Chapitre 7
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre à l’académie de magie
Chapitre 7
──────
Rien de particulier ne se passa sur le chemin du retour. Je m’ennuyai un peu, alors je donnai quelques coups de pied aux types écroulés au bord de la route. J’avais envie de ramener ces salauds à l’atelier et de les mettre à contribution.
Et si j’en embarquais un ou deux en douce ? Même de pareils junkies pourris restaient des mages, au moins de nom. Ils feraient d’excellents matériaux. Mais je ne pouvais pas vraiment passer à l’acte.
Ces types appartenaient pratiquement à l’Alliance des utilisateurs d’épée. Tous les jours, ils extrayaient leur propre mana pour acheter de la drogue. C’étaient les pucerons de la bande. Si j’en tuais un à la légère, ces salauds d’utilisateurs d’épée entreraient sans aucun doute dans une colère noire.
Au loin, je commençai à distinguer une enseigne où l’on pouvait lire : <Atelier de marionnettes d’Evron>. C’était la maison que j’avais bâtie en plus de dix ans. À part le centre des bidonvilles, c’était probablement le bâtiment le mieux conservé du coin.
Qu’est-ce que j’avais dû endurer pour m’emparer de ce bâtiment ! Rien que d’y repenser, j’en tremblais encore : ces maudits utilisateurs d’épée m’avaient menacé avec leurs lames.
J’ouvris la porte et entrai. La vue de l’intérieur, rempli de toutes sortes de marionnettes, apaisa mon corps et mon esprit. Je me dirigeai d’abord vers le comptoir d’accueil. Une marionnette ressemblant à un singe était affalée dessus. Je la tapotai de la main.
Elle n’était pas cassée. J’injectai du mana dans la marionnette telle quelle. Elle redressa son corps tout froissé et se remit aussitôt sur ses pieds.
Debout sur le comptoir, elle se mit à fixer bêtement l’entrée de la boutique. C’était la marionnette d’accueil, chargée de gérer l’établissement à ma place. La veille, je n’avais fait que boire en rentrant, si bien que j’avais oublié son existence.
Je fis le tour de la boutique pour vérifier que rien ne déconnait. Deux semaines s’étaient écoulées, alors un problème inattendu avait pu survenir. Heureusement, tout était parfaitement normal. Hum, comme on pouvait s’y attendre de la part d’une marionnette que j’avais fabriquée. Absolument parfaite.
Je la laissai là et descendis à l’atelier souterrain. Bon, et si je réparais les marionnettes cassées pendant l’examen ?
Cet examen avait pris la forme de duels, alors ça avait été rude. Pour quelqu’un comme moi, qui ne maîtrisait comme magie offensive que l’explosion de marionnettes, l’épreuve avait été bien trop difficile.
Sur les trente combats d’entraînement disputés en deux semaines, je n’en gagnai que deux, et encore, de justesse, en utilisant toutes les marionnettes que j’avais. Une fois qu’elles avaient toutes été réduites en pièces, je m’étais contenté de rouler par terre en criant que j’abandonnais.
Non, le combat, ce n’est vraiment pas mon fort.
Cette fois, j’avais vraiment eu une poisse infernale. J’avais prié et supplié pour que l’examen ne prenne pas la forme de duels, et voilà ce qui était tombé. La prochaine fois, je réussirais à coup sûr.
Je sortis une bourse spatiale de l’intérieur de ma robe, où elle était dissimulée sous ma ceinture d’acier. Cette minuscule bourse était dotée d’un sort d’agrandissement de l’espace, assez puissant pour contenir une centaine de marionnettes. Mes marionnettes… Non, c’était peut-être un trésor plus précieux que toute ma fortune. Je l’avais obtenue grâce à une rencontre fortuite.
Elle n’avait rien à faire dans ces bidonvilles. Si quelqu’un la voyait, le sang coulerait à coup sûr le jour même. C’était pourquoi je la gardais toujours bien cachée sous ma ceinture. Je la retournai et la secouai : un tas de marionnettes brisées pendant l’examen en dégringola. À la vue de leur état lamentable, je poussai un soupir.
