Chapitre 184
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Surviving in the Magic Academy
Chapitre 184
──────
184.
Je regardai lentement autour de moi. Un pouvoir magique dense se déversa sous mes yeux, comme une pluie battante. Si j’avais été seul, le simple fait de le bloquer m’aurait déjà dépassé. Chaque masse de pouvoir magique était aussi immense.
Mais je n’avais pas à m’en charger moi-même. Mira me tenait dans ses bras. À chacun de ses pas, la brume ondulait autour de nous et absorbait le pouvoir magique qui tombait du ciel.
Peut-être parce que j’avais passé presque un mois dans les bras de Mira, son étreinte m’était désormais tout à fait familière. Elle me caressa la tête, puis leva les yeux vers le ciel pour vérifier la direction que nous prenions.
Nous nous tenions dans une vaste plaine. La première chose qui attira mon regard fut l’anneau de lumière suspendu dans le ciel. Mira leva les yeux vers lui et plissa les paupières.
« Oh là là, vu de si près, tu as pris du volume. »
Mira eut un petit rire. Je fixai l’anneau de lumière. Comme elle l’avait dit, son pourtour était environ vingt pour cent plus épais que la dernière fois que je l’avais vu.
Du volume, hein… C’était donc ainsi qu’un trésor le percevait ? À mes yeux, il semblait simplement plus puissant qu’avant. Cette différence de perception devait venir de l’écart de puissance entre nous.
Nous étions dans la salle des trésors où se trouvait l’Anneau du Ciel. Et cet anneau était son corps principal. Nous étions venus ici pour le rencontrer.
Mira s’avança vers l’anneau. Au milieu du pouvoir magique qui se déversait de toutes parts, seul l’espace situé juste en dessous était parfaitement paisible. Je ne sus combien de temps nous avions marché avant de sentir une volonté étrange s’insinuer dans mon esprit.
[Je suis heureux de vous revoir. J’ai l’impression que cela fait une éternité que nous ne nous sommes pas rencontrés en personne.]
Cette volonté était si puissante que mon corps trembla. L’Anneau du Ciel avait dû remarquer notre arrivée. Je baissai légèrement la tête et souris.
« Moi aussi, je suis heureux de te revoir. Tu as beaucoup grandi depuis la dernière fois. »
[Ah, ne me regarde pas. C’est seulement parce que j’ai reçu beaucoup de pouvoir magique ces derniers temps. Je fais toujours de mon mieux pour maigrir, tu sais.]
Le corps de l’Anneau du Ciel frémissait légèrement dans les airs. Du pouvoir magique s’en échappait et retombait en pluie. C’était le même pouvoir magique que celui qui avait envahi le chemin que nous avions emprunté.
Pas étonnant que le trajet jusqu’ici ait été plus difficile que d’habitude. Avait-il libéré son pouvoir magique exprès ? Tandis que je tripotais silencieusement l’anneau, je sentis la volonté de l’Anneau du Ciel parcourir mon corps.
L’augmentation de son volume signifiait que sa puissance s’était accrue. Et cette hausse était loin d’être négligeable. Si le pouvoir magique de Mira n’avait pas imprégné cet anneau, sa volonté aurait peut-être contaminé mon corps sur-le-champ.
Mon esprit n’était pas épargné. Dès l’instant où je m’étais retrouvé face à cet anneau étincelant, il m’avait attiré à lui. Sans le filet de pouvoir magique que la Professeure m’avait donné et qui maintenait fermement mon esprit, j’aurais déjà perdu connaissance.
Voilà donc ce qu’était un trésor. Sa puissance était véritablement redoutable. Comme je fronçais légèrement les sourcils, Mira me tapota doucement la tête. Elle leva les yeux vers l’Anneau du Ciel et sourit du regard.
« Pourrais-tu descendre et discuter avec nous ? Evron a beaucoup de mal. »
[Je n’y avais pas pensé. Attendez un instant, je descends tout de suite.]
L’Anneau du Ciel libéra sa volonté et vibra faiblement. Bientôt, une petite fissure apparut sur l’anneau suspendu dans les airs. Une masse lumineuse en jaillit et descendit à toute vitesse.
