Chapitre 43
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 43
──────
« Vous avez bien meilleure mine aujourd’hui. Ça me fait plaisir de vous voir ainsi. »
« Merci de vous en soucier. »
Je lui adressai un sourire amer et inclinai légèrement la tête. Puis je scellai le cercle magique que j’inspectais. J’étais accouru en apprenant que la moitié de l’entrée de la pièce avait disparu, mais heureusement, ce n’était rien de grave.
Un sort du cercle magique s’était simplement superposé à la porte et l’avait déformée.
« L’entretien est terminé. Le problème n’était pas important, inutile de vous inquiéter. Merci de m’avoir prévenu. »
« Hé hé, c’est notre territoire, c’est plutôt à nous de vous remercier. »
Hongryeong sourit en parlant. Je jetai un coup d’œil autour de moi. C’était la plus grande pièce du deuxième étage, réservée à lui et aux quatre membres de son groupe.
Heureusement, il n’y avait personne d’autre que lui. Hongryeong remarqua peut-être mon regard, car il laissa échapper un petit rire.
« Ne vous inquiétez pas. Omon n’est pas venu à la tour aujourd’hui. »
« Ha ha ha. Ce n’est pas ça. Je me demandais juste où étaient les autres. »
« Ah bon ? J’ai dû mal comprendre. »
Hongryeong et moi éclatâmes de rire. Je le saluai sans un mot et quittai la pièce. Ce ne fut qu’après avoir refermé la porte que je remarquai la sueur froide qui me trempait le dos. Je souris avec amertume.
Je devais tant à ce groupe que je ne pouvais m’empêcher de marcher sur des œufs avec eux. Je n’avais pas emprunté à Hongryeong, mais à l’un des membres de son groupe, un jeune homme nommé Omon.
Il appartenait à une organisation appelée Mookgeumgo. C’était la seule organisation de prêteurs à usure à opérer dans toute l’université. Elle possédait même une ville.
Quand il avait entendu dire que je collectionnais les élixirs et les matériaux, il m’avait prêté de l’argent. Je pensais pouvoir le rembourser rapidement, alors j’avais accepté sans hésiter. Et voilà où j’en étais.
Les intérêts me rongeaient jusqu’à l’os. Bon sang, j’avais beau rembourser, je n’en voyais jamais le bout. En comptant l’argent dépensé pour mes recherches, j’avais l’impression qu’il me faudrait encore dix ans pour éponger toute cette dette.
Je coupai court à ces pensées. Si je continuais à m’appesantir sur des idées aussi négatives, je ne ferais qu’épuiser mes forces mentales. Autant me remettre vite au travail. Je devais aller dans la pièce suivante.
Tout en m’occupant de mes tâches, je réfléchis longuement. J’allai même en personne acheter divers livres et fouiller leurs pages.
Je cherchais à comprendre comment se formait un ego.
En vérité, on trouvait assez facilement des choses dotées d’un ego dans de nombreux domaines de la magie. Un ego pouvait généralement se former dès lors qu’une ancienne source de pouvoir magique était présente.
Les animaux ordinaires qui absorbaient du pouvoir magique et devenaient des bêtes magiques intelligentes obéissaient au même principe. Les pouvoirs magiques des régions anciennes qui se transformaient en esprits, c’était la même chose.
Même certains cercles magiques de la tour, qui avaient résisté au fil des années sans se briser, possédaient une intelligence rudimentaire. Quand le pouvoir magique s’accumulait ainsi au même endroit, il finissait forcément par acquérir un ego.
Mais les pantins que je fabriquais n’existaient pas depuis longtemps. Leurs ombres ne pouvaient pas non plus contenir beaucoup de pouvoir magique. Dans ces conditions, il n’y avait aucun espoir qu’un ego se forme spontanément.
Il me fallait une méthode un peu particulière.
À force de réfléchir, le temps fila comme une flèche. Mes pensées ne faisaient que s’accumuler, au point de remonter à la surface même pendant que je travaillais.
Bientôt, presque tous mes moments d’éveil furent occupés par des réflexions sur les pantins et les ombres.
Quatre mois s’étaient écoulés depuis l’expérience précédente.
Je me tenais devant la professeure.
« Alors, vous voulez sécher ce cours ? »
La professeure était allongée dans son lit et se tortillait. Enveloppée dans une épaisse couverture comme une chenille, elle leva les yeux vers moi.
