Chapitre 88
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 88
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-Collier de dents : Je vais donc commencer par donner le cours. Ceux qui veulent assister à la leçon sont les bienvenus. Je diffuserai la vidéo sur le tableau des messages !
Je ne savais même pas depuis combien de temps je n’avais pas rencontré de gens.
(Une photo de dents qu’on brosse avec une brosse à dents)
(Une photo d’un ruban noué autour d’une dent)
Je me suis même apprêté pour avoir l’air présentable. Qu’en pensez-vous ? J’ai la classe ?
└ Œil d’Étoile : Réussite. Souhait. Premier début.
└ Anneau du Ciel : Moi vouloir. Faire. Bientôt aussi. Apprendre. Lettres. Difficile.
└ Hache de Sang : Massacre, massacre !
└ Collier de dents : Hache de Sang sait comment ça marche. Il faut soigner son apparence si on veut les manger plus facilement ensuite.
└ Hache de Sang : Massacre ?
└ Collier de dents : Ah, j’ai l’intention de procéder un peu différemment. Nos cibles ne se recouperont pas, Hache de Sang, alors ne t’inquiète pas.
└ Hache de Sang : Massacre ! Massacre !
└ Collier de dents : Voilà, je vais aller m’amuser un peu, moi.
Les portes de la tour étaient hermétiquement closes. Depuis la fin du cours précédent, la tour avait tenu tout le monde à distance. Ceux qui n’en avaient pas reçu l’autorisation n’osaient pas s’en approcher.
Et aujourd’hui, elle allait de nouveau ouvrir ses portes. Mon cœur tremblait légèrement. Lancer un nouveau cours était vraiment stressant. Je me rappelai avoir même préparé à l’avance chaque phrase, la dernière fois.
Pourtant, j’avais beaucoup changé depuis. Après tout, je sentais maintenant une certaine excitation dans ma poitrine. Je baissai les yeux vers Mira. Elle serrait doucement mon bras contre elle.
Elle remarqua mon regard et croisa mes yeux. Puis elle m’adressa un petit sourire. C’était une autre différence. Contrairement à l’époque où j’étais seul, j’avais désormais quelqu’un que je pouvais appeler une compagne.
Je voyais le pantin n° 0 s’affairer çà et là. Comme il s’occupait de tout, je n’avais pas grand-chose à faire. C’était sans doute pour cela que les gens formaient des organisations : ils pouvaient partager leurs fardeaux.
C’était quelque chose que j’avais construit en cinq ans. Et une fois ces portes ouvertes, cinq nouvelles années commenceraient.
« Alors, allons accueillir tout le monde ? »
Je désignai le pantin n° 0 d’un mouvement du menton. Les pantins d’ombre, qui avaient reçu ses ordres, ouvrirent les portes. Le paysage extérieur apparut. Des gens innombrables se promenaient dans le jardin que j’avais cultivé.
Je les observai en silence. Avaient-ils senti les portes s’ouvrir ? Ils se mirent à marcher vers la tour. Le pouvoir magique qui émanait d’eux imprégna les alentours.
Je franchis lentement le seuil. Puis je frappai dans mes mains pour attirer leur attention. Aussitôt, tous les regards convergèrent vers nous. Au milieu de ces regards, je m’inclinai légèrement et souris.
« Enchanté de vous rencontrer. Bienvenue dans la tour de la professeure Irian. Je m’appelle Evron, et la professeure m’a confié la charge des réserves. N’hésitez pas à m’appeler par mon prénom. »
À peine eus-je parlé qu’ils déversèrent leur pouvoir magique sur moi. Il se forma comme un filet qui déferla sur mon corps. Je n’y décelai aucune malveillance manifeste.
C’était une sorte de mise à l’épreuve. À leurs yeux, je n’étais qu’un mage faible, qui venait tout juste d’atteindre le royaume du Jeune arbre. Il était naturel qu’ils cherchent à me sonder un peu.
Mira dirigea doucement un brouillard vers leur pouvoir magique. Celui-ci l’engloutit en silence. Perdu dans la brume, leur pouvoir magique s’égara, erra un moment, puis disparut. Je hochai légèrement la tête en direction de Mira.
Ils ne cherchèrent pas à me sonder davantage. Je regardai autour de moi. Deux cents paires d’yeux étaient posées sur nous. Ils étaient aussi nombreux que lors du cours précédent, mais l’atmosphère était très différente. Le pouvoir magique qu’ils dégageaient était plus dense et plus puissant.