Ah, j’avais le cœur serré chaque fois que je passais un examen. Dire que je devais faire subir ça à mes enfants…
Je commençai par trier les débris pour mettre de côté ceux qui étaient encore à peu près intacts. Le plus important, c’était le cœur de mana. Tant qu’il était intact, je pouvais réparer une marionnette en lui attachant un nouveau corps.
Pourtant, j’eus beau chercher, je ne trouvai que trois marionnettes dont le cœur était encore vivant.
Toutes les autres étaient cassées. Il y avait surtout beaucoup de cœurs tranchés net, en ligne droite. Le travail d’un utilisateur d’épée. Cette salope sans cœur avait découpé les marionnettes des autres sans la moindre hésitation.
Au début, je l’avais un peu sous-estimée parce que c’était une femme, mais dès le début du combat, ses yeux avaient changé et elle s’était mise à découper mes marionnettes comme une folle. Si cet examen avait tourné au fiasco, c’était entièrement la faute de cette salope.
Je mis ces trois-là de côté et jetai le reste dans l’incinérateur. Elles avaient déjà perdu leur mana et n’étaient plus que de simples morceaux de bois, alors elles n’avaient aucune valeur. Même si je recyclais ces trucs, je n’en tirerais que de la camelote. Autant m’en débarrasser comme ça.
Voir ces marionnettes partir en fumée me rendit absurdement triste. Tss, dire qu’en tant que père, je devais vous laisser partir comme ça. Je suis désolé. La prochaine fois, je vous donnerai des corps plus solides.
Je sortis aussi de ma poitrine les marionnettes insectes volantes. À l’origine, j’en transportais plusieurs centaines sur moi, mais elles avaient toutes été brisées pendant l’examen. Il n’en restait qu’une dizaine. Une fois de plus, je pensai à cette utilisatrice d’épée. J’avais pris mon courage à deux mains et combiné une cinquantaine d’insectes volants pour créer un sort d’autodestruction multiple, mais elle avait bloqué les explosions avec quelques coups d’épée à peine.
Maudits utilisateurs d’épée. De vrais sauvages qui n’ont que le combat en tête !
Tout en maugréant, j’utilisai mon mana pour poser sur l’établi les matériaux de marionnette éparpillés dans l’atelier. Aujourd’hui, je devais renforcer ma fondation. J’allais améliorer les marionnettes défoncées et les reconstruire.
Je commençai par toucher le bois. Il avait été imprégné de mana jusqu’à devenir lui-même une masse de mana. Du mana s’étalait entre mes doigts et s’écoulait comme un liquide. Hum, parfait.
Ma tête, encore pleine d’irritation, s’apaisa rapidement. Aucune pensée parasite ne pouvait s’immiscer quand je fabriquais des marionnettes. Je devais me concentrer uniquement sur elles et saisir pleinement la puissance contenue dans les matériaux.
Je repoussai toutes mes pensées et mes émotions, puis éveillai l’arbre dans ma poitrine. Le mana s’infiltra depuis les feuilles de la jeune pousse et forma un flux régulier. Bientôt, il parcourut mes doigts et traça un motif étrange sur le bois imprégné de mana.
Je me mis à façonner le bois en suivant ce motif. Celui-ci ondulait doucement, comme s’il respirait. Combien d’entraînement m’avait-il fallu pour que la « Respiration Profonde Magique » atteigne une telle maîtrise ? J’avais fabriqué des marionnettes, sculpté et taillé le bois jour et nuit pour trouver le grain de force vitale dont le vieil homme m’avait parlé.
Ce n’est qu’après avoir enfin compris le grain de force vitale grâce à cet entraînement épuisant que ma magie innée franchit à son tour un nouveau palier. Non, il serait plus juste de dire que j’avais compris quelque chose de nouveau, quelque chose qui m’avait échappé jusque-là.
Ainsi, la magie s’écoula le long des grains de force vitale et de mana, insufflant un semblant de vie aux marionnettes.
Le mana contenu dans le bois fut aspiré par ces motifs. Je traitai de la même façon les dizaines de morceaux de bois que j’avais apportés.
Pendant que les motifs absorbaient le mana, je retirai les cœurs de mana des trois marionnettes brisées. Ces cœurs, qui avaient la forme de petits arbres, étaient desséchés, comme s’ils allaient mourir d’un instant à l’autre.
