Chapitre 21
Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 21
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La cérémonie d’entrée approchait. Une pluie fine tombait.
Mais je n’arrivais pas à m’en réjouir.
À cause du livre de magie.
Cette saloperie. Je fixai sa couverture sombre et crasseuse.
Au début, je pensais pouvoir apprendre facilement la magie. La structure était extrêmement délicate et complexe, mais les circuits et le pouvoir magique qui la composaient étaient tout à fait élémentaires.
Mais ce n’était que la façade.
Ce vieux livre de magie dissimulait une malveillance aussi immense que son âge. Chaque sort contenait des pièges. Si je réalisais le sort comme indiqué, il s’effondrait de lui-même au bout d’un moment.
Au début, je crus que je m’y prenais mal et je m’entraînai. Mais la magie ne cessait de s’effondrer. Dès que je compris qu’il y avait quelque chose de louche, je repris tout le processus depuis le début.
C’est alors que je découvris plusieurs circuits-pièges qui gâchaient la magie de cette façon. Bon sang, ils avaient caché des pièges pareils ? marmonnai-je en les corrigeant. Ça devrait aller, maintenant.
Mais non.
À peine avais-je éliminé un piège qu’un autre, relié au premier, apparaissait. Celui-ci devenait ensuite la source d’un nouveau problème. Le sort tout entier était une sorte d’immense piège.
Quand je m’en rendis compte, un désespoir accablant m’envahit. Les mages des grandes familles allaient-ils vraiment aussi loin pour protéger leur magie ?
Ces pièges avaient clairement été dissimulés pour le cas où leur magie s’échapperait ainsi à l’extérieur. Ils pouvaient les repérer, les modifier, puis enseigner correctement la magie.
Et ces pièges étaient redoutablement efficaces contre moi.
Mon projet initial, qui consistait à apprendre tous les sorts du livre, s’évanouit comme une bulle de savon. Avec un mois devant moi, je ne pouvais même pas garantir que j’apprendrais correctement un seul sort.
Je m’accrochai à quelques sorts seulement. Pendant un mois, je démontai, analysai et réappliquai chaque cercle magique, encore et encore.
Au terme de tous ces efforts, je parvins enfin à utiliser deux sorts.
J’essayai la Magie d’optimisation de l’environnement. C’était le sort que je voulais le plus apprendre. L’air autour de moi, légèrement humide à cause de la pluie, devint sec et frais en un instant.
C’était extrêmement satisfaisant. Cette magie était la mienne, réassemblée au prix d’un mois de souffrance. Elle manquait certes de la finesse du sort du livre, mais elle restait assez efficace.
Je m’empressai d’incorporer au moins les sorts que j’avais appris à Butler. Je n’avais pas terminé les devoirs de la professeure, mais je devais tout de même lui montrer que j’avais fait cet effort. Sinon, elle me battrait vraiment à mort.
Et elle m’avait bel et bien battu jusqu’à ce que je frôle la mort. C’était hier.
J’avalai ma salive devant l’escalier qui menait au deuxième étage.
Hier, alors que j’étais étendu par terre après avoir été passé à tabac, la professeure m’avait ordonné d’avoir terminé tous les préparatifs avant huit heures ce matin. Depuis, je m’activais comme un fou. Quand je vérifiai l’heure, il restait moins de cinq minutes. La professeure ne tarderait certainement pas à descendre.
La boutique était déjà vide. Je l’avais nettoyée si soigneusement qu’il ne restait pas la moindre poussière.
J’avais rangé chaque objet dans ma bourse spatiale. Je ne reviendrais pas ici avant longtemps. Peut-être même pas avant le jour de ma mort. Inutile de laisser quoi que ce soit derrière moi.
Enfin, je libérai mon pouvoir magique. Plusieurs insectes volants que j’avais installés au préalable en furent imprégnés et se mirent à tracer des cercles magiques d’explosion sur leur dos. Dès qu’ils eurent absorbé suffisamment de pouvoir magique, ils explosèrent en un instant.
L’explosion eut lieu dans l’atelier souterrain, sous terre. Le sol trembla un peu. Mais comme j’avais calculé la portée de l’explosion à l’avance, la structure en surface ne subit aucun dégât.
Ce n’est qu’à ce moment-là que je réalisai vraiment que je partais.
Je n’avais pas le choix. Je devais faire s’effondrer l’atelier. Il y avait partout des traces de mon pouvoir magique et de mes recherches. Et si quelqu’un utilisait une magie de restauration des souvenirs, ou quelque chose du genre, et mettait la main sur tous mes travaux ?
