Chapitre 227
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 227
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Une femme vêtue d’un habit de nonne me fit un petit signe de la main. Comme les autres marionnettes qui se prélassaient près de la professeure, elle faisait partie des démons intérieurs que j’avais fait sortir de mon rêve. C’était Nun, celle à qui j’avais personnellement fait une promesse.
Depuis, j’avais fait de mon mieux pour tenir mes promesses. Une fois réveillés et confrontés au monde, ils étaient restés dans la tour ou s’étaient aventurés en ville, profitant librement de leur existence.
Certains les convoitaient aussi. Après tout, ils renfermaient le pouvoir de trésors.
Pourtant, personne n’avait osé agir selon ses désirs.
Une partie du pouvoir magique de la professeure avait été gravée en eux. Une marque qui proclamait qu’ils lui appartenaient.
Voilà pourquoi personne ne pouvait s’approcher d’eux à la légère. Quel idiot s’en prendrait à une chose appartenant à une professeure ?
Évidemment, il y avait un tel idiot dans notre tour.
Je secouai la tête en pensant à Hao. Il avait autrefois tenté de faire descendre un corps dérivé de la Hache de sang et avait fini esclave de la tour. C’était d’une stupidité inimaginable.
Mais cet acte était aussi le fruit de son esprit étrange. De même que les êtres inhumains étaient attirés par lui, lui-même était attiré par les trésors.
C’est pourquoi j’avais étudié son arbre à maintes reprises et sondé son esprit. Je voulais comprendre pourquoi Hao dégageait un parfum capable de tenter même les trésors.
Et, au cours de mes recherches, je découvris quelque chose d’étrange.
Cela se produisait quand j’explorais son monde mental à l’aide du pouvoir magique d’un trésor. Celui-ci progressait sans encombre, puis disparaissait soudainement, sans laisser la moindre trace.
Comme s’il s’était échappé quelque part.
Je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Je rendis donc visite à la professeure. Mais quand elle s’occupa de Hao, le même phénomène ne se produisit pas.
Cela n’arrivait que lorsque la professeure détournait son attention de Hao. Elle semblait l’avoir remarqué, elle aussi, et claqua la langue en disant qu’un sacré problème venait d’atterrir dans sa tour.
À son attitude, il était clair qu’elle avait compris quelque chose à propos de la particularité de Hao. Mais elle ne m’expliqua rien et se contenta de me le confier, en disant que puisque je l’avais recueilli, je n’avais qu’à m’en occuper moi-même.
Même après cela, je continuai à sonder l’esprit de Hao par curiosité, mais mes compétences ne suffisaient pas à découvrir la nature de son anomalie. Il me faudrait sans doute atteindre un royaume supérieur pour la comprendre.
C’était vraiment dommage.
Mes analyses de son esprit m’avaient tout de même appris certaines choses. Notamment à éveiller les désirs des trésors.
Les trésors étaient forcément attirés par Hao. Les démons intérieurs nés de leurs désirs le seraient donc aussi.
Il pouvait servir de catalyseur pour les tirer plus rapidement de leur sommeil.
Partant de cette idée, j’empruntai une partie de son esprit pour réveiller les démons intérieurs endormis. Ainsi, il y a trois ans, Nun, la dernière, fit son entrée dans le monde avec tous les autres démons intérieurs.
J’avais parfaitement tenu les promesses que je leur avais faites.
De quoi être fier.
Même si cela entraînait parfois des situations aussi gênantes que celle-ci.
J’adressai un sourire contrit à Nun.
« Bienvenue. Je vous ai préparé du thé, Père. »
Nun m’adressa un sourire éclatant et m’invita à la rejoindre. Je soupirai et m’approchai.
« Père ? Je vous l’ai déjà dit plusieurs fois, mais c’est un titre bien trop grand pour moi. »
J’appelais souvent mes marionnettes mes enfants. C’étaient des êtres que j’avais créés de bout en bout. Comment aurais-je pu les considérer comme des étrangers ?
De ce point de vue, Nun était pratiquement mon enfant, elle aussi. Les démons intérieurs provenaient de fragments de mon âme, et elle habitait un corps que j’avais fabriqué.
Je les considérais vraiment comme mes enfants.
Mais c’étaient aussi des êtres distincts de moi.
Je me rappelai notre première rencontre. Je les avais d’abord vus dans mon rêve.