La scène aurait pu être un peu drôle, mais mon visage était crispé et j’étais tendu de la tête aux pieds. À peine eus-je fini de parler que son pouvoir magique se répandit dans l’air et se mit à m’envelopper tout entier.
Elle sortit une main de sous la couverture. Butler, qui attendait à côté d’elle, l’aida alors délicatement à se redresser.
Butler plia soigneusement sa couverture, fit son lit, puis entreprit de la coiffer. Comme Butler reflétait à la perfection les goûts de la professeure, il avait une tête de dragon.
Au départ, il ressemblait simplement à un pantin humanoïde plat, mais son ancienne apparence avait désormais complètement disparu.
Après m’avoir vu décorer les pantins des autres, la professeure m’avait harcelé pendant une semaine, me pressant de toutes parts jusqu’à ce que je termine ce chef-d’œuvre.
Les traits humains et draconiques s’y mêlaient en parfaite harmonie. Sous ses vêtements, des écailles dorées et lisses luisaient faiblement.
Ses yeux émeraude perçants, d’une couleur proche de ceux de la professeure, conféraient aussi à sa tête de dragon une expression vive et intelligente, qui atténuait son allure féroce au premier abord.
Ses habits de cérémonie noirs et or s’accordaient à ses écailles et soulignaient encore davantage sa prestance.
J’avais perdu le compte des litres de sang que j’avais crachés pour terminer cette chose en mettant tout le reste de côté. Peut-être parce qu’elle vivait au cœur de cette puissance magique phénoménale, son aura s’affinait de jour en jour.
À ce stade, je me demandais même si elle n’allait pas finir par éveiller un ego d’elle-même.
La tête baissée, j’attendis que Butler ait fini de la coiffer. Elle se rassit bientôt sur le lit. Butler plaça une table devant elle et lui prépara une tasse de thé.
Elle leva la tasse, en huma le parfum, puis déclara :
« Si vous avez une raison valable, je ne vois pas pourquoi je vous le refuserais. »
Elle prit lentement une gorgée. La nuque raide de tension, je cherchai plusieurs excuses. Mais si je mentais, elle s’en rendrait forcément compte aussitôt. Le mieux était de lui dire la vérité.
« Ces derniers temps, je réfléchis de plus en plus sérieusement à ma magie et à mes pantins. Je me suis dit qu’il me faudrait peut-être m’isoler pour m’entraîner, alors je suis venu vous le demander. »
« Vous ? Vous isoler pour vous entraîner ? »
Elle eut un petit rire. La pression de son pouvoir magique s’accentua. Je m’empressai d’ajouter :
« Oui. Je suis vraiment désolé. Dernièrement, j’ai même du mal à suivre les cours, alors j’ai pensé qu’il fallait que je progresse un peu. »
« C’est vrai. Vous avez été le premier éliminé cette fois-ci. »
Elle hocha la tête. Je me mordis légèrement la lèvre. Elle avait raison. Ces derniers temps, pendant la Chasse au trésor, il m’arrivait souvent de me faire emporter sans pouvoir rien faire.
Le pire, c’était au dernier cours. Nous étions dans une ville engloutie et, avant même d’avoir pu agir, des bêtes magiques m’avaient emporté. Comme elle l’avait dit, j’avais été le premier éliminé.
À mesure que les élèves progressaient, le niveau des pièges et des bêtes magiques augmentait lui aussi. J’avais également avancé peu à peu, mais j’étais loin d’égaler les autres. Et le combat n’avait jamais été mon fort.
Elle resta silencieuse un moment en buvant son thé. Le silence dura jusqu’à ce qu’elle ait vidé sa deuxième tasse.
« Bon, d’accord. Faites comme vous voulez. Je vois à peu près ce que vous préparez, de toute façon. »
À ces mots, mon visage s’éclaira et je m’inclinai profondément.
« Merci ! »
« Mais si vous échouez, vous serez puni. »
« Je vous arracherai l’âme et vous lierai à la tour pendant dix ans », ajouta-t-elle avec un sourire. J’avalai ma salive malgré moi.
N’aurais-je pas mieux fait de ne rien dire ? Mais les mots étaient déjà sortis. Impossible de les ravaler. Je n’avais donc plus qu’à tout faire pour réussir.
Elle agita la main, signe que je pouvais partir. Je la saluai prudemment sans un mot, puis reculai. Je me retournai et descendis lentement les escaliers.
