Chapitre 22
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 22
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J’attendis tranquillement devant la tente. Je devais bien faire comprendre que je gardais ma place et que j’attendais. C’était le seul moyen de satisfaire la professeure. Si je m’éloignais et que je lui tapais sur les nerfs, j’étais certain qu’elle me frapperait encore plus tard.
Pendant que je montais la tente, pas mal de gens étaient arrivés. Ils étaient facilement plusieurs milliers. Et d’autres continuaient à franchir la porte. Cette année, les nouveaux étudiants étaient plus de dix mille ; il y aurait donc ici plus de deux fois plus de mages.
Je n’avais jamais vu autant de mages rassemblés. Même dans la ville universitaire où se trouvait la porte de l’université, ils n’avaient jamais été plus d’un millier. C’était pareil dans les faubourgs des bidonvilles.
Et pourtant, ils étaient si nombreux, tous au même endroit. La plupart étaient sans doute meilleurs que moi, en plus. Je sentis mon corps se raidir légèrement sous l’effet de la tension.
En vérifiant l’heure, je vis qu’il était un peu plus de dix heures. Le certificat d’admission indiquait qu’il fallait franchir la porte de l’université pile à midi ; il restait donc largement le temps avant la cérémonie d’entrée.
Devrais-je faire un tour d’ici là ? Je scrutai attentivement la clairière. Les gens étaient regroupés en bien plus grands nombres que je ne l’avais imaginé. Comme moi, ils avaient aménagé chacun à leur façon une partie de la clairière.
Le plus impressionnant était un immense manoir. Taillé dans la glace, il était si transparent qu’on voyait tout ce qui se passait à l’intérieur. Plusieurs personnes s’y tenaient et discutaient.
Une foule immense s’était massée autour du manoir. Pourtant, personne n’osait s’en approcher. Des gardes surveillaient les alentours. À première vue, je compris qu’ils étaient tous de puissants mages.
Ils avaient engagé des gens pareils comme gardes ? Je me demandai si des personnes haut placées étaient arrivées. Puis je sentis l’un d’eux poser les yeux sur moi. Qui était-ce ? Intrigué, je concentrai mon pouvoir magique pour identifier l’auteur de ce regard.
C’était Hongryeong. Je me levai précipitamment et m’inclinai pour le saluer. Il me rendit un petit signe de tête, puis reprit sa conversation avec les gens à ses côtés.
Je détournai vite les yeux. Je n’avais toujours pas oublié l’examen. Parfois, son visage empli de haine apparaissait dans mes rêves et me réveillait en sursaut.
Je ne devais ni le regarder ni lui prêter la moindre attention. Puisque Hongryeong était là, ce côté de la clairière était manifestement rempli de membres de grandes familles. Ils vivaient dans un monde totalement différent du mien ; inutile de m’en préoccuper davantage.
Ensuite, j’observai un à un les autres groupes de mages. Vêtus différemment et reconnaissables à leurs particularités, ils formaient déjà des factions avant même le début de la cérémonie d’entrée.
Alors que je les regardais, quelqu’un me tapota l’épaule. Je n’avais absolument pas senti sa présence. Surpris, je me retournai. Ailey me saluait, son sourire habituel aux lèvres.
« Bonjour. »
« Cela fait un moment, Ailey. »
« Héhé, oui. »
Elle jeta un coup d’œil à la tente.
« Et là, qu’est-ce qu’il y a ? »
« Ma professeure est à l’intérieur. Un autre professeur est venu lui rendre visite, alors je suis sorti aussi. »
Elle eut l’air surprise un instant. Après avoir brièvement fixé la tente du regard, elle se tourna de nouveau vers moi.
« Ce que tu m’as dit sur le lieu de l’examen, c’était vrai ? »
« Pourquoi est-ce que je vous aurais menti ? »
Je souris doucement et manipulai mon pouvoir magique. Une marionnette apporta des chaises et une table, qu’elle installa devant nous. Lorsqu’Ailey s’assit, la marionnette rapprocha délicatement sa chaise de la table.
Puis elle lui servit une tasse de thé et la posa devant elle. C’était le thé qu’elle avait tant apprécié pendant l’examen. Après en avoir bu une gorgée, Ailey sourit davantage.
« Il est encore meilleur qu’avant. »
« Oui, j’ai un peu amélioré le sort. »
Nous bûmes tranquillement notre thé. Elle ne parla qu’après avoir vidé sa tasse.