Leur état est grave. Je dois les transplanter tout de suite. Je dressai sous les cœurs plusieurs morceaux de bois que j’avais repérés. C’étaient ceux dont les motifs étaient les plus beaux et les plus épais. La magie gravée sur les cœurs de mana vibra faiblement et entra en résonance avec le bois placé en dessous.
Puis les motifs du bois et des cœurs s’entremêlèrent comme s’ils étaient vivants et commencèrent à échanger du mana. Les cœurs en reçurent du bois et se redressèrent à leur tour.
Braves petits. Je guidai le mana et facilitai peu à peu leur fusion. Mais je ne pouvais pas mener tout le processus à leur place. Sinon, les cœurs de mana finiraient en morceaux. Comme les mages, ils devaient se relever par eux-mêmes.
Les cœurs de mana retrouvèrent rapidement leurs forces et s’infiltrèrent dans le bois. Les noyaux des nouvelles marionnettes venaient ainsi de prendre forme. À partir de là, je devais leur fabriquer des corps adaptés. J’examinai soigneusement le bois qu’ils avaient pénétré, puis fouillai parmi les matériaux à la recherche de ceux qui lui correspondraient.
Avaient-ils compris instinctivement qu’ils étaient morts puis revenus à la vie ? Les cœurs de mana révélèrent des préférences plus affirmées qu’avant. L’un d’eux créa un grain complètement sauvage et fit circuler le mana avec puissance. Un autre s’enveloppa étroitement de son grain comme d’une armure et se dissimula. Le dernier dispersa le sien dans toutes les directions, sans se soucier de rien.
Je les baptisai Premier, Deuxième et Troisième.
Ce genre de chose arrivait de temps à autre. En accumulant de l’expérience, les cœurs de mana associés à ma magie innée développaient une sorte de caractère, et ceux qui revenaient du seuil de la mort avaient une tendance encore plus marquée à le faire.
Oui, oui. Papa va vous confectionner des vêtements parfaitement adaptés. Tout en imaginant à quoi ils ressembleraient, je façonnai les autres morceaux de bois qui composeraient leur corps.
Premier devrait porter la peau d’une bête sauvage, pleine d’une beauté farouche. Une forme de léopard, peut-être ? Non. Une créature comme un léopard ne pourrait pas contenir la sauvagerie de cet enfant. Alors, que devrais-je fabriquer ?
Et un monstre comme un attrapeur fouisseur ? Ou un oiseau puissant, comme un aigle aux cinq couleurs ? Rien ne me satisfaisait. La sauvagerie de Premier était d’une violence sans pareille.
Il me fallait une créature plus puissante. La plus puissante de tout le continent.
Quelle était la plus grande créature que j’aie jamais vue ?
À peine y eus-je pensé qu’une créature me vint à l’esprit. Une tortue ! Une tortue. C’était il y a vingt ans, alors que je parcourais le continent à bord d’un aéronef. À la nouvelle qu’une tortue se déplaçait, l’aéronef était aussitôt descendu au sol pour se cacher. Les mages s’étaient allongés face contre terre, comme s’ils étaient morts, sans laisser échapper la moindre parcelle de mana.
Mais qu’est-ce qu’une tortue ? Comme je n’en avais jamais vu, je m’étais montré très courageux. Je m’étais tourné vers le bruit de la terre qui tremblait. Et je l’avais vue.
À cet instant, je compris leur peur. Quand la tortue avançait, les montagnes étaient piétinées. Celles qui s’élevaient très haut dans le ciel étaient enfoncées droit dans le sol. Un immense lac disparut. Devant la patte de la tortue, même un lac profond et vaste n’était qu’une flaque.
La tortue ravagea tout sur son passage et se dirigea vers la mer, d’où venait l’aéronef. Ensuite, je m’évanouis et restai inconscient une dizaine de jours.
La tortue était une forme de vie puissante qui parcourait la terre et la mer. Son corps était si robuste qu’aucune créature de cette mer étrange n’osait s’en approcher à la légère, et sa sauvagerie rivalisait même avec celle d’un dragon. On aurait pu la qualifier de catastrophe naturelle vivante.
