Chapitre 256
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 256
──────
Je montai lentement l’escalier, insufflant du pouvoir magique dans la pointe de mes pieds. À chacun de mes pas, l’espace se repliait et d’innombrables pièces défilaient à mes côtés.
La magie spatiale lisait ma volonté et me guidait jusqu’à destination. Je le sentais chaque fois que je me déplaçais ici, mais cette magie spatiale était vraiment d’une remarquable fluidité.
Cela montrait à quel point le Conseil du pouvoir magique était avancé. Tout en marchant, j’examinai la magie et ne tardai pas à me rendre compte que j’étais arrivé à destination.
Je m’arrêtai devant une vieille porte en bois. C’était le bureau du président, le point le plus élevé de cette montagne.
Sentant la présence de quelqu’un à l’intérieur, je toussotai discrètement et frappai. La porte s’ouvrit bientôt d’elle-même.
C’était une invitation à entrer. Dès que je franchis le seuil, un pouvoir magique d’une pureté exceptionnelle enveloppa mon corps.
Depuis mon arrivée à l’université, je n’avais encore jamais senti un pouvoir magique pareil. Il était digne de l’atelier occupé par le président.
Pourtant, quelque chose me semblait un peu étrange. Pour le bureau du président, la pièce était plutôt petite. Il y avait juste assez de place pour que cinq ou six personnes s’y allongent.
Il était étonnant que le chef du Conseil du pouvoir magique séjourne dans un endroit pareil. Tous ceux que j’avais rencontrés jusque-là réclamaient des pièces plus vastes à mesure qu’ils progressaient dans les stades.
Ce n’était pas qu’une question de vanité. C’était aussi une question d’efficacité. Plus l’espace était grand, plus il accumulait de pouvoir magique.
Pour les mages, qui devaient en réunir autant que possible afin d’accéder au stade suivant, rien n’était plus important.
De ce point de vue, réduire à ce point le dernier étage de la tour principale était assez déroutant. C’était comme jeter du pouvoir magique par les fenêtres.
Alors, pourquoi avait-il conçu une telle structure ? Seul le propriétaire de cette pièce connaissait sûrement la réponse.
Le président, qui était assis, enfoui dans son fauteuil, à contempler la fenêtre.
En m’approchant de lui, je jetai un coup d’œil au paysage qu’il observait. Un ciel couvert de nuages s’étendait jusqu’à l’horizon.
La montagne flottait dans le ciel.
Elle avait parcouru toute l’université et se dirigeait maintenant vers la porte de l’université, en son centre, le passage vers le monde extérieur.
Quand elle aurait achevé son cycle annuel, le mois prochain, elle quitterait sûrement l’université. Puis elle errerait de nouveau pendant quarante-neuf ans avant de revenir.
Je m’arrêtai devant le président, qui regardait par la fenêtre, et il se tourna vers moi. Nos regards se croisèrent et je m’inclinai.
« Merci de m’avoir fait venir. »
« Ce n’est rien. Le jeune homme le plus intéressant du Conseil souhaite me rencontrer. Bien sûr que je devais vous recevoir. »
Le président agita légèrement la main. Puis, après avoir regardé autour de lui, il me fit signe du doigt.
Les livres empilés dans toute la pièce se rassemblèrent et formèrent un siège devant moi.
« Je vous en prie, asseyez-vous », ajouta le président avec un léger sourire.
J’acquiesçai et m’assis.
Le président me tendit une petite tasse. Un pouvoir magique agréable et un doux parfum s’élevaient du liquide bleu qui tournoyait à l’intérieur.
« J’ai entendu dire que vous aimiez le thé, alors j’en ai préparé. C’est une infusion de fruits, séchés après avoir poussé sur cette montagne, puis infusés avec du pouvoir magique. J’espère qu’il sera à votre goût. »
Des fruits poussés sur la montagne. Le président l’avait dit d’un ton désinvolte, mais cette montagne était si particulière que ses fruits ne pouvaient être ordinaires.
Je pris délicatement la tasse et goûtai l’infusion. Mon corps frissonna légèrement. Dès que le thé toucha ma langue, son arôme emplit ma bouche.
« Il est excellent. Après avoir goûté un thé pareil, j’ai l’impression que mes yeux se sont ouverts une seconde fois. »
« Ha ha. Même si vous me flattez, je vous en remercie. »
« Vous flatter ? Ma vie a peut-être été courte, mais je dirais tout de même que ce thé figure parmi les cinq meilleures choses que j’aie jamais bues. »
Je fermai légèrement les yeux et en repris une gorgée. Un étrange sentiment de fraîcheur m’enveloppa, porté par son doux parfum.
Le pouvoir magique pur contenu dans le thé dissipait les impuretés qui s’étaient accumulées en moi. C’était stupéfiant qu’il ne s’agisse que d’une infusion des fruits de la montagne.
Pourtant, en le buvant, je me mis à penser à l’Arbre au parfum d’or et au son mélodieux que j’avais servi au Prince Beral.
