Chapitre 44
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Traducteur/Éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 44
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La magie se composait de trois éléments. C’était Ojo qui me l’avait appris, à l’époque où je vivais sur l’île.
« Avec assez de pouvoir magique et les connaissances qui vont avec, on peut utiliser n’importe quelle magie. »
Il ferma les yeux un instant pour rassembler ses idées, puis reprit :
« Alors, pourquoi le pouvoir diffère-t-il d’une personne à l’autre ? La flamme de l’un peut brûler une montagne, tandis que celle d’un autre ne parvient même pas à brûler une feuille de papier. Difficile d’expliquer cela par une simple différence de talent. »
À ces mots, je lançai un sort élémentaire. Une minuscule flamme apparut au-dessus de mon doigt. Ojo la regarda et poursuivit :
« Tu n’as aucun talent pour la magie offensive. Tout dépend de la volonté. Quand la volonté et l’objectif qui sous-tendent l’usage de la magie sont clairs, celle-ci acquiert une nature plus puissante. »
Il leva un doigt et dessina un cercle magique. Une douce brise en jaillit et frappa ma flamme. Ce minuscule feu ne put résister et s’éteignit aussitôt.
« Tu n’as pas la volonté de tuer les autres. J’ignore si cela vient de ta vie antérieure ou de la nature de ton âme, mais c’est clairement ce qui a déterminé ton talent. »
Sans volonté, la magie s’affaiblissait elle aussi. C’était ce qu’on m’avait appris quand j’étais enfant.
Ensuite, j’avais passé ma vie à éviter les combats, sauf quand je n’avais pas le choix. Même lors de l’examen d’entrée à l’université. Avec le temps, ma magie offensive était devenue encore plus pitoyable.
C’était peut-être pour ça que j’échouais sans cesse. J’avais simplement tout mis sur le compte de mon talent, mais, comme Ojo l’avait dit, c’était peut-être parce que je manquais de volonté.
Cette question de volonté s’appliquait aussi à l’ego que j’essayais de créer.
J’avais commencé à étudier les ombres à cause de celle que le professeur Heisen m’avait donnée. Elle m’avait copié et imité mes mouvements, puis elle avait même emprunté mon talent pour animer des pantins.
En voyant ça, j’avais cru que l’ombre m’avait imité jusqu’à acquérir mon talent. C’était pour cette raison que j’avais essayé de greffer une ombre sur un pantin.
Mais, à force d’essais, j’avais compris que je faisais fausse route.
Le fait que mon ombre me copie et m’imite n’avait créé qu’un seul point de connexion. Ce qui était vraiment relié à moi, ce n’était pas l’ombre entière, mais les minuscules étoiles qu’elle contenait.
Dès qu’elles s’étaient reliées à moi, elles avaient pu emprunter tout ce que je possédais. Elles n’avaient simplement pas eu la force de le supporter avant d’avoir pris une forme solide.
J’avais toujours confondu la cause et l’effet. L’ombre elle-même n’avait aucune importance. Voilà pourquoi, même quand je m’évertuais à lui donner forme, elle se dissipait : son noyau n’existait pas.
C’était ce qui rendait l’ombre du professeur Heisen si particulière. Personne ne pouvait créer facilement un noyau de ce genre. C’était sans doute pour ça que même un mage aussi puissant que Baun suivait le cours.
Et moi, je tentais de relever ce défi.
Les autres mages éclateraient de rire s’ils l’apprenaient. Un mage du premier étage, qui n’avait fait pousser qu’une Jeune pousse, essayait de reproduire la création d’un professeur.
Je me sentais lésé, moi aussi. Ce n’était pas comme si j’avais commencé en voyant les choses aussi grand. J’avais juste essayé d’améliorer l’efficacité de mon pouvoir magique, d’une façon ou d’une autre, mais, à force de recherches, j’avais fini par m’égarer jusque-là.
J’étais allé trop loin pour abandonner maintenant. Il ne me restait qu’à aller jusqu’au bout. C’était ce à quoi j’avais pensé tout au long du mois écoulé.
