Chapitre 66
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Surviving in the Magic Academy
Chapitre 66
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- Cassian : Venez voir ce mignon petit ours en peluche. Jour 325.
[Une photo de l’ours en peluche renversé sur le dos]
[Une photo de l’ours en peluche allongé sur un lit]
[Une photo de l’ours en peluche portant un petit chapeau]
[Une photo de l’ours en peluche assis, les jambes tendues]
Je ne peux pas mettre de vidéos en ligne, le vieux n’est pas là. Quel dommage.
┗ Hao : Je ne vois pas d’ours en peluche, moi. Je ne vois qu’un visage humain tout pâle.
┗ Cassian : Tu es en train d’insulter notre ours en peluche ?
┗ Hao : Non, je veux dire qu’il y avait vraiment quelqu’un, là. Il a disparu. C’était un spectre ?
┗ Cassian : Rejoins-moi dans le hall central du premier étage. Si tu ne viens pas, je te trouve.
┗ Hao : C’est un malentendu. Un vrai malentend-
« Gardien de l’entrepôt, hein. »
Je fis tourner la clé dans ma main. Elle me procurait une sensation étrange : un lien créé par sa connexion directe à mon arbre.
C’était peut-être pour ça que la toucher me donnait parfois l’impression de toucher une partie de mon propre corps. Depuis que je l’avais reçue, j’avais pris l’habitude de la caresser chaque fois que je me perdais dans mes pensées.
La chambre au trésor que je devais garder s’étendait du sixième au neuvième étage. On m’avait dit que les trésors gagnaient en puissance à mesure qu’on approchait du neuvième. Jusqu’ici, je n’avais visité qu’une seule fois les étages à partir du sixième. Je m’en souvenais encore très bien.
C’était quand j’étais arrivé à la tour et que j’avais commencé à faire le ménage. J’avais atteint le cinquième étage sans trop de mal. Puis, au sixième, j’étais tombé sur un mur qui grouillait.
Au début, j’avais cru que c’était un étage ordinaire. Mais le mur s’était bientôt mis à onduler et avait essayé de m’avaler tout entier.
J’avais alors pris mes jambes à mon cou et m’étais échappé de justesse. Et pour couronner le tout, j’étais tombé nez à nez avec le globe oculaire du septième étage.
J’esquissai un sourire amer. La professeure m’avait dit que la présence de ce globe oculaire était un accident. Il s’était échappé de la chambre au trésor, apparemment.
En général, ce genre d’accident ne se produisait pas qu’une fois. Autrement dit, tant que je serais chargé de garder la chambre au trésor, je finirais sans doute par affronter un jour l’une des choses qui s’en étaient échappées.
Est-ce que moi, à l’heure actuelle, je pourrais m’en sortir face à une chose pareille ? Absolument pas. Et même si j’élevais mon niveau à l’avenir, je ne pensais pas que cela suffirait à me donner l’assurance de les affronter.
Au contraire, plus je devenais fort, plus je prenais la mesure de la puissance du globe oculaire que j’avais rencontré à l’époque.
Cette sensation bizarre remonta de nouveau dans mon esprit. Je m’empressai de repousser cette pensée dans un coin de ma tête. Y réfléchir davantage ne ferait que me donner mal au crâne.
Je ferais mieux de me mettre en route ?
Même si je n’en avais pas envie, je devais y aller. C’était le contrat. Une étrange pression commença à parcourir mon arbre. Les entraves qui partaient de mon poignet s’enroulaient autour de lui.
Je n’avais pas ressenti ça depuis un bon moment. La professeure ne m’avait donné aucun ordre particulier. Je me frottai légèrement le poignet gauche. Quand j’y insufflai du pouvoir magique, deux contrats apparurent.
Celui du dessus appartenait à la professeure, et celui du dessous, à Myra et Miryeong. J’examinai le contrat du bas. Après l’avoir conclu, la professeure m’avait annoncé que j’avais réussi. Puis j’étais devenu le gardien de l’entrepôt.
Soixante points. C’était la note que la professeure m’avait attribuée à l’époque. J’y avais beaucoup réfléchi depuis. Qu’aurais-je pu faire pour obtenir plus de points ? Je n’avais pas trouvé de réponse claire. Seulement quelques hypothèses.