La chose qui s’arrêta devant nous avait la forme d’un petit anneau. Ce fragment, qui possédait la même nature que le corps principal, ressemblait à une sorte de corps secondaire.
Il pouvait donc détacher une partie de sa puissance aussi facilement. Cela me rappela que cet endroit était un domaine créé par l’Anneau du Ciel. Je contemplai, abasourdi, les ondulations du pouvoir magique qui nous entouraient.
Depuis que j’avais atteint le troisième étage, j’étais devenu plus sûr de la voie que je suivais. Cette certitude avait encore accru mon pouvoir magique. Même après cette progression, l’écart entre ma puissance et celle qui m’entourait restait inimaginablement vaste.
C’était évident. Pour ces êtres, je n’étais rien de plus qu’un insecte. La différence de puissance était absolue. Sentant mon corps se détendre, j’inclinai la tête devant le petit corps secondaire créé par l’Anneau du Ciel.
« Merci d’avoir pensé à moi. »
[Ah, je vous en prie, ne vous inclinez pas. C’est moi qui suis en tort.]
L’Anneau du Ciel secoua son corps. Je lui adressai un léger sourire. Malgré l’écrasante différence de puissance, il continuait à m’accueillir avec autant de bienveillance.
C’était aussi l’une des raisons pour lesquelles je respectais l’Anneau du Ciel. Il possédait une puissance pareille, mais ne se laissait pas aller à la cupidité comme les autres trésors.
À cet égard, on pouvait le qualifier d’être très singulier, même parmi les trésors. Sa gentillesse venait peut-être de la nature du désir qu’il nourrissait.
Contrairement aux autres trésors, il ne recherchait pas son propre bonheur, mais celui de tous. Je jetai un coup d’œil aux choses étendues sous le corps principal de l’anneau. De ce point de vue, on pouvait aussi dire qu’elles apportaient le bonheur.
Un vaste champ s’étendait sous l’anneau. Du pouvoir magique pur le parcourait, donnant à l’endroit des airs d’utopie. Peut-être était-ce pour cette raison que nombre de ses occupants dormaient profondément.
Il y avait des bêtes magiques, ainsi que des marionnettes que j’avais installées là. Au milieu du champ, j’aperçus aussi d’immenses sphères rassemblées.
C’étaient des marionnettes que j’avais fabriquées à la demande de l’Anneau du Ciel. On pouvait les considérer comme une sorte de berceau. Apparemment, dormir à l’intérieur permettait de ressentir un bonheur encore plus grand.
En ce sens, c’étaient aussi des prisons. Des prisons conçues pour les trésors. Nombre d’entre eux reposaient à l’intérieur de ces berceaux, plongés dans le confort et le bonheur qu’ils leur procuraient.
Leur nombre avait beaucoup augmenté depuis la dernière fois. Quand j’étais entré dans cette salle pour la première fois, il y avait environ huit trésors, Anneau du Ciel compris. À présent, ils étaient presque deux fois plus nombreux.
Les trésors qui occupaient ces nouvelles places avaient tous été amenés ici au cours des cinq dernières années, pendant mes cours. Quelques-uns étaient aussi arrivés durant le mois écoulé.
« Comment vont les trésors qui sont arrivés cette fois-ci ? »
À ma question, l’Anneau du Ciel fit osciller son petit corps secondaire. Je perçus chez lui une certaine gaieté. Il se mit à écrire, non pas en libérant sa volonté, mais avec des mots.
-Ils vont très bien. Certains se réveillent de temps en temps, mais finissent toujours par se laisser convaincre par le bonheur que je leur offre et se rendorment paisiblement. Les voir heureux au cœur de leurs rêves profonds me donne le sentiment d’avoir accompli quelque chose. J’ai l’impression d’être heureux, moi aussi.
« Est-ce que je peux en mettre d’autres ? »
L’Anneau du Ciel frissonna et manifesta une joie encore plus vive. En diffusant son pouvoir magique, il sembla se détendre.
