Chapitre 61
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 61
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- Yuna : Quelqu’un compte participer à la vente aux enchères qui aura lieu en ville cette fois-ci ?
Il y a quelque chose qu’il me faut. Si quelqu’un d’autre veut l’acheter, j’aimerais qu’on mette nos points en commun pour le prendre ensemble.
┗ Hao : Un achat groupé ? Qu’est-ce que tu veux acheter ?
┗ Yuna : J’ai entendu dire qu’un cristal de glace centenaire, récolté dans la tour du professeur Urian, serait mis aux enchères cette fois-ci.
┗ Hao : Waouh, un cristal centenaire doit coûter vraiment cher.
┗ Yuna : Oui, alors j’aimerais qu’on se répartisse les parts en fonction du nombre de points apportés par chacun.
┗ Hao : Je n’ai pas assez de points, alors bonne chance.
┗ Yuna : Merci.
┗ Yuna : Si quelqu’un en a besoin, contactez-moi par l’intermédiaire de mon insecte-miroir.
Qu’est-ce qu’une marionnette parfaite ?
La plupart des marionnettes que j’avais fabriquées suivaient presque toutes le même processus de fabrication.
D’abord, je sculptais du bois. C’était le matériau que je connaissais le mieux. Voilà pourquoi la plupart de mes marionnettes avaient un corps de bois.
La fabrication du corps exigeait beaucoup de soin. Comme c’était la partie la plus importante d’une marionnette, je choisissais toujours le matériau avec précaution.
Ensuite, je sculptais le bois choisi avec minutie. J’en étudiais les veines et en faisais ressortir la meilleure forme qui s’y cachait.
Parfois, cette forme était un bras de marionnette. Parfois, une tête. Et parfois même un organe destiné à remplir l’intérieur.
J’avais appris cela sur l’île. À présent, c’était un souvenir si lointain que je ne savais même plus combien de temps s’était écoulé.
Ce vieil homme était probablement déjà mort. Il n’avait été qu’une mauvaise herbe, incapable d’éveiller la magie.
La brièveté de sa vie m’attristait. Son savoir-faire et son talent avaient dû disparaître avec lui. Pourtant, sous cette forme, au moins, il me les avait transmis.
Ce que je n’avais autrefois compris que vaguement s’était épanoui à nouveau tandis que je faisais fleurir des egos au sein des ombres. À présent, je comprenais parfaitement ce que ce vieil homme avait voulu dire.
Comme lui, je suivais toutes les veines que le bois me révélait et en tirais la forme qui s’y trouvait. C’était la méthode du vieil homme.
Mais je ne m’arrêtais pas là. Je guidais un peu plus loin ce flux, dans la direction que je souhaitais. Je faisais ressortir davantage les propriétés du matériau, tout en lui donnant de meilleures veines.
C’est ainsi que je fabriquais les pièces de la marionnette, puis que je les assemblais. Et voilà, une marionnette était terminée.
Il fallait ensuite s’occuper de remplir l’intérieur.
Les matériaux utilisés pour le remplir variaient. Il pouvait s’agir de bois, ou d’autre chose. C’étaient en quelque sorte les organes de la marionnette.
Ils facilitaient la circulation du pouvoir magique et remplissaient toutes sortes de fonctions. Ils compensaient les limites du bois brut.
Telle était la structure de base dont je me servais pour fabriquer mes marionnettes. Celle que je venais de créer reposait elle aussi sur ce principe.
Je mis lentement mon pouvoir magique en mouvement. La marionnette réagit et se connecta à mes sens.
Elle tira lentement son épée. Un flux régulier se forma et le pouvoir magique commença à s’accumuler en elle.
C’était une marionnette conçue à l’image de Cassian. Pour que chaque détail soit identique, j’avais même reproduit à la perfection son apparence et sa corpulence.
C’était le nouveau type de marionnette que j’essayais de créer. Si seulement je pouvais y placer un ego, elle serait encore plus parfaite. Mais je n’avais aucune tige d’arbre à utiliser. C’était vraiment dommage.
Parmi les marionnettes que je possédais, la tortue était actuellement la plus forte et la plus aboutie. Elle me servait de moyen de transport, de défense, mais aussi d’atelier. Elle remplissait ces rôles avec une grande fidélité.
Quand je l’avais fabriquée, je m’étais concentré uniquement sur la défense. Sa carapace épaisse et son corps étaient entièrement chargés de magie défensive.
La magie défensive me convenait plutôt bien, à moi aussi. Comme j’en avais recouvert tout son corps, elle possédait les meilleures défenses de toutes mes marionnettes.
Et puis, il y avait les matériaux.
On pouvait dire sans exagérer que tous les matériaux les plus chers que j’avais récoltés jusque-là se trouvaient sous cette carapace. Ah, sauf l’arbre spectre que j’avais obtenu depuis. À part lui, tout était là-dedans.