Les événements de la maison de vente aux enchères me semblaient déjà très lointains. À présent, mes inquiétudes au sujet de la chambre au trésor étaient bien plus grandes. Enfin, un mois s’était écoulé, alors j’imagine que c’était du passé.
Je me levai. Avec précaution, je caressai la bourse spatiale accrochée à ma ceinture. Comme je ne savais pas ce qui m’attendait dans la chambre au trésor, j’y avais fourré presque tout ce que je possédais.
La clé dans ma main se fondit de nouveau dans mon corps. En même temps, une puissante vitalité se mit à circuler en moi. Elle renforça mon pouvoir magique et remplit mon corps de force. C’était le pouvoir contenu dans la clé.
La clé renfermait plusieurs sorts et pouvoirs que je ne reconnaissais pas. Ce regain de vitalité était l’une des fonctions secondaires que j’avais découvertes. La clé elle-même pouvait peut-être être considérée comme un trésor.
Bien sûr, je ne pensais pas que cela m’aiderait à résoudre mon problème actuel.
Je poussai un soupir. Je devais rapporter un trésor avant le prochain cours. C’était l’ordre.
La veille, la professeure me l’avait annoncé. C’était après le déjeuner.
« Comment va la clé ? »
« Elle est excellente. Merci de m’avoir confié un objet aussi précieux. »
Je m’inclinai en disant cela. Je le pensais vraiment, d’ailleurs. Elle renfermait une force extrêmement puissante. La sensation de l’apprivoiser m’avait beaucoup appris.
La professeure parut très satisfaite de mes flatteries. Sans rien dire, elle porta à sa bouche une cuillerée du pudding aux sept couleurs servi en dessert. Après l’avoir savouré un instant, elle prit la parole.
« Dans ce cas, c’est réglé. Tu vas rapporter le prochain trésor. »
« Pardon ? »
« Il sera bientôt temps de préparer le cours. Va dans la chambre au trésor et rapporte celui dont j’ai besoin. »
Je clignai des yeux, puis baissai le regard vers la clé apparue dans ma main je ne savais quand. Comme si elle avait compris qu’on parlait d’elle, elle étincelait.
C’était donc ça, le rôle de gardien de l’entrepôt ?
À vrai dire, depuis que j’avais reçu la clé, je n’étais jamais monté aux étages où se trouvait la chambre au trésor. Je n’y avais envoyé des marionnettes que quelques fois. Je n’avais aucune raison d’y aller moi-même.
Le globe oculaire de l’autre fois n’avait réussi à s’échapper de la chambre qu’après l’absence de la professeure pendant une centaine d’années. Elle m’avait aussi dit avoir renforcé les sorts au cas où d’autres choses s’échapperaient.
Cela voulait donc dire que je n’aurais à m’occuper de rien pendant encore une centaine d’années. J’avais été un peu soulagé. Je ne m’attendais pas à ce que la situation tourne ainsi. Enfin, si, je m’y attendais, mais je ne pensais pas qu’elle me ferait vraiment y aller.
Elle disait que je n’avais qu’à aller chercher un trésor, mais comment étais-je censé monter là-haut ? L’endroit serait évidemment rempli de choses que je ne pouvais toujours pas affronter.
« Vous voulez dire que je dois y aller seul ? »
À ma question, elle hocha la tête.
« Même si je tombe sur un trésor, tout ce que je peux faire, c’est m’enfuir. Comment voulez-vous que je… ? »
« Si je te le demande, c’est justement parce que tu raisonnes comme ça. Combien de temps vas-tu continuer à fuir ? Hum, tu ne mourras pas, alors fais de ton mieux. »
Elle porta sa tasse de thé à ses lèvres, comme si elle n’avait rien de plus à ajouter. J’essayai de protester, mais je ne pouvais plus bouger sous le pouvoir magique qui s’abattit sur moi.
Puis il me projeta hors de la pièce. Je dégringolai tout l’escalier. Alors que j’étais étendu là, hébété, une feuille de papier descendit doucement vers moi.