J’avais suffisamment entendu parler de tels cas. Détruire l’atelier n’était donc pas une option : c’était une nécessité.
La professeure descendit bientôt en bâillant. Butler lui arrangeait les cheveux à ses côtés. La Magie d’optimisation de l’environnement s’activa sans problème et purifia parfaitement l’air autour d’elle.
Sous les mains de Butler, elle fut bientôt impeccable. Lorsqu’elle descendit l’escalier et s’arrêta devant moi, elle était déjà parfaitement apprêtée, sans un pli.
« Haaam… Tout est prêt ? »
« Oui, j’ai entièrement vidé la boutique. »
Elle promena son regard autour d’elle. Après avoir vérifié que la boutique était vide, elle hocha la tête.
« Hmm. Alors, on y va ? »
« Oui. J’ai aussi préparé un moyen de transport. »
Je lui ouvris la porte et sortis du bâtiment. Devant celui-ci se trouvait une marionnette qui ressemblait à une tortue miniature. Elle avait à peu près la taille d’une petite carriole et attendait, aplatie au sol.
Je la guidai jusqu’à sa carapace. J’y avais installé un siège rien que pour la professeure. Elle s’adossa au dossier, conçu pour permettre de s’allonger. Je me tins droit derrière elle.
La tortue se mit à avancer. Elle allait vite et sans à-coups. Pas la moindre secousse ne se faisait sentir sur sa carapace. J’avais eu raison de soigner le confort du trajet.
Je jetai un regard en arrière. La boutique rétrécissait à vue d’œil. Adieu, mes dix années. Je reviendrai plus tard. Je me le murmurai intérieurement.
Nous atteignîmes bientôt le centre des bas-fonds. Les gens qui barraient la route virent la tortue et s’enfuirent, effrayés. Non, ils avaient sans doute fui en voyant la professeure plutôt que la tortue. Les rumeurs à son sujet n’étaient pas encore retombées.
Au loin, je vis Evan qui agitait la main. C’est vrai. Même si ce lien m’avait été imposé et que je le détestais, il n’en restait pas moins un lien. Je lui adressai un petit signe de tête en passant.
Nous suivîmes exactement le même chemin que lorsque j’étais allé passer l’examen. Bientôt, une route bien entretenue apparut. Au-delà, j’aperçus la porte de la ville.
Je dirigeai la tortue vers elle. Comme toujours, la porte était solidement fermée. Je n’avais même pas pu la franchir, sauf le jour de l’examen. Mais aujourd’hui, c’était différent.
Des soldats sortirent du poste de garde devant la porte et barrèrent le passage à la tortue.
« Arrêtez-vous. Les personnes non autorisées ne peuvent pas entrer dans la ville. »
Je descendis de la tortue et m’avançai vers eux. Puis je sortis un document de mes vêtements et le leur tendis. Les soldats posèrent les yeux dessus. Un sourire s’épanouit naturellement sur mon visage. J’avais consacré énormément de temps et d’efforts à l’obtenir.
Les soldats prirent le document et se mirent à l’examiner. Après l’avoir étudié attentivement, ils hochèrent légèrement la tête. Le passage s’ouvrit. L’un d’eux me rendit le papier avec un sourire.
« Félicitations pour votre admission, mage ! »
« Ho ho, merci. Bon courage à vous. »
Je rangeai soigneusement le document. L’université. J’allais à l’université. Ceux qui ne m’avaient même pas laissé m’approcher s’inclinaient maintenant devant moi. Était-ce donc cela, renaître ? En réussissant le concours d’entrée à l’université, j’avais abandonné mon ancienne personne.
Et maintenant ? Un étudiant à l’université. Ces mots me faisaient frémir le cœur.
La porte s’ouvrit lentement sous l’effet de la magie. Je franchis l’ouverture.
La ville était immense. Comme je l’avais déjà vu, elle était aussi très civilisée. De gigantesques bâtiments de plusieurs dizaines d’étages, bâtis grâce à la magie, projetaient leurs ombres sur le sol, tandis que les gens circulaient sans cesse entre eux. Au-dessus, des mages fendaient le ciel.
La fois où j’étais venu passer l’examen, les soldats m’avaient arrêté et je n’avais pu contempler ce spectacle que de loin. Mais à présent, j’avançais à contre-courant de la foule. Il y avait tant de monde qu’on aurait dit des fourmis. Je sentais d’innombrables regards se tourner vers la tortue à notre passage.
