Chapitre 183
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Traducteur/réviseur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 183
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183.
Je promenai lentement le regard sur les étudiants. Une étrange chaleur émanait d’eux tandis qu’ils me fixaient. Mes paroles semblaient avoir profondément éveillé leurs désirs.
Ces désirs chevauchaient leur pouvoir magique et ondulaient autour d’eux. Peut-être les fantômes des trésors avaient-ils perçu ce pouvoir, car ils commencèrent à dériver parmi les étudiants. Leurs désirs semblaient plaire aux trésors.
Je comprenais leur réaction. À leur place, j’aurais réagi de la même façon. À vrai dire, au fil du cours, les étudiants avaient eu tendance à se diviser en deux groupes.
Pour achever le cursus de base et obtenir leur diplôme de l’université, ils devaient décrocher un certificat d’admission. Il en allait de même s’ils voulaient passer au cursus avancé. Or seuls dix pour cent des participants pouvaient réussir ce cours.
Dans notre cas, cela signifiait que seuls les vingt meilleurs sur deux cents réussiraient. Eux seuls pourraient repartir avec tout ce pouvoir. Telles étaient les règles de ce cours.
Dans cette optique, ce devoir n’avait peut-être pas grand intérêt pour les étudiants tout en haut du classement. Je jetai un coup d’œil à Luciella.
Comme pour prouver qu’elle appartenait à une grande famille, elle occupait la deuxième place depuis le début du cours. À l’exception de Cassian, qui n’avait reçu aucun pouvoir des trésors, elle pouvait être considérée comme l’étudiante la plus remarquable du groupe.
Les bras croisés, elle ne semblait guère intéressée par mes propos. Sa place était déjà assurée. Comme elle, les étudiants jusqu’aux environs de la dixième place étaient quasiment certains de réussir.
En dessous, en revanche, la compétition faisait rage. Les intrigues et les affrontements pour les dix places restantes allaient bon train. Leurs niveaux étant proches, la rivalité n’en était que plus intense.
C’était inévitable. Celui qui finirait vingt et unième devrait rendre tout ce pouvoir. De leur point de vue, ils devaient éviter cela à tout prix.
Voilà pourquoi les étudiants les mieux classés se battaient avec tant d’acharnement. Ils luttaient désespérément pour s’emparer des dernières places. À l’inverse, certains vivaient sans se soucier de rien.
Cette tendance était particulièrement visible chez les étudiants aux alentours de la centième place. Comme ils n’avaient même pas réussi à obtenir de territoire au troisième étage de la tour, ils étaient déjà hors course.
Ils avaient compris depuis longtemps qu’ils ne réussiraient pas de toute façon. Aussi, au lieu de se concentrer sur la compétition, ils s’investissaient bien davantage dans le développement de leur propre force.
Les étudiants un peu mieux classés faisaient de même. Tout en participant à la compétition, ils se préparaient aussi à la suite. Plutôt que de s’accrocher aux fragments de trésors, ils s’employaient avec plus d’ardeur à récolter les sous-produits qu’ils généraient.
Dans cette optique, ce devoir ne s’adressait pas aux étudiants les mieux classés. Il visait plutôt ceux qui se trouvaient loin derrière. Je voulais offrir une nouvelle possibilité à ceux qui avaient renoncé à obtenir du pouvoir.
Voilà pourquoi le devoir que je venais de présenter devait être très tentant pour la majorité des étudiants. C’était peut-être pour cela que des mains commencèrent à se lever çà et là. Ils semblaient avoir beaucoup de questions. Je souris et secouai la tête.
« Je n’ai pas encore fini de parler. Je vais d’abord tout vous expliquer, puis je répondrai à vos questions. Nous avons largement le temps, de toute façon. Comme c’est le dernier cours, nous allons prendre notre temps. »
Je patientai en silence. Les murmures s’apaisèrent bientôt. Leur pouvoir magique se calma aussi. Je jetai un coup d’œil aux fantômes des trésors au-dessus des têtes des étudiants, puis repris :
« Vous vous demandez sans doute quel genre de devoir je vais vous donner. J’avais d’abord envisagé des méthodes comme les duels. Mais si le devoir lui-même se déroule sous forme de combat, le classement déterminera les résultats. C’est pourquoi j’ai imaginé une nouvelle méthode. Ce devoir ne devrait donc pas vous demander tant de force. »
Je levai un doigt et désignai les trésors. Les étudiants suivirent mon geste du regard et contemplèrent les trésors dans les airs.
