Chapitre 228
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 228
──────
Debout sur la tête de la tortue, je regardai droit devant moi. Cela faisait déjà près d’une semaine que nous avions quitté la tour. Nous ne tarderions pas à arriver à destination.
Alors que je me tenais là, perdu dans mes pensées, je sentis un pouvoir magique acéré me transpercer les poumons. Je fronçai les sourcils et toussotai légèrement.
L’université comptait douze villes. Leur nombre n’avait ni augmenté ni diminué depuis très longtemps. Ces villes, qui existaient depuis l’Antiquité, avaient accompagné l’université tout au long de son histoire.
J’avais autrefois voulu en savoir plus sur leur histoire et m’étais renseigné. Mais même l’Association secrète des Abysses ignorait clairement d’où venaient ces villes.
Si même eux l’ignoraient, alors personne à l’université ne devait savoir quand ces villes avaient vu le jour. Enfin… peut-être une personne le savait-elle.
Le président, qui était réputé avoir fondé cette université.
Je secouai légèrement la tête en repensant à lui. Le rencontrer, la dernière fois, avait été une chance inespérée, dont je n’avais bénéficié que parce que j’étais aux côtés de la professeure Irian.
Je devrais probablement atteindre un royaume supérieur avant de pouvoir le revoir. Comme le président l’avait dit, il me serait sûrement impossible de le rencontrer sans être devenu professeur.
Je n’avais donc aucun moyen de découvrir les origines des villes. Je n’avais pourtant pas cessé de m’y intéresser. Les villes étaient des endroits fascinants.
Je me frottai le menton en repensant à la Cité des stalactites, par laquelle nous étions brièvement passés après avoir quitté la tour. Chaque ville avait ses particularités. La Cité des stalactites, par exemple, se trouvait sous terre et ses constructions étaient bâties à l’envers.
Je me souvenais encore très bien de mon émerveillement lorsque je l’avais découverte. Les bâtiments de la ville s’étendaient vers les profondeurs d’une immense cavité souterraine. Seule la magie les maintenait en place.
Mais on ne prolongeait plus ces bâtiments vers le bas. Ils s’arrêtaient au douzième étage.
Ce n’était pas le genre de décision que prenaient habituellement les mages, qui cherchaient toujours à optimiser les choses. Plus ils ajoutaient d’étages, plus ils pouvaient gagner de points, et ceux qui vivaient en dessous auraient encore davantage de mal à remonter.
Les responsables de la ville n’avaient aucune raison de ne pas ajouter d’étages. Pourtant, ils s’arrêtaient au douzième à cause de l’Abysse qui s’écoulait dans les profondeurs souterraines.
À force de vivre dans la ville, on finissait naturellement par en comprendre les règles. Et l’une des premières était de ne jamais descendre sous l’Abysse.
On disait que sans une force suffisante, on ne pouvait résister à la malveillance des choses qui y vivaient. Sous la ville, l’Abysse formait un courant étrange qu’on ne pouvait pas simplement qualifier de ténèbres.
J’avais passé beaucoup de temps au premier étage de la ville et rencontré son pouvoir magique ; moi aussi, j’avais senti la malveillance contenue dans l’Abysse. Ce pouvoir magique était trop trouble pour qu’un être vivant puisse l’absorber sans danger.
Et je savais très bien ce qui avait créé cet Abysse. Je l’avais appris en interrogeant la professeure Irian. Je me frottai le menton, mal à l’aise, en me rappelant ses explications.
Comme je l’avais découvert lors de ma rencontre avec le président, l’université s’était développée sur le cadavre d’un être vivant appelé la tortue. C’était pour cela qu’elle regorgeait d’une quantité phénoménale de pouvoir magique.
Le pouvoir magique représentait un potentiel de croissance. L’université était donc naturellement un lieu béni pour les mages.
Mais nous n’étions pas les seuls à profiter de ce pouvoir magique. Sous l’influence de la magie de l’université, les bêtes magiques se développaient sans fin. Et elles ne se limitaient pas aux créatures que nous croisions en nous promenant.
Je baissai les yeux vers mes mains.
Tout, dans ce monde, était susceptible de contenir du pouvoir magique. Même un petit caillou au bord de la route. C’était ça, une pierre de mana.