Même alors, ils avaient déjà une forme complète. Ils avaient dévoré les désirs des trésors et s’étaient forgé une volonté propre.
Alors, que Nun m’appelle Père, c’était excessif. Comment aurais-je pu mériter un tel respect ? Je leur avais simplement donné la possibilité de sortir.
Je secouai légèrement la tête pour lui faire comprendre.
Nun prit un air un peu triste et sortit un mouchoir de ses vêtements. Puis elle se mit à tamponner le coin de ses yeux.
« Quelle tristesse. Je ne peux même pas appeler Père ainsi. Cela doit vouloir dire que je n’ai pas encore été suffisamment reconnue. »
Des larmes perlèrent dans les yeux de Nun.
Mira lui tapota doucement le dos.
« Ne t’en fais pas. Un jour, monsieur Evron te reconnaîtra. »
« Merci de me réconforter, Mère. »
Nun se blottit légèrement dans les bras de Mira.
Je les regardai toutes les deux d’un air absent. En pleurs, Nun avait l’air terriblement pitoyable.
Mais je ne clignai pas des yeux une seule fois.
Je n’y pouvais rien. J’étais déjà tombé dans le panneau plusieurs fois.
« Toutes les deux, arrêtez de plaisanter, s’il vous plaît. »
Je poussai un petit soupir et m’assis à côté d’elles. Nun me jeta un coup d’œil et rangea son mouchoir. Son visage ne gardait pas la moindre trace de sa tristesse précédente.
À la place, elle affichait une mine déçue.
Nun m’adressa un sourire malicieux. Mira arborait une expression semblable.
Comme je m’y attendais, elles étaient de mèche.
Mira hocha légèrement la tête.
« Hum, on y va ? Nous aurons bien d’autres occasions. »
D’autres occasions ? Elles comptaient clairement se moquer de moi à nouveau.
Je claquai la langue.
Nun avait grandi en se nourrissant des désirs de Mira. C’est pourquoi elle en avait de semblables et lui ressemblait aussi par le caractère. Les autres démons intérieurs présentaient la même tendance.
C’était peut-être pour cela que Nun et Mira s’alliaient souvent pour me jouer des tours. Mira était déjà bien assez difficile à gérer toute seule ; avec leur duo, je tombais souvent dans le panneau.
Mais j’avais peut-être suffisamment d’expérience, désormais. Cette fois, je pouvais laisser couler sans peine.
Je jetai un coup d’œil à Mira.
« Plus important, Mira, tu es prête ? La professeure nous a autorisés à partir, alors je compte me mettre en route aujourd’hui. »
Mira devait m’accompagner dans mon voyage vers la Cité du Mur de glace. Naturellement, elle devait se préparer elle aussi.
Mais à ma question, elle se contenta de plisser les yeux et de me fixer.
Elle semblait mécontente, comme si quelque chose la tracassait.
Elle finit par secouer légèrement la tête.
« Tu dois tenir ta promesse. »
La promesse.
Je me grattai la tête. Je savais parfaitement ce qu’elle voulait.
Depuis cinq ans, les cours se poursuivaient régulièrement dans la tour. Mira les avait assurés à ma place. Elle s’était également acquittée de ses tâches de Gardienne du Trésor.
De nombreux trésors avaient rejoint le réseau grâce aux efforts de persuasion de la Hache de sang. Naturellement, quelques incidents s’étaient aussi produits.
Mira avait parfaitement tout géré.
Pendant que je m’occupais des affaires en ville, Mira avait veillé sur la tour. Sans elle, je n’aurais jamais pu envisager de voyager aussi librement à l’extérieur.
C’est pourquoi, quand j’avais demandé à Mira de prendre en charge les cours, je lui avais fait une promesse. Une fois ceux-ci terminés, je lui accorderais tout ce qu’elle voudrait, dans la mesure de mes moyens.
Autrement dit, j’avais laissé le problème à mon moi du futur.
Et le temps avait passé jusqu’à aujourd’hui.
Les cours étaient terminés, et je devais exaucer son souhait.
Je n’avais aucune idée de ce que Mira pourrait me demander. Quelques possibilités me vinrent tout de même à l’esprit.
Par exemple, elle pourrait me demander de me laisser traîner partout par elle sous les traits d’un petit garçon, comme autrefois.
