Chapitre 23
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Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 23
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« Voilà ma tour. »
La professeure Irian ouvrit les bras en parlant. La tour se dressait au sommet d’une montagne. Je ne savais même pas exactement où nous étions. J’avais simplement volé jusque-là en m’agrippant à la main de la professeure.
Dès que je posai le pied sur le sommet, je ne pus cacher ma stupéfaction. Le pouvoir magique que je ressentais dans la montagne était immense. Et tout ce pouvoir magique affluait vers cette tour.
J’observai l’expression de la professeure, puis j’applaudis.
« Quelle tour incroyable ! Le pouvoir magique qui s’en dégage est remarquable. »
Je continuai ensuite à lui servir tous les compliments qui me venaient à l’esprit. Pas au point de paraître excessif, mais assez pour la mettre de bonne humeur. À force de louanges, ses épaules se redressèrent légèrement.
Pour être honnête, j’étais tout de même un peu déçu.
La tour était immense, mais terriblement délabrée. La poussière recouvrait tout et des toiles d’araignée s’entremêlaient partout. On aurait dit un endroit abandonné depuis des lustres.
« Ça fait combien de temps que vous n’êtes pas venue ici… ? »
Je posai la question avec précaution. Elle croisa les bras, réfléchit un instant, puis répondit d’un ton indifférent :
« La dernière fois que je suis venue, c’était il y a cent ans, je crois. Ça fait un moment, en effet. »
Elle s’éleva dans les airs en mobilisant son pouvoir magique. Puis, en un instant, elle vola jusqu’au sommet de la tour. Alors que je la regardais, bouche bée, sa voix me parvint d’en haut.
« J’ai des choses à régler, alors je monte la première. Nettoie soigneusement l’intérieur de la tour en montant. »
Et sur ces mots, la professeure disparut. Je poussai un soupir. Je n’avais même pas l’énergie de protester. Après tout, je savais bien que ça finirait comme ça, non ?
Pour l’instant, je devais exécuter parfaitement l’ordre de la professeure. Je levai les yeux vers la tour. Il fallait donc que je grimpe jusqu’en haut. J’ignorais même si j’arriverais à terminer aujourd’hui.
Je m’approchai de la tour et touchai la porte. Elle ne réagit pas. Quand j’y insufflai du pouvoir magique pour l’examiner, je découvris que toute la magie qui y était intégrée s’était épuisée et avait cessé de fonctionner.
Je réparai légèrement la structure et insufflai du pouvoir magique dans les sorts. Une partie de la magie était endommagée, mais le noyau qui formait la porte était encore intact. Elle absorba le pouvoir magique et commença à s’ouvrir lentement dans un grincement métallique.
Je sortis une grande quantité de pantins et les envoyai d’abord à l’intérieur. Ce n’est qu’après avoir inspecté grossièrement les lieux grâce à eux et m’être assuré qu’ils étaient sûrs que j’entrai à mon tour. Tout était silencieux et figé, et une épaisse couche de poussière recouvrait le sol, comme pour prouver que personne n’était passé depuis longtemps.
Je commençai par examiner la porte par laquelle j’étais entré.
De l’intérieur, elle paraissait encore plus mal en point. Toute la magie gravée çà et là avait cessé de fonctionner, et même le pouvoir magique que je venais d’y insuffler se dispersait dans l’air. On aurait dit que des centaines d’années s’étaient écoulées depuis son dernier entretien.
J’avançai lentement. Depuis l’entrée, les pantins se mirent à nettoyer à toute vitesse. Ils aspiraient la poussière, essuyaient les murs et progressaient sans s’arrêter.
Je marchais tranquillement derrière eux. Ainsi, je me dirigeai vers le vaste hall visible depuis l’entrée.
Les nombreuses décorations disposées sur le chemin étaient couvertes de poussière ou brisées, au point qu’il était impossible de reconnaître leur forme d’origine. Les pantins essayèrent de les restaurer autant que possible, mais la plupart étaient complètement détruites à l’intérieur aussi. Je décidai donc de tout jeter.
En entrant dans le hall, je découvris un vaste espace. Rien de particulier. Il ne restait çà et là que des débris qui semblaient provenir d’anciennes chaises ou tables. À part ça, la pièce était entièrement vide.
Depuis le centre, je compris facilement comment le rez-de-chaussée était agencé. C’était assez simple. Douze couloirs partaient du hall et, à l’opposé de l’entrée, un escalier menait au deuxième étage.
