Chapitre 56
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 56
──────
- Hao : Depuis quelque temps, une tête bizarre apparaît parfois dans mon insecte-miroir. Qu’est-ce que ça peut être ?
J’ai pensé qu’une âme avait peut-être réussi à s’y introduire, alors j’en ai parlé à un nécromancien, mais il m’a dit que tout allait bien…
Hier, quand j’ai fermé les yeux pour dormir, j’ai senti que quelqu’un m’observait. Il y a vraiment quelque chose qui cloche.
┗ Omon : Tu n’as pas simplement vu ton propre reflet dans le miroir ?
┗ Hao : Non, je suis sérieux. Ce n’est pas une blague.
┗ Luka : Toi aussi, tu l’as vu ? Je croyais que je me faisais des idées, mais c’était donc bien réel.
┗ Hao : Luka, tu l’as vu aussi ? Je ne me suis pas trompé, pas vrai ?
┗ Evron : Un léger problème est survenu pendant le renforcement du forum. Il s’agit d’une entité incapable d’agir sur la réalité, vous n’avez donc pas à vous en inquiéter outre mesure.
┗ Hao : Comment veux-tu que je ne m’inquiète pas ? Je te dis que quelqu’un n’arrête pas de m’observer.
┗ Hao : Tu ne peux vraiment pas t’en débarrasser, Evron ?
┗ Hao : Evron ?
Je sentis tout mon corps se raidir sous l’effet de la tension.
Au milieu de l’atelier se dressait un arbre un peu plus grand que moi. Sa forme translucide laissait voir l’intérieur.
À l’intérieur, plusieurs visages flous passaient en flottant. Le flux de l’arbre était extrêmement étrange, et les formes grotesques qu’il renfermait suivaient elles aussi ce flux à un rythme régulier.
Cette fois, avais-je réussi ? M’accrochant à cet espoir, je fixai l’arbre, les yeux grands ouverts.
Mais il se brouilla peu à peu. Puis, soudain, il se tordit et s’effondra.
Tout s’écroula en un instant. Si j’avais cligné des yeux sans y penser, je n’aurais même pas vu ce qui s’était passé.
« Ça fait dix. »
Je soupirai. Le numéro zéro, qui avait manipulé le cercle magique à mes côtés tout ce temps, me tendit une serviette. Je rafraîchis mon visage brûlant avec, puis repassai en revue les causes de cet échec.
Le circuit du cercle magique était-il erroné ? Non. Je l’avais tracé à la perfection, sans la moindre erreur.
Une étape du processus s’était-elle mal déroulée ? Ce n’était pas ça non plus. Tout s’était passé comme prévu, sans la moindre seconde d’écart.
Alors pourquoi cet arbre, que j’avais mis une semaine à créer, s’était-il effondré ?
Au bout du compte, la réponse m’apparut clairement. C’était la conclusion que je n’avais pas voulu envisager.
Je récupérai le cerveau de l’arbre spectre qui flottait au centre du cercle magique. Craignant qu’il n’ait été endommagé, je projetai du pouvoir magique à l’intérieur.
Heureusement, il était toujours en parfait état, sans la moindre perte. Les nombreuses âmes qui tourbillonnaient en lui étaient intactes elles aussi.
C’était là son plus grand atout : il conservait parfaitement tout ce qu’il contenait.
L’arbre spectre se nourrissait principalement d’âmes. Il grandissait en absorbant les souvenirs et les émotions des morts attirés par ses racines, puis les digérait et se les appropriait.
C’était pour cela que le cerveau en ma possession avait une capacité de stockage aussi exceptionnelle. C’était un espace formé par l’accumulation d’innombrables âmes au fil de mille ans.
Il avait perdu son corps, et avec lui l’immense majorité des âmes qu’il possédait, mais il en restait encore un très grand nombre à l’intérieur.
Si je supprimais ces spectres, le pouvoir du cerveau s’affaiblirait aussi ; je ne pouvais donc pas m’en débarrasser à la légère. C’était pourquoi j’avais plutôt tenté de me servir des âmes contenues dans ce cerveau pour ressusciter son corps.
Si je parvenais à le reconstituer et à le contrôler, je ne gagnerais pas seulement un espace de stockage. Je pourrais également manier une puissante énergie spirituelle.
Et j’avais échoué.
Au début, j’avais cru que c’était parce que je ne comprenais pas correctement sa structure. J’avais donc dépensé des points pour obtenir ces informations également.
Après plusieurs expériences, je pouvais affirmer avec certitude que je le comprenais dans ses moindres détails. Fort de cette certitude, j’avais consacré beaucoup d’efforts à lancer cette expérience. Mais l’arbre s’était de nouveau effondré.