C’était normal. Cette fois, les participants logeaient aux deuxième et troisième étages.
Quels élèves rendraient le cours le plus facile à organiser ? J’avais beaucoup réfléchi avant de choisir ce critère. Si j’avais simplement voulu me faciliter la tâche, il aurait été plus confortable de m’en tenir aux premier et deuxième étages comme avant, voire au premier étage seulement.
Mais cela n’aurait pas été efficace. Ceux qui logeaient au premier étage étaient bien trop faibles. Comme je l’avais été autrefois. Ils ne seraient guère utiles aux trésors, ni à moi.
Cela ne voulait pas dire que je pouvais toucher au quatrième étage. Les mages qui s’y trouvaient approchaient de la fin de leurs études. Ne l’avais-je pas déjà constaté à la Cité du Canyon ? Ils étaient complètement différents de ceux des étages inférieurs.
Si j’avais entraîné de telles personnes dans mon cours, il aurait été évident qu’elles deviendraient difficiles à maîtriser. Voilà comment j’avais choisi les élèves devant moi. Quelques visages m’étaient même vaguement familiers : ils avaient participé au cours précédent.
Les élèves que j’avais sélectionnés manquaient encore un peu de maturité, mais possédaient aussi une certaine expérience. J’en avais choisi un grand nombre exprès. À partir de maintenant, notre cours n’avait plus besoin de gens qui finiraient simplement étalés par terre.
Je me décalai sur le côté du chemin. Puis, paume ouverte, je désignai les portes. Leurs regards suivirent mon geste et se tournèrent vers la tour.
« Bien, entrez, je vous prie. Je vais vous faire visiter la tour. À partir de maintenant, chacun de vous se verra attribuer un pantin. Il vous aidera pour la suite ; je vous prie donc de ne pas le traiter à la légère. »
Là-dessus, les pantins d’ombre sortirent par les portes ouvertes. Ils étaient deux cents en tout et s’approchèrent des élèves. Désormais, chacun d’eux prendrait un élève en charge et lui prêterait assistance.
Guidés par les pantins, les élèves pénétrèrent lentement dans la tour.
Quelques-uns tressaillirent en découvrant le premier étage. Je leur adressai un sourire amer. C’était compréhensible. Moi-même, j’en étais parfois surpris.
Les alentours étaient remplis de sculptures tout à fait surréalistes. C’étaient les œuvres du pantin n° 0. Elles couvraient non seulement les couloirs, mais aussi le plafond, et accueillaient les élèves en agitant des dizaines, voire des centaines de parties de leur corps.
Le spectacle était très étrange. J’avais demandé au pantin n° 0 de décorer le premier étage, et voilà comment il avait orné l’entrée. Je le vis hocher la tête. Il semblait assez satisfait de la réaction des gens.
Comment dire ? C’était le genre de chose qui ne correspondait pas vraiment aux critères esthétiques des humains.
Mais Mira aimait beaucoup les regarder. La professeure en était également assez satisfaite. Elle avait dit qu’elle les aimait bien parce qu’elles étaient originales. Les trésors pensaient la même chose.
Ces derniers temps, je commençais même à les trouver mignonnes.
Après cinq ans passés à s’y habituer, eux aussi finiraient par mieux les supporter. Nous passâmes entre ces choses grouillantes et nous enfonçâmes dans la tour.
D’autres sculptures exhibaient leur corps à l’intérieur. Le pantin n° 0 aimait travailler la pierre. Contrairement à moi, qui assemblais des morceaux de bois, il sculptait un seul bloc pour en tirer un pantin entier.
Son talent était indéniable. Assez grand pour donner envie aux gens de reculer. J’envoyai rapidement un signal. Les pantins d’ombre qui le perçurent adressèrent un sourire éclatant aux élèves à leurs côtés.
Leur belle apparence contribua peu à peu à détendre l’atmosphère. Les élèves commencèrent alors à se rapprocher des pantins qui les accompagnaient. C’était aussi l’une des raisons pour lesquelles j’avais demandé au pantin n° 0 de décorer le premier étage.
Je voulais que les pantins leur paraissent plus familiers. Ils avaient tous une apparence répondant à des critères fixes, que j’avais établis. Autrement dit, ils avaient le genre de beauté qui plaisait aux humains.