Les dix autres couloirs desservaient chacun une pièce. Je les inspectai lentement, une par une. Impossible de savoir à quoi elles avaient servi. Toutefois, à en juger par les faibles traces de mobilier encore visibles, le rez-de-chaussée semblait destiné à accueillir les visiteurs, avec des salons et d’autres installations.
Les pantins poursuivaient leur nettoyage. Ils rassemblaient les objets inutiles, les démontaient et les brûlaient. Ils employaient aussi différents sorts pour purifier l’air et le pouvoir magique, et éliminer la crasse accumulée.
Même avec des centaines de pantins qui s’activaient en parfaite coordination, le nettoyage avançait très lentement. Non, ce n’était pas tant qu’il avançait lentement : c’était simplement que le rez-de-chaussée était immense. Le hall central, à lui seul, pouvait accueillir trois de mes tortues.
L’intérieur était bien plus vaste que ne le laissait penser l’extérieur. C’était probablement dû à la magie. Je percevais une partie des flux spatiaux que j’avais appris à manipuler en maîtrisant la magie de miniaturisation, mais ce courant métaphysique, d’une dimension supérieure, évoluait quelque part où je ne comprenais absolument rien.
En poursuivant le nettoyage, je découvris quelques choses.
La plupart étaient inutiles, mais la stèle devant l’escalier menant au deuxième étage se révéla très utile. La plupart des lettres avaient disparu, alors je ne pouvais pas en tirer grand-chose, mais je parvins au moins à déterminer le nombre d’étages de la tour.
Elle en comptait dix en tout.
« À ce rythme, je ne finirai pas aujourd’hui. »
Le nettoyage du rez-de-chaussée prit environ trois heures. Il n’y avait pas grand-chose, mais l’endroit était beaucoup trop vaste.
Je passai au deuxième étage. J’observai l’escalier et envoyai d’abord les pantins inspecter les lieux. À travers leurs yeux, je découvris un agencement semblable à celui du rez-de-chaussée. La seule particularité était que le hall central s’étendait sur deux niveaux.
Je montai moi aussi lentement les marches, ma tortue fermement serrée dans les deux mains.
Si quelque chose me sautait dessus, je comptais la brandir comme un bouclier. La densité incroyable du pouvoir magique qui m’entourait rendait cela possible. En temps normal, maintenir la magie de miniaturisation consommait énormément de pouvoir magique, mais ici, il y en avait tant qui affluait autour de moi que je pouvais me le permettre. À ce niveau-là, je pouvais la garder miniaturisée toute la journée.
Le hall à deux niveaux était recouvert de poussière, au point qu’on ne distinguait plus sa forme. Les sculptures et les tableaux qui décoraient les murs avaient subi le même sort. Seules quelques chaises et tables en pierre avaient conservé leur forme.
Les pantins nettoyèrent le hall en un rien de temps. À force d’essais et d’erreurs au rez-de-chaussée, ils avaient trouvé une méthode très efficace. En répartissant soigneusement les tâches, ils enchaînaient chaque étape du nettoyage sans accroc.
Debout sur le niveau supérieur du hall, je regardai autour de moi. Il y avait dix pièces en tout, en comptant celles des deux niveaux.
Mais l’idée d’entrer dans ces pièces ne me disait rien. Contrairement au rez-de-chaussée, une étrange énergie magique débordait de l’intérieur.
J’envoyai donc un pantin dans la pièce qui semblait la mieux conservée. Heureusement, il commença à l’inspecter sans rencontrer de problème.
La pièce était immense. Des bureaux et des chaises étaient disposés en demi-cercles étagés autour d’une estrade centrale. J’avais déjà vu ce genre d’aménagement. Ça devait être une salle de cours. La magie qui s’y trouvait semblait toujours entretenue, et tout était en ordre.
À cet instant, un pantin qui nettoyait le hall du deuxième étage m’envoya un signal. Il m’avertissait qu’il avait trouvé quelque chose d’inhabituel. Je reportai mon attention sur lui et aperçus un panneau indicateur.
Les noms des différentes pièces y étaient inscrits en lettres pâles. Presque tous avaient disparu et étaient difficiles à lire, mais j’en déchiffrai tout de même quelques-uns. La pièce où j’étais entré s’appelait Salle de cours théorique.
