes des autres. Combien de points avais-je investis en elle ? Son corps en contenait un nombre qu’ils ne pouvaient même pas imaginer.
Une quantité suffisante de points permettait de dépasser ses limites.
Alors que nous observions les marionnettes les uns des autres, la sphère se mit bientôt à réagir. L’heure de l’ouverture était arrivée. Sa base s’ouvrit et un puissant pouvoir magique se mit à jaillir de l’intérieur.
Il se solidifia bientôt en transparence et forma un long escalier. Les marches descendirent juste devant nous, puis s’immobilisèrent, attendant tranquillement que nous les empruntions.
Cela signifiait que nous devions monter. Les marionnettistes rangèrent leurs créations et commencèrent à gravir les marches. Je les suivis. Tout en haut, une porte apparut dans la base ouverte.
Ils franchirent la porte sans hésiter. Je la passai à mon tour, lentement. L’espace ondula légèrement, comme s’il se déchirait, et nous nous retrouvâmes à l’intérieur de la tour.
L’intérieur de la tour résonnait de bruit. Des cris, des bruits de pas, et bien d’autres sons. Toute cette agitation m’enveloppait.
Encore un peu sonné, je regardai autour de moi. Puis je clignai des yeux. Nous nous trouvions au milieu d’un immense passage. Tout autour, des gens s’affairaient en tous sens.
Je me retournai. La porte que nous avions franchie était toujours là. Pour le moment, c’était bel et bien une tour. Mais alors, que faisaient tous ces gens ? Ceux qui étaient entrés avant nous semblaient tout aussi déconcertés.
À cet instant, Mira me tira doucement par le bras. Je baissai les yeux vers elle. Elle croisa mon regard et sourit, amusée.
« Cet endroit est amusant. Il n’y a pas un seul être vivant. »
À ces mots, je regardai de nouveau autour de moi. Les gens se déplaçaient avec une expression pleine de vie.
L’un criait furieusement sur la personne devant lui, un autre discutait avec une silhouette dans une pièce. Il y en avait même un qui était étalé par terre, comme s’il était ivre. Leurs mouvements étaient extrêmement naturels.
Je décalai légèrement l’épaule vers quelqu’un qui passait près de moi. Nos épaules se heurtèrent. Il fronça les sourcils et me jeta un regard, puis claqua la langue avant de repartir.
« Tss, j’ai déjà assez à faire comme ça. Faites attention. »
Je le regardai s’éloigner. Le corps que j’avais examiné avec mon pouvoir magique était fait de chair, et du sang y circulait aussi. Tout semblait parfaitement naturel.
« C’est… ? »
Mira effleura le bras d’un passant. La brume qui s’échappait d’elle enveloppa le corps, puis revint vers elle.
« Comme je le pensais, je ne sens absolument rien. Hmm, ce sont tous des marionnettes. »
Je clignai des yeux. C’étaient tous des marionnettes ? Même après avoir vérifié moi-même, j’avais du mal à le croire. Les autres avaient dû entendre Mira, eux aussi, car ils commencèrent à examiner les gens à leur manière.
Alors que nous murmurions entre nous, une calèche transparente s’arrêta devant nous. Ce n’est qu’une fois qu’elle s’immobilisa que je compris qu’elle était près de nous.
Les marionnettes alentour passaient devant elle naturellement, comme si elles ne la voyaient pas. Sa porte s’ouvrit sans un bruit, et une voix retentit.
« Veuillez monter. Le professeur vous attend. »
Le pouvoir magique qui en émanait guida naturellement nos corps. Une fois montés dans la calèche, les alentours se brouillèrent. Elle passa au-dessus des gens, traversa des murs et se dirigea quelque part.
Nous arrivâmes dans une pièce décorée avec goût. La calèche nous y déposa, puis disparut. Je n’en percevais plus la moindre trace.
Une immense table trônait au milieu de la pièce. Deux personnes étaient assises côte à côte et mangeaient. Un homme décharné et une belle femme.
« Chéri, les invités sont arrivés. »
La femme nous regarda et inclina légèrement la tête. Mais l’homme ne fit pas attention à nous ; il avait simplement la bouche entrouverte. Avec un sourire gêné, la femme lui glissa un morceau de viande dans la bouche.
L’homme mâcha et avala. Puis il sourit légèrement à la femme et se leva. Un puissant pouvoir magique émanait de lui. Son flux intense était assez impressionnant pour me faire légèrement tressaillir.
Il s’approcha de nous. De près, son apparence était extrêmement étrange. On aurait dit un squelette recouvert d’une simple couche de peau. Ce devait être le professeur On.
Il agita légèrement son pouvoir magique. La pièce frémit et commença à changer de forme. La belle salle disparut peu à peu et, bientôt, elle s’était transformée en une sorte de salle de classe.
Au milieu de cette transformation, la femme se leva et vint se placer à ses côtés. L’homme la prit doucement dans ses bras et nous regarda.
« Hum, vous devez être les nouveaux élèves de cette année. Installez-vous tous. »
Nous suivîmes ses instructions, trouvâmes des places et nous assîmes. Il nous examina lentement. Son regard ne s’attardait pas sur les gens. Il observait les marionnettes que nous avions fabriquées. Ses yeux passèrent sur Mira.
« Je suis On, et je vous enseignerai tous les trois mois pendant les cinq prochaines années. Le groupe de marionnettistes est plutôt varié cette fois-ci. J’aime beaucoup vos marionnettes. »
Après ces mots, il caressa doucement la main de la femme qu’il tenait dans ses bras. Elle lui rendit sa caresse et sourit. Ils semblaient très amoureux. Mira vit cela, s’accrocha à moi et me chuchota avec un sourire :
« Tu sais, cette femme aussi est une marionnette. »
Je vis le professeur On embrasser doucement la femme — non, cette marionnette. Je contemplai la scène, hébété, puis fermai les yeux. Euh, hum. Il fallait respecter les goûts de chacun.
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