Chapitre 54
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 54
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- Luka : C’est aujourd’hui que le forum ferme ? Il a pourtant l’air de fonctionner.
┗ Jun : Evron-ssi est déjà parti.
┗ Luka : Oh, patron. Il est déjà parti ? Alors ça ne va pas tarder à couper, j’imagine.
┗ Nadia : Alors tu étais sur le forum. Ça fait déjà une semaine, pourquoi n’as-tu toujours pas payé les points ?
┗ Nadia : Si tu as perdu le duel, assume ta défaite. Qu’est-ce que tu fabriques à fuir comme ça ?
┗ Luka : Ah, on dirait que ça vient de couper. Je ne vois plus rien.
┗ Nadia : Quel mensonge éhonté.
┗ Nadia : Dépêche-toi, mets les points dans une enveloppe et présente tes excuses à notre « Groupe de l’Ascension sûre ».
┗ Nadia : Allô ? Réponds-moi… (Signal interrompu)
Je traversai la grotte et débouchai dans les souterrains. Le paysage s’ouvrit devant moi, révélant la ville à l’envers. Elle était exactement comme dans mes souvenirs. Pourtant, elle me sembla aussi un peu différente.
Quand y étais-je venu pour la dernière fois ? Je réfléchis soigneusement. Je n’y étais pas passé lors de la conférence finale de la professeure Heisen. Cela faisait donc presque six mois.
Je me rappelai ma première visite. La vue de cette ville étrange m’avait profondément marqué. Bien sûr, j’avais surtout traîné dans les quartiers tout en bas, alors je n’avais jamais pu l’observer correctement.
L’envie de visiter les niveaux supérieurs s’éveilla en moi. Mais je secouai la tête et chassai cette idée.
J’avais pas mal de points en ce moment, mais je n’avais aucune idée du prix de ce dont j’avais besoin. Plus j’en économiserais, mieux ce serait.
À peine eus-je pensé aux points qu’un insecte-miroir sortit de mes vêtements en flottant. Il affichait mon solde.
18 021 points.
C’était une somme colossale, bien supérieure à tout ce que j’avais jamais eu. À vrai dire, j’avais du mal à y croire. Les points n’étaient pas des choses matérielles, comme l’or ou les pierres de mana.
Il ne faisait pourtant aucun doute que c’était une somme énorme. Dès que j’avais mis en place un système pour gagner des points, ils avaient afflué en quantité.
Si j’avais pu en obtenir autant grâce à seulement deux cents personnes, combien en gagnaient ceux qui dirigeaient cette ville ? Je n’arrivais même pas à me le représenter.
Dix-huit mille points. C’était assurément beaucoup. Mais je n’avais toujours pas l’impression que ce serait suffisant. J’avais même peur que ça ne le soit pas.
Après tout, je ne savais pas moi-même exactement ce qu’il me fallait : un objet capable de contenir les informations de mon arbre d’ombre. Personne, dans la tour, n’avait su répondre à cette question.
Ah, sauf la professeure Irian. Elle avait dit qu’il existait quelque chose d’assez utile. Puis elle avait sorti un objet d’une brèche dans l’espace.
Dès que je l’avais vu, j’avais presque perdu la tête et oublié tout le reste. Seule me revenait l’image de son regard, comme si j’étais pitoyable.
À peine me remémorai-je cette forme que ma tête se mit à battre.
Mieux valait ne plus y penser.
Je secouai la tête pour chasser cette idée. Quoi qu’il en soit, j’étais venu ici en me demandant si cette ville ne possédait pas quelque chose qui pourrait m’aider.
Je tripotai la médaille que je tenais dans ma main. Un petit tourbillon y était gravé.
C’était la médaille que Hwaryeong m’avait laissée. Après notre échange pour obtenir la place à la conférence de la professeure Irian, elle me l’avait donnée en précisant qu’elle viendrait si je m’en servais.
Je me rappelai à quel point elle s’était montrée perspicace, devinant toutes mes intentions dès notre première rencontre. Quelqu’un comme elle saurait probablement me parler d’un matériau répondant à mes critères.
De plus, elle venait d’une grande famille liée à Hongryeong. Mieux valait donc entretenir cette relation. C’est à cette idée que j’avais décidé d’emporter la médaille.
Je m’élevai dans les airs en chevauchant le vent. Le pouvoir magique qui s’écoulait vers la ville m’enveloppa doucement. À l’entrée, de nombreuses personnes faisaient encore la queue.
Je me joignis à la file et observai les gens autour de moi. Beaucoup étaient plus forts que moi. Mais il y en avait aussi pas mal qui l’étaient moins. Ils affichaient une légère gêne.
En y repensant, n’était-ce pas la période où arrivaient les nouveaux étudiants ? Je fis rapidement le compte : oui. Un peu plus d’un mois s’était écoulé depuis la douzième conférence.
C’était déjà le troisième groupe de nouveaux étudiants à arriver depuis mon inscription. Avant, je n’avais même pas eu le loisir d’y penser. Les nouveaux étudiants ? J’étais bien trop occupé à rester en vie.