En suivant les indications du panneau, je décidai d’explorer d’abord les pièces dont le nom restait lisible. L’une d’elles s’appelait Salle de lecture. Un pantin y entra. La magie semblait y avoir cessé de fonctionner et la poussière s’y était accumulée en épaisse couche. De vieux fragments de bois gisaient éparpillés dans la poussière.
Les autres pantins le suivirent. Ils débarrassèrent la pièce de tous ces débris impossibles à identifier, nettoyèrent tout et la laissèrent entièrement vide.
Que faire des pièces suivantes ? Je ne parvenais pas à lire les noms des autres sur le panneau. En plus, elles dégageaient toutes une étrange énergie magique : impossible de savoir lesquelles étaient sans danger.
Dans ce genre de situation, il ne me restait qu’à toutes les essayer.
Sur cette idée, j’envoyai des pantins dans chaque pièce. Après tout, ce n’était pas moi qui y entrais. Il fallait toujours prendre toutes ses précautions face au danger.
Cinq pantins disparurent.
Quoi ?
Affolé, j’en envoyai d’autres, mais ils disparurent à leur tour. Toutes les pièces du niveau supérieur du hall étaient dans le même état.
Les pantins entrés dans les pièces du niveau inférieur étaient sains et saufs, mais, comme dans celle que j’avais inspectée tout à l’heure, la magie y avait cessé de fonctionner et tout était sens dessus dessous. Je laissai pour l’instant de côté les pièces où les pantins avaient disparu et commençai par nettoyer celles du niveau inférieur.
Pendant ce temps, je réfléchis aux pièces où les pantins avaient disparu. Elles dégageaient une grande quantité de pouvoir magique sinistre. Ce pouvoir magique m’était étrangement familier.
Puisque j’avais reçu l’ordre de nettoyer, je devais faire de mon mieux. Un obstacle de ce genre n’allait pas me faire abandonner. Si un pantin ne suffisait pas, j’en enverrais deux. Et si ça ne marchait toujours pas, j’en enverrais trois.
Prêt à y sacrifier tous mes pantins, j’en envoyai un grand nombre dans les pièces. Certains disparurent dès qu’ils entrèrent ; d’autres s’évanouirent après n’avoir laissé derrière eux que de minuscules fragments. Je les rassemblai un à un.
À partir de ces fragments, je parvins à comprendre à quoi ressemblaient les pièces. Il m’avait fallu pour cela sacrifier une centaine de pantins. Dans ces salles, l’espace s’était déchiré et des brèches s’étaient ouvertes. Les pantins étaient manifestement tombés dedans avant de disparaître.
Un frisson me parcourut l’échine. C’était semblable aux brèches spatiales que la professeure utilisait souvent. Pas étonnant que ce pouvoir magique m’ait paru familier. C’était lui qui déchirait les pièces. Une partie de la magie avait dû mal tourner et déformer l’espace.
Impossible d’entrer dans un endroit aussi dangereux. J’installai un panneau d’avertissement pour empêcher quiconque d’y pénétrer. En vérité, j’espérais que la professeure le verrait.
« Attention : espace déchiré. »
Je n’avais pas le pouvoir de réparer ça. Le nettoyage était donc impossible aussi. Et j’avais maintenant une excuse tout à fait valable : je pouvais laisser cette partie de côté. Il faudrait que j’en parle à la professeure plus tard.
Je terminai ainsi le nettoyage du deuxième étage. Certaines parties laissaient un peu à désirer, mais j’avais fait tout ce que je pouvais. Peut-être parce que les pantins s’étaient améliorés, ils avaient fini plus vite qu’au rez-de-chaussée.
Il me fallait maintenant monter au troisième étage. Si le deuxième était déjà dans cet état, à quoi ressemblerait le troisième ? Sur mes gardes, j’envoyai des pantins en éclaireurs.
À ma grande surprise, le troisième étage était intact.
Il était rempli d’innombrables bibliothèques. Je montai à mon tour. L’odeur du bois me chatouilla les narines. C’était une bibliothèque. Les rayonnages s’élevaient très haut dans les airs, formant une sorte d’escalier. Des tables et des chaises se trouvaient au sommet de ces bibliothèques.
La magie avait parfaitement préservé l’endroit. Tout était si propre et bien rangé que je n’avais rien à toucher. Le pouvoir magique qui circulait dans la bibliothèque me clarifiait les idées. Si j’étudiais ici, mon efficacité serait sans aucun doute incroyable.