Donner un ego à une ombre était une magie d’une ampleur colossale. Mes tentatives précédentes m’avaient permis de comprendre à peu près quelle quantité de pouvoir magique il me fallait pour y parvenir.
Je savais aussi comment m’y prendre. La magie aurait dû fonctionner. Pourtant, cette magie de création d’ego échouait à chaque fois.
C’était probablement parce que la volonté faisait défaut. Je ne voulais pas dire que je manquais moi-même de volonté. Après avoir enduré des journées aussi éprouvantes, comment aurais-je pu en manquer ?
Ce qui manquait, c’était la volonté qui devait habiter l’ombre. Je repensai à la première fois où je m’étais relié à mon ombre. Elle avait été extrêmement ténue. Si ténue qu’il était difficile, de l’extérieur, de savoir si elle existait seulement.
Pourtant, grâce à notre lien, elle n’arrêtait pas de me faire savoir qu’elle était là. Chaque fois que je la remarquais, cela suffisait à la rendre heureuse.
Finalement, elle avait créé ma forme parce qu’elle voulait me ressembler. Ces échanges s’étaient tissés en une seule magie et avaient donné naissance à ce qu’elle était devenue.
De la même façon, je devais utiliser l’ombre comme lien et y planter un noyau capable de communiquer avec le pantin, puis avec moi. Il devait aussi absorber mon pouvoir magique et se mêler naturellement au pantin.
Je continuai à chercher et à expérimenter pour trouver quelque chose qui convienne.
Et, au terme de mes recherches, je pensai à ce qui correspondait le mieux.
Je regardai dans ma poitrine. À l’intérieur se dressait un arbre qui avait grandi en prenant mon corps pour fondation.
C’était ma Jeune pousse. Elle avait tant grandi qu’elle remplissait toute ma poitrine et ne pouvait plus pousser du tout.
Cela remontait à l’époque où je vivais dans les bidonvilles.
Les drogués étaient partout et n’hésitaient pas à abattre les arbres qu’ils avaient cultivés pour se procurer de la drogue. Ces arbres étant parfaits comme réactifs magiques, ils se vendaient très cher.
Dans les bidonvilles, les troncs de ces arbres de mage servaient même de monnaie. Je me rappelai aussi avoir abattu mon arbre, une fois.
C’était lorsque j’avais désespérément manqué d’argent pour monter ma boutique. Je savais donc très bien à quel point il était douloureux de l’arracher. À l’époque, je m’étais juré de ne plus jamais abattre mon arbre.
Cette Jeune pousse était le noyau le plus parfait que je puisse planter dans une ombre. Je n’avais pas d’autre choix.
Je pris une grande inspiration.
Tous les préparatifs étaient déjà terminés. Inutile d’hésiter. Je mobilisai mon pouvoir magique et m’en saisis. Puis, les dents serrées, je l’arrachai.
Une violente secousse me traversa tout le corps. Mon pouvoir magique se dispersa et la sensation d’être arraché de l’intérieur m’envahit. Ce n’était pas de la chair. C’était une douleur qui ressemblait à l’arrachement d’une chose profondément enracinée dans mon âme.
Tout mon corps trembla et ma vision vacilla. La douleur monta jusqu’à m’empêcher de respirer, mais je ne pouvais pas arrêter ma main. J’extirpai de mon corps ce que j’avais arraché.
« Keugh ! »
Un petit tronc jaillit de ma bouche avec une gorgée de sang. Mon ombre, qui attendait, le rattrapa. Elle planta le tronc dans l’ombre que j’avais préparée à l’avance.
Puis elle le déplaça avec précaution et le déposa doucement dans l’espace pseudo-ombragé. Au sein de ce pouvoir magique étrange, le tronc de mon arbre commença à s’enraciner dans le cœur de mana que j’avais déjà créé à l’intérieur de l’ombre.
En même temps, je sentis quelque chose me chatouiller l’esprit. Un signal très faible se connectait à moi.
À cet instant, je sus qu’un être relié à moi venait de naître.