Si elle m’ordonnait de garder cette apparence pendant plusieurs années, je n’aurais d’autre choix que d’obéir. Une promesse, c’était une promesse.
Mais le souhait de Mira était tout autre que ce à quoi je m’attendais.
Tandis qu’elle me fixait, j’ouvris lentement la bouche.
« … Mira, tu es prête à partir ? »
Je toussotai légèrement : cette façon de m’adresser à elle ne me semblait toujours pas naturelle.
Mira sourit des yeux, comme si elle trouvait cela amusant, puis passa son bras sous le mien.
« Hum. Maintenant que nous nous sommes mis d’accord sur la façon de nous appeler, je crois que ce serait bien que tu me tutoies aussi. Malheureusement, gardons cela pour une prochaine fois. Si nous devenons trop proches d’un seul coup, nous risquons au contraire de nous éloigner. »
La demande de Mira était très simple.
Elle n’aimait pas que je cherche toujours à garder mes distances avec elle ; elle voulait donc que je change la façon dont je m’adressais à elle.
Selon elle, une relation progressait en commençant par se parler plus librement.
Et pourtant, Mira, elle, ne me parlait pas familièrement.
D’après elle, elle devait toujours conserver de bonnes manières. C’était soi-disant l’état d’esprit requis d’un bien appartenant à quelqu’un.
Je secouai légèrement la tête en voyant son sourire satisfait.
Qui aurait cru qu’elle ferait une demande aussi simple ? Les trésors étaient vraiment impossibles à comprendre.
Mira poursuivit :
« J’ai terminé mes préparatifs depuis longtemps. Hé hé, cela faisait un moment que je n’avais pas voyagé avec monsieur Evron. Ce sera sûrement très agréable. J’ai hâte. »
Les yeux de Mira brillèrent légèrement. Je sentais qu’elle était très intéressée.
Un voyage. On pouvait voir les choses ainsi, je supposais.
Si mes affaires ne prenaient pas trop de temps, je comptais aussi flâner tranquillement dans la ville.
Bien sûr, j’ignorais ce qui arriverait si les choses se compliquaient.
Je hochai légèrement la tête et regardai Nun. Elle sirotait son thé lorsque nos regards se croisèrent. Elle me sourit doucement des yeux.
« Tu voudrais venir avec nous, Nun ? »
« Ça ira. Comment pourrais-je m’immiscer dans le rendez-vous de Mère et Père ? Je resterai ici et vous encouragerai tous les deux. Amusez-vous bien. »
La revoilà qui m’appelait Père.
Je fronçai légèrement les sourcils. Contrairement à moi, Mira affichait un sourire ravi. Elle me regarda avec les mêmes yeux rieurs que Nun.
« Elle tient tant à nous. Monsieur Evron, que diriez-vous de faire vraiment de cette enfant la nôtre ? Cela ne me dérangerait pas. »
Mira s’appuya légèrement contre moi, l’air malicieux.
Si cela continuait, j’allais peut-être finir par accepter Nun comme mon enfant pour de bon.
Sentant le danger, je me levai à la hâte.
« Hum. Je vais inspecter l’atelier un instant. Il faut s’assurer que tout va bien avant de partir. »
« Quelle fuite ennuyeuse. »
J’ignorai autant que possible les paroles de Mira et me dirigeai vers l’immense cercle magique installé dans un coin de l’atelier.
Au milieu du cercle magique reposait un œuf gigantesque, aussi gros que mon torse.
C’était un cadeau de la professeure.
Je lui adressai un petit sourire. Je sentais le pouvoir magique s’agiter à l’intérieur de l’œuf.
Le pouvoir magique pressait les branches de l’arbre et les fragments d’âme qui s’y trouvaient, déclenchant un flux tumultueux. Sous cette pression, ils se mélangeaient lentement pour ne faire qu’un.
Une nouvelle Jeune pousse d’âme était en train de se former.
Tout cela se faisait également sous la direction de ma magie unique. Je sentis le flux de magie gravé dans ma poitrine et hochai légèrement la tête.
La magie unique n’existait qu’à l’intérieur du domaine restreint de mon arbre. C’est pourquoi il n’était pas facile de la graver dans le monde extérieur. Intervenir dans un monde déjà achevé exigeait une quantité de pouvoir équivalente.
La magie que la professeure Irian avait déployée pendant l’examen d’entrée fonctionnait ainsi.
C’était impossible pour quelqu’un d’aussi faible que moi.