Cette scène réveilla les souvenirs de ma vie antérieure, et toutes sortes d’images déferlèrent dans mon esprit. Cette ville animée n’avait rien à envier à celles de mes souvenirs. Non, elle les surpassait peut-être même.
Son atmosphère n’avait rien à voir avec l’air sinistre des bas-fonds, à l’extérieur des murs. Nous nous enfonçâmes ainsi au cœur de la ville.
En son centre se dressait une immense porte. Les gens la franchissaient sans cesse. Il y avait surtout beaucoup de personnes qui avaient l’air d’être des mages. Ils sortaient de la porte de transfert et se dirigeaient naturellement vers une petite porte à côté.
Je guidai moi aussi la tortue vers cet endroit. Une minuscule porte en bois, délabrée, apparut. Les mages posaient la main dessus. Alors, la porte, jusque-là hermétiquement close, s’entrouvrait et les avalait en un instant.
J’arrêtai la tortue près de la porte.
« Nous sommes arrivés ? »
Elle avait dû sentir que la tortue s’était arrêtée, car la professeure releva la tête. Je hochai légèrement la mienne et modifiai la carapace pour qu’elle puisse descendre, en faisant apparaître un escalier qui allait jusqu’au sol. Elle se leva lentement et descendit par les marches.
« Cela faisait longtemps que je n’avais pas franchi cette porte, moi aussi. »
La professeure croisa les bras en disant cela. La tortue, qui avait terminé son travail, rentra la tête et les pattes dans sa carapace, puis secoua tout son corps.
La carapace se mit alors à rétrécir. Elle ne cessa de trembler qu’une fois assez petite pour tenir dans ma paume. Je la ramassai. Un poids incroyable s’abattit sur ma main.
Je l’avais peut-être mal réglée ?
J’injectai une grande quantité de pouvoir magique dans la tortue et réécrivis ses circuits. Ce n’est qu’alors qu’elle s’allégea un peu. J’avais encore l’impression de tenir un rocher, mais c’était mieux qu’avant.
L’une des choses que j’avais découvertes en étudiant ce fichu livre de magie, c’était un sort qui permettait de comprimer les objets.
Je me souvenais encore très bien de l’émotion qui m’avait saisi la première fois que j’avais utilisé cette magie. Personne ne se serait douté que cette minuscule tortue, assez petite pour tenir dans ma paume, avait à l’origine un corps gigantesque de plusieurs dizaines de mètres.
Je la glissai dans mes vêtements. Attirée par le pouvoir magique, la tortue entra dans la bourse spatiale. Au même instant, la magie se dissipa et son corps reprit toute sa taille. L’espace autrefois vaste de la bourse devint aussitôt exigu.
Un soupir m’échappa.
Tout le reste allait bien, mais la consommation de pouvoir magique était beaucoup trop élevée. Plus je réduisais un objet, plus la consommation augmentait de façon exponentielle. Le trajet depuis la boutique avait épuisé presque la moitié de mon pouvoir magique, et la compression venait de me vider presque complètement.
C’était la première fois que j’utilisais ce sort sur la tortue. Je ne savais pas qu’il serait si difficile à maintenir.
« Bon, on y va ? »
La professeure prit la tête et posa la main sur la porte. Celle-ci l’engloutit en un instant.
J’avalai ma salive.
À mon tour. Une fois cette porte franchie, je serais à l’université. J’appuyai mon certificat d’admission contre la porte. Le papier fondit en un instant, et la porte s’ouvrit lentement.
Plusieurs émotions se mêlaient en moi. L’impatience, l’excitation et la peur se fondaient en un sentiment que je ne parvenais pas à décrire.
La porte de l’université dont je rêvais depuis des décennies s’ouvrait devant moi. Depuis combien de temps attendais-je cet instant ? Qu’est-ce qui m’attendait de l’autre côté ?
Une puissante force d’attraction m’atteignit. Je fermai les yeux très fort. Puis, en un clin d’œil, la porte m’aspira.
Rien de particulier ne se produisit.
J’ouvris lentement les yeux.
Je me trouvais dans un autre endroit. C’était une immense clairière.
Je me tenais devant une porte installée à l’extrémité de la clairière. Elle était identique à celle que je venais de franchir.
J’allais regarder autour de moi quand une sensation étrange se répandit dans mon corps.
Non, ce n’était pas mon corps qui était étrange. C’étaient les environs. Il y avait beaucoup trop de pouvoir magique. Une quantité de pouvoir magique comme je n’en avais jamais connu emplissait l’espace autour de moi.