Bien sûr, son intelligence ne pouvait pas rivaliser avec celle de mon ombre. Ce lien ténu semblait pouvoir se rompre à tout moment, et sa volonté était à peine perceptible. C’était sans doute parce que mon arbre n’était encore qu’une Jeune pousse.
Mais cela suffisait. Je déversai une volonté puissante dans l’ombre. Son esprit effleura le mien, et mon âme se déversa en elle.
Grâce à ce lien renforcé, je sentis enfin son existence. Elle s’enracina dans l’ombre et prit une apparence complètement différente de celle qu’elle avait auparavant.
À mi-chemin entre le matériel et l’illusion, elle dégageait son propre pouvoir magique, proche du mien, mais légèrement différent.
À l’aide de ce pouvoir magique, elle utilisait instinctivement une magie. Ce n’était pas l’un des sorts que j’avais appris. Ni l’un de ceux que j’avais créés.
Elle utilisait une magie gravée dans mon âme. La seule qui avait accompagné mon arbre depuis le début : la « Respiration Profonde Magique ».
Avec elle, elle essaya de respirer par elle-même. Son souffle était très faible et, comme il était contenu dans l’ombre, il était également instable.
Je continuai à lui transmettre ma volonté. Elle tremblait comme si elle pouvait mourir d’un instant à l’autre. Même dans cet état, elle continuait de respirer sans s’arrêter.
Peu à peu, son souffle commença à se stabiliser. L’ombre s’estompa lentement ; seul le cœur de mana resta relativement net, tandis qu’il libérait du pouvoir magique.
Avais-je réussi ? J’avalai ma salive.
La regarder me faisait une drôle d’impression. Elle était distincte de moi, et pourtant, je la sentais reliée à moi. Elle continuait ainsi à respirer.
Mais tant que je ne l’aurais pas reliée à un pantin, impossible de savoir si j’avais réussi. Je plaçai un pantin dans l’espace pseudo-ombragé où se trouvait l’ombre.
Même si le tronc de mon arbre y avait été planté, le pantin n’était pas la propriété de l’ombre. Son propriétaire, à l’origine, c’était le pantin.
L’ombre sentit sa présence, vacilla et s’approcha de lui. Puis elle commença à relier soigneusement son corps au pantin.
Il fallait que ça marche. Tendu, j’observai lentement tout le processus.
Je ne savais pas combien de temps passa ainsi.
Le pantin restait immobile.
Il n’y avait ni rejet ni transformation. L’ombre diffusait cet étrange pouvoir magique tout en restant reliée au pantin.
La faiblesse qui m’envahit quand la tension retomba fut si violente que je fermai les yeux. Jusque-là, tout avait réussi. C’était une réaction que je n’avais jamais observée.
Pourtant, je gardai l’esprit ferme. Ce n’était pas fini.
Je le sortis prudemment. L’ombre était tissée dans le pantin et formait une sorte de motif.
Peut-être parce qu’elle se retrouvait brusquement dans un nouvel environnement, l’ombre se mit à s’agiter sans répit. Elle gonflait et rétrécissait sans cesse, comme si elle allait éclater d’un instant à l’autre.
Je l’observai, les yeux tendus. Je ne pouvais rien faire pour l’aider. C’était le processus d’adaptation au monde. Tout ce que je pouvais faire, c’était lui transmettre ma volonté aussi puissamment que possible.
Le tronc d’arbre dans le cœur de mana de l’ombre se remit à pratiquer la « Respiration Profonde Magique ». En même temps, le cœur de mana se mit à battre. Il stabilisa lentement l’ombre.
Une fois stabilisée, l’ombre se déversa sur le sol. Elle resta alors aux pieds du pantin et commença à en imiter la forme.
Bientôt, le pantin bougea. Il se dandina comme si se déplacer lui était pénible et tomba même parfois.
Ce n’était pas moi qui le faisais bouger. Ce n’était pas non plus mon ombre. Le pantin se déplaçait de lui-même. Seul le pouvoir magique de l’ombre était contenu dans ses gestes.
