Chapitre 86
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Traducteur/Éditrice : Coughing Baby
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◈ Surviving in the Magic Academy
Chapitre 86
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Près de deux semaines passèrent. Les inscriptions aux cours commenceraient la semaine suivante. Comme la période d’inscription durait environ un mois, je devais remettre le programme vers le milieu. Ainsi, je pourrais attirer des élèves.
Pour l’instant, je n’avais bien sûr posé que les grandes lignes du programme. Je n’en avais pas encore rédigé les détails. Je n’y pouvais rien. Ce cours ne dépendait pas que de moi. Je devais aussi demander leur avis aux trésors.
Après notre première exploration du coffre-fort, Cassian avait paru extrêmement satisfaite de l’expérience et avait examiné son corps sous toutes les coutures. Ensuite, elle s’était même mise à me demander la première si nous pouvions retourner dans le coffre-fort.
Devais-je appeler ça une communion avec Mira ? Ce processus physique semblait lui avoir apporté quantité de matière à étudier. Comme je devais rassembler un grand nombre de trésors, c’était une bonne nouvelle. Bien sûr, je n’avais pas l’intention d’accepter sa demande.
Tant que son corps ne serait pas parfaitement stable, je n’avais aucune intention de retourner dans le coffre-fort. À ce moment-là, elle subissait encore les contrecoups de la première exploration. Après mon refus catégorique, Cassian repartit l’air un peu dépité.
Ce corps était ce que j’avais de plus précieux. Plus précieux encore que le mien.
Il renfermait une quantité phénoménale d’informations, et qui savait quel potentiel cette chair pourrait encore développer ? Il n’y avait aucune raison de la gaspiller par manque de prévoyance. Telle était ma conclusion.
Je devais en prendre soin, puis en prendre encore davantage soin, et m’en servir comme sujet d’étude toute sa vie durant.
Oui, un jour, elle partirait peut-être elle aussi. Au bout du compte, une université était un endroit dont on finissait par sortir diplômé. Avec son talent, elle obtiendrait probablement son diplôme avant moi. Dans ce cas, je devais la garder auprès de moi au moins jusque-là, afin d’en tirer le meilleur parti.
Quoi qu’il en soit, Cassian se reposa ainsi dans la tour, entre repas et farniente. Une fois son corps complètement rétabli, nous retournâmes dans le coffre-fort. Le corps de Cassian, habité par Mira, restait utile. Je continuai à consigner le rang des trésors dans l’insecte-miroir.
Et nous en arrivâmes au présent. À travers le miroir, je voyais Cassian. Allongée sur l’immense lit de convalescence qu’on lui avait préparé, elle se roulait par terre avec la marionnette-ours. D’innombrables sorts de guérison déferlaient sur elle.
La professeure Irian se caressait légèrement le menton. Je me trouvais dans sa chambre. Elle observait tranquillement Cassian à travers le miroir.
Je me tenais silencieusement à ses côtés. Je jetai un coup d’œil au plateau que je portais. Le déjeuner du jour, préparé pour la professeure, fumait doucement dessus.
Je le posai avec précaution devant la professeure. Elle détourna un instant les yeux du miroir pour me regarder. Je lui souris sans bruit et reculai. Butler se mit à préparer ses couverts.
« Tu dis que tu veux la prendre comme assistante ? »
« Oui. Elle s’appelle Cassian et c’est aussi une élève qui a reçu un certificat d’admission à l’issue du cours précédent. »
« Eh bien, ça ne me dérange pas. »
La professeure acquiesça sans hésiter. Comme je m’y attendais. Elle agrandit l’écran et se mit à examiner Cassian de près. De temps à autre, elle jetait aussi un coup d’œil à l’insecte-miroir posé à côté d’elle. La précédente exploration du coffre-fort y était rediffusée.
« Hmm. Je comprends pourquoi tu veux la prendre comme assistante. Elle est presque ton exact opposé. »
Elle rangea le miroir. Son intérêt semblait s’être dissipé. L’insecte-miroir interrompit lui aussi la vidéo et revint voler dans mes bras.
Elle regarda le déjeuner posé devant elle. Après avoir vérifié ce qu’il contenait, elle fronça légèrement les sourcils. L’air incertain, elle me lança un regard quelque peu dubitatif.
C’était compréhensible. Même à mes yeux, le menu du jour avait l’air plutôt quelconque. Un bol assez large était rempli d’un liquide transparent. Quelques œufs y flottaient, et c’était tout.