Oui, c’était la forme parfaite à donner à Premier.
Mais Premier ne suffisait pas à lui seul. Sa sauvagerie était sans égale, c’était certain. Mais ce n’était que ça.
À cet instant, une idée me traversa l’esprit. Et si Deuxième s’enroulait autour de lui comme une armure ?
Mon Dieu, quelque chose pouvait-il être aussi beau ?
Je ne pouvais pas laisser Troisième de côté non plus. Il ferait office de lien entre les deux et leur servirait de second cœur. Une fois ces trois cœurs reliés pour ne former qu’un seul noyau, la véritable marionnette-tortue serait achevée !
L’inspiration me tombait dessus comme un éclair, et l’harmonie entre les trois prenait forme. Rien que d’y penser, j’en frissonnais. Et si, en plus, je construisais un abri à l’intérieur du corps de Troisième, qui formerait l’intérieur de la tortue ?
Elle deviendrait mon propre atelier ambulant. Comment avais-je pu ne pas y penser plus tôt ?
Mes idées continuaient d’affluer. Et si ces trois-là ne suffisaient pas…
Je n’aurais qu’à ajouter d’autres cœurs. Si je reliais des cœurs aux caractères distincts et les faisais entrer en harmonie, la tortue prendrait une forme encore plus complète.
Je continuai à sculpter des corps adaptés à chacun d’eux.
J’empilai une grande quantité de bois et continuai à y faire courir mon couteau, puis sortis toutes sortes de matériaux rares pour les incruster.
Je devais viser la forme la plus parfaite.
Combien de jours passèrent ainsi ? Après avoir travaillé sans manger ni boire, je m’en rendis compte.
Ah, c’était un échec.
J’avais échoué.
Et tout à la fin, en plus.
Chaque cœur de mana avait ses propres caractéristiques. Comme un mage, chacun possédait une forme de complétude.
Le corps de la tortue était achevé.
Quand j’en plantai un dans chaque partie et les reliai grâce à ma « Respiration Profonde Magique », j’étais certain d’avoir réussi.
Mais, dans cet immense flux de mana, ils perdirent leur complétude et se fondirent en un seul. Puis ils furent éjectés de la marionnette.
J’aurais dû m’y attendre.
Je réfléchis longuement à mon erreur. Je n’étais pas resté assez calme pendant la fabrication. Je m’étais emballé, j’avais poursuivi une idée fausse et, au bout du compte, j’avais échoué de cette façon.
Mais un échec devait rester un échec. Depuis que j’étais devenu mage, j’en avais connu un nombre incalculable. Celui-ci n’était qu’un de plus. Je me forçai à me calmer et pris une profonde inspiration.
Les trois cœurs avaient été imprégnés par le flux le plus complet, celui de Troisième.
Le fait d’avoir été imprégné ainsi ne rendait pas Troisième particulièrement plus puissant. Il contenait simplement, temporairement, un mana plus fort qu’avant. Avec le temps, il retrouverait son état d’origine.
Je sentis mes forces m’abandonner et m’affaissai mollement. J’avais créé une marionnette-tortue si gigantesque qu’elle remplissait l’atelier, mais personne ne pouvait la piloter.
Je levai les yeux vers mon chef-d’œuvre, fruit de tant d’efforts. J’y avais englouti presque tous les matériaux que j’avais entassés dans l’atelier. Son dos, semblable à une chaîne de montagnes ; ses pattes lourdes qui avançaient en écrasant les montagnes ; et même sa bouche, telle un vide qui aspirait le mana comme de la brume.
Les caractéristiques de la tortue que j’avais vue autrefois étaient reproduites jusque dans les moindres détails.
Est-ce que tout cela allait vraiment se terminer par un échec ? C’était trop regrettable. Il ne me manquait qu’un cœur de mana adapté à cette marionnette. Alors, la tortue s’animerait et se mettrait en mouvement.
Mais les trois cœurs avaient déjà fusionné en un seul. Puisque je n’avais fabriqué la marionnette que pour eux, aucun autre cœur de mana ne pouvait la faire bouger.
Elle n’était plus qu’une immense sculpture, jolie à regarder.