L’ombre faisait bouger le pantin, et le pantin guidait l’ombre. Ils s’étaient tissés l’un à l’autre et étaient devenus un être capable de se soutenir lui-même.
« Ahahahaha ! »
Je m’effondrai sur place. Puis je frappai le sol et éclatai de rire.
Ma poitrine me faisait un mal de chien, comme si elle se déchirait, mais je m’en fichais. Je roulai par terre en toussant du sang et en riant.
Une réussite. J’avais réussi.
Dans le pantin achevé, je pouvais percevoir un ego ténu. Il était relié à moi. Pourtant, il était aussi devenu un être indépendant, différent de moi.
Un sentiment d’accomplissement écrasant m’emplit le corps. À tel point que je ne sentais même plus la douleur dans ma poitrine.
Je ris comme si je sanglotais.
Je ne sais combien de temps passa ainsi avant que mon esprit ne se réveille brusquement. Je me redressai d’un bond.
Je ne pouvais pas m’arrêter là. Il me fallait tisser davantage de pantins, d’egos, d’ombres. Mon instinct me le criait.
J’étais déjà certain que ça fonctionnerait. Je sortis donc aussitôt les pantins des élèves. Ma première cible fut l’ours de Cassian.
De tous ces pantins, c’était le plus délicat et le plus parfait. Si je parvenais à lui donner une ombre, j’étais sûr de pouvoir m’occuper plus facilement des autres.
Je me mordis la lèvre et arrachai de nouveau mon arbre. La douleur, comme si mon âme était déchirée, revint. Je retins mon esprit vacillant et tendis le tronc à mon ombre.
Mon ombre, qui avait déjà parfaitement préparé celle de l’ours, planta le tronc à l’intérieur. Dans le monde des ombres, celle-ci se mit à nouveau à se tortiller.
Est-ce que celui-ci réussirait aussi ?
Je fixai l’ombre, le regard fébrile. Je déversai tout mon esprit dans ce lien ténu. En elle aussi, l’être se mit à respirer.
Quand j’y plaçai le pantin, l’ombre s’y relia. Ce fut pareil quand je le sortis. Le tronc qui continuait la « Respiration Profonde Magique » relia le pantin et l’ombre de façon stable.
« Haha, ahaha ! »
Je ne pus retenir mon rire.
Tout le processus était douloureux. Et pourtant, il était aussi agréable.
Mon arbre était rogné, amoindri et affaibli. Mais lui aussi s’offrait de bon gré. Quand je n’eus plus la force de l’arracher, il fendit même son propre corps de lui-même.
Ce processus me fit comprendre une chose.
Jusque-là, j’avais essayé de nourrir davantage ma Jeune pousse et de lui donner plus de pouvoir magique. Après mon arrivée à l’université, elle avait absorbé cette abondance de pouvoir magique et avait gonflé jusqu’à sa limite.
Mais elle avait atteint sa limite. Elle ne pouvait pas passer au stade suivant. Finalement, j’avais sombré dans le désespoir. Je croyais que c’était là ma limite.
Pourtant, en arrachant l’arbre de cette façon, je pus comprendre.
Cet arbre était mon talent et le cristal de ma volonté. En couper une partie et l’injecter dans une ombre revenait à m’amputer d’une partie de moi-même.
Mais c’était ça, la magie.
La magie que j’avais utilisée jusqu’ici n’était rien d’autre qu’une technique pour maîtriser le pouvoir magique. La véritable magie existait au-delà.
Atteindre le sommet de la magie et accéder à un royaume supérieur exigeait d’accepter un sacrifice et une détermination plus grands que ce qu’on cherchait à obtenir.
Par le tronc de mon arbre, je me reliai à l’ombre, mais aussi au pantin. En me perdant ainsi, je parvins à partager quelque chose avec un autre être.
Dans ce processus, je compris que l’essence de la magie consistait à définir la relation entre moi et la magie. C’était précisément là que résidait la volonté.
Et ainsi, deux cent un pantins se mirent à bouger.