Cet espace était si vaste qu’il n’avait rien à voir avec le premier ou le deuxième étage. Au bout de la montagne de bibliothèques, j’aperçus l’escalier menant au quatrième étage. Curieux, je m’approchai des rayonnages. Mais je déchantai vite.
Toutes ces bibliothèques étaient vides. Même en grimpant pour les examiner, je ne trouvai partout que le même spectacle désolant : pas le moindre livre. Je ne pus que claquer la langue et monter vers le quatrième étage.
Arrivé au sommet de la montagne de bibliothèques, je découvris un rayon où reposaient quelques livres. Ils étaient très vieux et usés. J’en sortis un et l’examinai.
« C’est… »
Mon regard vacilla.
Il n’y avait rien d’écrit sur la couverture. Et cette qualité luxueuse… C’était un format que j’avais déjà vu quelque part. Je l’ouvris avec précaution. Comme je m’y attendais, c’était un livre de magie qui ressemblait à la magie auxiliaire que la professeure m’avait donnée.
Ce livre contenait des informations sur la magie du feu. Ce n’était pas un domaine que je connaissais bien, alors je n’arrivais pas à tout comprendre, mais il me suffisait de voir les cercles magiques pour savoir que ces sorts étaient excellents.
Je sortis rapidement les autres livres pour les examiner. Ils étaient tous semblables. Bien sûr, leurs formats et leur apparence différaient légèrement, puisque les auteurs semblaient être différents, mais la magie qu’ils renfermaient était à peu près du même niveau. La professeure les avait probablement collectionnés. C’étaient de véritables trésors.
Je voulais en lire davantage, mais je devais d’abord poursuivre le nettoyage. Réprimant l’envie d’emporter les livres, j’envoyai des pantins vers l’escalier menant au quatrième étage.
Le quatrième étage ressemblait beaucoup au premier. Cependant, chaque pièce débordait de pouvoir magique. S’agissait-il d’ateliers ou de salles de recherche ? Il ne restait rien, impossible de le savoir.
Je les nettoyai avec soin. Comme j’avais désormais atteint le summum de mes capacités en matière de ménage, je terminai rapidement. Puis je me dirigeai vers le cinquième étage.
Le cinquième étage était un dortoir. Je le compris dès que j’y montai. La disposition des pièces, les objets laissés sur place… tout l’indiquait. Il restait un peu de magie, malgré son état délabré, ce qui me permit d’en confirmer les traces.
Parmi les sorts installés dans les pièces, le plus inhabituel était une magie spatiale qui modifiait naturellement leur taille. Un cercle magique que je découvris en inspectant les lieux contenait ce sort. Ne sachant pas de quel genre de cercle il s’agissait, j’y insufflai prudemment du pouvoir magique et l’activai. La pièce se mit à s’agrandir à une vitesse incroyable.
Mais la magie s’était peut-être affaiblie, elle aussi : l’espace se déforma en cours de route et une brèche s’ouvrit. Je retirai précipitamment mon pouvoir magique du cercle et interrompis le sort. Ce n’est qu’alors que la pièce reprit sa taille initiale et que la fissure se stabilisa. Je ne devais plus jamais toucher à ça. Je poussai un soupir de soulagement.
Ces pièces communiquaient avec un salon commun. J’imaginai à quoi l’endroit avait dû ressembler autrefois. Les gens y auraient mangé, échangé des informations et vécu leur quotidien dans la tour.
Je me mis au nettoyage. Comme pour la magie spatiale, de nombreux sorts fonctionnaient encore dans ces pièces, alors je procédai avec précaution.
Comme prévu, c’était dangereux.
Pendant le nettoyage, plusieurs pantins furent aspirés dans des brèches spatiales. De l’air qui semblait parfaitement normal se fendit soudain et trancha un pantin en deux. Je condamnai immédiatement chaque pièce où cela se produisait.
Au fil de ces incidents, des dizaines d’autres pantins disparurent. Il ne m’en restait plus que la moitié, à peu près. J’avais déjà perdu autant de pantins en nettoyant la moitié de la tour. Et il me restait encore autant d’étages à gravir.
Il était temps de monter à l’étage supérieur.
J’avalai ma salive. Là-haut, un pouvoir magique sinistre bouillonnait.
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