Un repas d’une grande sobriété. Mais je soutins son regard avec assurance, un sourire satisfait aux lèvres. Cette soupe aux œufs, c’était l’essence même de la saveur, fruit de ma longue expérience en cuisine.
Ces œufs provenaient de la créature à tentacules pondeuse que Cassian avait chassée. À l’époque, nous l’avions fait griller à sa demande. Je me souvenais encore à quel point c’était dégoûtant.
Mais ce n’était pas là le véritable goût de l’ingrédient. En triant les restes de la bête magique, j’avais été attiré par le parfum qui émanait de ses tentacules. Puis j’en avais goûté un morceau cru, et une saveur incroyablement riche m’avait envahi la bouche.
C’était un goût particulièrement séduisant. Alors pourquoi le plat avait-il été si mauvais la dernière fois ? Parce qu’il avait été chauffé. À l’instant où cet étrange tentacule touchait le feu, sa saveur changeait.
J’avais donc utilisé uniquement mon pouvoir magique pour l’attendrir sans relâche. Au terme du processus, le tentacule s’était transformé en quelque chose qui ressemblait à ces œufs. Seul son cœur avait subsisté.
Le bouillon, lui aussi, était très important. Il contenait non seulement des tentacules, mais aussi toutes sortes d’autres ingrédients. En les attendrissant à l’aide de mon pouvoir magique, ils avaient perdu leur forme et leur couleur, jusqu’à devenir transparents comme ça.
On pouvait dire sans exagérer que des centaines de bêtes magiques avaient fondu dans ce petit bol de bouillon. En attendrissant ainsi les bêtes magiques, j’avais fait une grande découverte.
La cuisine des bêtes magiques n’avait pas de limites. Seules mes idées préconçues lui en imposaient. Si je m’en affranchissais, tout recelait des possibilités infinies.
La soupe aux œufs ainsi créée était véritablement l’essence même de la récupération. J’en avais aussi donné à Cassian, qui devait probablement se rouler sur son lit à l’heure qu’il était. Cela ne manquerait pas de l’aider à se rétablir.
« Aujourd’hui, j’ai préparé quelque chose qui ne pèsera pas sur votre corps. Goûtez d’abord le bouillon, puis mangez-le avec les œufs. »
Sur ces mots, je désignai la soupe. Elle prit sa cuillère et effleura avec précaution l’un des œufs qui flottaient dans le bol. En réponse, l’œuf frétilla légèrement. Comme je l’avais voulu, il était encore un peu vivant.
Elle le regarda, puis recueillit un peu de bouillon. Celui-ci se figea légèrement, comme une gelée, et grimpa de lui-même sur la cuillère. Elle le porta délicatement à sa bouche.
Puis elle ferma les yeux et se mit à savourer le goût. Son expression, d’abord renfrognée, se détendit peu à peu, et bientôt, un apaisement chaleureux illumina son visage.
Je souris en la regardant. Quiconque goûtait ce bouillon affichait la même expression. J’avais fait pareil. La chaleur du bouillon se répandait dans tout le corps et procurait un profond sentiment de bien-être.
Elle prit encore quelques cuillerées de bouillon, puis toucha un œuf. Il frétilla légèrement sur la cuillère. Elle le mit en bouche tel quel et le mâcha par petits mouvements.
Enfin, elle me regarda et m’adressa un léger sourire. Ses yeux, emplis de plaisir, se plissèrent en demi-lunes.
« C’est bon. »
« Merci. »
Je m’inclinai légèrement. J’avais déployé de gros efforts pour le faire revivre. Le tentacule de l’œuf avait été tranché en deux par l’épée de Cassian. Puis il était mort. J’avais tout de même réussi à sauver une petite partie de son cœur.
J’avais essayé de planter son tentacule dans ce cœur pour préserver sa saveur. Le tentacule avait absorbé le cœur et repris vie avec une vigueur étonnante. Grâce à cela, je pouvais maintenant servir un plat parfait à la professeure.
La professeure remua rapidement sa cuillère et vida toute la soupe. Après l’avoir terminée, elle se tint le ventre et laissa échapper un petit toussotement. Un air de profonde satisfaction apparut sur son visage. Ce repas était lui aussi une grande réussite.
Je repris le bol et préparai rapidement du thé. Un parfum acidulé s’en dégagea, chassant peu à peu l’odeur lourde de la soupe qui emplissait la pièce. La professeure porta la tasse à ses lèvres et en huma un instant l’arôme.
Son expression commença alors à se détendre. La soupe avait une saveur extrêmement profonde. C’était aussi ce qui pouvait la rendre un peu lourde. Comme elle l’avait constaté un instant plus tôt.