J’avais donc imaginé une autre méthode.
S’il m’était impossible de graver ma magie unique dans l’œuf, alors je n’avais qu’à faire de l’œuf lui-même mon corps.
J’étais très habitué à passer d’un corps physique à un autre. Si je le modifiais comme une marionnette, ma magie unique pourrait sûrement y circuler elle aussi.
Je plantai donc les branches de mon arbre dans l’œuf et me mis à y graver des circuits.
Et au fil de ces essais et erreurs, l’œuf s’intégra à moi plus facilement que prévu.
Si je pouvais m’en occuper si aisément, c’était aussi parce que la professeure avait préparé l’œuf pour qu’il s’adapte à mon corps avant de me le donner.
Comme la professeure l’avait prévu, j’absorbai l’œuf avec succès.
Même si le résultat différait quelque peu de ce qu’elle avait imaginé.
Enfin, peu importait le chemin emprunté, du moment qu’on arrivait à destination.
Je me frottai le menton en sentant le lien entre moi et l’œuf. Chaque fois que je le regardais, une question me revenait inévitablement à l’esprit.
À qui cet œuf avait-il appartenu à l’origine ?
Au début, j’avais pensé qu’il appartenait à la professeure. C’était un dragon, et on disait que les dragons couvaient des œufs. Peut-être pouvait-il aussi exister un œuf non fécondé comme celui-ci.
De plus, le pouvoir magique qui se trouvait à l’intérieur était bien trop important pour un réceptacle sans vie. Je m’étais demandé quelle créature pouvait posséder une telle puissance, mais un œuf de dragon l’expliquait suffisamment bien.
Tous les indices désignaient la professeure.
C’est pourquoi j’avais pensé à elle.
Mais quelque chose m’échappait.
Si l’œuf lui appartenait, il aurait dû contenir son pouvoir magique, comme les écailles qu’elle m’avait données auparavant.
Pourtant, le pouvoir magique que je sentais dans l’œuf suivait un flux semblable au sien, mais différent aussi.
L’idée qu’il provenait d’elle avait quelque chose d’étrange.
Je claquai doucement la langue. La professeure Irian ne semblait pas disposée à s’expliquer ; je ne pouvais donc pas connaître avec certitude l’origine de l’œuf.
Après tout, qu’importait son origine ?
Je n’avais qu’à profiter avec gratitude du cadeau qu’elle m’avait fait.
Je hochai la tête en observant les âmes à l’intérieur de l’œuf se rassembler peu à peu.
Cet œuf continuerait à produire des Jeunes pousses d’âme. Elles traverseraient ensuite le domaine des ombres et prendraient racine dans ma fondation.
Je pourrais ainsi continuer à m’étendre régulièrement.
La transformation des âmes en marionnettes avait été un immense succès.
Cela ne laissait plus qu’une seule chose à faire.
Je jetai un regard derrière moi. Nun et Mira riaient en bavardant ensemble.
Mes oreilles me démangeaient légèrement ; elles parlaient sûrement de moi.
Je poussai un petit soupir. Chaque fois que je m’occupais d’elles, j’avais l’impression qu’elles me vidaient de mon énergie.
Mais si elles me compliquaient la vie, c’était aussi qu’elles avaient cette liberté.
Je devais donc leur en accorder davantage. C’était ce qui manquait le plus aux marionnettes que je fabriquais.
Je posai une main sur ma poitrine.
Je sentis alors les nombreuses choses qui constituaient mon domaine. Les étoiles qui ornaient l’intérieur de l’arbre des ombres étaient reliées à moi, tout comme les Jeunes pousses d’âme qui en jaillissaient.
Je disposais de trois méthodes pour créer des marionnettes.
La première était celle des marionnettes d’ombre, qui constituaient l’élément le plus important et le fondement du domaine des ombres.
J’y gravais des égos en plantant les branches de mon arbre dans leurs corps de marionnettes. Ils devenaient alors des étoiles qui remplissaient le domaine des ombres.
Plus ces étoiles s’accumulaient, plus mon domaine s’étendait.
La deuxième méthode consistait à créer les Jeunes pousses d’âme dans l’œuf devant moi. Je traitais des âmes incomplètes, leur donnant forme et vie, puis finissais par leur offrir un corps physique.
Elles grandissaient lentement en prenant pour fondation les étoiles et moi-même. Plus elles se multiplieraient, plus mon domaine s’approfondirait et plus mon royaume progresserait.