Le problème était simple : je manquais de pouvoir magique.
Ce n’était pas seulement une question de quantité. La densité de ce pouvoir magique, la volonté qu’il renfermait et la force qui l’animait étaient toutes insuffisantes. Autrement dit, mon stade était trop bas pour que l’expérience réussisse.
Bien sûr, si je prenais davantage de temps, je pourrais sans doute trouver une méthode. Il me faudrait environ un an.
Mais je ne pouvais plus poursuivre l’expérience. D’innombrables fragments d’informations déferlaient dans mon arbre d’ombre. Il ne tarderait pas à être saturé.
« Je ne voulais vraiment pas en arriver là. »
Je soupirai. Maintenant que toutes mes tentatives pour ressusciter l’arbre spectre avaient échoué, il ne me restait qu’une seule manière de l’utiliser sans attendre.
Je n’avais pas le choix : il fallait en faire une marionnette.
C’était précisément ce que j’avais voulu éviter. Pour une raison simple : le rendement.
Si j’avais ressuscité l’arbre, il aurait pu manier librement son pouvoir et ses âmes, en s’appuyant sur son corps puissant. Son ego d’origine aurait renaît et se serait harmonisé avec mon arbre d’ombre.
Mais si j’en faisais une marionnette, je ne pouvais pas espérer obtenir une telle puissance. L’ego que je créais était bien trop immature, et incomplet lui aussi. Il n’y avait aucune chance qu’il puisse gérer ce que cet arbre renfermait.
Il ne servirait qu’à stocker des choses. Bien sûr, c’était mon objectif de départ, mais je ne pouvais m’empêcher d’être déçu.
Ce matériau valait deux cent mille points. J’avais eu d’innombrables idées en le manipulant, et pourtant, je devais choisir l’option que j’avais le plus voulu éviter. C’était rageant.
Enfin, puisque j’avais pris ma décision, je devais faire de mon mieux pour en fabriquer une marionnette.
« Sors tout ce qu’on a préparé. »
Je m’adressai ainsi au numéro zéro. Il se mit à sortir des tiroirs alignés sur le mur de l’atelier un nombre incalculable de bouteilles, qu’il m’apporta. Dans chacune reposait une tige d’arbre, plongée dans un fluide de pouvoir magique.
À cette vue, une douleur lancinante me traversa la poitrine. Mon arbre tremblait. Il avait toutes les raisons de le faire. Ces innombrables tiges provenaient de son propre corps ; je les lui avais coupées.
J’esquissai un sourire amer. Si quelqu’un d’autre voyait ça, il dirait que j’avais vraiment perdu la tête. Je rabotais mon stade de progression et, pire encore, je me rabotais moi-même.
À vrai dire, j’étais certain de ne pouvoir battre personne au même stade. Même contre ceux qui n’avaient fait pousser qu’une Jeune pousse, je ne m’en tirerais peut-être pas facilement.
Mais peu importait. Je connaissais mes propres faiblesses. Si j’avais été seul, je n’aurais probablement même pas dépassé le stade de Jeune pousse. En me taillant ainsi, j’avais pu franchir des barrières.
Il en irait de même à l’avenir. Les innombrables marionnettes créées de cette façon me mèneraient toujours plus haut. Pour cela, ma force personnelle n’avait aucune importance.
Je rassemblai les bouteilles. J’avais déjà établi la marche à suivre pour en faire une marionnette. J’avais simplement repoussé le moment jusqu’à la toute fin. Je pouvais procéder quand je le voulais.
Le numéro zéro se mit à préparer un nouveau cercle magique. À l’intérieur, je sortis les tiges d’arbre des bouteilles.
Libérées du fluide de pouvoir magique, elles commencèrent peu à peu à s’éveiller. Puis elles relâchèrent lentement le pouvoir magique qu’elles renfermaient. Si je les laissais faire, il se disperserait à l’évidence.
Je tissai donc le pouvoir magique qu’elles libéraient et créai artificiellement un flux unique. Les tiges d’arbre se déplacèrent le long du courant que j’avais formé et commencèrent à s’assembler.
Bientôt, elles prirent la forme d’une énorme sphère. Celle-ci scella alors parfaitement le pouvoir magique qui s’en échappait. Il n’y eut plus aucune perte.
Mais sa forme était instable, comme si elle risquait de se disperser à tout moment. C’était parce qu’il lui manquait le noyau qui aurait dû se trouver en son centre.
Je sortis de nouveau le cerveau de l’arbre spectre. Il allait servir de noyau et stabiliser la sphère. Je l’approchai avec précaution.