Ce ne fut qu’une fois arrivé à l’atelier du quatrième étage que la tension retomba. Mes jambes faillirent céder et je manquai de m’écrouler sur place.
J’avais tout de même réussi à obtenir une semaine en séchant le cours. Un temps précieux, que j’avais arraché en sacrifiant bien des choses pour résoudre la question qui m’occupait l’esprit.
Il fallait commencer l’expérience. J’entrai rapidement dans l’atelier.
Je vérifiai d’abord l’étagère accrochée au mur. Les matériaux que j’avais rassemblés jusque-là y étaient soigneusement rangés.
Un arbre millénaire, une pierre de foudre centenaire, une gueule de rêve, et ainsi de suite. Ces objets avaient accumulé du pouvoir magique au fil des années et possédaient naturellement des circuits magiques. Comme je n’avais cessé d’acheter ce genre de choses, rembourser ma dette relevait du rêve.
Je ne les avais achetés que pour une seule raison.
Créer un ego pour une ombre. Je l’avais vérifié dans de nombreux ouvrages : les egos naissaient d’un ancien pouvoir magique. Dans ce cas, une vieille ombre ne pouvait-elle pas, elle aussi, créer un ego ?
C’était ce que je m’étais dit en achetant ces matériaux. Ces vieux objets naturels avaient absorbé beaucoup de pouvoir magique ; même leurs ombres en conservaient donc de puissantes traces après la disparition de leurs propriétaires.
Je sortis d’abord l’arbre millénaire. Parmi tout ce que j’avais rassemblé, c’était lui qui contenait le plus de pouvoir magique. En plus, c’était le meilleur matériau pour fabriquer un pantin : il convenait donc parfaitement à mon expérience.
Je le pris et me dirigeai prudemment vers l’établi. Mon ombre avait déjà terminé les préparatifs et m’y attendait. Je déposai soigneusement le bois dessus.
Puis, de concert avec mon ombre, je me mis à tailler le bois avec précaution. Le veinage était très marqué, mais magnifique.
Je le suivis pour dégager délicatement la forme qu’il renfermait. Bientôt, le bois prit l’apparence d’une chouette. J’avais choisi de le manipuler le moins possible, afin de préserver autant que possible la nature du matériau.
L’ombre de la chouette prit sa forme et devint identique à elle.
Je la détachai et la transférrai avec précaution dans une bouteille. L’ombre en forme de chouette battit furieusement des ailes à l’intérieur, à la recherche de son propriétaire. Mais la faible magie du sommeil contenue dans la bouteille ne tarda pas à la plonger en animation suspendue.
Ensuite, comme je l’avais fait auparavant, j’y insufflai mon pouvoir magique et créai un cœur de mana. Celui qu’elle obtint ainsi était plus grand et plus puissant que tous ceux que j’avais vus chez une ombre.
Jusque-là, tout se déroulait de façon parfaitement stable. Rien d’étonnant, puisque cette partie ne m’avait pas non plus posé problème lors de l’expérience précédente.
J’emportai le pantin-chouette et son ombre jusqu’au cercle magique que j’avais préparé. Il faisait à peu près la taille de mon torse et se composait de sept couches de magie, assemblées en un motif extrêmement complexe.
Je plaçai la bouteille de verre à l’intérieur du cercle magique. Puis j’y insufflai délicatement du pouvoir magique et activai le cercle. Le pouvoir magique devint trouble, s’assombrit et se mit à teindre l’espace intérieur en noir.
L’ombre dans la bouteille de verre avait peut-être senti ce pouvoir magique, car elle commença lentement à se réveiller. C’était une zone virtuelle que j’avais créée pour imiter au mieux le monde des ombres.
Pour la concevoir, j’avais recueilli des fragments de matière du monde des ombres et étudié la nature de son pouvoir magique. J’avais ainsi tenté de créer une sorte de milieu d’éveil artificiel, afin de faire naître un ego.
L’ombre sortit bientôt de la bouteille et se mit à regarder autour d’elle. Elle cherchait son propriétaire. Mais les différentes couches de magie avaient déjà coupé le lien entre l’ombre et la chouette.
Elle commença donc à s’assimiler à moitié à ce monde. Elle devint à moitié translucide et se mit à onduler faiblement. Bientôt, seule une infime partie, centrée autour du cœur de mana, resta visible.
Je déglutis en voyant cela. Oui, c’était ainsi que mon ombre était apparue au début. Cet aspect, comme si elle pouvait disparaître à tout instant. Et c’était de là qu’elle avait éclos.