La beauté inspirait naturellement de l’affection. Dans cet espace grotesque, les pantins ressortaient d’autant plus. Si la scène se répétait, les élèves prendraient naturellement l’habitude de les garder près d’eux. C’était une sorte d’illusion.
Grâce aux efforts des pantins d’ombre, l’atmosphère s’allégea peu à peu. Les élèves commencèrent à regarder autour d’eux en avançant. Bientôt, le hall central apparut. Je m’y arrêtai un instant pour leur parler.
« Le premier étage est un espace libre. Vous pourrez y rester après la fin du cours, alors profitez-en comme bon vous semble. Si vous souhaitez visiter les lieux, vous pouvez prendre un peu de temps pour le faire. »
Ils affichèrent des mines réticentes. Ils n’avaient pas l’air décidés à bouger. Je regardai discrètement autour de moi. Il était vrai qu’on avait du mal à se détendre ici.
« Dans ce cas, montons au deuxième étage. Faites attention en gravissant les marches. Une erreur pourrait vous faire grimper au-delà de l’espace. »
Après les avoir avertis, je montai l’escalier. Le deuxième étage était toujours aussi normal qu’avant. Les élèves se sentaient peut-être un peu rassurés, car ils relâchèrent légèrement leur pouvoir magique.
« Le deuxième étage est aussi un espace libre. Vous pouvez en profiter autant que vous le voulez. Bien, par ici. »
Nous traversâmes le hall central du deuxième étage et nous dirigeâmes droit vers la salle de cours. Les élèves y entrèrent, guidés par les pantins. J’attendis qu’ils soient tous passés, puis franchis la porte à mon tour.
La salle de cours avait beaucoup changé. Je l’avais décorée autant que possible pour cette leçon. Des miroirs noircis avaient été installés partout, du plafond aux bureaux en passant par les murs. Une immense glace se dressait aussi sur l’estrade.
Debout devant elle, j’observai les élèves en silence. Ils se déplacèrent selon un ordre bien établi et commencèrent à former des groupes. Les premiers à se rassembler furent ceux qui avaient acheté leur place.
Des dizaines de personnes se regroupèrent autour d’eux. C’était comparable à ce qui s’était passé avec les membres des grandes familles. Je m’y étais attendu.
Ensuite, ceux qui avaient déjà suivi le cours se rassemblèrent. Ils en avaient peut-être discuté avant, car ils se réunirent et se mirent à chuchoter entre eux. Les épéistes se regroupèrent également à part. C’était bien dans leur nature.
Ainsi, je distinguai peu à peu quatre groupes environ. Les choses se déroulaient de façon très naturelle.
Le cours précédent avait sans doute aussi joué un rôle. Cette précédente chasse au trésor avait impliqué des combats organisés. Les élèves s’étaient battus pour prendre le contrôle de zones limitées. C’était ce que voulait la professeure.
Mais ce n’était pas le thème principal de ce cours. Les trésors qui en étaient les commanditaires ne voulaient pas ça. Ils souhaitaient que ces gens s’épanouissent plus librement.
C’était pour cela que le troisième étage devait lui aussi ouvrir cette fois. Il était encore en cours de réaménagement, alors il n’était pas accessible. Comme l’espace ne manquerait pas, les combats de groupe seraient sans doute rares. Les capacités individuelles prendraient davantage d’importance.
J’attendis que les murmures s’éteignent. Ils ne tardèrent pas à prendre place. Je frappai dans mes mains pour attirer leurs regards. Bientôt, le silence retomba dans la salle.
« Enchanté de vous rencontrer. Comme je vous l’ai expliqué tout à l’heure, je m’appelle Evron. La professeure m’a confié ce cours, et c’est pourquoi je me tiens devant vous. Mais rassurez-vous : ce n’est pas moi qui donnerai le cours. »
Sur ces mots, je relâchai un peu de pouvoir magique. Les miroirs qui remplissaient la salle se mirent à luire faiblement. Au milieu de cette lueur, une silhouette commença à se dessiner.
« Comme vous l’avez vu dans le programme, vous recevrez désormais le pouvoir de trésors. Ces trésors possèdent des capacités extrêmement puissantes. Assez puissantes pour nous engloutir tout entiers, nous autres mages. Ce sont eux qui prendront ce cours en charge. »
La silhouette vacillante prit bientôt une forme parfaite. C’était un étrange collier fait de dents. Il nous regarda, puis claqua furieusement des mâchoires. Un bruit sec résonna dans la salle.