Si même les pierres pouvaient contenir du pouvoir magique, alors tous les êtres vivants pouvaient naturellement l’absorber et muter. Les minuscules créatures qui vivaient dans notre corps ne faisaient pas exception.
Le parasitisme était l’une des meilleures stratégies de survie de la nature. Il permettait de mener une vie confortable sans prendre de risques. D’une certaine façon, je parasitais moi aussi à moitié la professeure.
De telles relations parasitaires existaient également dans mon corps, avec les vers qu’on appelait communément des parasites. Ils pouvaient même transpercer les barrières magiques et s’infiltrer en moi.
Les mages veillaient toujours à garder leur corps dans un état optimal. Si des créatures pouvaient parasiter le corps d’un mage, il était tout à fait juste de les considérer elles aussi comme des bêtes magiques. Des parasites ordinaires n’auraient pas résisté au pouvoir magique.
Bien sûr, ces parasites ne se contentaient pas de dérober le pouvoir magique des mages. Ils traitaient plutôt le pouvoir magique extérieur et aidaient les mages à progresser davantage.
S’ils ne faisaient que nuire à leurs hôtes, les mages les auraient naturellement exterminés. Ils avaient manifestement noué une sorte de relation symbiotique. Certains, fascinés par cette méthode efficace, utilisaient même des parasites dans leur magie.
Les mages avaient de tels parasites. La tortue devait donc en avoir elle aussi. D’innombrables petites mouches avaient dû être attirées par le pouvoir magique de cette forme de vie gigantesque.
Le corps de la tortue était assez vaste pour former un continent ; ses parasites ne pouvaient donc pas être particulièrement petits. À cet égard, peut-être que la cavité souterraine occupée par la Cité des stalactites était elle aussi une trace laissée par ces parasites.
Mais la plupart d’entre eux avaient dû disparaître avec la mort de la tortue. Sa force vitale s’était éteinte et son pouvoir magique avait pourri avant de sombrer dans les profondeurs. C’était l’Abysse qui s’écoulait sous la Cité des stalactites.
Tous les parasites n’étaient pourtant pas morts. Certains survivants s’étaient adaptés au nouvel environnement en changeant de méthode. Ils s’étaient mêlés au pouvoir magique de l’Abysse en décomposition.
Ainsi, l’Abysse ne se contentait pas de s’enfoncer toujours plus profondément, tel un pouvoir magique décomposé. Devenu un habitat pour les parasites, il s’était répandu dans tout le cadavre de cette gigantesque tortue.
Je claquai doucement la langue. D’une certaine façon, le courant de l’Abysse me rappelait la mer du monde extérieur.
Les choses inconnues qui vivaient dans la mer étaient hostiles aux êtres vivants qui s’en approchaient. Le pouvoir magique marin était également trop étrange pour que les êtres vivants puissent le maîtriser. Il ressemblait un peu à celui de l’Abysse.
On pouvait tout de même combattre par la magie les choses contenues dans l’Abysse. Pourtant, personne n’y touchait à la légère. Pas même les professeurs.
La professeure Irian m’avait expliqué avec un dégoût évident que les parasites de l’Abysse étaient des animaux de compagnie élevés par le président. Élever ça comme animal de compagnie… À la hauteur de son rang, le président ne faisait décidément rien à moitié.
La Cité des stalactites se trouvait à l’intersection du courant de l’Abysse. Mais ces particularités ne se trouvaient pas uniquement dans cette ville. La Cité du Canyon, que j’avais déjà visitée, avait elle aussi beaucoup de caractère.
Je me rappelai la Cité du Canyon, qui semblait avoir été fendue par une épée géante. D’innombrables bêtes magiques s’y rassemblaient régulièrement.
Elles ne se réunissaient dans la Cité du Canyon que pour une seule raison : le lac tout au fond du canyon. Le pouvoir magique extrêmement acéré qui s’en élevait les stimulait.
J’ignorais ce qui se trouvait sous le lac. Mais ce n’était sûrement pas le pouvoir magique de l’Abysse. La Cité des stalactites avait été construite près de l’Abysse parce que les bêtes magiques le fuyaient.
Puisque les bêtes magiques s’y rassemblaient, les épéistes s’y rendaient naturellement pour s’entraîner. C’était pour cela que la Cité du Canyon en débordait.
