Chapitre 53
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’académie de magie
Chapitre 53
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La riposte du groupe des grandes familles ne se fit pas attendre.
Au passage, Jun perdit une salle en un instant. Cela se déroula presque exactement comme ce qu’il avait fait lui-même. Un espion infiltré dans le groupe de Jun avait recueilli toutes les informations et les avait transmises au groupe des grandes familles.
Jun s’était préparé à ce genre de situation, mais le groupe des grandes familles passa à l’action encore plus vite qu’il ne l’avait prévu. Ils attendirent que les défenses de la salle soient au plus bas, puis n’envoyèrent qu’un petit nombre de personnes.
C’étaient des membres des grandes familles. Face à ces cinq-là, tout s’effondra. Incapable de combler l’écart de rang, Jun abandonna rapidement la salle et concentra encore davantage ses efforts sur les autres.
Ce genre d’affrontements n’éclata pas seulement au deuxième étage. Une fois arrivés là, les grandes familles commencèrent à étendre leur influence jusqu’au premier étage, qu’elles n’avaient jusque-là même pas daigné regarder. Leur seul but était d’affaiblir les forces de Jun.
C’est ainsi qu’ils déclenchèrent une guerre. Les épéistes en tirèrent un beau profit pendant que les deux camps s’affrontaient. Les deux groupes leur accordaient aussi beaucoup d’attention et leur remettaient de nombreux avantages. Si les épéistes prenaient le parti de l’un ou de l’autre, l’équilibre s’effondrerait à coup sûr en un instant.
Le temps passa et la guerre se poursuivit. Corrompre des étudiants pour qu’ils récupèrent des informations sur les panneaux de l’autre camp devint monnaie courante, tandis que les fausses informations et les faux plans destinés à attirer l’adversaire dans un piège semaient le chaos sur les panneaux.
Une sorte de guerre de l’information avait commencé. Pour prendre l’avantage, les deux camps se livraient de féroces combats, et de véritables affrontements éclataient souvent en conséquence.
J’avais prévu cette situation, mais jamais je n’aurais cru que les tensions seraient toujours aussi vives deux mois plus tard. Le professeur trouvait ça très divertissant. Comme en ce moment.
La professeure Irian s’appuyait contre la table et parcourait du regard les nombreux insectes-miroirs qui flottaient devant elle. Leurs miroirs affichaient les panneaux secrets de chaque groupe.
Chaque jour, quand je lui rendais visite, elle en vérifiait le contenu au moins une fois. J’avais aussi prévenu les membres de chaque groupe que le professeur les consultait.
Ah, maintenant que j’y pensais, c’était peut-être pour ça que la guerre continuait ainsi. Après tout, c’était une occasion d’attirer l’attention du professeur.
Quoi qu’il en soit, ça m’arrangeait. Observer la guerre avait redonné de l’énergie au professeur. Son air apathique d’autrefois avait disparu.
Peut-être voulait-elle voir ce genre de combats dans la Chasse au trésor aussi : lors du cours précédent, elle avait créé un immense champ de bataille.
Seul le groupe qui resterait debout après le combat pourrait tenter de s’emparer du trésor. C’est ainsi que commença la douzième Chasse au trésor.
Le groupe des grandes familles remporta cette guerre.
Mais il avait aussi subi de lourdes pertes et, pour finir, le trésor, « Croc sanglant », le récolta sans difficulté.
Je regardai le professeur prendre le dernier biscuit qui restait dans l’assiette et le manger. Puis elle se renversa dans son fauteuil. Un sourire de profonde satisfaction illuminait son visage.
Je m’approchai et baissai la tête. Le déjeuner du jour était terminé.
« Alors, je vais vous laisser. »
Le professeur hocha la tête. Je quittai l’étage avec précaution. Le service du jour était terminé lui aussi.
Et si je m’accordais une petite pause, moi aussi ?
Je m’étirai et me dirigeai vers l’atelier. Une silhouette sombre y fabriquait un pantin, un insecte-miroir flottant devant elle. Peut-être sentit-elle ma présence, car elle se retourna vers moi.
« Numéro 0, il s’est passé quelque chose pendant mon absence ? »
Elle secoua la tête, puis reprit le pantin qu’elle fabriquait et se remit à le bricoler. Je l’examinai discrètement. Il avait une apparence bizarre et une vingtaine de pattes.
Enfin, chacun ses goûts. Sur cette pensée, je m’éloignai sans bruit.
« Si tu as besoin de renfort, envoie un message à mon insecte-miroir. J’ajouterai des pantins d’ombre à la gestion des panneaux. »
Numéro 0 hocha la tête. Cela dit, les choses étaient plutôt calmes ces temps-ci ; elle devrait pouvoir s’en sortir seule.
Au début, quand les gens avaient afflué, ça avait été un vrai bazar. Les trois panneaux ressemblaient presque à des champs de bataille.