À cet instant, une légère vibration monta dans ma poitrine. Je plongeai à la hâte en moi-même, frappé par la puissante onde qui naissait de l’arbre.
Dans ma poitrine, la jeune pousse tremblait, débordante d’excitation. En suivant son mouvement, ses feuilles libérèrent du mana et créèrent un sort gigantesque.
La « Respiration Profonde Magique ». L’arbre lançait ce sort sur lui-même.
Une révélation me traversa l’esprit. Non, elle venait de l’arbre qui se trouvait dans ma poitrine.
Un cœur de mana !
La source de tous les cœurs de mana que je fabriquais, c’était l’arbre dans ma poitrine. Même si chacun avait sa propre individualité, il suffisait de suivre ses racines jusqu’à leur origine pour retrouver mon arbre.
Cela signifiait que cet arbre contenait les possibilités de tous ces cœurs.
Je posai une main sur ma poitrine. Je sentais que l’arbre n’attendait qu’un instant propice pour en sortir. Oui, je n’avais qu’à prendre moi-même la place du cœur de mana. Aucune marionnette ne pouvait dépasser le potentiel de l’original : moi.
« Je deviendrai la tortue. »
En murmurant ces mots, je reliai le grain de l’arbre dans ma poitrine à celui de la tortue. Une pression puissante se déchaîna. Tout le mana que possédait la tortue s’engouffra dans ce nouveau passage et commença à mettre mon corps en pièces.
Mes os se brisèrent et mes vaisseaux sanguins éclatèrent. Mon corps gonfla comme un ballon sur le point d’exploser.
Je m’empressai d’enfoncer mes racines dans ma chair. Jusque-là, elles ne s’étaient infiltrées que dans mes os et mes muscles, mais elles allèrent plus loin et commencèrent à les remplacer.
Ce ne fut qu’une fois toute l’ossature de mon corps transformée en racines que le flux de mana se stabilisa un peu. Des fissures parcouraient mon corps de toutes parts, mais c’était toujours plus supportable qu’avant.
Les racines ainsi enfoncées en moi dévorèrent avidement le mana de la tortue. La jeune pousse raffina le mana qu’elle avait absorbé et le renvoya, puis celui-ci retourna dans la tortue en suivant le flux qui la reliait à moi.
Quel cycle magnifique. Je devenais un seul et même cœur de mana, fusionnant avec la tortue. Bientôt, nous ne fîmes plus qu’un.
Cette sensation étrange, où je sentais à la fois ma chair humaine et celle de la marionnette, me poussa à me concentrer un peu plus sur cette dernière.
Je levai une patte et fis un pas en avant. Le sol de l’atelier ne supporta pas son poids et s’affaissa. Cette masse écrasante… C’était exactement ce que je cherchais. Je frissonnai de profonde satisfaction.
La jeune pousse dans ma poitrine trembla elle aussi de joie. Un mana plus puissant que jamais se fondait en elle. Prenant pour fondation l’énorme marionnette qu’était la tortue, elle se mit à pousser à toute vitesse.
Ayant presque doublé de taille, la jeune pousse émit un mana plus puissant et lança la « Respiration Profonde Magique ». Le lien entre la tortue et moi se renforça encore. Ces deux êtres distincts commencèrent à fusionner pour n’en former qu’un.
Mais je ne pus aller plus loin.
Je sus instinctivement que je ne pouvais pas continuer. Mon domaine était trop faible pour progresser davantage. Si j’allais plus loin, je perdrais la raison et deviendrais une partie de la marionnette.
Pour un mage, comprendre qu’une révélation plus profonde se trouvait juste sous ses yeux, sans pouvoir la saisir, était une véritable torture. Malgré tout, je devais me réjouir d’avoir découvert la voie à suivre. J’apaisai l’arbre et me retirai naturellement du corps de la tortue.
Quand j’examinai mon corps, il était couvert de fines fissures, comme si des morceaux brisés avaient été recollés. Elles me donnaient l’impression que j’allais voler en éclats à tout moment. Il me faudrait environ deux mois de repos. Hors de question que je quitte la boutique.
Épuisé, mais comblé, je m’allongeai sur le dos de la tortue. J’étais si fatigué. Dès que mon dos toucha le sol, je perdis connaissance.
---
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>