Ils allaient bientôt devoir s’inscrire aux cours, eux aussi. Ils dépenseraient tous leurs points pour s’inscrire à n’importe quelle conférence encore ouverte. Comme je l’avais fait.
À présent que j’y pensais, plus de la moitié des conférences avaient déjà eu lieu. Il n’en restait que huit. Quand elles seraient terminées, tous les étudiants partiraient.
Tandis que je songeais à cet avenir, la file raccourcit rapidement. Je franchis le poste de contrôle et entrai dans la ville. Le quartier inférieur, où je n’étais pas revenu depuis longtemps, était toujours aussi sombre et humide.
Je me dirigeai droit vers le centre-ville. Le flot de gens parti du quai se poursuivait jusque-là. Je levai les yeux vers l’immense enseigne suspendue au-dessus de moi.
[Compagnie commerciale générale Arcana]
C’était ma première visite depuis que j’avais vendu la place à la conférence. Même lorsque j’avais besoin de quelque chose, je pouvais me contenter des échoppes de rue ou des boutiques privées. Je n’avais donc pas pris la peine de revenir ici.
J’avalai ma salive et entrai lentement. À l’intérieur, le bâtiment se divisait en deux passages, l’un pour acheter, l’autre pour vendre. La dernière fois, j’avais emprunté celui des vendeurs.
À quoi ressemblait donc l’autre côté ? En me posant la question, je m’engageai dans le passage des acheteurs. À cet instant, l’espace changea et toutes les personnes disparurent. Dans le même temps, la médaille se mit à briller et envoya du pouvoir magique quelque part.
Je regardai autour de moi. C’était une petite pièce avec un unique bureau. Elle ressemblait beaucoup à celle où j’étais venu la dernière fois.
Toutes les salles étaient-elles comme ça ? Les niveaux supérieurs étaient peut-être différents. Je m’approchai et m’assis sur la chaise devant le bureau. La médaille ayant envoyé un signal, quelqu’un allait se présenter.
Peu après, une femme ouvrit la porte et entra. Son visage s’éclaira d’un sourire en me voyant. Mais son regard resta perçant.
« Cela faisait longtemps. Je suis Hwaryeong, employée de grade deux au service des relations clients de la cinquième division de la Compagnie commerciale générale Arcana. Merci de m’avoir appelée. »
Elle s’inclina. Je lui rendis son salut. En jetant un coup d’œil à sa poitrine, je remarquai un insigne doré que je n’avais encore jamais vu.
Employée de grade deux, Hwaryeong.
« Tu as été promue pendant que j’avais le dos tourné. Félicitations. »
La dernière fois, elle était clairement encore stagiaire, mais son poste avait changé sans que je m’en aperçoive. À mes félicitations, elle se couvrit la bouche et rit.
« Oh, pas du tout. D’une certaine manière, c’est grâce à vous, Evron-nim. Je vous en suis simplement reconnaissante. »
Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire. Comme mon air perplexe devait se lire sur mon visage, elle prépara une tasse de thé et me la tendit.
Je sursautai en la voyant. Une fleur s’épanouissait à l’intérieur de la tasse. C’était un peu maladroit, mais il s’agissait bien de la magie du Thé Noir Parfait que j’avais créée.
« C’est le thé qui a la cote en ville en ce moment. Votre magie, Evron-nim. Sa structure est assez simple, alors il était facile de la comprendre. J’ai moi aussi été impressionnée en l’essayant. »
Elle se servit également une tasse et sourit. Elle en huma le parfum, puis reprit :
« Vous nous avez appris tant de choses de ce genre. Je vous dois bien des remerciements. »
Je sentis mon visage se crisper.
Ma magie s’était répandue jusque-là, et dans toute la ville, en plus. Elle avait dû filtrer hors de la tour. Puisque je l’avais proposée à bas prix sur le forum, il était naturel qu’elle se soit aussi diffusée en ville. Je m’y étais attendu.
Mais ce n’était pas là l’important. Si elle avait pris la peine de me la montrer, c’était forcément pour une raison. Je ne devinais pas laquelle.
Pour l’instant, je détendis mon visage et souris de nouveau. Je reléguai toutes mes inquiétudes dans un coin de ma tête. Je pourrais y repenser plus tard. Pour le moment, je devais me concentrer sur Hwaryeong, assise devant moi.
« Je suis content d’avoir pu vous aider. »
Elle posa le menton dans sa main et me dévisagea. Ses yeux brillaient de curiosité.
« Ces derniers temps, nous entendons des nouvelles intéressantes de votre côté. Cette magie, par exemple, et quelques rumeurs amusantes qui nous sont parvenues de la tour. Comme quoi mon petit frère se serait fait chasser par un mage du premier étage. »
« Je vois. »
Elle parlait de Jun. Je comprenais pourquoi cette histoire s’était répandue. Un vagabond avait vaincu un mage issu d’une grande famille. Quelle histoire pouvait être plus alléchante ?