Il s’infiltra à l’intérieur sans la moindre résistance. Puis il se mit à dévorer le pouvoir magique qui y circulait. Tout se déroulait exactement comme je l’avais prévu.
À vrai dire, j’avais longtemps cherché comment transformer cette chose en marionnette.
Le cerveau de l’arbre spectre n’avait presque aucune substance physique ; son ombre était donc à peine visible. Je ne pouvais ni rassembler son ombre à part, ni y planter une tige de mon arbre.
J’avais donc décidé de m’y prendre à l’inverse.
Si je ne pouvais pas mettre les tiges d’arbre dans l’ombre, il me suffisait de mettre l’ombre dans les tiges. Pour cela, je ressortis toutes les tiges que j’avais coupées jusque-là. En quantité pure, elles représentaient deux fois la taille de mon arbre actuel.
Le numéro zéro activa le cercle magique avec précaution. Le pouvoir magique s’obscurcit et l’intérieur commença à s’assombrir. Un monde d’ombre artificiel se formait. Cette magie, que j’avais perfectionnée à maintes reprises, donnait naissance à un autre monde plutôt convaincant.
Je me hâtai de sortir du cercle magique. À partir de là, tout dépendait de cette chose. Je tendis tous mes muscles, prêt à protéger au moins le cerveau en cas d’échec.
Dans l’étrange pouvoir magique du monde d’ombre, la sphère formée de mes tiges d’arbre commença à s’enraciner dans le cerveau qu’elle contenait. Le cerveau, qui dévorait son pouvoir magique, déploya lui aussi sa moelle épinière et se lia à la sphère.
Grâce à cette connexion, mes tiges d’arbre émirent instinctivement de la magie. Ma magie innée. Ainsi, elles tentèrent de créer un ego unique autour du cerveau.
La magie fonctionna parfaitement. Avec une autre marionnette, un ego se serait éveillé à cet instant.
Mais le résultat fut différent de ce que j’avais imaginé. Elle ne put devenir une étoile. Son ego ne s’était pas entièrement formé.
Mais cela ne signifiait pas que j’avais échoué.
Le cerveau de l’arbre spectre s’assimila aux tiges d’arbre et allongea sa moelle épinière jusqu’à mon arbre d’ombre. Ce mouvement extrêmement instinctif n’était possible que parce qu’il n’avait aucune substance physique.
Puis il s’enfonça dans l’arbre d’ombre et commença à se relier aux étoiles qui y étaient apparues. Je ne ressentais en lui qu’un puissant instinct de se connecter à l’arbre d’ombre. Je laissai donc tranquillement cette nouvelle marionnette faire ce qu’elle voulait.
Elle se relia ainsi à un grand nombre d’étoiles. Puis elle se mit à les attirer lentement. Sous l’effet de cette force, les étoiles se rapprochèrent les unes des autres.
Un flux limpide se grava alors dans mon arbre d’ombre. On aurait dit une rivière. Une galaxie scintillante faite d’étoiles.
Au centre de cette galaxie se trouvait la sphère formée de mes tiges d’arbre.
Elle se mit à absorber toutes les informations qu’elle renfermait. Les fragments d’information qui avaient presque saturé mon arbre d’ombre s’écoulèrent le long de la galaxie et s’engouffrèrent en elle.
Je poussai un soupir de soulagement. Le résultat était inattendu, mais une réussite restait une réussite. Je jetai un coup d’œil au numéro zéro. Comprenant mon signal, il dissipa le cercle magique.
Le monde obscur disparut alors, révélant une sphère de la taille de ma tête. Je m’en approchai avec précaution et la pris dans ma main.
Cette sphère existait à la fois dans mon arbre d’ombre et dans la réalité. Elle avait hérité telle quelle de la propriété de l’arbre spectre. J’y injectai du pouvoir magique et en examinai soigneusement l’intérieur.
Le cerveau qu’elle contenait s’était parfaitement assimilé à elle et en constituait le noyau. C’était sans doute ce qui lui avait permis de se stabiliser malgré l’absence d’ego.
Le cerveau avait à peine changé. Seule une infime partie de son immense capacité s’était remplie. À ce rythme, il pourrait sans problème absorber des informations des centaines de fois sans déborder.
Le processus n’avait pas été parfait, mais le résultat, lui, l’était.
Pendant la formation de cette connexion, quelques spectres présents dans le cerveau avaient bien migré vers d’autres étoiles, mais ce n’était qu’un détail. Au bout de quelques jours, ils perdraient leur pouvoir et disparaîtraient d’eux-mêmes.
---
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>