Chapitre 257
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 257
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L’intention meurtrière qui semblait m’enserrer tout entier me fit jeter un regard autour de moi. Le pouvoir magique des environs bouillonnait avec violence.
Tous les courants de pouvoir magique provenaient du président, qui me fixait. Tandis qu’il grinçait silencieusement des dents, un pouvoir magique dense et une profonde intention meurtrière émanaient de lui.
« Vous osez me menacer ? »
Je soutins le regard glacial du président et ressentis une pointe d’admiration.
Cette pression exercée par son pouvoir magique n’était que le résultat de sa colère. Ses émotions s’étaient déchaînées, laissant échapper une partie de son pouvoir magique.
En le regardant, je compris à nouveau exactement à qui j’avais affaire.
L’homme qui se tenait devant moi était un être ancien, vivant depuis la fondation de cette université.
La profondeur abyssale du pouvoir magique qui m’enveloppait montrait clairement que son stade dépassait celui de la professeure Irian. Et la force qu’il avait accumulée devait être immense, elle aussi.
Si le président libérait réellement toute sa puissance, il pourrait m’écraser en un instant. Après tout, je n’étais qu’un mage du troisième étage.
Pourtant, le président ne pouvait que laisser rayonner son intention meurtrière. Il ne pouvait pas me toucher.
Je sirotai tranquillement mon thé, en savourant son parfum et sa saveur. Puis j’adressai un sourire aimable au président.
« Une menace ? Je ne fais que vous adresser une requête polie, président. »
Si le président ne pouvait pas me toucher, ce n’était pas simplement parce que la loi de l’université me protégeait.
Comme le révélait sa puissance, contrairement à nous, il avait déjà un pied hors de l’université. S’il le souhaitait, il pouvait certainement ignorer ses règles.
S’il ne passait pas à l’action, c’était probablement parce que le Cœur de la montagne que je tenais en otage lui était trop précieux.
Le Cœur de la montagne n’était pas simplement un objet où s’était concentré le pouvoir magique de la montagne.
Il désignait quelque chose de bien plus essentiel.
Tout comme l’arbre était important pour un mage, l’âme au cœur d’une montagne pouvait être appelée son Cœur. Si elle le perdait, la montagne elle-même finirait sûrement par mourir.
Dès que je m’en étais emparé, c’était comme si j’avais mis la main sur la laisse du président. Quelle que soit l’étendue de son pouvoir, tant qu’il ne renoncerait pas à la montagne, il ne pourrait s’en défaire.
C’était pour cela que j’étais si confiant.
Pour le président, cette montagne avait sûrement bien plus de valeur que la vie d’un homme comme moi. Et s’il me tuait pour rien, tandis que le Cœur était détruit ?
Ah, mais il existait un moyen pour le président de résoudre ce problème.
Une idée me traversa soudain l’esprit, et j’applaudis doucement.
Si le problème venait de la laisse que je tenais, il n’avait qu’à détruire la laisse elle-même.
Je n’avais aucun moyen de l’en empêcher. Je n’avais réussi à m’emparer du Cœur que parce que le président n’avait pas remarqué le processus, en raison de la nature de la malédiction de pouvoir magique.
Mais si la laisse était le prince impérial ?
Je m’adossai lentement à ma chaise et pris la parole.
« Si vous songez à détruire le serpent enroulé autour du Cœur, je vous prie de vous en abstenir. Ce serpent est Son Altesse le prince impérial. »
« Bien sûr, si vous êtes prêt à accepter cette perte, cela m’est égal », ajoutai-je en haussant les épaules.
Le président tressaillit légèrement à mes paroles.
Il semblait avoir réellement tenté de détruire le serpent pendant ce bref instant. Toute cette montagne était son domaine ; c’était donc sûrement possible.
Mais s’il agissait ainsi, le prince impérial mourrait.
L’âme du prince était parfaitement installée dans le corps du serpent. Si ce corps était détruit, le prince, dont l’âme n’était guère plus qu’une mauvaise herbe, serait balayé par la malédiction et disparaîtrait.