Des dizaines de disputes éclataient chaque jour. Les gens s’en prenaient les uns aux autres de toutes les manières possibles : ils calomniaient les publications de membres d’autres organisations, piégeaient leurs adversaires pour les mettre en danger, et ainsi de suite. Certains allaient même jusqu’à emprunter le nom d’autrui pour se faire passer pour eux.
Ces agissements ne favorisaient en rien ma croissance. J’avais créé les panneaux pour accumuler des informations et de l’expérience, pas pour qu’ils servent de champs de bataille.
J’avais donc nommé Numéro 0 administratrice de ces panneaux. C’était le seul être à qui je pouvais les confier.
Je ne pouvais les confier à personne d’autre. Les autres mages auraient à coup sûr usé de cette autorité à leur profit, tandis que les egos que j’avais créés n’étaient pas assez capables pour tout gérer.
C’est ainsi que Numéro 0 commença à remettre de l’ordre sur les panneaux. Elle commença par avertir ceux qui calomniaient les autres avec malveillance. S’ils recommençaient après ça, elle les bannissait du panneau.
Même chose pour ceux qui escroquaient les autres lors des transactions. Elle les bloquait sans même les avertir. C’était le genre de problème dont il fallait se méfier le plus.
Les personnes bannies ne pouvaient revenir qu’après avoir signé un contrat où elles s’engageaient à ne pas mêler les conflits entre groupes aux panneaux.
Au fil de ce processus, plusieurs règles furent établies pour les panneaux. Les enfreindre entraînait un avertissement ou un bannissement.
Ces règles n’avaient rien de compliqué. S’inscrire sous son vrai nom, ne pas mêler les affaires des groupes au panneau, ne pas escroquer les autres, et ainsi de suite. Il s’agissait de règles élémentaires pour éviter que les panneaux ne deviennent des zones de non-droit.
Ce n’est qu’après en être arrivés là que la paix dont nous jouissions désormais s’installa enfin.
Je m’adossai au fauteuil inclinable installé dans un coin de l’atelier. Les sorts qui l’imprégnaient détendirent mon corps au maximum. Tout en savourant cette sensation, je libérai du pouvoir magique. Un insecte-miroir sortit alors de ma poche et s’approcha.
« Ouvre le panneau libre. »
Une fois stabilisé, le panneau libre devint encore plus actif que je ne l’avais prévu.
À vrai dire, le panneau d’informations et celui des transactions étaient une sorte de boutique : les gens y échangeaient donc assez peu. Qu’il s’agisse d’informations ou de transactions, tout nécessitait des points.
En revanche, ils se ruaient tous sur le panneau libre, qu’ils pouvaient utiliser gratuitement. Ils se mirent à y publier et à y lire quantité de messages. Certains y racontaient des petits bouts de leur quotidien, tandis que d’autres partageaient des informations trop délicates pour figurer sur le panneau d’informations.
Ils échangeaient ainsi entre eux et accumulaient quantité d’informations. On y retrouvait l’agitation bruyante d’une taverne de ville. Je parcourus lentement les publications.
- Nadia : Nous avons ouvert un itinéraire optimal entre la Cité des stalactites et ici. Il ne prend que six heures. J’en ai publié les détails sur le panneau d’informations, allez donc voir.
C’est une réussite de notre « Groupe de l’Ascension sûre », et le trajet est bien plus confortable et sûr que celui de huit heures que nous avions proposé la dernière fois !
┗ Luka : Même une bête magique de passage se moquerait de ça. Vous essayez encore d’arnaquer les gens ?
┗ Nadia : Pourquoi tu cherches la bagarre ? Nous n’avons jamais trompé personne.
┗ Luka : Jamais trompé personne, mon œil. J’ai vraiment failli y rester la dernière fois, en prenant votre itinéraire.
┗ Nadia : Tu n’aurais pas oublié de lire attentivement les conditions du contrat ? Nos itinéraires ne sont valables qu’une semaine environ.
┗ Luka : Waouh, et vous demandez 100 points pour un itinéraire pareil ? Vous vous fichez de moi ?
┗ Nadia : Si tu n’es pas content, tu veux te battre ? Viens dans le hall central du premier étage.
┗ Luka : D’accord. On mise 100 points et on se bat.
- Cassian : Venez voir un adorable pantin-ours. Jour 56.
[Image du pantin-ours en train de rouler]
[Image du pantin-ours suspendu à un arbre]
[Image du pantin-ours assis sur une chaise]
Il est vraiment trop mignon, non ?
┗ Hao : Tu trouves ça mignon ?
┗ Cassian : Viens au hall central du deuxième étage. Je ne pardonnerai pas à quelqu’un qui insulte mon pantin-ours.
┗ Hao : Non, je posais juste la question.