Ce pouvoir magique affluait sans fin dans mon corps. Mon pouvoir magique épuisé se reconstitua en un instant, et la Jeune pousse se mit à flotter dans ce fleuve de pouvoir magique, grandissant d’un segment. J’avais l’impression d’être entré dans une étendue d’eau faite de pouvoir magique.
Pendant un moment, je ne parvins plus à maîtriser mon corps et je m’agitai dans tous les sens. Puis un coup violent me frappa la tête. Quelqu’un venait de me cogner durement. Je m’étalai au sol.
Quand ma vue tremblante redevint nette, je vis le regard exaspéré de la professeure.
« Les autres reprennent vite leurs esprits. Pourquoi est-ce que toi, tu réagis comme ça ? »
« Je suis désolé… »
Même parler était difficile. Mais à un moment, mon corps se mit soudain à se sentir mieux. Un pouvoir magique venu de ma tête m’aidait à retrouver mes forces. C’était celui que la professeure avait injecté en me frappant. Je la regardai, ému.
La professeure renifla avec mépris et me frappa de nouveau à la tête. Sous la force du coup, ma tête s’enfonça dans le sol. Au même moment, une plus grande quantité de pouvoir magique de la professeure s’infiltra en moi, et ma guérison s’accéléra.
Grâce à son aide, je pus bientôt me relever. Je ne la remerciai pas. Si je rouvrais la bouche, j’avais l’impression que ma tête allait se fendre. Je me contentai donc de tousser discrètement et de m’incliner.
À la place, je regardai autour de moi.
Il y avait pas mal de gens dans le même état que moi. Ils tordaient leur corps dans tous les sens, peinant à s’adapter à ce puissant pouvoir magique.
Derrière eux se tenaient ceux qui s’étaient déjà adaptés. Ils étaient rassemblés autour d’une immense estrade, haute et située au milieu de la clairière, à discuter entre eux.
En portant le regard encore plus loin, je vis de très hautes montagnes encercler la clairière. Des dizaines de sommets l’enfermaient comme un mur.
Lorsque je repris un peu mes esprits, la professeure se mit en route. Je la suivis rapidement. Elle ne s’approcha pas de l’estrade comme les autres, mais se dirigea vers un coin. Comme si cet endroit calme et désert lui plaisait, elle me fit signe du menton.
Je compris aussitôt ce qu’elle voulait.
Je sortis de la bourse spatiale les marionnettes qu’elle utilisait. Dès qu’elles en sortirent, elles se mirent à se tordre dans tous les sens et perdirent l’équilibre.
Le pouvoir magique de cet endroit était aussi un fardeau pour elles. Je modifiai rapidement la structure de leurs circuits et les ajustai afin qu’elles puissent accepter davantage de pouvoir magique. Ce n’est qu’alors qu’elles se mirent à bouger correctement.
Je les supervisai pendant qu’elles installaient un espace réservé à la professeure.
D’abord, les marionnettes dressèrent une grande tente. Elle nous isolait des regards alentour et était ornée de magnifiques motifs d’arbres dorés, assortis à ses cheveux.
Je plaçai au centre de la tente un fauteuil doté d’un coussin moelleux. Le coussin, façonné par cette magie, prenait la forme idéale. Dès que la posture de la personne assise changeait, il s’adaptait naturellement à ses mouvements et lui assurait toujours un confort optimal.
Je disposai une petite table devant le fauteuil. De taille modeste, elle s’accordait parfaitement à la stature de la professeure et composait avec elle une harmonie délicate. J’y arrangeai soigneusement des rafraîchissements, puis plaçai les marionnettes près d’elle afin qu’elles puissent la servir à tout moment.
Au même moment, la Magie d’optimisation de l’environnement qui enveloppait la tente transforma l’air à l’intérieur. Ce petit espace ressemblait moins à un simple lieu de repos qu’à un monde à part, créé pour elle seule au milieu de cette vaste clairière.
La professeure s’assit dans le fauteuil et sourit, satisfaite. Butler versa du thé dans sa tasse. Elle en savoura l’arôme et s’enfonça profondément dans le fauteuil.
Parfait.
Je m’admirai tout en ajustant lentement la magie. Je manquais encore d’expérience avec cette Magie d’optimisation de l’environnement et je sentais une légère instabilité. Je fis de mon mieux pour la stabiliser.
Puis, à un moment, un étrange pouvoir magique se manifesta brusquement. On aurait dit qu’une impureté venait de s’introduire dans l’environnement parfait que j’avais créé.
Cela venait de mon ombre.
Mon ombre trembla, puis se mit à enfler lentement. Elle cracha alors un homme.