Je ne pouvais pas sortir l’ombre du cercle magique. Elle ne pouvait se maintenir que dans cet état, à l’intérieur ; si je l’en sortais, elle fondrait et disparaîtrait sur-le-champ.
Je poussai donc prudemment le pantin-chouette à l’intérieur. Le lien entre le pantin et l’ombre se rétablit aussitôt. Dès qu’elle reconnut son propriétaire, l’ombre, devenue presque invisible, se jeta à ses pieds.
Avais-je réussi ?
Mais au moment où l’ombre se lia au pantin, elle se mit à le dévorer. Elle fusionna avec sa forme et se déforma de manière instable.
Elle échappa ensuite à mon contrôle et se mit à saccager ce petit monde. Elle était devenue une bête magique incontrôlable. Ce n’était pas tant un ego qu’elle avait acquis qu’un accès de folie furieuse. Je n’eus finalement d’autre choix que de la retirer du cercle magique et de la détruire.
Pourquoi le résultat avait-il été si différent de mes attentes alors que toutes les conditions semblaient parfaites ? Je réfléchis devant l’ombre déjà réduite en morceaux. Le problème venait-il du matériau ou de l’ombre ? Je n’en savais toujours rien.
Je n’avais pas d’autre choix que de poursuivre les expériences.
Avec cette idée en tête, je me mis à utiliser les autres matériaux pour fabriquer des pantins.
Et tous échouèrent, les uns après les autres.
« Bon sang, mes précieux points. »
Devant les débris éparpillés sur le sol, je ne pus que marmonner ces mots. La moitié s’était déjà brisée en morceaux. La pierre, durcie par cent ans de foudre, avait subi le même sort, tout comme la gueule qui avait conservé des rêves pendant un millénaire.
Aussi solides fussent-ils, ils se transformaient horriblement dès qu’ils touchaient cette ombre. Le résultat ne correspondait pas du tout à ce que j’avais imaginé.
Je pouvais toutefois en comprendre la raison. Ces vieux objets naturels possédaient déjà un pouvoir magique puissant et leurs propres circuits. C’est pourquoi, la plupart du temps, ils entraient en conflit avec le cœur de mana que j’avais forcé dans l’ombre.
Même quand ils se combinaient sans réaction de rejet, je constatai qu’ils repoussaient le pouvoir magique de l’ombre, car ils avaient déjà développé leurs propres tendances, ne serait-ce qu’un peu.
Avec le pantin et l’ombre qui s’affrontaient ainsi, maintenir leur union devenait difficile, sans même parler de créer un nouvel ego. Leur équilibre finissait par se rompre, entraînant l’échec de l’expérience.
Tous ces matériaux hors de prix étaient partis en fumée.
Mais je ne désespérai pas. Je n’avais jamais cru pouvoir réussir aussi facilement. Je fis signe à mon ombre, qui m’apporta le pantin et l’ombre que j’avais préparés à l’avance.
Cette ombre avait été imprégnée au préalable d’un puissant pouvoir magique. Après deux mois passés à absorber intensément le pouvoir magique de l’atelier, elle en contenait désormais un froid dans son corps.
C’était la seule ombre à avoir survécu à ces deux longs mois. Les autres, que j’avais gardées avec elle, n’avaient pas résisté à la puissance magique : elles s’étaient désagrégées ou avaient muté.
Avec celle-ci, ça marcherait peut-être.
Tendu, je plaçai l’ombre à l’intérieur du cercle magique.
Et j’échouai.
Je m’agenouillai, hébété, devant les fragments du pantin brisé.
Chaque étape s’était pourtant parfaitement déroulée. Le pantin s’était lié à l’ombre.
Le pouvoir magique, l’ombre et le pantin s’étaient harmonieusement accordés.
Mais un puissant pouvoir magique ne suffisait pas forcément à créer un ego. Cette concentration excessive de pouvoir magique rongeait lentement l’équilibre intérieur du pantin et le déstabilisait.
Cette invasion incontrôlée finit par teindre le pantin tout entier en noir. Je le sortis du cercle magique, nourrissant encore un mince espoir, mais il éclata en morceaux sur-le-champ.
Bon sang.
Je finis par comprendre. Façonner simplement l’environnement de cette manière ne pouvait pas créer un ego pour cette ombre.