Ils errèrent dans l’atelier en se déplaçant maladroitement. Je les regardai et souris faiblement. Je n’avais plus la force de bouger. Même les racines de mon arbre avaient toutes été coupées ; il n’en restait presque rien.
Et pourtant, je sentais plus de liens que jamais. Ces innombrables egos d’ombre entraînaient mon arbre, réduit à sa plus faible expression.
Les ombres n’étaient plus de simples pantins qui obéissaient à mes ordres. Elles contenaient à la fois ma volonté et la leur, et elles étaient devenues vivantes.
La volonté de ces pantins demeura dans ma poitrine et y créa une résonance formidable.
D’innombrables volontés commencèrent à faire tomber ma muraille. Elles avancèrent, la fracassèrent et la dévorèrent. Seul, je n’aurais jamais pu y parvenir.
La muraille qui m’avait paru si haute et si épaisse s’effondra comme du sable dans ce flot.
Une faiblesse immense emplit ma poitrine.
La disparition de la muraille ne signifiait pas que mon corps s’était reconstruit ni que mon arbre avait retrouvé sa vigueur. Il était toujours minable et semblait sur le point de s’effondrer.
Mais son ombre commença à s’enraciner plus profondément que jamais. Au-delà de la taille qu’elle avait atteinte auparavant, au-delà de l’espace où les racines de l’arbre s’étaient d’abord étendues, et même au-delà de mon corps physique.
L’ombre grandit sans fin et prit la forme d’un arbre gigantesque. Les volontés des pantins y étaient incrustées comme d’innombrables points. Elles répandirent une infinité de lumières dans cette ombre dense.
C’était l’arbre que je venais de faire fleurir. Voilà la forme qu’il avait prise lorsque j’avais dépassé le stade de Jeune pousse pour atteindre le royaume du Jeune arbre.
Après avoir franchi ce stade, je compris à quel point ma maîtrise du pouvoir magique avait été instable jusque-là.
Le pouvoir magique n’était pas un simple combustible. Il était désormais devenu le support de ma volonté, répandant l’ombre de mon arbre dans toutes les directions.
Je compris aussi pourquoi ce royaume s’appelait Jeune arbre. Je m’étais toujours posé la question : pourquoi le stade qui suivait la Jeune pousse s’appelait-il Jeune arbre ?
À présent que j’avais atteint ce royaume, je comprenais. C’était parce que je devais continuer à étendre l’arbre de cette façon et bâtir mon propre domaine.
J’examinai mon arbre. Une immense ombre était apparue, mais son tronc restait chétif. Il me faudrait le faire pousser de nouveau.
À mesure que mon arbre était rogné, la nouvelle magie innée, presque achevée, disparut sans laisser de trace. Elle avait été emportée par ma progression avant d’avoir pu prendre forme.
Mais je ne m’en désolai pas. Une magie transformée venait au contraire remplir l’espace qu’elle avait laissé. Plutôt que « Respiration Profonde Magique », peut-être valait-il mieux l’appeler désormais « Fausse Âme ».
Cette magie permettait à l’ombre de mon arbre de se répandre dans les ombres des pantins et de former une nouvelle volonté avec les egos d’ombre qui brillaient encore. La Respiration Profonde Magique s’était transformée en ce genre de magie.
Comme ces egos n’étaient qu’à moitié formés, je l’avais appelée « fausse ». Si je continuais à la développer et à mieux comprendre cette magie, peut-être pourrais-je alors la qualifier de véritable.
J’avais passé tout ce temps à essayer de garder trop de choses entre mes mains. J’avais tout rassemblé et souffert, incapable de me résoudre à les lâcher.
Ce n’est qu’après avoir tout abandonné de cette façon que je pus enfin aller de l’avant.
La faiblesse et l’accomplissement se mêlèrent et pesèrent lourdement sur tout mon corps. Sentant mon esprit s’embrumer, je fermai les yeux.
« Bien. Je peux encore te faire travailler cinq cents ans. »
J’eus l’impression que la voix du professeur résonnait à mon oreille.
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