Chacune des douze villes avait ses propres particularités. Et c’était aussi grâce à elles que ces villes pouvaient exister.
On n’avait pas bâti les villes dans de tels endroits parce que leurs particularités permettaient de progresser dans les royaumes ou offraient des occasions inespérées.
La raison était bien plus simple.
Les points.
Le coût du pouvoir magique y était bien moins élevé qu’ailleurs.
Bâtir une ville nécessitait un vaste territoire. Il fallait naturellement payer des frais d’entretien à l’administration de l’université.
Mais le pouvoir magique en surface coûtait incroyablement cher. Tout comme on vous facturait aussitôt des sommes exorbitantes pour absorber ne serait-ce qu’un peu de pouvoir magique dans les zones situées hors de la tour, les villes n’échappaient pas à la règle.
Plus l’emplacement était avantageux, plus il fallait de points. Les villes n’avaient donc d’autre choix que de s’installer dans des zones accessibles et bon marché. C’était la solution la plus efficace.
Les douze villes, dont la Cité des stalactites, pouvaient louer leur terrain à bas prix parce qu’elles avaient toutes leurs propres problèmes. Bien sûr, même à ce prix-là, elles devaient débourser des sommes astronomiques, inimaginables pour moi.
Il n’y avait qu’un seul moyen d’échapper à ces coûts liés au pouvoir magique.
Devenir professeur et posséder sa propre tour.
Bien sûr, tout le monde savait à quel point c’était difficile. Il serait peut-être plus facile de prendre le contrôle d’une ville.
Ainsi, même si les organisations qui dirigeaient les villes pouvaient changer, aucune nouvelle ville ne serait sans doute bâtie. Les pertes dépasseraient les bénéfices qu’on pourrait tirer de sa création.
En ce sens, la ville que je visitais cette fois-ci avait elle aussi un pouvoir magique particulier. Comme son nom de Cité du Mur de glace l’indiquait, un pouvoir magique d’une froideur intense l’entourait.
Je plissai les yeux tandis que le vent me mordait la peau, puis jetai un coup d’œil autour de moi.
Je vis d’énormes blocs de glace se briser sous les pattes de la tortue.
Je tendis lentement mon pouvoir magique et attrapai un morceau. Puis je sentis le pouvoir magique qu’il contenait passer de mes doigts à mon corps.
Je toussotai à nouveau.
Ce pouvoir magique inconnu n’était pas simplement froid. Il contenait aussi une sorte de contagion. Il gelait mon pouvoir magique lui-même.
L’objet que je tenais en était la preuve. Ce n’était pas un simple éclat de glace, mais un arbre. Il s’était clairement adapté à ce pouvoir magique étrange et avait pris une forme glacée.
À quoi ressemblerait une marionnette que je fabriquerais avec ça ? J’étais un peu curieux.
Bien sûr, je n’avais pas spécialement envie d’en fabriquer une. M’adapter à ce pouvoir magique ne serait pas facile.
Malgré tout, peut-être grâce à ce pouvoir magique, nous avions croisé peu de bêtes magiques pour barrer la route à la tortue. Le trajet s’était révélé plutôt agréable. Bien sûr, même si nous en avions rencontré, aucune n’aurait pu s’approcher de nous.
Je sentis à nouveau le pouvoir magique s’insinuer en moi et reniflai doucement. Quelqu’un s’approcha.
Je tournai légèrement la tête et aperçus Isabella, une tasse de thé à la main.
[Vous toussez de plus en plus, alors je vous ai préparé du thé. Je l’ai fait avec l’arbre de glace que vous tenez. Si vous en buvez, vous devriez sentir vos entrailles se réchauffer un peu.]
Isabella me tendit la tasse avec précaution. Je la pris et en humai le parfum. Le froid qui me rongeait s’atténua, ne serait-ce qu’un peu.
Oh, il y avait donc quelque chose d’aussi utile ?
Je hochai la tête, soulagé, et Isabella continua d’écrire.
[Il ne pousse que dans les environs, alors je ne pouvais vous en servir que maintenant. Les visiteurs qui venaient pour la première fois à la Cité du Mur de glace en buvaient toujours. J’ai essayé d’en refaire en me fiant à mes vieux souvenirs, et je suis heureuse que cela semble vous plaire.]