-Bien sûr. Faites comme bon vous semble.
Je hochai doucement la tête. Cette prison ne présentait qu’un seul risque : l’Anneau du Ciel était-il vraiment capable de contenir les trésors comme il fallait ?
À en juger par la situation actuelle, cette limite était encore loin d’être atteinte. C’était tout naturel. Ces trésors étaient moins puissants que l’Anneau du Ciel. De plus, la Professeure avait scellé une bonne partie de leur puissance de ses propres mains.
« Alors, préviens-moi si tu as besoin de quoi que ce soit. Je m’occuperai de la plupart des choses à ta place. »
C’était une formule de politesse que j’employais souvent. Pourtant, à mes mots, l’Anneau du Ciel sembla se plonger dans ses pensées. J’écarquillai légèrement les yeux. Y avait-il un problème avec cette prison ?
-Dans ce cas, pourriez-vous empêcher les mages de faire ça ? Ces derniers temps, ils essaient même de m’offrir leur propre corps. J’ai peur qu’on m’arrache à nouveau d’ici, comme la dernière fois.
Heureusement, le problème ne venait pas de la prison. Mais il fallait tout de même s’en occuper. Je claquai légèrement la langue. Hum, les élèves faisaient donc aussi ce genre de choses.
Ces derniers temps, j’avais réduit le nombre de mes visites à la tour. Après tout, j’étais resté auprès de Mira et j’avais dû consacrer du temps à la fabrication de marionnettes. J’avais aussi été rassuré après avoir réglé le cas de tous les trésors qui faisaient des bêtises.
Ils avaient donc fait une chose pareille pendant le bref moment où j’avais relâché mon attention. Je hochai silencieusement la tête. Je comprenais que l’Anneau du Ciel se sente menacé.
Un rituel d’offrande pouvait provoquer un accident à la moindre erreur. Hao avait déjà essayé d’arracher l’Anneau du Ciel de cette façon. Or, celui-ci ne le voulait absolument pas.
Et ce n’était pas le seul problème. À travers ce rituel d’offrande, autre chose qu’un trésor pouvait ramper depuis l’espace situé au-delà de la tour.
Je me rappelai l’état de la tour à ses débuts. À l’époque, la magie était instable et il arrivait de temps à autre que l’espace se déchire, laissant surgir de l’abîme une créature inconnue.
Au cours des dix dernières années, j’avais soigneusement stabilisé l’espace afin d’éliminer ce genre d’incidents. Dans ces conditions, un rituel d’offrande de corps risquait de déformer légèrement la magie de la tour. C’était hors de question.
« Je vais agir sans tarder. Alors, ne t’inquiète pas. Anneau du Ciel, tu n’as qu’à transmettre ta puissance à qui tu veux. »
-Hum, merci. Mais je vais devoir réfléchir davantage à la personne à qui la transmettre. Aucun d’eux ne semble assez heureux.
L’Anneau du Ciel remua et parut inquiet. Enfin, ce n’était pas grave s’il ne choisissait personne. Si telle était sa décision, je la respecterais, tout simplement.
Face à lui, je compris pourquoi les élèves tentaient d’accomplir des rituels d’offrande. Presque un mois s’était écoulé depuis que j’avais donné le devoir final.
On pouvait dire qu’il leur restait encore la moitié du temps, mais aussi qu’il ne leur en restait plus que la moitié. Les élèves qui n’avaient toujours pas été choisis n’avaient donc d’autre choix que de redoubler d’efforts.
Je regardai les trésors allongés dans les berceaux. Ceux qui avaient été capturés cette fois-ci étaient le résultat de ces agissements. Ils avaient collaboré avec quelques élèves et tenté de créer des corps secondaires.
Ils avaient voulu s’enfuir par ce moyen. Ils avaient essayé d’agir en secret pendant que le devoir semait le chaos dans la tour. Mais ils s’étaient fait prendre.
Même le plan qu’ils avaient élaboré, je l’avais déjà anticipé. La tour était déjà sous mon contrôle. Je pouvais donc écraser d’avance n’importe quel projet qu’ils formaient.