La dernière méthode était celle des marionnettes comme Nun.
Nun avait autrefois été l’un de mes démons intérieurs. Elle était née du désir d’un trésor.
On pouvait aussi appeler ce désir une orientation née d’une concentration extrême de l’esprit. Il contenait une volonté puissante de poursuivre un objectif.
C’était aussi ce qui distinguait les trésors les uns des autres.
C’était peut-être pour cela qu’il était si difficile de les percevoir dans mon domaine. Ils existaient à moitié indépendamment de moi.
Le seul que je pouvais vaguement percevoir, c’était ce petit être.
Je caressai doucement la carapace de la tortue accrochée à ma poitrine.
Meee.
Elle poussa un petit cri.
Ce petit être était lui aussi né d’un seul désir : l’amour que mes marionnettes éprouvaient pour moi. En tant qu’être qui veillait sur toutes mes marionnettes, il pouvait prendre place dans mon domaine sous la forme de la Lune.
Mais les autres marionnettes, Nun comprise, ne pouvaient pas établir un lien aussi profond avec moi. C’est pourquoi il était difficile de les trouver dans mon domaine.
Il ne faisait pourtant aucun doute qu’elles existaient à l’intérieur de mon domaine.
Elles agissaient comme des filtres, tamisant le pouvoir magique et les informations qui m’affluaient. Elles maintenaient mon domaine plus pur.
Ces trois sortes de marionnettes faisaient croître mon domaine chacune à leur manière et me soutenaient.
Elles contenaient aussi les trois éléments de la vie.
Elles partaient de points différents — le corps, l’âme et l’esprit —, mais finissaient par converger vers le point unique que j’étais.
Et, en fabriquant des marionnettes, j’en étais venu à comprendre la vie plus profondément.
Je souris légèrement en sentant le flux limpide de ma magie unique circuler dans mon arbre.
La vie était une existence qui cherchait la perfection.
C’est pourquoi les marionnettes fabriquées par des méthodes différentes comblaient peu à peu leurs lacunes grâce à ma magie unique, la Fausse Vie.
Plus je comprendrais profondément la vie et les marionnettes, plus celles-ci finiraient par ressembler à des êtres vivants.
Si je poursuivais dans cette voie, je finirais sûrement par pouvoir manier même les branches de l’arbre du professeur On.
Il était donc temps de combler ce qui me manquait.
Comme les marionnettes qui abritaient ces démons intérieurs, je devais en créer davantage à partir des désirs.
Et je savais quel était le moyen le plus simple d’y parvenir.
Il y avait bien des trésors, n’est-ce pas ?
Je n’avais qu’à leur arracher davantage de pouvoir.
Mais j’avais déjà extrait presque tout le pouvoir des trésors qui appartenaient à mon réseau. Je devais donc recruter de nouveaux trésors.
Des trésors situés au-delà du sixième étage, au septième étage.
Je hochai légèrement la tête.
Une fois ce voyage en ville terminé, je comptais monter au septième étage.
C’était dangereux, mais les occasions se présentaient souvent au milieu du danger.
Bon, je ferais mieux de me mettre en route.
Il n’y avait aucun problème avec l’œuf. Même si je partais, il continuerait sûrement à fonctionner tout seul.
Et puis, le n° 0 était là si quelque chose tournait mal. Je n’avais donc pas à m’inquiéter.
« Je te confie la tour pendant mon absence. »
Je fis un petit signe de la main au n° 0, qui était enfoncé dans les ombres près de l’œuf.
Il se redressa et se frappa la poitrine.
Il me disait de tout lui laisser.
Il avait l’air très fiable.
Je tapotai doucement la tête du n° 0. À bien y réfléchir, si j’avais fini par créer des marionnettes de cette façon, c’était entièrement grâce à ce petit être.
Je devais donc le remercier, lui aussi.
Hum. Je devrais sans doute lui rapporter un souvenir. Quelque chose qui lui ferait plaisir.
J’envoyai un peu de ma volonté à la tortue.
Il était temps de partir en ville.
Meee.
Elle poussa un cri, visiblement ravie de faire un long voyage pour la première fois depuis un moment.
J’avais hâte, moi aussi.
Ce voyage à la Cité du Mur de glace devait me permettre d’étendre encore davantage mon domaine.
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