« Tu as vu Hongryeong ? »
« Oui, je l’ai vu dans le manoir, avec les autres. »
« Et Corde Tremblante ? »
Elle baissa la voix, avec un intérêt évident.
Je sursautai en l’entendant. Corde Tremblante était ici ? J’avais observé la clairière tout ce temps, mais je ne l’avais pas repérée.
« Non. Elle a réussi ? »
« Oui. En ce moment, elle se cache parmi les autres sorcières et fusille Hongryeong du regard. Elle est si bien dissimulée qu’on risque de ne pas la voir. Héhé, je sens que ça va devenir intéressant, plus tard. »
Un sourire amer se dessina sur mon visage. C’était précisément pour ça que j’avais veillé à ne pas m’attirer les rancunes des autres pendant l’examen. Les dettes et les rancœurs finissaient toujours par vous retomber dessus d’une manière désagréable. Corde Tremblante en était la preuve.
Bien sûr, Hongryeong ne devait pas se soucier de ce genre de choses. Il venait d’une grande famille. Seuls les vagabonds comme moi devaient prendre garde à ce genre de problème.
À ce titre, la réussite de Corde Tremblante était très préoccupante. Si elle avait réussi dans des conditions aussi défavorables, son talent devait être exceptionnel.
« Je suis content qu’elle ait réussi. Tu as vu Sieger ? »
« Non, cet oncle a probablement échoué. »
Ailey secoua la tête. Il semblait avoir raté l’examen, comme il s’y attendait depuis le début. C’était le seul de notre groupe à avoir échoué. Autrement dit, nous étions quatre à l’avoir réussi.
Devais-je me réjouir de retrouver des visages familiers ici ? Avec Corde Tremblante dans les parages, pas forcément. Nous bûmes notre thé en contemplant distraitement la clairière.
Hum, était-ce le bon moment ? Il n’y avait personne autour de nous et Hongryeong ne nous prêtait pas attention non plus.
« Ailey, tu ne vas pas dans ce manoir ? »
Je tâtonnai un peu le terrain. La réaction fut immédiate. Son sourire disparut. Elle plissa les yeux et me dévisagea froidement. En un instant, l’air se glaça et son pouvoir magique se transforma en cordes qui commencèrent à m’enserrer.
« Hum. Je n’y vais pas. »
Elle posa les deux bras sur la table et rapprocha son visage du mien. Son regard acéré glissa lentement sur mes traits. Je me contentai de le soutenir avec un sourire amer. Son pouvoir magique empestait le sang.
« Qui t’a raconté ça ? »
Elle chuchota, la voix acérée.
« Hongryeong. Il me l’a dit à la fin de l’examen. »
« Hum, je vois. C’est donc ce jeune maître qui te l’a dit ? »
Son sourire revint. Mais il avait quelque chose de déplaisant. Impossible de deviner ce qu’il dissimulait. En revanche, son intention meurtrière avait disparu. Cette froideur était sans doute dirigée contre Hongryeong, plus contre moi.
Je laissai échapper un profond soupir intérieur. Je ne savais pas quelle relation les unissait ni pourquoi ils cherchaient à m’approcher. Je n’avais que deux options : tout cacher ou tout révéler.
Je choisis la seconde. Cela me semblait plus sûr. Si Hongryeong venait me voir, je comptais lui en parler aussi. Plus je cacherais de choses, plus ma présence deviendrait suspecte ; en mettant tout sur la table dès le début, je ne leur donnerais aucune raison de se méfier de moi.
L’atmosphère se détendit et nous nous mîmes à parler de choses banales. Tout en me racontant ce qu’elle avait fait le mois dernier, Ailey évoqua naturellement un mage qu’elle avait tué. Apparemment, elle avait découvert après coup qu’il s’agissait d’un mage qui avait réussi l’examen d’entrée à l’université.
« Ha ha, tu as de bonnes blagues. »
J’essayai de prendre ses paroles pour une plaisanterie et d’en rire. Mais une sueur froide me coulait dans le dos. Je ne comprenais vraiment pas pourquoi elle me racontait ce genre d’histoire. Est-ce que j’avais l’air d’un outil pratique ? Au moins, ce serait préférable. Si elle se servait de moi, cela voulait dire qu’elle ne me tuerait pas.
Pour le moment, je devais vite changer de sujet. Si je m’enlisais davantage, je risquais de me retrouver impliqué dans ses affaires sans même m’en rendre compte.