Ils faisaient du thé en faisant infuser de la glace ?
Je portai lentement le thé à mes lèvres. Je sentis alors le pouvoir magique qui y résidait s’infiltrer en moi.
Je fronçai légèrement les sourcils. La sensation que procurait le thé était vraiment étrange.
Le thé fraîchement infusé était très chaud. Pourtant, le pouvoir magique qu’il contenait était aussi froid que s’il renfermait de la glace.
Ces deux courants opposés se mêlèrent en moi et se répandirent rapidement dans tout mon corps. Bientôt, ils atteignirent l’arbre qui se dressait au milieu de ma poitrine.
Le pouvoir magique fit une fois le tour de l’arbre, puis disparut rapidement. Au même moment, je me rendis compte qu’il m’était un peu plus facile de respirer.
Ce thé était vraiment efficace.
Me sentant beaucoup mieux, je m’inclinai devant Isabella.
« Merci. Grâce à vous, Isabella, je me sens beaucoup mieux. »
[Je vous en prie. Votre bien-être fait mon bonheur, maître.]
C’était un peu exagéré de dire que cela faisait son bonheur. Je secouai légèrement la tête, gêné par ce poids, et Isabella eut un petit rire.
Isabella m’avait révélé qu’elle avait terminé le cursus de base de l’université de son vivant. Peut-être pour cette raison, elle connaissait toutes sortes de choses que j’ignorais. Elle m’aidait de temps à autre, comme elle venait de le faire.
Isabella promena lentement son regard autour de nous, puis leva son pouvoir magique et m’en enveloppa. Elle avait déployé un voile filtrant de pouvoir magique pour que je puisse rester à l’aise.
Je souris, satisfait de me sentir bien mieux. Elle était vraiment utile, à prendre elle-même les choses en main. Je me sentais mal de la faire travailler pour moi.
Quelqu’un passa alors brusquement son bras sous le mien.
« Hmm, je croyais que ce voyage ne serait qu’à nous deux. Je ne pensais pas qu’une invitée surprise se joindrait à nous. »
Un léger parfum de roses me frôla le nez.
C’était Mira, dont je reconnaissais l’odeur. Elle me tenait le bras et fixait Isabella.
Mira avait dit qu’elle allait faire un tour. Mais à en juger par la rapidité de son retour, rien ne semblait l’avoir satisfaite. Isabella croisa son regard et pencha la tête.
[Vous vous trompez. J’avais prévu ce voyage professionnel il y a plusieurs mois. Pour être exacte, Mira, c’est vous qui vous êtes jointe à nous.]
Isabella esquissa un doux sourire.
Elles se mirent à bavarder chaleureusement tout en se regardant dans les yeux. Elles se complimentaient sur leur façon de parler ou se remerciaient pour les compliments reçus.
En apparence, rien ne clochait.
Pourtant, je ne sais pourquoi, l’atmosphère qu’elles créaient me semblait plus froide encore que le pouvoir magique glacial que j’avais senti tout à l’heure.
Je sirotai mon thé tranquillement, sans me soucier de cette ambiance glaciale. C’était toujours comme ça quand elles se retrouvaient. Inutile que j’intervienne.
Si j’essayais de les arrêter sans raison, elles pourraient s’en prendre à moi. Je ne voulais pas avoir à gérer ce genre de tracas encore une fois. D’ailleurs, c’était leur façon à elles de se rapprocher.
En observant le pouvoir magique qui s’échappait d’elles tandis qu’elles discutaient, je claquai doucement la langue. Si les bêtes magiques nous évitaient ici, c’était en partie à cause de l’environnement inhabituel, mais aussi du pouvoir magique que ces deux-là dégageaient.
Même les bêtes magiques ne s’approcheraient pas facilement après avoir senti une telle magie.
Et puis, nous avions aussi ce brave animal.
Je tapotai légèrement la tête de la tortue.
Meeee !
La tortue poussa un cri qui résonna tout autour de nous. Elle avait l’air ravie. Sentant qu’elle nous indiquait que notre destination était en vue, j’empruntai ses yeux un instant.
Je distinguai alors une silhouette indistincte au-delà des montagnes.
Je fouillai dans mes vêtements et en sortis une carte. Elle confirmait que ce qui se trouvait devant nous était bien la ville. Je ne m’étais donc pas trompé.