C’était un homme d’âge mûr, le visage marqué par la fatigue. Il me tapota l’épaule à plusieurs reprises, puis salua la professeure d’un signe de tête.
« Professeure Irian, cela faisait longtemps. »
La professeure lui jeta un coup d’œil, puis agita légèrement la main, comme si elle était contente de le voir.
« Est-ce que je peux rester ici avec vous ? Il semble qu’il nous faille attendre encore deux heures avant la cérémonie d’entrée. »
« Bien sûr. Ron, apporte une autre chaise. »
La professeure lança ces mots. Je sortis rapidement une chaise et la tendis à l’homme. Dès qu’il s’y assit, il s’affala dessus.
« Oh, qu’est-ce que c’est confortable ! »
Il jouait avec le coussin en disant cela. Butler s’approcha et posa une tasse devant lui. Puis il versa le thé, et une fleur s’épanouit dans la tasse. Sa forme était encore plus belle que la dernière fois. Comme la magie de service du livre, elle était le résultat d’un réajustement extrêmement minutieux.
« C’est lui qui l’a fait. Il s’appelle Evron. Je l’ai recueilli dehors. »
Elle me désigna. Suivant son geste, je m’inclinai silencieusement avec respect.
« Oh, c’est un étudiant qui fait sa rentrée cette année ? »
« Oui. Je lui ai enseigné quelques petites choses au cours de l’année écoulée. »
Il la regarda, surpris. C’était le genre d’expression qu’on prenait en entendant quelque chose d’étrange.
« La professeure Irian a enseigné à quelqu’un ? »
« Oui. Pourquoi ? »
« Alors, ce jeune homme est votre premier disciple, n’est-ce pas ? Vous n’avez jamais donné un seul cours jusqu’ici. »
Le visage de la professeure Irian se déforma aussitôt. Son pouvoir magique fusa vers l’homme.
Mais des ombres jaillirent du corps de celui-ci et se superposèrent, détournant sans effort le pouvoir magique. J’écarquillai les yeux. C’était la première fois que je voyais quelqu’un repousser le pouvoir magique de la professeure.
« Pas besoin d’être gênée, ah ah ah. »
« Gênée ? Comme si. Tu dis juste n’importe quoi. »
La professeure grommela. Je restai là, les mains respectueusement jointes. Je n’avais aucune intention de participer à leur conversation. Je me contentai d’améliorer la magie de la tente et de renouveler les rafraîchissements sur la table. La professeure me fit signe.
Elle me demandait d’approcher. Je m’avançai avec précaution et m’arrêtai devant la table.
« Voici le professeur Heisen. Comme tu viens de le voir, c’est un drôle de type qui aime les ombres. »
« C’est un honneur de vous rencontrer. Je m’appelle Evron. »
Je me pliai presque à angle droit pour le saluer poliment. Je sentis le pouvoir magique du professeur, qu’on appelait Heisen, effleurer mon corps. Je ne résistai pas et le laissai faire. Après avoir exploré mon corps un instant, ce pouvoir magique se retira bientôt.
« Je me demandais s’il avait quelque chose de spécial, puisque la professeure Irian l’avait recueilli, mais il n’a pas grand-chose, hein ? »
Je restai immobile sans répondre. Puisqu’il avait raison, je ne me sentais pas du tout troublé.
Je n’en étais que plus reconnaissant envers la professeure Irian. Sans elle, quelqu’un d’aussi médiocre que moi serait-il arrivé jusqu’à l’université ?
« C’est pour ça que je l’ai amené. Les élèves doués se mettent à avoir des idées stupides. »
« Oh, c’est intéressant. J’étais inquiet parce que mes élèves n’arrêtent pas de s’enfuir. Ça pourrait être une bonne méthode. »
« Pas vrai ? J’y ai vraiment bien réfléchi. »
« Je vais essayer l’année prochaine, moi aussi. »
Ils se mirent à bavarder ainsi.
Je m’éloignai de la table d’une distance convenable, tout en restant à portée. Comme on ne m’avait pas encore dit de partir, j’effaçai complètement ma présence tout en demeurant dans leur champ de vision. Après avoir longuement discuté, la professeure s’interrompit au moment où elle allait aborder un autre sujet.
« Ron, sors maintenant. »
La professeure me congédia. Je m’inclinai profondément et quittai la tente avec précaution. Une fois dehors, des ombres recouvrirent la tente, empêchant quiconque de regarder à l’intérieur. Ils avaient l’air d’avoir une conversation importante.
Dehors, tout était toujours calme, et seul le soleil brillait de tout son éclat.
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