Je me léchai tranquillement les lèvres. Peut-être parce que je les avais attrapés si facilement, cette affaire n’avait rien de très amusant. Du début à la fin, j’avais pratiquement tout orchestré moi-même.
À cet égard, je m’étais senti plus satisfait lorsque le Collier de dents avait monté ses plans avec autant de soin. Il m’avait certes fait subir des pertes, mais sa façon de réfléchir méritait le respect.
« Alors, passons à ce pour quoi nous sommes venus. »
-Oui, je vais ouvrir les berceaux un instant.
Je levai les yeux vers Mira. Elle m’attendait patiemment, toujours avec moi dans ses bras. Nos regards se croisèrent et elle m’adressa un léger sourire. Puis elle s’avança vers les berceaux où se trouvaient les trésors arrivés cette fois-ci.
L’Anneau du Ciel dirigea son pouvoir magique vers les berceaux. Le pouvoir qui les recouvrait se mit alors à laisser apparaître des interstices, lentement, comme si une coquille s’ouvrait.
« Attention, je t’en prie. Le pouvoir magique va beaucoup s’agiter. »
Mira me caressa doucement la tête et dispersa de la brume. Je hochai silencieusement la tête et enveloppai mon corps de pouvoir magique. Une fois qu’elle s’en fut assurée, Mira déplaça lentement la brume et la fit pénétrer dans le berceau.
La brume s’insinua près du trésor endormi et glissa lentement sur son corps. Elle commença ensuite à s’assimiler à la puissance qui l’habitait. Au cours de ce processus, comme Mira me l’avait annoncé, je sentis le pouvoir magique s’agiter violemment.
Mira, qui avait déversé la brume jusque-là, referma bientôt fermement sa main. La brume s’accéléra et enveloppa le corps du trésor. Assimilée à sa puissance, elle exerça une pression intense et lui arracha une partie de son corps.
Même après avoir perdu une partie de sa puissance, le trésor ne se réveilla pas. Il était donc plongé très profondément dans son rêve. Mira rassembla cette puissance dans la brume, la comprima autant que possible et lui donna la forme d’un cristal.
« Le voilà. »
Mira me tendit le cristal. Je m’inclinai légèrement pour la remercier, puis sortis la boîte que j’avais préparée. Je l’avais enchantée avec de nombreux sorts afin qu’elle puisse contenir cette puissance.
Lorsque je plaçai le cristal dans la boîte, plusieurs couches de sceaux se formèrent et stabilisèrent la puissance à l’intérieur. Je caressai la boîte et laissai échapper un sourire satisfait. Puisqu’ils avaient fait des bêtises, je pouvais leur arracher leur puissance de cette façon.
Avant, je devais leur tendre des pièges et leur voler leur puissance en secret. Je ne pouvais donc leur en arracher qu’une toute petite quantité. Mais ce n’était plus nécessaire. J’avais obtenu l’autorisation de la Professeure.
Je le devais à la professeure en armure qui s’était éveillée cette fois-ci. Comme Lapin, elle avait commencé à prendre racine dans la tour. Cela devait lui permettre de stabiliser davantage son corps.
Comme Lapin, cet être avait aussi le potentiel de devenir un trésor. Peut-être était-ce pour cela que la Professeure l’appréciait, elle aussi.
Peut-être parce que j’avais réussi à en créer une deuxième, elle avait fini par faire confiance à ma méthode de fabrication des marionnettes. Elle avait accepté que j’arrache leur puissance aux trésors qui avaient commis des crimes de ce genre. C’était un progrès considérable.
Mira envoya de la brume dans les autres berceaux de la même manière et en extraya des cristaux. Ravie, elle posa la main sur la broche accrochée à sa poitrine. Une fois toute la puissance extraite, elle recula lentement.
Les interstices des berceaux se refermèrent alors, et ils se mirent à émettre un pouvoir magique stable. Grâce à cette puissance, les autres démons intérieurs pourraient sûrement se réveiller bien plus vite. L’Anneau du Ciel vint flotter près de nous et remua.