« C’est l’objet dont j’ai besoin. Vérifie bien et rapporte-le sans te tromper. »
C’est ainsi que je reçus cette mission.
Debout à l’endroit où j’avais dégringolé la veille, je levai les yeux vers l’escalier.
Au moins, je n’avais qu’à aller au sixième étage, ce qui était déjà une chance. Les trésors du sixième étage seraient probablement plus faciles à gérer que ceux du septième. Même si cela ne changeait rien au fait que je n’oserais pas leur tenir tête.
L’espace au-dessus de l’escalier ondulait légèrement. C’était parce que je n’avais pas encore choisi ma destination. Je sélectionnai le sixième étage et attendis que l’espace se stabilise.
Bientôt, l’escalier commença à se relier à un autre étage. Je gravis lentement les marches. À chaque pas, la tension montait. Et, au bout, je découvris une scène qui m’était très familière.
Elle ressemblait presque en tout point aux étages inférieurs. Ce décor paisible m’apaisa. Un long couloir et, au bout, une vaste salle. C’était exactement ce que j’avais observé plusieurs fois à travers les marionnettes.
Je parcourus le couloir en regardant autour de moi. Le sixième étage servait aussi de salle de cours. Son apparence changeait à chaque fois. Je m’étais toujours demandé comment il pouvait prendre un décor différent à chaque visite.
Lorsque j’arrivai dans la salle, un spectacle incroyable se déploya devant moi. Le voir de mes propres yeux n’avait rien à voir avec ce que j’avais pu observer à travers une marionnette. En le contemplant, je compris enfin que cet endroit était vraiment une chambre au trésor.
Des portes occupaient le moindre espace. Certaines étaient fixées au sol, d’autres aux murs, et quelques-unes flottaient même dans les airs.
Une immense quantité de pouvoir magique s’écoulait des portes. Des cercles magiques superposés formaient des motifs si complexes que les regarder me donnait mal à la tête. C’étaient des sorts destinés à sceller ce qui se trouvait à l’intérieur.
Je me dirigeai vers la porte la plus proche, puis étudiai lentement la magie qui y était gravée. Ces étranges circuits, qui s’écoulaient vers une destination inconnue, formaient des motifs incompréhensibles pour moi.
Mais je sentais que je pouvais les toucher. La clé réapparut dans ma main. Si je l’insérais là, la porte s’ouvrirait.
Mais je n’avais pas besoin de toucher à cette porte. Ce que la professeure m’avait ordonné de rapporter ne se trouvait pas derrière. Quand je m’approchai, le contenu de la pièce apparut un instant dans mon esprit.
Salle 13 – Un tas de trucs plutôt solides rassemblés là
- Pierre ramassée au fond de la mer, reliée à un autre continent
- Crâne d’une chèvre qui mangeait des montagnes, impossible à mâcher
- Armure en météorite ? Un type bizarre à l’intérieur
- Balle étrange arrachée au Clan de la Montagne, très solide
- …
La liste continuait ainsi, dans un charabia incompréhensible. La professeure avait dû classer les trésors à peu près selon leurs caractéristiques. Il devait y en avoir une dizaine derrière cette porte.
Et dans les autres salles ? Je me dirigeai vers la porte voisine. Une liste du même genre apparut. Il y avait sept choses à l’intérieur. Là encore, les descriptions étaient pleines de gribouillis impossibles à comprendre.
Je regardai autour de moi. Il y avait des dizaines de portes, à vue de nez. À elles seules, les salles d’ici contenaient facilement plus d’une centaine de trésors.
J’esquissai un sourire amer. Je comprenais maintenant pourquoi la plupart des trésors que la professeure nous avait montrés en cours n’avaient pas de nom à proprement parler. Avec autant de choses, elle avait dû trouver pénible de leur en donner un à chacune.
Alors, quelle porte devais-je franchir ? Je sortis le papier que la professeure m’avait donné.
- Sixième étage, Œil suspendu à une étoile
C’était ce qui était écrit sur le papier. Il devait se trouver derrière l’une de ces innombrables portes.