Ce qui l’intéressait le plus, c’était le thé. Je n’avais qu’à enjoliver cette histoire autant que possible et la lui expliquer. Je me mis à exagérer la façon dont j’avais perfectionné ma magie de préparation du thé au cours du dernier mois.
Je ne me contentai pas d’en parler. Je lui montrai les changements de couleur et d’arôme du thé.
Plusieurs tasses apparurent sur la table. Son regard les suivit et se mit à briller. J’avais enfin capté son attention. Après un petit soupir, je lui servis du thé en l’accompagnant d’une histoire.
Tandis que je racontais tout cela, la clairière se remplit sans que je m’en aperçoive. Les gens occupaient même les alentours de notre table. Ils étaient venus jusqu’au bord de la clairière. Je vérifiai l’heure. Il était presque midi.
« C’est l’heure. »
À peine avais-je prononcé ces mots que l’ombre qui recouvrait la tente fut aspirée dans le sol. Le professeur Heisen sortit lentement. Je me levai aussitôt et m’inclinai. Il me jeta un coup d’œil, puis se fondit dans sa propre ombre.
« C’est ton professeur ? »
demanda Ailey. Je secouai légèrement la tête.
« Non. Il était venu voir ma professeure. Il a dit s’appeler le professeur Heisen. »
Tandis que je lui expliquais, la professeure Irian donna un coup de pied dans la tente et en sortit. J’ignorais ce qu’ils s’étaient dit à l’intérieur, mais elle avait l’air épuisée et maugréait sans arrêt. Je me levai tout en chuchotant à Ailey.
« C’est ma professeure. »
Je m’approchai rapidement de la professeure et m’inclinai.
« Vous voilà sortie. »
La professeure me regarda en faisant la moue. Son visage exprimait un profond mécontentement.
« Toi. Quand les inscriptions aux cours ouvriront, inscris-toi au cours de ce type. C’est ce qui a été décidé. »
« Son cours ? »
J’écarquillai les yeux, surpris. Elle me fusilla du regard. Quelle erreur. Je lui avais répondu alors qu’elle était déjà de si mauvaise humeur. Un jour normal, elle m’aurait frappé sur-le-champ.
« Oui. Un problème ? »
« Non, je m’inscrirai tout de suite. »
Je n’avais aucune idée de la matière qu’il enseignait ni de la façon de m’inscrire. Mais pour l’instant, je gardai le silence. Si j’ajoutais quoi que ce soit, son poing partirait à coup sûr avant le reste.
À un moment, Ailey s’était déjà levée de table. La professeure s’approcha et la dévisagea tandis qu’elle se tenait là, poliment, les mains jointes. Son regard la parcourut lentement de haut en bas.
« Qu’est-ce que c’est que ça ? »
Je présentai prudemment Ailey en tendant la main vers elle.
« C’est une membre de mon groupe, elle a passé l’examen avec moi. Elle m’a beaucoup aidé pendant les épreuves. »
Le regard de la professeure s’attarda de plus en plus sur Ailey. Après l’avoir fixée un long moment, elle secoua légèrement la tête.
« Elle empeste le sang. Pas mon genre. Elle m’agace, alors garde tes distances. »
Ailey ne perdit pas son sourire malgré ces paroles. Elle s’inclina calmement.
« Bien, professeure. Alors, à la prochaine. Evron, contacte-moi si tu as besoin d’aide. »
Elle s’éloigna lentement. Je la suivis du regard, puis attendis que la professeure parle. Elle me dévisageait. Ses yeux mêlaient une pointe d’amusement et une lueur acérée.
« Je me demandais comment tu avais pu réussir avec tes quatre membres intacts. Tu as séduit une femme ? »
« Non. »
Je dissimulai mon trouble et répondis avec un sourire forcé.
La barrière du statut et celle du talent. Comment une chose pareille aurait-elle pu arriver, avec de tels obstacles, si énormes et insurmontables ? En plus, son aura dangereuse ne me convenait vraiment pas. J’étais du genre à rechercher la sécurité et le confort.
La professeure sembla se désintéresser de moi et tourna la tête.
« Bref, dès que la cérémonie d’entrée sera terminée, tu viendras directement à ma tour. J’ai une montagne de choses à régler. »
Son visage exprimait tout son mécontentement et toute sa rancune. Je m’inclinai en silence. Dans ces moments-là, si je croisais son regard de travers, je ne m’en tirerais pas avec un seul os brisé.