C’était une illusion en trois dimensions, créée grâce aux miroirs installés partout dans la pièce. Sa forme était représentée avec une grande précision.
« Je vais me retirer. Le trésor du jour, le Collier de dents, se chargera du reste des explications. Regardez attentivement le miroir devant vous : il communiquera par écrit. Bien, je vous invite à l’accueillir par vos applaudissements. »
-Haha, ravi de vous rencontrer ! Appelez-moi tous Collier de dents ! J’ai bien un autre nom, mais si la professeure Irian dit qu’elle m’appelle comme ça, qu’est-ce que je peux y faire ? Je n’ai pas le choix, je dois m’y plier !
Le collier claqua des dents. Au même moment, des mots apparurent sur l’écran. Les élèves se mirent à applaudir, un peu maladroitement. Comme pour leur répondre, le collier continua de claquer des dents.
-Merci, un immense merci ! Ah, cela faisait combien de temps que je n’avais pas entendu d’applaudissements ? Presque neuf cents ans. C’est à peu près le temps que j’ai passé enfermé dans les réserves, voyez-vous. Ah, beaucoup d’entre vous ne doivent pas me connaître. Je me suis éveillé pour la première fois il y a environ trois mille ans. Ah, j’étais tellement effrayé, à l’époque…
Ainsi, chaque fois que le Collier de dents claquait des mâchoires, ses paroles s’inscrivaient aussi à toute vitesse sur les miroirs. Les élèves fixaient les miroirs. Le flot de paroles ne semblait pas près de s’arrêter. Je m’en étais toujours rendu compte, mais cette chose parlait trop.
Il se lança dans un long récit de sa propre histoire. Certains élèves pâlirent un peu en le lisant, tandis que d’autres avaient les yeux brillants. J’observai la scène en silence.
-…Alors, j’ai joyeusement mâché et avalé toute une ville, avant de me faire capturer par la professeure Irian. Quand j’ai repris mes esprits, j’étais dans les réserves. Enfin, à quoi bon s’attarder sur le passé ? Ce qui compte, n’est-ce pas, c’est que je vous rencontre et discute avec vous tous, maintenant !
Le Collier de dents continua de déverser ses paroles. Les élèves l’écoutaient en silence. À vrai dire, plusieurs autres trésors avaient eux aussi voulu prendre en charge le premier cours. Mais après en avoir discuté avec eux, nous avions décidé de faire passer cette chose en premier.
Aucun autre trésor ne savait parler aussi couramment. Les autres ne maîtrisaient pas encore l’art de former des mots à l’aide du pouvoir magique. Étrangement, cette chose avait été capable de communiquer très naturellement dès le début.
-Certains d’entre vous recevront mon pouvoir aujourd’hui. Si vous ne le recevez pas, ne soyez pas trop déçus. Après tout, vous pourrez discuter avec nous par l’intermédiaire des insectes-miroirs ! Pour seulement 50 points par mois, vous aurez la chance de communiquer avec nous, les trésors ! Vous ne devez surtout pas laisser passer cette occasion ! Ahaha, monsieur le gardien des réserves. Ça suffit comme publicité, non ?
Je hochai la tête. Cela aurait été bien s’il n’avait pas ajouté la dernière phrase. Le Collier de dents, qui avait discrètement guetté mon expression, effaça sournoisement la fin de son message. Bien sûr, comme tous les élèves l’avaient déjà vue, ça ne servait à rien.
-Quoi qu’il en soit, le pouvoir que nous vous accordons ainsi vous appartiendra. Temporairement, pendant cinq ans ! Alors, vous devez tous viser la réussite. Seuls vingt d’entre vous pourront repartir avec ce pouvoir ! Quant aux autres, on le leur reprendra. Kéhéhé.
En écrivant cela, le collier claqua joyeusement des dents. Il créait une sorte de rythme et semblait ravi.
-Alors, que vais-je vous donner ? Ceci. Tada ! Un fragment de dent !
Il fit mine de cracher quelque chose. Une dent se fendit légèrement et se détacha. Il la fit flotter dans les airs à l’aide de son pouvoir magique.