« Nous y sommes presque. La Cité du Mur de glace est juste devant. »
Je désignai du menton la direction que regardait la tortue. Elles semblèrent elles aussi comprendre que nous approchions de la ville et tournèrent les yeux vers l’endroit indiqué.
Mira avait l’air ravie, comme si elle avait hâte de découvrir la ville. Isabella, en revanche, semblait préoccupée. En voyant son expression, je pris la parole.
« Isabella, vous êtes vraiment sûre que vous pouvez venir avec nous ? »
Ce n’était pas une question que j’aurais dû poser alors que la ville se dressait devant nous. Pourtant, le visage d’Isabella m’inquiétait un peu.
À ma question, Isabella contempla la ville et esquissa un petit sourire. Puis elle hocha lentement la tête.
[Oui. Mon absence vous causerait des difficultés, maître. En tant que responsable, je me dois de prendre les devants.]
Si elle le disait, je n’avais pas l’intention de l’en empêcher. À vrai dire, j’avais besoin de son aide pour cette affaire.
Je regardai le visage d’Isabella, légèrement assombri, puis reportai mon attention sur la ville qui se rapprochait. Ce voyage avait commencé à cause de mes marionnettes.
Au cours des cinq dernières années, les marionnettes étaient devenues plus qu’une mode dans la Cité des stalactites. Elles faisaient désormais partie de la culture et du quotidien.
Et c’était le résultat des efforts du Conseil du Peuple. Pour récupérer les pertes causées par Hwaryeong et compenser celles que je leur avais fait subir, ils avaient dû vendre des marionnettes de toutes leurs forces.
Ils en avaient donc proposé de toutes sortes. Ils avaient fabriqué des marionnettes-guides pour les nouveaux venus et cherché des moyens d’attirer aussi les clients des étages supérieurs.
Grâce à leurs bas prix et à leur côté pratique, les marionnettes s’étaient répandues dans toute la ville. Bien sûr, tout le monde ne les utilisait pas.
Les mages étaient par nature méfiants. Les marionnettistes étaient sournois, disaient-ils, et risquaient d’utiliser leurs marionnettes pour voler des informations. Même au premier étage, environ la moitié des mages se méfiaient des marionnettes et gardaient leurs distances.
Je secouai légèrement la tête. Les marionnettistes étaient sournois ? Quelle drôle de préjugé. Enfin, certains de leurs soupçons étaient fondés. Je claquai la langue en sentant les points s’accumuler dans mon arbre d’ombre.
Malgré cela, de plus en plus de gens se mirent à utiliser des marionnettes, à l’exception des méfiants. Ayant presque atteint le nombre maximal de clients, le Conseil du Peuple commença à exercer une influence considérable.
Ils faisaient de la publicité grâce aux miroirs fixés aux marionnettes, proposaient de nombreux services et se mirent à coopérer avec d’autres services de l’association marchande. De cette manière, ils récupérèrent entièrement les pertes qu’ils avaient subies auparavant.
Je me rappelai ce que Jugang m’avait dit autrefois. Il voulait guider les actions des gens à l’aide de marionnettes et en tirer d’énormes bénéfices.
Jugang avait disparu, mais ses collègues avaient réalisé le projet qu’il avait laissé derrière lui. Même s’il avait quitté l’association marchande, il devait être un peu satisfait, à présent. Je hochai doucement la tête.
Peut-être parce qu’il était devenu plus difficile de traiter avec eux qu’auparavant, Hwaryeong était également plus occupée. Si elle avait accepté ma proposition, tout cela ne serait pas arrivé. C’était vraiment dommage. Enfin, c’était son choix. Qu’y pouvais-je ?
Et tandis que les membres du Conseil du Peuple prospéraient, j’en tirais moi aussi de grands avantages. Ceux qui n’étaient pas satisfaits des marionnettes du Conseil venaient naturellement chez moi et rejoignaient ma boutique.
Ainsi, des points que je n’avais jamais gagnés auparavant commencèrent à affluer. Plus de plusieurs dizaines de milliers par mois.
Naturellement, les gens ne se pressaient pas dans les villes sans raison. Les occasions de ce genre existaient, alors chacun s’y rassemblait avec ses rêves en tête.