C’était assez étrange. L’Arbre au parfum d’or et au son mélodieux était un thé entièrement composé de force vitale, et non de pouvoir magique. Celui-ci, au contraire, semblait n’avoir été infusé qu’avec du pouvoir magique pur.
Ces deux thés se situaient aux antipodes l’un de l’autre. Pourtant, pour une raison ou une autre, les sensations qu’ils procuraient se ressemblaient.
Peut-être que les extrêmes finissaient vraiment par se rejoindre.
Tandis que je savourais le parfum du thé, adossé à mon siège, le président prit la parole.
« J’ai reçu votre cadeau. C’est un objet remarquable. »
Le président sortit une écaille de la taille de sa paume. Un cercle magique à l’aura inquiétante était gravé sur sa surface sombre.
C’était une écaille arrachée au Prince Beral, qui était entré dans le corps du Serpent.
Le président caressa l’écaille, les yeux brillants.
« Je n’aurais jamais imaginé qu’une malédiction de pouvoir magique puisse être contenue de manière aussi stable. C’est vraiment remarquable. Le travail est si minutieux qu’on croirait que vous en avez fait l’expérience vous-même. À ce niveau, personne ne pourrait la détecter sans l’examiner à l’œil nu. »
« Je suis ravi que ma magie médiocre semble vous avoir plu. »
Je souris légèrement et soutins le regard du président. Ses yeux trahissaient tout l’intérêt que lui inspirait la magie que je lui avais montrée.
« Vous m’avez offert un tel cadeau, je vous dois bien de vous écouter attentivement. Alors, pourquoi souhaitiez-vous me rencontrer ? »
Hmm. Il voulait aller droit au but. Cela m’arrangeait aussi.
J’acquiesçai aussitôt et lui adressai un grand sourire.
« Comme l’a fait le prince, j’aimerais que vous rejoigniez mon projet d’Arbre artificiel. Mes connaissances sur les malédictions de pouvoir magique sont limitées et, si les choses continuent ainsi, je crains que la conférence du mois prochain ne pose problème. »
Le président plissa les yeux à mes paroles.
J’avais décidé de faire du président un complice parce qu’il avait étudié le Prince Beral pendant longtemps.
Il avait consacré près de dix ans à ces recherches. Personne ne pouvait en savoir davantage que lui sur la malédiction de pouvoir magique qui se trouvait dans le prince.
Alors, si je travaillais avec lui, nous pourrions peut-être régler rapidement le problème actuel du prince.
J’arriverais peut-être même à aller plus loin et à atteindre mon propre objectif plus tôt que prévu.
Dans ces conditions, alors qu’il ne restait qu’un mois, collaborer avec le président était sans doute le meilleur choix.
Il restait cependant un problème à résoudre avant de l’entraîner dans l’affaire.
Comment faire bouger le président ?
Le président était un être ancien, qui avait vécu bien plus longtemps qu’on ne pouvait l’imaginer. Il avait peut-être vécu aussi longtemps que le président de l’université.
Il serait naturellement difficile de le rallier à mon projet. Au fond, coopérer revenait à offrir quelque chose d’avantageux à l’autre partie.
Je ne pouvais rivaliser avec le président ni en force, ni en savoir, ni en richesse, ni en années d’existence. Pour l’attirer à moi, je devais donc savoir exactement ce qu’il désirait.
C’était pour cela que j’avais passé plusieurs jours à tâter le terrain.
J’avais glissé dans la bibliothèque des documents sur mes Jeunes pousses d’âme et parcouru la montagne en étudiant la structure du Conseil.
Je jetai un coup d’œil à l’écaille dans la main du président. La lui offrir avait répondu à la même intention.
S’il s’y intéressait vivement, je comptais négocier avec lui en m’appuyant sur les malédictions de pouvoir magique.
Mais le président n’avait mordu à aucun de mes appâts. Au contraire, comme quelqu’un qui avait vécu longtemps, il avait vite compris que j’attendais quelque chose de lui.
C’était peut-être pour cela qu’il m’avait fait venir. Il voulait entendre de ma bouche ce que j’attendais de lui.
Et je n’avais pas d’autre choix que d’accéder à sa demande.
Le temps me manquait cruellement. Il ne restait qu’un mois, et je devais obtenir des résultats acceptables aux yeux des autres avant l’échéance.
Je ne pouvais pas continuer à négocier avec le président dans une position aussi défavorable. Alors, même si je devais lui céder un peu, j’étais décidé à obtenir sa coopération.
« Si vous voulez mes documents de recherche, je vous les partagerai tous. Je vous enseignerai aussi la magie que j’ai créée. »
J’avais compris, au sein du Conseil du pouvoir magique, qu’il possédait une quantité considérable de documents sur les malédictions de pouvoir magique.
Cela signifiait aussi que le président s’y intéressait beaucoup.