En regardant le papier, j’imaginai la professeure sourire d’un air mauvais. Un globe oculaire. Cela me rappela la chose que j’avais rencontrée au septième étage. Elle savait aussi que j’en avais encore peur.
Elle m’avait donc délibérément demandé de rapporter quelque chose de semblable. Je sentais une pointe de malveillance dans ces quelques mots. Bien sûr, la créature était forcément plus faible que l’autre. Sinon, elle n’aurait jamais été au sixième étage.
J’examinai lentement les portes. Je repérai aussi quelques trésors dont les descriptions m’étaient vaguement familières. C’étaient probablement des objets qui avaient été présentés en cours.
Après avoir vérifié les portes une à une, je trouvai celle qui renfermait l’objet que je cherchais. Je comparai le papier à la liste qui flottait devant la porte. Les mots étaient les mêmes. C’était bien la bonne.
J’avalai ma salive. La description inscrite sur cette porte était bien plus inquiétante que celles des autres.
Salle 2 – Un tas de trucs qui mangent les gens rassemblés là
- Paquet de doigts, ne mange que les doigts des mages
- Œil suspendu à une étoile, je ne l’aimais pas, alors je l’ai arraché
- Cœur dévoreur d’esprit, légèrement vivant
- Langue d’origine inconnue, plutôt bonne une fois cuite
- …
Une dizaine de créatures qui mangeaient les gens se trouvaient derrière cette porte. C’était de très mauvais augure. Mais la professeure m’avait dit que je ne mourrais pas. Je devais donc me fier à ses paroles.
Je pris une grande inspiration et approchai la clé de la porte. Le pouvoir magique s’éleva de la clé et commença lentement à défaire les sceaux qui protégeaient la porte.
Tout se déroula avec une facilité déconcertante. Les puissants cercles magiques que je n’avais pas réussi à déchiffrer s’effacèrent en un instant et, dans la foulée, la porte s’ouvrit sans résistance, révélant ce qui se trouvait derrière.
Il n’y avait pas d’entrepôt comme je me l’étais imaginé. Pas de vaste salle où les trésors auraient été soigneusement rangés. À la place, il n’y avait qu’une faille qui semblait mener à un autre espace.
Le trésor devait se trouver de l’autre côté. Je la fixai, hébété. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait si je la franchissais.
Mais hésiter ici ne servait à rien. Je sentais le pouvoir magique de la porte revenir peu à peu. Je devais entrer avant qu’elle ne se referme.
Je fermai les yeux et me jetai dans la faille. Je sentis mon corps être aspiré ailleurs. Derrière moi, j’entendis la porte se refermer.
Trois jours passèrent ainsi.
L’entrepôt était immense.
Et j’errais toujours à l’intérieur.
J’avais trouvé quelques trésors. Le problème, c’était qu’aucun n’était celui que je cherchais. La chose à côté de moi me tapota l’épaule.
« On dirait que ce n’est pas le bon endroit. On va par où, maintenant ? »
« Si vous avez un endroit où vous souhaitez vous rendre, je vous suivrai. »
« Alors, on essaie par là ? »
Devais-je dire « elle » ? Non, le plus juste était de parler d’une chose. Elle s’avança lentement. Je la suivis avec précaution.
Je la dévisageai. C’était une marionnette à l’apparence féminine. Et elle m’était incroyablement familière.
Évidemment. C’était le chef-d’œuvre que j’avais passé le dernier mois à créer, en y investissant tout ce que j’avais obtenu à la maison de vente aux enchères et tout ce que je possédais déjà.
Elle n’était pas encore tout à fait stabilisée, alors je n’avais pas pu lui donner d’ombre.
Peut-être avait-elle remarqué mon regard, car elle se retourna vers moi et sourit. Je lui rendis son sourire et poursuivis mon chemin. Une sueur froide me coulait dans le dos.
C’était arrivé la veille. Le lien qui m’unissait à cette chose s’était soudain rompu. Puis elle s’était mise à bouger toute seule.
Avec quelque chose suspendu dans sa poitrine, qui n’y était pas auparavant.
Un sourire amer se dessina sur mes lèvres. Je ne m’étais pas attendu à ce que la situation prenne cette tournure.
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