« Une autre organisation finira probablement par le recruter. Après tout, il a accompli quelque chose de difficile. »
Puis elle ajouta :
« Bien sûr, la Compagnie commerciale générale Arcana s’intéresse davantage à vous qu’à lui, Evron-nim. »
« À moi ? »
Une organisation gigantesque, capable de diriger une ville comme celle-ci, s’intéressait à quelqu’un comme moi ? Surpris par cette révélation totalement inattendue, je l’interrogeai.
« Parce que cet insecte-miroir que vous avez créé est très utile. »
Elle posa une feuille sur le bureau. Puis, tirant un stylo de ses vêtements, elle se mit à noter plusieurs chiffres.
« En fait, nous aussi, nous faisons des recherches sur ce genre d’objets. Nous avons même obtenu des résultats assez prometteurs. Mais il y a la question du coût. Le pouvoir magique pose problème, tout comme les matériaux. Finalement, la plupart de ces projets sont abandonnés, car les dépenses sont impossibles à maîtriser. »
Elle sourit. Les chiffres inscrits sur la feuille semblaient correspondre à des points. La plupart dépassaient les dix mille.
À côté figurait le coût de fabrication d’un seul insecte-miroir, soit les dépenses totales en matériaux nécessaires à sa fabrication : vingt-cinq points.
« De ce point de vue, votre cas est assez particulier, Evron-nim. J’ai examiné un jour ce pantin qu’on appelle l’insecte-miroir. Sa structure est difficile à reproduire pour les autres mages. Votre magie innée y est probablement pour quelque chose. »
Mon corps se raidit.
Ils avaient analysé mon pantin à ce point ? Cela ne faisait même pas quatre mois que j’avais créé l’insecte-miroir. Pourtant, ils avaient déjà deviné ma magie innée. Je n’avais rien remarqué.
Comme si elle avait senti ma tension, elle sourit avec douceur. Ses yeux brillèrent plus fort que jamais.
« Ce genre de cas s’est déjà présenté à plusieurs reprises. »
Elle retourna la feuille et y dessina un immense cercle. Elle ajouta plusieurs petits points à l’intérieur, puis les relia entre eux.
« On raconte qu’autrefois, toutes les tours et toutes les villes de l’université étaient reliées entre elles à travers l’espace, comme sur cette feuille. C’était l’œuvre de la magie innée d’une seule personne. »
« Alors pourquoi est-ce que maintenant… ? »
Ma question resta en suspens. S’était-il passé quelque chose ? Elle répondit avec un grand sourire.
« Parce que cette personne a obtenu son diplôme. »
« Son diplôme ? »
Je la regardai, abasourdi. Je n’aurais jamais imaginé une telle raison.
« Oui, c’est vraiment dommage. Si ce réseau existait encore, ce serait tellement pratique. Vous en avez déjà vu quelques-uns, n’est-ce pas ? Les portes de transfert disséminées sur le continent. »
« Ah. »
Je me rappelai l’immense porte de transfert de la cité universitaire. Elle était reliée à toutes les régions du continent et transportait personnes et marchandises. Était-ce donc l’université qui en était à l’origine ?
« C’est ce que cette personne a fait après avoir obtenu son diplôme. Grâce à elle, l’humanité a pu énormément progresser. Le fait que les mages puissent se rendre plus facilement à l’université n’était qu’un avantage supplémentaire. Cette personne continue encore aujourd’hui à construire des portes de transfert. »
Je parcourus brièvement l’histoire dans ma tête. Les portes de transfert étaient apparues sur le continent il y a plus de dix mille ans et avaient survécu plus longtemps que l’Empereur actuel.
Et, comme l’avait dit Hwaryeong, on en construisait encore.
J’avais supposé que l’Empire les fabriquait. Mais ce n’était pas le cas. Je n’aurais jamais imaginé qu’un mage ayant vécu plus de dix mille ans continuait à s’en occuper.
« Il arrive que des personnes dotées de magies aussi étranges entrent à l’université. Alors, forcément, nous ne pouvons que nous intéresser à vous, Evron-nim. »
Je ne pus que cligner des yeux. Je ne comprenais pas exactement où elle voulait en venir, mais une chose était sûre.
Ils en savaient plus sur moi que moi-même.
Je me sentis un peu sonné. J’étais venu simplement chercher quelque chose qui pourrait m’aider avec ma magie, je ne m’attendais donc pas à entendre tout ça.
Elle promena brièvement son regard dans la pièce, puis se pencha un peu vers moi. Elle me murmura alors à l’oreille :
« Alors, prenez garde. Un porc sans défense ne sait jamais quand il risque de se faire dévorer. »
Sur ces mots, elle se redressa naturellement, comme si de rien n’était.
« Laissons cette histoire de côté. Parlons plutôt de la transaction. Pourriez-vous me dire ce que vous êtes venu chercher ? »
Elle brandit une nouvelle feuille et me sourit avec entrain. Je n’eus d’autre choix que de lui rendre un sourire gêné.
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