-Alors, est-ce que je réveille vite le suivant ?
L’Anneau du Ciel dispersa du pouvoir magique près des trésors auxquels on venait d’arracher une partie de la puissance. Je sentis cette énergie s’enfoncer dans les berceaux et y créer un flux encore plus profond. Je hochai légèrement la tête.
« Mieux vaut finir rapidement et partir. Si nous restons ici, nous serons un poids pour toi, Anneau du Ciel. »
-Ah, pas du tout. Vous pouvez rester ici aussi longtemps que vous le voulez !
L’Anneau du Ciel s’agita, comme s’il était embarrassé. Je lui souris et haussai les épaules. Ce n’était qu’une petite plaisanterie. En réponse, l’Anneau du Ciel libéra son pouvoir magique, comme s’il boudait.
Bientôt, il prit un air renfrogné et s’approcha d’un berceau. Il se mit à y faire fondre le pouvoir magique. Je l’observai en silence.
Le pouvoir magique fondu par l’Anneau du Ciel s’insinua dans le trésor qui se trouvait à l’intérieur. Empli de ce bonheur, le trésor s’éveilla peu à peu. Bientôt, il se mit à trembler.
[Massac… rer…]
Le trésor libéra sa volonté alors qu’il était encore à moitié endormi. Le pouvoir magique qui s’en dégageait tâtonna autour de lui. Pour une raison ou une autre, il semblait incapable de reprendre ses esprits facilement. Je jetai un coup d’œil à l’Anneau du Ciel.
-Il va bientôt se réveiller. La réalité est douloureuse, après tout.
Sa volonté débordait d’assurance. Comme pour lui donner raison, le trésor reprit bientôt pleinement ses esprits. Il s’éleva dans les airs et libéra sa volonté.
[Massacre !]
Cette volonté chargée de pouvoir magique se répandit dans les environs comme une onde de choc. Je sentis la puissance contenue dans la lame rouge trancher l’espace autour de nous. Peut-être parce qu’il avait dormi tout ce temps, son pouvoir s’était quelque peu affaibli.
Je hochai silencieusement la tête. J’étais venu dans cette prison pour leur arracher de la puissance, mais j’avais également un autre objectif : escorter un trésor dont la peine d’emprisonnement était terminée. Il s’agissait du trésor devant moi, la Hache Sanglante.
La Hache Sanglante libérait du pouvoir magique. Ayant dû reprendre pleinement ses esprits, elle remua le corps d’un air menaçant. Mais elle ne tarda pas à se figer. Elle avait aperçu les trésors emprisonnés dans les berceaux autour d’elle.
J’ouvris les bras dans sa direction et souris.
« Te voilà réveillée. Alors, tes rêves de tout ce temps étaient-ils heureux ? »
-Bien sûr. J’ai fait de mon mieux pour bien m’en occuper.
L’Anneau du Ciel m’interrompit. La Hache Sanglante regarda autour d’elle comme pour comprendre la situation, puis observa la réaction de l’Anneau du Ciel. Elle semblait avoir compris aussitôt que cet endroit était un domaine créé par celui-ci.
-Ma… massacre.
Je compris qu’elle disait avoir été très heureuse. Elle exprimait sa volonté par écrit. Le trésor la libéra par bribes, complètement intimidé. C’était sans doute parce qu’il avait été ligoté dans cette prison si longtemps.
-Savoir qu’un autre trésor comprend à ce point mon bonheur me touche. Alors, que dirais-tu de rester un peu plus longtemps ? Je te montrerai un bonheur encore plus profond qu’avant.
L’Anneau du Ciel s’agita avec enthousiasme. La Hache Sanglante sursauta. Puis elle secoua violemment son corps, manifestant un refus sans équivoque.
-Ah, quel dommage.
L’Anneau du Ciel libéra du pouvoir magique, comme s’il se léchait les babines. La Hache Sanglante évita le pouvoir qu’il créait et s’approcha de nous. Je lui adressai un léger sourire.
« Tout d’abord, laisse-moi te féliciter. La Professeure t’a pardonné, Hache Sanglante. Si nous t’avons réveillée, c’est pour te ramener dans ta salle d’origine. »
-Massacre ?