À force de renforcer sa carapace, je l’avais rendue assez solide pour protéger son corps pendant n’importe quel cours. Même moi, je ne pouvais pas l’égratigner.
Si j’y avais investi autant, c’était uniquement pour survivre aux cours. Depuis mon arrivée à l’université, les seules crises auxquelles j’avais été confronté étaient les bêtes magiques rencontrées en classe.
C’est pourquoi elle ne savait que résister. Elle n’avait qu’une seule façon d’attaquer : écraser ses adversaires sous sa masse écrasante.
Contre de petites bêtes magiques, cela suffisait. Contre des mages, en revanche, elle ne faisait pas le poids.
Pour un mage, ce n’était qu’un tas de ferraille solide. Une cible énorme et encombrante.
Voilà pourquoi elle ne représentait aucune menace pour les autres. Il me fallait une marionnette conçue pour combattre les mages, une arme purement offensive.
Je manipulai prudemment mon pouvoir magique. La marionnette ouvrit les yeux. Puis le pouvoir magique accumulé dans son épée se déchaîna avec une violence explosive.
Elle leva l’épée et frappa droit devant elle.
Au même instant, la marionnette explosa. Tout se passa en un éclair.
Je bloquai les débris avec la barrière défensive que j’avais préparée à l’avance.
« Comme prévu, ça ne marche pas. »
Je contemplai la marionnette réduite en morceaux. Elle reproduisait Cassian de très près : le flux de son pouvoir magique, sa manière de manier l’épée, et même sa magie.
Pourtant, elle s’était brisée sans résister à un seul coup, pourtant tout simple.
Je fouillai les débris. Je rassemblai les traces de l’explosion et examinai le circuit qui se trouvait à l’intérieur.
Un sourire amer se dessina sur mes lèvres. J’avais apporté de nombreuses modifications, mais la puissance restait insuffisante.
Mes marionnettes fonctionnaient grâce à un cœur de mana. Et ce cœur de mana était fondé sur mon arbre.
Même si je lui donnais une forme différente comme ça, sa fondation ressemblait toujours à mon arbre. Je n’y pouvais rien. C’était la forme que je comprenais le mieux.
Par conséquent, sa puissance ressemblait aussi à la mienne et se révélait extrêmement faible. Son point fort, c’était la polyvalence. Elle pouvait se déployer largement, mais de manière superficielle, et accueillir ainsi plusieurs types de magie.
Mais quand j’essayais de la pousser dans une seule direction comme ça, cette faiblesse devenait beaucoup trop évidente. Il fallait que je trouve une solution.
À vrai dire, la réponse était évidente.
Je pouvais directement transformer en marionnette le corps de la personne que je voulais reproduire. Le cadavre d’un mage constituait toujours un bon matériau.
Si j’utilisais le cadavre d’un autre mage, que j’apprivoisais l’arbre individuel qui se trouvait en lui et que j’en faisais le cœur de la marionnette, le problème serait réglé.
Je pourrais exploiter pleinement la puissance dont ce mage disposait à l’origine. J’avais déjà récupéré des cadavres et m’en étais servi de cette façon, quelques fois. À l’époque où je vivais dans les bas-fonds.
Il y avait pas mal de mages qui traînaient là-bas. Ceux qui espéraient encore intégrer l’université se rassemblaient dans cet endroit. Et là-bas, on pouvait se procurer un cadavre de mage, à condition d’avoir de l’argent.
Les marionnettes fabriquées avec ces corps étaient plus puissantes que celles faites simplement de bois. Mais il y avait un problème.
Chacune engloutissait beaucoup trop de mon pouvoir magique, et à l’époque, je n’avais pas encore bien compris à quoi elles pouvaient servir. À quoi bon avoir une grande puissance ? Ma magie offensive ne servait à rien.
Je n’avais aucune magie à leur insuffler. Et ce n’était pas comme si je connaissais les sorts que ces cadavres avaient utilisés de leur vivant.
Aujourd’hui, c’était différent. Pour moi, désormais, le cadavre d’un mage était un véritable trésor.
Je n’avais pas besoin d’y insuffler ma propre magie. Je pouvais y mettre celle de quelqu’un d’autre. Et j’avais aussi trouvé comment résoudre le problème du pouvoir magique.
Mais ici, c’était l’université. Impossible de se procurer un cadavre.
Si j’avais le cadavre d’un mage puissant et que je l’apprivoisais pour en faire ma marionnette, mon problème actuel serait réglé. Quel dommage.
Il me fallait donc me rabattre sur la meilleure option suivante : utiliser le cadavre d’une bête magique.