Bien sûr, beaucoup de gens gagnaient autant dans les villes. Koite lui-même, qui appartenait à la même association que moi, recevait plus de cent mille points pour la création d’un simple rêve.
Malgré tout, parmi ceux qui séjournaient au troisième étage comme moi, personne ne devait gagner autant. C’était très satisfaisant.
Mais je ne voulais pas m’arrêter là. Je posai une main sur ma poitrine. Je sentis alors le domaine de l’arbre d’ombre s’étendre profondément sous mon arbre.
Au cours des cinq dernières années, ce domaine n’avait cessé de s’étendre. Les trois types de marionnettes fondés sur les éléments de la vie se combinaient, rendaient le domaine plus solide et le stabilisaient même au milieu d’une croissance explosive.
Grâce aux marionnettes disséminées dans la ville, le domaine avait atteint plus du double de sa taille précédente. Et un domaine aussi vaste se révélait très utile pour mes affaires.
À l’origine, mes marionnettes ne pouvaient être utilisées qu’à proximité de la ville. Si elles s’éloignaient trop, la connexion faiblissait et elles devenaient instables.
Mais le domaine que j’avais étendu était désormais assez solidement structuré pour s’étendre au-delà de la ville. C’était le résultat des soins que j’avais consacrés au domaine de l’arbre d’ombre, plutôt qu’à ma propre cultivation.
Et mes efforts avaient porté leurs fruits. Mes marionnettes pouvaient se déplacer librement dans le domaine. Mes marionnettes-démons intérieurs pouvaient aller et venir entre la tour et la ville. Il en allait de même pour celles de mes clients.
Maintenant que mon domaine était aussi stable, mon regard se tournait naturellement vers l’extérieur. Un domaine aussi vaste me permettait de viser non seulement la Cité des stalactites, mais aussi d’autres villes.
Ce voyage faisait partie de cette expansion. S’arrêter, c’était stagner. Même si mes affaires marchaient bien pour l’instant, une crise finirait forcément par survenir.
Si je stagnais, je ne pourrais pas y faire face correctement. Si je m’arrêtais là, je ne serais finalement qu’un outil facile à manipuler. Je devais donc continuer d’avancer.
C’était ma façon de faire. Et celle de Mira aussi. Quand elle avait faim, elle dévorait. N’était-ce pas ça, le désir ? Je lui jetai un coup d’œil. Elle s’appuyait contre moi, les yeux brillants.
« Oh là là, quelle jolie ville ! Elle me plaît. »
Mira semblait conquise par la ville maintenant que nous en étions assez proches. C’était naturel. Moi aussi, je trouvais son apparence fascinante.
De près, elle incarnait parfaitement son nom de Cité du Mur de glace. Je plissai les yeux devant ses murs de glace, d’une transparence infinie.
Le pouvoir magique glacial qui emplissait les environs émanait des murs de glace. À l’intérieur de ces immenses remparts, d’innombrables personnes s’affairaient.
Ils avaient littéralement creusé la glace pour bâtir une ville à l’intérieur. Même les bâtiments étaient transparents, si bien que je pouvais voir clairement ce qui s’y trouvait. Je me frottai le menton.
« Alors, entrons. »
« Hé hé, j’ai hâte. Je devrais d’abord m’acheter des vêtements. »
Mira baissa les yeux vers elle-même. Elle semblait déjà penser à tout ce qu’elle allait découvrir en ville.
Je hochai tranquillement la tête. Mira avait travaillé dur en donnant des cours à ma place, alors j’avais l’intention de lui accorder tout ce qu’elle voudrait.
Bien sûr, nous devions d’abord nous occuper de nos affaires.
Je souris légèrement en pensant que j’allais revoir un visage familier après tout ce temps. Puis je fis avancer la tortue en direction de la ville.
Là, je tombai sur quelqu’un que je ne m’attendais pas à voir.
« Oh là là, Evron. Ça fait longtemps. »
Je clignai doucement des yeux devant cette femme au sourire chaleureux. J’avais pensé revoir quelqu’un que je connaissais, mais ce n’était pas la personne à laquelle j’avais songé.
Cette femme aux longs cheveux noirs semblait porter en elle une épaisse odeur de sang.
Comme elle venait de le dire, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vue. Pourtant, elle semblait toujours aussi avide de tuer.
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>