Pour alléger cette impression, j’avais ajouté cette fois des feuilles de thé légèrement acidulées, afin de lui rafraîchir la bouche. Elle y goûta et sourit faiblement. Puis elle sirota le thé et se rinça doucement la bouche.
Elle devait maintenant avoir un peu de répit. Sur cette pensée, je sortis plusieurs feuilles de papier de ma bourse spatiale et les posai discrètement devant elle. C’était la liste des trésors que j’avais établie cette semaine.
« Hmm, la dernière fois, quand tu m’as dit que tu prendrais un cours en charge, je me suis demandé ce que tu comptais faire. Mais à quoi bon se contenter de répertorier le coffre-fort comme ça ? »
Elle pencha la tête en parlant. Puis elle reposa sa tasse et se mit à lire ce qui était écrit sur le papier.
« Ce n’est pas seulement pour le cours. Vous m’avez nommé responsable du dépôt, professeure. Comment pourrais-je laisser le coffre-fort à l’abandon ? Je compte établir la liste complète de cette façon, pour que vous puissiez la consulter facilement. »
À ces mots, la professeure hocha légèrement la tête. Je lui tendis un insecte-miroir.
Il ressemblait exactement à ceux que j’avais remis aux trésors. Quand je lui transmis ma volonté, il afficha un tableau sur son écran. C’était le tableau réservé aux trésors.
Deux trésors l’avaient rejoint cette semaine. Avec les trois que j’avais rassemblés au départ, ils étaient désormais cinq à bavarder bruyamment sur ce tableau. La professeure prit un air très intéressé en le voyant.
« C’est une salle de discussion pour veiller au bien-être des trésors. Je l’ai préparée pour que vous puissiez aussi la consulter, professeure. Elle est également reliée aux insectes-miroirs des trésors ; si vous voulez prendre de leurs nouvelles, vous devriez pouvoir regarder les images. »
Sur ces mots, j’ouvris un écran. L’insecte-miroir clignota brièvement, puis son écran se mit à montrer un vaste lac. Il s’était connecté à l’insecte-miroir de l’autre côté.
Au centre du lac s’agitait une masse de spectres. C’était l’œil arraché à une étoile, communément appelé Œil d’Étoile. Sentant peut-être notre connexion, il jeta un regard vers l’insecte-miroir.
Il pouvait lui aussi nous voir à travers cette connexion. En apercevant la professeure, il paniqua et se mit à trembler. Ses secousses firent remonter des bulles à la surface, qui se mirent à bouillonner.
La professeure lui sourit légèrement. Je m’inclinai moi aussi devant Œil d’Étoile, de l’autre côté de l’écran. Il ne sut pas quoi faire, puis s’affaissa bientôt, tout flasque. Cette vue me remplit de satisfaction.
C’était une sorte de dispositif de sécurité. Si la professeure s’intéressait à ce tableau, ces créatures ne pourraient sûrement pas agir à leur guise. Sur cette pensée, je lui remis l’insecte-miroir. Bien sûr, je l’avais aussi préparé pour l’aider à tuer le temps.
L’écran de l’insecte-miroir s’éteignit bientôt. La connexion restait instable. Enfin, elle passait à travers une porte. Il fallait encore la travailler un peu.
« C’est plutôt intéressant. Ça me plaît. Et je comprends un peu pourquoi tu essaies de manipuler les trésors. »
En disant cela, la professeure jeta un regard à ma poitrine. Ses yeux traversèrent mon corps pour se poser sur l’arbre qu’il abritait. Oui, elle connaissait très bien mon arbre d’ombre.
Elle avait donc dû comprendre tout de suite ce que j’avais en tête en leur donnant des insectes-miroirs. Je n’avais pas besoin de lui cacher. De toute façon, elle ne tarderait pas à le remarquer.
« Mais comment comptes-tu utiliser ça pour le cours ? »
Elle posa la question, les yeux brillants. Je secouai légèrement la tête et me grattai la joue.
« Ce n’est pas encore au point. Quand tout sera décidé, je vous l’expliquerai en même temps que le programme. »
La professeure ne sembla pas satisfaite de ma réponse évasive. Elle gonfla légèrement les joues, puis plissa les yeux. Elle me lança un regard soupçonneux.
« Il y a quelque chose de louche. J’ai l’impression que tu vas encore faire une drôle de chose. »
« Mais non. Quand est-ce que j’ai fait ça ? »
Je dis cela en agitant la main. Elle me dévisagea en silence un moment, puis son expression se détendit bientôt. Elle se remit à siroter son thé.