Je l’avais compris la dernière fois, en utilisant le cerveau de l’arbre spectre. La partie centrale d’une bête magique puissante pouvait jouer le même rôle que l’arbre d’un mage.
La marionnette fabriquée à partir de l’arbre spectre n’avait pas réussi à acquérir un ego, mais elle avait conservé toutes les caractéristiques et toute la puissance de son matériau d’origine.
Je regardai la sphère que la tortue mordillait en jouant. Non, c’était le numéro zéro qui la lui avait lancée. La tortue roulait par terre, la sphère dans la gueule.
Elle aimait ce Faux Arbre. En gardant ainsi la sphère dans sa gueule, elle pouvait absorber des informations à la fois du monde réel et de l’arbre d’ombre.
La sphère résistait parfaitement à ses mâchoires. En y repensant, j’avais cette fois fixé le cœur d’une bête magique, mais il n’avait pas supporté la pression et avait explosé.
Comme prévu, les matériaux bon marché ne feraient pas l’affaire. Il me fallait le cadavre d’une bête magique plus puissante.
Et je savais où en trouver un.
Je vérifiai mon insecte-miroir. Il était temps de partir.
« Je reviens. Range-moi tout ça. »
Je m’adressai au numéro zéro. Il hocha la tête. Je tournai les talons et quittai l’atelier.
Mes yeux s’illuminèrent. Cette fois, j’allais réussir.
Fort de cette ferme résolution, je montai à l’étage.
Et je me fis battre une fois de plus avant d’être jeté dehors.
« Dégage ! »
Aïe. Je me pris la tête et dévalai les escaliers en roulant. Chaque partie de mon corps me faisait mal.
C’était mon trentième échec. Je me redressai tant bien que mal et me remis debout.
Hum. Je croyais vraiment que ça marcherait, cette fois.
À l’heure du déjeuner, j’avais fait de mon mieux pour préparer à manger pour le professeur. J’avais particulièrement soigné la viande.
J’avais utilisé trois écureuils de tempête, qui m’avaient coûté chacun cinq cents points. Pour qu’ils restent aussi frais que possible, j’avais même demandé qu’on les capture vivants.
Je les avais préparés à l’avance pour qu’ils soient au meilleur de leur forme, puis je les avais cuisinés de toutes les façons possibles. Le professeur les avait dévorés avec un air de satisfaction que je ne lui avais encore jamais vu.
J’en avais profité pour lui demander discrètement si je pouvais prendre un seul trésor dans la chambre forte.
Et j’avais fini par rouler par terre, comme à l’instant. La journée m’avait ouvert les yeux. Je devais renoncer. Si je continuais, j’allais vraiment finir par mourir.
Le professeur était bien plus obsédé par ses trésors que je ne l’avais imaginé. Au point que je me demandais s’il ne serait pas plus facile de lui demander plutôt de l’aide pour cette autre affaire.
J’avalai mon regret.
Beaucoup des trésors que le professeur nous avait montrés en cours étaient des essences extraites des cadavres de bêtes magiques. Ils renfermaient une puissance si grande que l’arbre spectre ne pouvait même pas rivaliser.
Si je fabriquais une marionnette à partir de l’un d’eux, quelque chose d’incroyable verrait forcément le jour. Je convoitais tellement cette puissance que j’avais collé le professeur pendant un mois entier, mais rien n’y avait fait.
« Alors, il ne me reste vraiment qu’à y aller. »
Je sortis un morceau de papier de mes vêtements. Les mots « Billet d’admission à la salle des ventes de l’étage supérieur », inscrits dessus, dégageaient du pouvoir magique.
Miryeong me l’avait envoyé, avec un message disant que si quelque chose me faisait envie, Miryeong me prêterait même des points, et qu’elle se réjouissait à l’idée de travailler avec moi à l’avenir.
Après m’être un peu renseigné, j’avais appris que cette vente aux enchères était un événement unique de la Cité des stalactites, organisé une fois tous les vingt ans. Toutes sortes d’objets réunis par la Compagnie commerciale générale Arcana y seraient mis en vente.
Et, parmi eux, la salle des ventes de l’étage supérieur était réputée inaccessible sans un billet comme celui-ci, même si l’on avait suffisamment de points.
Je réprimai un sourire amer. Au départ, je n’avais pas prévu de participer à cette vente aux enchères. Pour être honnête, je n’avais toujours pas envie de les revoir.
Mais je n’avais désormais plus d’autre solution. Je pourrais peut-être y trouver des matériaux pour ma marionnette.
J’examinai lentement le billet. La vente devait commencer dans deux semaines.
Est-ce que je ne devrais pas aller y jeter un œil, au moins ? Même si je ne faisais qu’observer, je n’aurais rien à perdre. L’idée de revoir Miryeong me noua un peu l’estomac.
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