Elle me demandait si c’était vrai. Je haussai les épaules. Pourquoi aurais-je pris la peine de lui mentir ?
-Massacre…
La Hache Sanglante me regarda et libéra silencieusement sa volonté. Je sentis du ressentiment en elle, comme si elle me demandait si je ne l’avais pas déjà trompée. Je plissai les yeux.
« Dans ce cas, on n’a qu’à la laisser ici. Ça ne te dérange pas de te rendormir ? »
-Massacre !
La Hache Sanglante s’écria d’urgence. Elle affirmait n’avoir jamais vu quelqu’un d’aussi honnête que moi. Je hochai la tête devant cette volonté débordante de sincérité.
-Massacre, massacre… Massacre !
C’était pratiquement une promesse de ne plus jamais quitter la tour. La Hache Sanglante se mit à me supplier de la faire sortir. D’une certaine façon, cette scène me rappelait Lapin.
Puisque Lapin était un démon intérieur issu d’elle, c’était peut-être normal. Enfin, à la voir supplier avec autant d’insistance, elle avait dû beaucoup réfléchir pendant tout ce temps. Je me caressai légèrement le menton.
J’avais aussi demandé à la Professeure de réveiller la Hache Sanglante. Il ne m’avait pas été très difficile de la convaincre. Même si la Hache Sanglante était apparue dans la tour sous la forme d’un corps secondaire, elle n’avait causé aucun incident majeur.
Elle s’était contentée d’étaler sa force devant les élèves. On pouvait donc se montrer indulgent envers elle. Et puisque j’avais également expliqué à la Professeure qu’on s’était simplement servi d’elle, c’était encore plus vrai.
Je jetai un coup d’œil au berceau où dormait le Collier de dents, celui qui s’était servi de la Hache Sanglante. Son crime était très grave. Impossible de savoir quand il serait libéré.
Cela dit, le Collier de dents ne tenait pas particulièrement au sommeil. Je claquai la langue et souris amèrement. Je l’avais déjà réveillé une fois, pour comprendre ses intentions.
Le bonheur créé par l’Anneau du Ciel anesthésiait tout. Si les trésors restaient à l’intérieur, ils finissaient forcément par devenir très dociles, comme la Hache Sanglante à présent.
Mais cette chose, elle, avait semblé satisfaite de ce bonheur. Elle disait que l’expérience d’être contaminée, cette chute, avait été intéressante. Puis elle avait ri et m’avait dit de l’appeler quand je voudrais, si j’en avais besoin.
J’avais même apprécié cette assurance. En comparaison, la Hache Sanglante avait l’esprit plutôt simple pour la puissance qu’elle possédait. Enfin, c’était aussi pour cela que je l’avais choisie autrefois.
Je fis signe à la Hache Sanglante de s’approcher. Elle vint vers moi. Je bougeai légèrement dans les bras de Mira et libérai mon pouvoir magique.
« Je vais te déplacer tout de suite. Je te prie de ne pas résister. »
Je pointai le doigt vers elle. Le pouvoir magique parcourut mon corps et se mit à onduler autour de mon doigt. Bientôt, une clé dorée apparut au bout de celui-ci. C’était l’insigne de ma fonction de gardien de l’entrepôt.
Elle libéra un pouvoir magique étrange et traça un cercle magique dans les airs. Celui-ci enveloppa la Hache Sanglante, puis un éclair de lumière jaillit et le cercle franchit l’espace en un instant.
La Hache Sanglante disparut dans le cercle magique. Une fois sa tâche accomplie, la clé se glissa de nouveau dans mon corps et s’évanouit. C’était l’une de ses fonctions : déplacer les trésors.
C’était aussi ainsi que j’avais créé cette prison. Je jetai un coup d’œil à l’Anneau du Ciel. Il flottait près du berceau que la Hache Sanglante venait de quitter. Je percevais chez lui une légère pointe de regret.