« … Ha. Vous avez aussi pris Beral en otage. »
Le président fronça les sourcils. En même temps, je sentis l’intention meurtrière qui émanait de lui se faire encore plus dense.
Il semblait croire que j’avais également menacé le prince impérial ; je secouai donc doucement la tête.
« Je crois que vous vous méprenez. Je n’ai pas forcé Son Altesse à agir. C’est lui qui a pris chacune de ces décisions. »
Quand j’avais imaginé ce plan pour la première fois, je n’étais pas particulièrement sûr de moi.
J’ignorais quelle importance le prince impérial avait aux yeux du président.
Bien sûr, le Prince Beral était de sang impérial ; il ne pouvait donc qu’avoir de la valeur. Pour l’empereur, les enfants dispersés dans tout l’Empire servaient à la fois d’antennes et de système de défense pour repérer les menaces.
Ainsi, si le Prince Beral mourait ici, la nouvelle serait directement transmise à la famille impériale. Le président, impliqué dans sa mort, subirait naturellement une lourde perte.
Malgré tout, vu la valeur de la montagne, le président aurait peut-être accepté même une telle perte.
Et j’aurais alors été en danger, moi aussi.
C’était ce qui m’avait fait hésiter le plus.
J’avais tout de même agi, car le Prince Beral était persuadé que le président ne pourrait pas l’abandonner.
Et, comme il en était convaincu, le président n’avait effectivement pas touché au prince.
Cela signifiait que ce que le Prince Beral m’avait raconté était vrai.
Je me frottai le menton en repensant à ses paroles.
Qui aurait cru qu’il avait entravé le président en se faisant lui-même passer pour une chaîne ?
La froideur avec laquelle il poursuivait sa croissance par tous les moyens était si tranchante qu’on aurait eu du mal à croire qu’elle appartenait à un parent de sang qui n’avait vécu que vingt ans.
Si tout cela se terminait bien et qu’il parvenait à faire pousser un arbre en lui, il deviendrait sûrement un grand mage, lui aussi.
Alors, si je voulais garder de bonnes relations avec le Prince Beral, je devais exaucer son souhait.
Et je devais aussi nouer de bonnes relations avec le président.
Je lui jetai un coup d’œil et souris.
« Cela dit, inutile de trop vous inquiéter. Nous avons le Cœur en notre possession pour le moment, mais je vous promets que nous vous le rendrons intact, une fois tout cela terminé, président. »
Le président plissa les yeux à mes paroles.
Il n’avait pas l’air de me croire.
Je fouillai alors dans mes vêtements et en sortis une feuille de papier.
S’il n’avait pas confiance, il me suffisait de lui donner une raison de me faire confiance.
Heureusement, les mages avaient un moyen de se garantir mutuellement leur bonne foi.
Nous pouvions nous lier les uns aux autres par un contrat.
Peu après, je sentis de nouveaux mots s’imprimer sur mon poignet.
Sentant une nouvelle entrave se fixer à mon arbre, je laissai échapper un petit rire.
« Argh… Je n’aurais jamais cru conclure un contrat pareil. »
Le président se frotta le poignet, l’air mécontent.
Le contrat était très simple. En échange de la coopération du président avec mon plan pendant le mois à venir, je libérerais le Cœur de la montagne sans l’abîmer.
Bien sûr, impossible de se montrer trop avide.
Si j’avais tenté d’imposer un contrat qui m’aurait accordé des avantages sans contrepartie, le président ne l’aurait jamais accepté.
Je secouai doucement la tête en parcourant les clauses détaillées, inscrites en caractères serrés sous le texte du contrat.
La coopération que je pouvais obtenir du président se limitait aux recherches sur les malédictions de pouvoir magique et les arbres. Je ne pourrais pas accéder gratuitement aux connaissances de la bibliothèque, et le contrat lui accordait un droit de refus.
Je voulais aussi offrir quelque chose de plus au président.