Au loin, près de l’estrade, des murmures s’élevèrent. Le professeur Heisen s’y tenait. Beaucoup n’avaient même pas remarqué son arrivée. Un jeune homme qui semblait être son assistant se tenait derrière lui tandis qu’il promenait son regard sur la foule.
Bientôt, tous les regards de la clairière se tournèrent vers lui. Le professeur Heisen prit lentement la parole, l’air épuisé.
« Félicitations à tous pour votre admission à l’université. Je suis Heisen, celui qui a supervisé cet examen d’entrée. »
Ses paroles transpiraient l’épuisement et l’apathie. Après avoir regardé autour de lui un moment, il tourna les yeux vers la professeure Irian. Il la fixa brièvement, puis reprit d’une voix encore plus lasse :
« Je n’ai pas grand-chose à vous dire. À présent, vous pouvez faire ce que vous voulez à l’université. Tant que vous respectez le règlement, tout est permis. Quant au règlement de l’université… eh bien, vous le découvrirez plus tard. »
Plus il parlait, plus son visage trahissait son agacement.
« Toutes les monnaies existantes sont inutilisables. Désormais, tout se paiera en points. Il en va de même pour les résultats de cet examen. Les mieux classés recevront davantage de points, les moins bien classés, moins. »
La voix du professeur Heisen faiblit peu à peu. À la fin de sa phrase, elle était presque inaudible. Il avait l’air de considérer que continuer à parler était déjà trop lui demander.
À cet instant, le jeune homme derrière lui s’avança avec un large sourire. Le professeur Heisen le regarda et lâcha simplement :
« La suite, vous l’entendrez de ce type. »
Puis il s’enfonça dans son ombre et disparut. Il reparut bientôt à côté de nous. En se frottant les yeux, il prit la parole d’une voix fatiguée.
« Je suis revenu parce que je ne savais pas quoi ajouter. Ce type s’occupera du reste. »
En entendant cela, la professeure Irian éclata de rire. Le mécontentement qui lui emplissait le visage avait déjà disparu.
« Bonjour à tous ! »
Un grand homme écarta les bras et lança son salut. Sa voix était chargée d’une puissance magique colossale, et toute la clairière trembla sous sa résonance. Ce n’était pas un simple son. C’était une sorte de magie puissante qui imprimait sa présence dans mon âme.
« Je ne m’étendrai pas. Ce ne serait que des paroles en l’air. Je vais seulement compléter ce que le professeur Heisen a dit au sujet des points. Prenons pour exemple la première transaction, organisée pour célébrer votre admission. »
Il sortit une feuille couverte d’écriture. Le papier flottait au bout de ses doigts dans le vent.
« Les bêtes magiques que vous avez affrontées pendant l’examen ont toutes été fournies par notre organisation, la Corporation des bêtes. Vous en avez tué un grand nombre. Puisque vous avez touché à nos produits avant même de les acheter, vous devez en payer le prix. »
À ses mots, l’agitation gagna brièvement les alentours. Quel genre de vente forcée était-ce ? La professeure Irian continua de sourire, comme si la situation l’amusait.
« Nous avons réglé cette somme à l’avance pour vous tous, qui devez être bien occupés depuis votre admission ! Cela vous coûtera mille points par personne. Vous pourrez consulter cette transaction en vérifiant votre solde. À présent, veuillez accepter ceci. C’est un souvenir pour votre première transaction. »
Après ces mots, il sortit une bourse et répandit une multitude d’objets dans les airs. Elle devait être spatiale, car les objets n’en finissaient pas de déferler. J’attrapai machinalement celui qui apparut dans ma main. C’était une bague.
« Nous appelons cela un portefeuille à points. Comme il est synchronisé avec votre âme, il vous suffit d’en obtenir un nouveau si vous le perdez. Versez-y votre pouvoir magique et vous pourrez consulter votre solde ! »
Je baissai les yeux vers la bague. Un cercle magique complexe était gravé à l’intérieur de l’anneau, fait d’un minéral sombre et trouble. J’y insufflai prudemment mon pouvoir magique. La bague réagit et fit apparaître des chiffres.
--
50
--
C’était donc mon solde ? Quand je touchai le chiffre du doigt, d’autres nombres apparurent, qui semblaient détailler les transactions.
--
+1,100/Admission
-1,000/Corporation des bêtes
-50/Corporation des bêtes
--
J’avais reçu 1 100 points à titre de prime d’admission. Mais ils avaient tous disparu. Non, il avait parlé d’un souvenir, mais on m’avait aussi déduit le prix de la bague. J’en bouillais de rage.