« Nous allons y aller. Je reviendrai une prochaine fois. »
Je m’inclinai devant l’Anneau du Ciel. Inutile de prolonger la discussion. Son illusion se promenait déjà dans la tour, de toute façon. Résister à l’érosion de la volonté qu’il diffusait était également épuisant.
-C’est vrai ? Vous pourrez revenir quand vous voudrez ! Ah, si vous avez besoin de bonheur, dites-le-moi. Je vous en donnerai bien plus qu’à n’importe qui d’autre, gardien de l’entrepôt.
L’Anneau du Ciel vibra lentement. Je ne percevais chez lui qu’une pure bienveillance. Je souris amèrement et secouai la tête.
« Je te remercie, mais je vais refuser. J’ai encore beaucoup de chemin à faire. »
Je jetai un coup d’œil aux trésors dans les berceaux. Ils ne résistaient à la contamination du bonheur que grâce à leur immense puissance. Si je me laissais enivrer par ce bonheur, je ne serais bientôt plus qu’une marionnette.
Un esclave ivre du bonheur créé par l’Anneau du Ciel. Pour moi, c’était inacceptable. Mais ce genre de marionnette représentait peut-être l’aboutissement ultime du bonheur auquel aspirait l’Anneau du Ciel.
Une sensation légèrement inquiétante effleura ma poitrine. L’Anneau du Ciel était un être bienveillant. Pour l’instant, il n’était animé que de bonnes intentions.
Mais l’Anneau du Ciel restait malgré tout un trésor. Il avait donc une manière de penser différente de celle des humains. Sa bienveillance ne m’aiderait pas toujours. Je devais donc faire attention à la façon dont je le traitais.
Bien sûr, il m’était utile pour le moment, alors tout allait bien. Je m’inclinai légèrement et dessinai une porte dans les airs. Puis je sortis. De nombreuses portes apparurent sous mes yeux.
« Hé hé, alors, on va retrouver notre ami ? »
Mira demanda cela en riant. Je hochai la tête. Maintenant que je l’avais libérée, il était temps de régler nos comptes. Mira me tapota la tête et se dirigea vers la porte qui menait à la Hache Sanglante.
Lorsqu’elle ouvrit la porte et entra, j’aperçus la Hache Sanglante qui agitait frénétiquement son corps en l’air. Du pouvoir magique puissant ondulait autour d’elle. Je levai les yeux vers Mira. Son corps avait peut-être suffisamment gagné en force pour qu’elle puisse supporter une telle puissance.
-Massacre !
Je souris légèrement en voyant le trésor, visiblement bouleversé d’avoir enfin été libéré. Mira s’avança vers lui. La Hache Sanglante sembla nous remarquer et tressaillit.
-Ma… massacre ?
Elle demandait ce que nous faisions là. Je lui souris de toutes mes dents. Quelle question évidente ! N’avait-elle pas encore une dette envers moi ? Je regardai lentement autour de moi.
Cette pièce était la cellule d’isolement qu’on avait préparée pour elle. C’était elle qui l’avait demandée. Plusieurs objets qu’elle avait réclamés étaient éparpillés dans la pièce. Je les avais tous achetés avec mes points.
« Nous devons faire les comptes. Les intérêts se sont accumulés pendant tout ce temps. »
La Hache Sanglante manifesta son embarras. Je ne l’avais pas réveillée simplement parce que son crime était mineur. C’était surtout à cause de la dette qu’elle avait accumulée.
À l’époque où la Hache Sanglante donnait son cours, j’avais subi de lourdes pertes en points pour l’attacher. J’avais essayé de lui arracher sa puissance. Mais, d’une façon ou d’une autre, celle-ci m’était revenue naturellement.
Je regardai la Hache Sanglante en plissant les yeux. De ce point de vue, elle ne m’avait encore remboursé aucune de ses dettes. Maintenant qu’elle était réveillée, il était temps d’en profiter.
Enfin, pour la Hache Sanglante, on pouvait aussi considérer que c’était une bonne chose. Après tout, elle avait obtenu la possibilité de sortir de la tour, comme elle l’avait tant souhaité.
---
Rejoignez notre Discord sur <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>