La magie du Serpent des malédictions que j’avais créée devait être très intéressante pour quelqu’un comme lui. C’était une magie faite à partir de malédictions de pouvoir magique.
Il n’avait probablement jamais imaginé qu’on puisse transformer ces malédictions en magie. Quel fou planterait des malédictions dans son propre arbre pour en étudier le fonctionnement ?
À cet égard, le Serpent des malédictions était une magie que j’étais le seul à pouvoir créer. La lui transmettre représentait donc une concession majeure de ma part.
Si le président coopérait, la magie gagnerait sans aucun doute encore en perfection. Cela aurait dû suffire à le tenter.
Je le regardai, les yeux brillants.
Ce serait avantageux pour lui comme pour moi. Il n’avait aucune raison de refuser une proposition qui nous profitait à tous les deux.
Mes paroles l’avaient peut-être intéressé, car le président se mit à se frotter le menton. Puis il m’examina avant de prendre la parole.
« Hmm. C’est une proposition plausible. Très plausible. Mais je crois qu’il existe une meilleure solution pour moi. »
« Laquelle ? »
Il y avait une meilleure solution que celle-là ? J’inclinai légèrement la tête.
Le président me sourit.
« Je pourrais simplement tout raconter aux autres. Vous crouleriez alors sous les dettes, et la magie finirait naturellement entre mes mains. »
« Avec la professeure Irian dans les parages, vous pourriez tout de même vous en sortir », ajouta le président en haussant les épaules.
Je plissai les yeux.
« Vous êtes vraiment obligé d’en arriver là ? Il vaudrait mieux choisir la voie qui profite à tout le monde. Le prince veut aussi que vous vous joigniez à nous. »
« Hmm. Je n’en ai peut-être pas l’air, mais je dirige cette organisation. Il va de soi que je dois faire passer ses intérêts avant les vôtres. »
À ces paroles catégoriques du président, je fermai tranquillement les yeux.
Je voulais croire en la bonne volonté des gens. C’était pour cela que j’avais dévoilé toutes mes intentions au président.
Mais il avait trahi ma bonne volonté.
La brutalité qui imprégnait cette université avait aussi pris racine en lui.
Je n’avais donc d’autre choix que de le traiter avec la même brutalité.
Fallait-il vraiment que tout finisse ainsi ?
Un sentiment de lassitude m’envahit et je poussai un léger soupir. Je n’avais pas voulu que les choses tournent ainsi.
Je regardai par la fenêtre. Tandis que je suivais des yeux les nuages dériver, je pris la parole d’un ton détaché.
« Cette montagne est vraiment un endroit séduisant. »
Ma remarque n’avait rien à voir avec la situation. Le président parut légèrement perplexe.
Je croisai son regard et fis doucement tourner ma tasse. Puis, savourant le parfum du thé, je poursuivis.
« Ce thé à lui seul montre tous les efforts que vous avez consacrés à faire prospérer cette montagne. On se croirait dans un monde à part. »
« Vraiment ? Merci de la voir d’un si bon œil. »
Le président esquissa un léger sourire.
J’acquiesçai et repris :
« C’est pourquoi j’apprécierais que vous coopériez sans condition. »
À mes mots, le président inclina légèrement la tête. Il semblait ne pas comprendre ce que je voulais dire.
« … De quoi parlez-vous ? »
Je fis face au président sans un mot. Puis je désignai de la tête l’écaille dans sa main et esquissai un sourire.
« Si vous ne coopérez pas, le propriétaire de cette écaille réduira en miettes le cœur de cette montagne. »
« Le Prince Beral doit déjà être enroulé autour du cœur », ajoutai-je en prenant une gorgée de thé.
Le visage du président se crispa.
De nombreuses couches de magie protectrice avaient été placées autour du cœur de la montagne. Un mage de bas rang comme moi n’aurait pas pu en arracher une seule.
Mais elles étaient toutes faites de pouvoir magique.
Et la malédiction de pouvoir magique qui se trouvait dans le corps du prince rejetait le pouvoir magique.
De plus, la malédiction de pouvoir magique, amplifiée à l’extrême, faisait fondre tout pouvoir magique.
En voyant cela, j’avais eu une idée utile.
S’emparer du cœur de la montagne, comme nous étions en train de le faire.
Si je parvenais à mettre la main dessus, le président tomberait lui aussi entre mes mains.
Le prince avait avancé en secret à travers la magie protectrice gravée près du cœur et avait réussi à s’en emparer.
Le président avait dû le remarquer, lui aussi, car il se mit à me fusiller du regard.
Je haussai les épaules.
Au départ, j’avais voulu négocier de bonne foi. C’était la solution qui profitait à tout le monde.
Si le président avait accepté ma bonne volonté, rien de tout cela ne serait arrivé.
Mais le président l’avait rejetée.
Je n’avais donc pas d’autre choix que de le menacer au lieu de coopérer.
C’était le seul moyen de tout régler à temps.
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>