« Tout le monde a vérifié ? C’est aussi une leçon que je vous donne. Ne faites pas trop confiance aux gens ! Puisque vous l’avez déjà activée, aucun remboursement ne sera possible. »
La clairière se remplit de mécontentement. De petits gémissements et des soupirs s’élevèrent. Pourtant, personne ne protesta. L’homme sur l’estrade était plus fort que n’importe quel nouvel étudiant ici.
« Je m’appelle Luo, directeur des relations clientèle de la Corporation des bêtes. Alors, que pensez-vous de votre première transaction ? »
Après avoir regardé la foule un instant, il éclata de rire.
« Vous avez l’air d’avoir beaucoup de réclamations. Je crois que j’ai bien résumé ce qui vous attend ici. Dans cet endroit, il vous faut de la puissance. Et il vous faut aussi des points. Voilà tout, et vous n’avez ni l’un ni l’autre. »
Il souriait en parlant, mais ses paroles étaient glaciales.
« Alors, travaillez dur pour gagner des points. Il vous en faudra pour suivre des cours et vivre. La cérémonie d’entrée prend fin ici. Bonne chance à tous pour survivre ! »
Luo s’éleva dans les airs et s’éloigna. Mais bientôt, il s’arrêta net, comme pris de court. Il revint vers nous, afficha un sourire gêné et lança :
« Ceux que la Corporation des bêtes intéresse peuvent venir à notre bureau quand ils le souhaitent. Nous avons un droit de priorité sur les nouveaux étudiants de cette année ; alors, ne vous attirez pas d’ennuis en allant voir d’autres organisations sans raison ! »
Cette fois, il s’envola sans hésiter, comme s’il avait vraiment terminé. Dès qu’il eut disparu, les gens se regardèrent, perplexes. Partout, ils erraient sans savoir quoi faire.
Les premiers à partir furent les membres des grandes familles qui avaient discuté dans le manoir de glace. Ils se regroupèrent et quittèrent la clairière. Ils avançaient d’un pas assuré et implacable, comme si rien ne pouvait leur barrer la route.
Beaucoup les observèrent un moment, puis leur emboîtèrent le pas. En voyant cela, je claquai la langue. Et si ces gens changeaient brusquement d’avis et leur volaient tous leurs points ? Comment pouvaient-ils les suivre avec une telle naïveté ? Moi, je restai où j’étais.
La professeure Irian s’étira. Un sourire s’étala sur son visage, comme si toute cette situation l’amusait beaucoup.
« Il te reste combien de points ? »
Je lui montrai ma bague. Elle la regarda et ricana.
« Hé, ils auront disparu après un seul repas. Mais je te l’ai dit, non ? À la prochaine période d’inscription, tu devras absolument t’inscrire au cours de ce type. Si tu n’y arrives pas, je te battrai à deux doigts de la mort. »
En entendant cela, le professeur Heisen rit comme la professeure Irian. Lui aussi semblait trouver la situation amusante.
« Je vais y aller, alors. À la prochaine. »
Sur ces mots, le professeur Heisen se fondit dans les ombres.
« Alors, on y va aussi ? »
La professeure me saisit avec son pouvoir magique et me souleva dans les airs. Son pouvoir nous propulsa vers le ciel en un instant. Le vent me fouetta le visage, au point qu’il m’était difficile d’ouvrir les yeux.
Tandis que nous filions ainsi, je m’efforçai d’ouvrir les yeux et aperçus le paysage de l’université.
Des montagnes.
Des dizaines, des centaines d’immenses montagnes formaient une chaîne. Elles s’élevaient si haut qu’elles semblaient vouloir transpercer le ciel, et dégageaient un puissant pouvoir magique.
Emporté dans les airs par le pouvoir magique de la professeure, je contemplai la scène, hébété. Une nature immense. Pas la moindre trace de civilisation.
L’université ne ressemblait pas à ce que j’avais imaginé.
La cérémonie d’entrée non plus.
Je ne savais pas que les points auraient autant d’importance.
J’étais encore moins préparé à les voir tous raflés dès mon arrivée.
Et j’étais encore moins préparé à voir surgir une crise qu’il me faudrait résoudre sur-le-champ.
C’était une cérémonie d’entrée mémorable, dont je me souviendrais toute ma vie.
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