J’ajoutai une clause prévoyant que, si mes recherches aboutissaient, je partagerais avec lui tous les documents concernant la magie du Serpent des malédictions, une fois celle-ci achevée.
Enfin, j’avais également prévu quelques garde-fous pour moi-même.
Des choses simples, comme l’interdiction pour l’un ou l’autre de se venger après la fin du contrat, et l’obligation de garder mon plan secret.
Ce contrat ne devrait donc pas trop peser sur le président non plus.
On pouvait même dire qu’il y trouverait son compte.
Si j’avais rédigé un contrat aussi conciliant, c’était parce que je n’avais pas l’intention de me brouiller durablement avec lui.
Notre relation avait peut-être commencé par des menaces, mais si tout se réglait bien, nous pourrions coopérer, non ?
Si nous finissions par en tirer profit, les rancœurs disparaîtraient naturellement.
Il avait peut-être perçu mes intentions, car l’hostilité que je ressentais chez le président s’était considérablement apaisée.
Cela voulait dire que ma bonne volonté avait porté ses fruits, au moins un peu.
J’avais réussi à apaiser la férocité du président.
Je souris, satisfait, et le président plissa les yeux en claquant la langue.
« Vous êtes un vrai intrigant. Je me demande bien où la professeure Irian a déniché quelqu’un comme vous. »
« Je ne peux que vous présenter mes excuses pour vous avoir mis mal à l’aise, président. »
Je m’inclinai poliment.
Le président renifla, visiblement mécontent. Il semblait profondément contrarié d’avoir conclu un contrat avec un mage d’un étage inférieur comme moi.
Mais j’avais réussi à conclure le contrat, et le président coopérerait donc avec moi pendant le mois à venir.
J’avais réussi à recruter un excellent chercheur pour décrypter les malédictions de pouvoir magique.
« Tss. Je ferais mieux d’aller voir ce salaud. Il a investi un autre corps, alors je veux le voir de mes propres yeux. »
Le président soupira et se leva.
Ce salaud désignait sans doute le Prince Beral.
Le président sortit lentement de la pièce.
Je le suivis.
La magie du Conseil nous guida ensuite jusqu’au prince et, à un moment donné, je réalisai que j’étais entré dans une immense caverne.
Le Prince Beral avait visé le Cœur de la montagne ; nous devions donc nous trouver au centre de celle-ci.
Je regardai autour de moi.
Plusieurs couches de cercles magiques entouraient la caverne.
C’était une sorte de cercle magique protecteur.
Rien qu’en les regardant, je compris qu’ils étaient trop solides pour que je puisse les franchir, quels que soient mes efforts.
Pourtant, même ces cercles magiques n’avaient pas réussi à l’arrêter.
Je croisai le regard de l’énorme serpent, de l’autre côté des cercles magiques. Enroulé sur lui-même, il tira la langue, comme s’il était heureux de me voir.
Le serpent dégageait une aura terrifiante et son corps mesurait au moins cent mètres de long.
C’était le résultat de l’amplification du pouvoir de la malédiction pour percer ces puissants cercles magiques protecteurs.
Isabella se tenait à côté du serpent.
Le teint légèrement pâle, elle s’inclina brièvement devant moi.
Un cercle magique avait été tracé sous les pieds d’Isabella.
Comme dans l’atelier, elle retirait le pouvoir magique autour du serpent.
— À vous voir arriver tous les deux ensemble, je suppose que tout s’est bien passé.
Le serpent murmura d’un ton joyeux.
Le président fronça légèrement les sourcils et agita négligemment la main.
Les couches de magie protectrice se brisèrent en un instant.
Le président s’avança et s’arrêta devant le serpent.
Le serpent s’approcha en rampant avec aisance, comme s’il était habitué à ce corps, et lui fit face.
Tandis qu’ils s’observaient, le serpent murmura doucement :
— À vous voir ainsi, vous avez drôlement rapetissé, père.
Le serpent fit joyeusement bruire ses écailles.
Le président plissa les yeux en le regardant.
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