┗ Cassian : Si tu ne viens pas, je te trouverai moi-même.
┗ Hao : Il est mignon. J’ai dit qu’il était mignon. Ah, s’il te plaît, tu es vraiment venu
- Goro : J’ai croisé une bête magique puissante en venant ici aujourd’hui. Elle se trouve dans une grotte à mi-hauteur de la montagne du Sud, alors faites tous attention. Voici les autres bêtes magiques que j’ai rencontrées en chemin.
[Image d’un homme riant, le pied posé sur un ours à terre]
[Image d’un homme exhibant les muscles de son torse]
[Image d’un homme concentré, une épée à la main]
┗ Omon : Bon sang, monsieur, je vous ai pris pour la bête magique.
┗ Goro : Tu ne trouves pas que tu y vas un peu fort juste parce que tu viens d’une grande famille ?
┗ Omon : Qu’est-ce que j’y peux si c’est vraiment l’impression que ça donne ?
┗ Goro : Je ne peux pas laisser passer ça. Viens au hall central du deuxième étage. Ce sera un duel.
┗ Omon : Ma foi, ça fera un bon échauffement. J’arrive.
- Yuna : Hier, pendant que je dormais, j’ai absorbé trop de pouvoir magique sans faire exprès et j’ai écopé d’une amende. Pas moins de 100 points. Voilà pourquoi je ne voulais pas dormir dehors.
Faites attention à ne pas absorber trop de pouvoir magique en dormant sur la montagne. Mais sérieusement, comment ont-ils su que je n’en avais absorbé qu’un peu ?
┗ Marco : Tu n’aurais pas dormi sur la montagne de l’Ouest, hier ?
┗ Yuna : Si. Comment tu le sais ?
┗ Marco : Ah, merci.
┗ Yuna : Pardon ?
┗ Marco : Grâce à toi, j’ai reçu 50 points de récompense. Je t’ai dénoncée.
┗ Yuna : Viens au hall central du premier étage. Je vais te mettre en pièces 50 fois.
┗ Marco : Je ne pense pas que tu en sois capable, vu ton niveau. Bref, on se retrouve là-bas ?
Les publications continuaient plus bas.
Je les parcourus lentement en riant. D’une manière ou d’une autre, la plupart finissaient en bagarre, mais ça restait assez normal. La veille, une vingtaine de personnes s’étaient disputées par messages et avaient fini par se battre tous ensemble.
Les halls centraux de chaque étage servaient désormais souvent d’arènes de duel. Parfois, on pariait même sur ces combats. Le professeur les observait aussi de temps en temps.
Quoi qu’il en soit, les informations continuaient de s’accumuler et rendaient mon arbre d’ombre très luxuriant. Elles s’infiltraient dans les egos incomplets et les remplissaient.
Mais cette abondance avait aussi fait apparaître un problème.
« Passe au panneau des transactions. »
L’insecte-miroir changea d’écran et afficha le panneau des transactions. Je vérifiai la publication que j’y avais mise. Pas une seule réponse. Pourtant, je la renouvelais tous les jours depuis près d’un mois.
Un sourire amer se dessina sur mes lèvres. Au bout du compte, je ne pourrais sans doute pas trouver ce que je cherchais ici. Il me faudrait aller en ville. Je n’avais plus beaucoup de temps devant moi.
Les informations s’accumulaient trop vite. Bien plus vite que je ne l’avais prévu.
À vrai dire, je m’y étais attendu. Moins d’un an s’était écoulé depuis que j’avais atteint le stade de Jeune arbre. La capacité de mon arbre d’ombre n’était donc pas bien grande non plus.
J’avais prévu de rassembler peu à peu des gens et d’étendre ce domaine, mais, à cause du remue-ménage provoqué par Jun, les insectes-miroirs s’étaient répandus beaucoup trop vite.
Mon arbre ne parvenait plus à assimiler tout ce surplus d’informations.
Il me fallait un nouvel espace de stockage pour les conserver. Quelque chose capable de contenir une quantité innombrable d’informations. J’avais donc publié des demandes et cherché des renseignements, mais je n’avais reçu aucune réponse.
Cela signifiait sans doute que les étudiants des premier et deuxième étages n’en savaient rien. Au bout du compte, je devais me rendre en ville.
[Evron : À partir de la semaine prochaine, tous les panneaux fermeront pendant environ deux jours. Je dois régler une affaire en ville et m’absenter ; merci de votre compréhension.]
Je publiai le message sur le panneau libre. Je l’épinglai pour que tout le monde puisse le voir ; ils finiraient donc tous par le lire. L’insecte-miroir se mit à vibrer rapidement. On aurait dit que des commentaires s’ajoutaient à ma publication.
Je fermai les yeux et m’enfonçai davantage dans le fauteuil. Et si je dormais un peu ? Je n’avais sans doute pas besoin de vérifier.
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