-Pour moi, le pouvoir, c’est simple. Tant que je peux mâcher et manger quelque chose, ça me suffit. Avec ça, vous pourrez dévorer vos adversaires. Oui, tout ! Leur âme, leur pouvoir magique, leur force. Une partie de ce que vous dévorez vous reviendra. Il vous suffira de mâcher et d’avaler des êtres vivants pour accumuler du pouvoir.
Une bête magique en forme de petit lapin s’approcha. C’était le cobaye préparé à l’avance. Il enfonça le fragment de dent directement dans son corps. Le lapin se ratatina en un instant et se transforma en poussière.
Alors, le fragment de dent se mit à briller un peu plus. Les élèves le regardèrent, les yeux étincelants. Un désir ardent commença à les remplir.
-Vous pouvez remplacer vos propres dents par ce fragment, ou le transformer d’une autre manière. Mais faites attention. Si vous mangez trop, vous risquez de devenir fou ! Ah, ça m’est arrivé après avoir mangé une ville. J’en avais trop avalé et je me suis tout simplement enivré. C’était quand même délicieux.
Ses dents claquèrent. Une légère faim remua en lui. Son pouvoir magique était si palpable que tous les élèves pouvaient le sentir.
-Le moyen que j’emploierai pour vous choisir est très simple. Après tout, c’est le premier cours. Je ne veux qu’une chose : que vous vous battiez. Battez-vous les uns contre les autres, puis battez-vous encore, et mourez. Après avoir vu vos fins misérables, je choisirai ceux qui me plaisent !
Le Collier de dents claquait des mâchoires avec enthousiasme. Les élèves commencèrent à s’observer. La méfiance envers les autres s’installait lentement.
-Bien, tout le monde, en mouvement !
À ces mots, les miroirs s’éteignirent. L’illusion du Collier de dents disparut avec eux. Le silence envahit la salle. Je m’avançai de nouveau.
« Le cours d’aujourd’hui se déroulera sur tout le deuxième étage. Il commencera dans trente minutes, alors préparez-vous d’ici là. Vous ne pourrez pas accéder aux autres étages, gardez-le à l’esprit. Ah, inutile de craindre la mort. Vous serez transférés à l’infirmerie avant qu’elle ne vous emporte. »
J’avais aménagé tout le deuxième étage en zone de duel. Pour cela, j’avais manipulé la magie de la tour. Avec le temps, je m’étais assez habitué à m’en servir pour pouvoir effectuer des modifications aussi simples.
Bien sûr, je n’étais pas encore capable d’utiliser cette magie pour remodeler le terrain comme le faisait la professeure. Pour ça, je devais devenir plus fort. C’était impossible pour moi, pour l’instant.
Les élèves se mirent à hésiter. C’était compréhensible. Le cours venait à peine de commencer et on leur demandait déjà de se battre. Mais une personne se leva soudain et quitta la salle sans la moindre hésitation.
C’était Cassian, cette femme au regard vide qui m’avait tant marqué. Son pantin-ours la suivit en dandinant. En la regardant partir, je laissai échapper un sourire amer.
En vérité, depuis qu’elle était entrée dans la tour, elle n’était pas obligée de suivre les cours. Mais quand elle avait appris de quoi il s’agissait, ses yeux s’étaient illuminés. Elle avait dit que ça avait l’air amusant. Mira l’avait aussi encouragée.
Elle ne voulait pas obtenir le pouvoir d’un trésor. C’était tout le contraire.
Elle voulait affronter ceux qui avaient accepté des trésors, puis devenir plus forte à l’issue de ces combats. C’était pour cela qu’elle avait participé à ce cours. Les autres ne l’intéressaient pas vraiment, avait-elle dit.
Quand elle se mit en route sans hésiter, les autres commencèrent à bouger à leur tour. Les élèves quittèrent rapidement la salle.
Une fois qu’ils furent tous partis, Mira monta sur l’estrade. Je lui jetai un coup d’œil. Elle sourit légèrement.
« Qu’en penses-tu ? Tu crois que les cours vont bien se passer, à partir de maintenant ? »
À ces mots, je secouai légèrement la tête. Les trésors étaient excentriques. Ils étaient aussi impulsifs. En cinq ans, il y aurait forcément des incidents.
« Alors, allons-y nous aussi. »
Quand je le dis, Mira s’approcha et passa naturellement son bras sous le mien. La professeure assistait probablement elle aussi au cours. Pour le moment, je devais donc mener ce premier cours à bien.
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