« Tu sais mieux que moi. Bon, attendre comme ça devrait être amusant aussi. Tu peux y aller. »
Elle agita la main. Je m’inclinai profondément.
« Sur ce, je vais vous laisser. »
Je sortis de la pièce à reculons, avec précaution.
Les jours qui suivirent se répétèrent selon un rythme très régulier. Cassian se roulait sur son lit, puis dans la tour, stabilisant son corps autant que possible. Mira restait auprès d’elle et la soignait.
Le corps de Cassian changeait au fil du processus. Une puissance et un potentiel accrus commençaient à s’y installer.
Je vérifiai les données fournies par Mira et clignai des yeux. Le changement semblait dépasser quelque peu les limites humaines.
Cela devait être dû à l’influence de Mira. Enfin, c’était de la croissance. Ce n’était pas une mauvaise chose, si ? Je pensai cela et laissai tranquillement passer.
Cassian saurait bien s’en occuper elle-même, non ? Mira tenait aussi énormément à ce corps ; il était donc certain que cela ne ferait pas de mal à Cassian.
Pendant qu’elles stabilisaient ainsi le corps, je poursuivis mes recherches les unes après les autres. Il s’agissait d’adapter les insectes-miroirs réservés aux trésors. Les dispositifs de sécurité se renforcèrent encore au passage.
Cette connexion passait par-delà les portes du coffre-fort. Ces portes étaient hermétiquement scellées par des couches et des couches de barrières extrêmement puissantes. Sans la clé, je n’aurais même pas pu concevoir une telle connexion.
Quoi qu’il en soit, je devais tirer parti de ces barrières. Chaque signal qu’ils envoyaient était d’abord bloqué par la barrière de la porte, puis censuré.
Elle vérifiait s’il contenait de la malveillance ou du pouvoir magique, ou si des fragments de volonté s’y étaient glissés. Ce n’est qu’après avoir déterminé si de tels éléments étaient présents que le signal apparaissait sur le tableau.
Parfois, les trésors demandaient quelque chose. Il leur arrivait de réclamer des bêtes magiques ordinaires, ou simplement de vouloir entendre des histoires sur ce qui se passait dans le monde. Je m’employais consciencieusement à répondre à leurs requêtes.
Puis j’entrais dans le coffre-fort. Voilà comment se déroulait notre routine hebdomadaire. Deux semaines passèrent ainsi.
Pendant cette période, nous avions pu visiter trois autres salles. Elles contenaient au total vingt-deux trésors.
Parmi eux, cinq étaient suffisamment intelligents pour participer au tableau. Dix trésors s’y trouvaient donc au total. C’était aussi le nombre minimum que j’avais visé.
J’eus de longues conversations avec eux. Je créai même un tableau secret séparé, que la professeure ne pouvait pas voir. C’était pour élaborer les grandes lignes du cours, mais aussi pour eux.
On pouvait considérer ces trésors comme une sorte de clientèle qui m’accompagnerait dans mon développement à l’avenir. Il était donc naturel que j’écoute leurs avis et réponde à leurs demandes. Je fis avancer la discussion en me disant que leur satisfaction serait la mienne.
C’est ainsi que nous achevâmes le programme.
Je me présentai devant la professeure, le programme dans les bras. Elle tenait une tasse de thé et en humait l’arôme. Je posai devant elle le programme, accompagné de dix feuilles de papier.
Ces dix feuilles dégageaient un pouvoir magique extrêmement puissant. Celui-ci émanait des lettres couleur de sang qui y étaient inscrites. La professeure sembla le sentir et jeta un regard aux papiers.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« C’est une déclaration commune des trésors. Dix d’entre eux l’ont rédigée au nom de cinq salles, qui abritent au total trente-neuf trésors. »
Les véritables acteurs de ce cours n’étaient autres que les trésors. Ils évalueraient les élèves et leur accorderaient des pouvoirs en guise de récompense. Moi, je servirais d’intermédiaire entre eux, tout en récoltant des points et des informations.
Ce serait un monde où tout le monde serait heureux. Et cette déclaration commune en était le premier pas.
À ces mots, elle pencha la tête. Je soutins son regard et pris fièrement la parole. Pour l’heure, j’étais le représentant des trésors. Je devais aussi défendre leurs intérêts dans la perspective du cours à venir.
« De même qu’on garantit aux élèves le droit à la survie et le droit à la propriété, il faut garantir aux trésors des droits minimaux. Telle est la volonté des trésors. »
Pfft. La professeure recracha un peu du thé qu’elle buvait. Elle toussota sèchement et me regarda. Son air abasourdi ne m’échappa pas.
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