La même chose se produisit après plusieurs autres tentatives. J’avais été trop optimiste.
C’était évident. Si l’on pouvait conférer facilement un ego à des objets d’une structure aussi rudimentaire, ce monde ne serait-il pas déjà rempli d’intelligences artificielles ? Pour créer un être de ce genre, il fallait plus qu’une simple combinaison physique ou l’injection de pouvoir magique.
Alors, quelle méthode devais-je employer ?
Je regardai mon ombre, que l’on pouvait considérer comme mon seul résultat concluant. À ma volonté, elle changea lentement de forme.
Elle se détacha de ma silhouette et se mua en une sorte de grand brouillard. On aurait dit que je contemplais le ciel nocturne. De petites étoiles y brillaient çà et là. Chacune était un ego qui la composait.
J’avais observé ce spectacle encore et encore, pendant longtemps. Chacune de ces étoiles résonnait en moi.
C’était en observant cette scène que j’avais préparé cette expérience. Mon ombre reflétait fondamentalement ma volonté et, de ce fait, elle avait acquis une grande intelligence et un pouvoir magique indépendant. En son sein, les egos n’étaient que de minuscules graines, semblables à ces étoiles.
C’était pour cela que j’avais pensé qu’il suffirait de préparer la structure pour que ces étoiles apparaissent naturellement. Mais toutes les étapes de ce processus avaient échoué.
Ne devais-je pas alors changer ma façon de penser ?
Autrement dit, ce qui constituait un ego ne venait pas de ce pouvoir magique. Dans ce cas, les résultats de mes expériences devenaient un peu plus compréhensibles.
Aussi puissant que fût le pouvoir magique de la cible, j’obtenais ces résultats parce qu’il lui manquait l’élément essentiel : le noyau.
Mais quel était donc cet élément essentiel ?
Je contemplai les étoiles qui scintillaient vers moi. Peut-être était-ce cela. Après tous ces échecs, je distinguais enfin la qualité particulière qu’elles dégageaient.
Elles étaient entièrement imprégnées de sentiments tournés vers moi. C’était probablement l’orientation que le professeur Heisen avait insufflée en les créant. Elles agissaient pour moi et pensaient pour moi.
Leur raison d’être et leur but étaient entièrement tournés vers moi. À cette lumière, l’enveloppe extérieure appelée ombre qu’elles portaient n’était finalement qu’un lien entre les volontés. La quantité de pouvoir magique importait peu. Seule comptait la volonté qui s’y trouvait.
Était-ce pour cela que j’échouais depuis le début ? Je n’avais fait que modifier l’ombre. J’avais tenté de créer artificiellement un environnement, d’une manière ou d’une autre, en espérant qu’un ego y apparaisse naturellement. Je n’avais pas réfléchi assez sérieusement aux caractéristiques d’un ego.
Il fallait donc aussi réorienter mes recherches. Ce dont j’avais besoin, ce n’était ni de matériaux coûteux ni d’une ombre dotée d’un grand pouvoir magique.
Il me fallait quelque chose qui ait un lien avec moi, quelque chose qui possède une volonté et un but, et qui contienne du pouvoir magique.
Si je trouvais cela, j’étais certain que n’importe quelle ombre pourrait acquérir un ego.
Mais une telle chose existait-elle seulement ? Un cœur de dragon, qu’on ne trouvait que dans les légendes, aurait peut-être pu convenir. Bien sûr, c’était un objet que je n’aurais jamais osé essayer d’obtenir.
Je consignai toutes mes expériences dans un rouleau.
En les relisant, je réfléchis pendant des heures innombrables.
Je fouillai de nombreux livres et achetai une foule de renseignements. Je cessai même d’accepter des demandes pendant un temps. Même les travaux qui consistaient à remplir les pantins de pouvoir magique. Mes pertes s’accumulèrent à cause de cela, comme une montagne.
Mais je n’y prêtai aucune attention et négligeai à moitié la préparation des cours, voire la gestion de la tour. Un instinct profond me disait que résoudre cette question marquerait un tournant majeur dans ma vie.
Je m’isolai ainsi complètement et continuai à explorer l’essence de ma magie et de mon ombre.
Je répétai de nombreuses expériences. J’examinai les pantins, vérifiai ma magie et inspectai les ombres. J’investis ainsi tout ce que j’avais dans mes recherches.
Un mois passa de cette façon.
Je parvins à saisir un fil ténu de possibilité.
---
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>