« Qu’est-ce qui a constitué le fondement de ce cours, au départ ? Les trésors. Ceux qu’ils ont choisis ont reçu du pouvoir. Les liens qui vous rattachent à eux en sont la preuve. C’est pourquoi j’ai décidé de terminer le cours de la même manière. »
Je sentis les trésors étudier attentivement les étudiants auxquels ils étaient liés. Une pointe d’enthousiasme émanait aussi d’eux. Ils comptaient manifestement satisfaire ces désirs au maximum.
« Tout ce que vous avez à faire, c’est de persuader les trésors auxquels vous êtes liés. S’ils vous autorisent à prendre leur pouvoir, celui-ci vous appartiendra naturellement. Voilà le devoir que je vous confie. »
À ces mots, les étudiants fixèrent les trésors auxquels ils étaient liés. Leurs yeux étaient traversés par un désir d’une profondeur exceptionnelle. Je laissai échapper un rire et hochai la tête.
Si les désirs des trésors et ceux des étudiants se recoupaient, leurs interactions seraient certainement nombreuses. Et ces interactions feraient sans aucun doute jaillir des points.
N’avais-je pas dit tout à l’heure que cela ne coûterait pas beaucoup de points ? C’était vrai. S’ils ne le souhaitaient pas, ils n’auraient pas besoin d’en dépenser énormément.
Mais s’ils étaient désespérés, ils devraient payer davantage. La meilleure façon de persuader les trésors était de toute évidence de leur offrir des points. Enfin, c’était à eux de choisir. Je haussai calmement les épaules.
« Vous êtes libres de les persuader comme vous le souhaitez. Mais prenez garde. Si vous enfreignez les règles de la tour et tentez d’en sortir un trésor, vous serez éliminés sur-le-champ. J’espère que vous ne gâcherez pas tous vos efforts pour un instant de cupidité. »
Je plissai les yeux en observant les étudiants. Tant d’incidents s’étaient déjà produits que de nombreuses règles avaient été instaurées. Elles seraient également transmises aux cours suivants.
Je devais donc les avertir. Je ne pouvais pas ajouter une règle de plus au tout dernier moment. Mira me tenait dans ses bras tout en observant les étudiants, puis rit doucement. Elle me caressa la tête et prit la parole.
« Même si tu leur dis ça, très peu t’écoutent. On dirait que la tour va devenir un peu bruyante, à partir de maintenant. »
Je hochai doucement la tête. Je m’y attendais déjà. Le désir d’un mage était immense, et celui d’un trésor l’était encore davantage. Si les deux s’unissaient, les accidents étaient inévitables.
Tous les cours jusque-là ne l’avaient-ils pas prouvé ? Mais, à vrai dire, ces accidents étaient une bonne chose. Il restait encore beaucoup de pouvoir à arracher aux trésors.
S’ils libéraient davantage de leur pouvoir, les marionnettes où résidait mon démon intérieur s’éveilleraient sûrement plus vite. C’était l’occasion de leur arracher légalement ce pouvoir.
Bien sûr, s’ils avaient un tant soit peu de jugeote, ils ne tomberaient pas dans un piège aussi simple. J’observai les trésors qui interagissaient avec les étudiants. Ces choses avaient déjà bien souffert entre mes mains.
Sur les cinquante et un trésors, aucun n’avait échappé à mon arrachage de pouvoir. Au fil de ce processus, plusieurs avaient fini par dormir dans la chambre de l’Anneau du Ciel. C’était aussi une sorte de filtre.
Un filtre destiné à déterminer si ces trésors pourraient coopérer avec moi à l’avenir. En ce sens, ce devoir pouvait être considéré comme une épreuve non seulement pour les étudiants, mais aussi pour les trésors.
Je croisai tranquillement les bras. Ce cursus était terminé, mais cela ne signifiait pas que tous les cours prenaient fin. Les cours dans la tour allaient manifestement se poursuivre.
Je devais donc classer les trésors en détail. Il me fallait mieux cerner les tendances de ces entités imprévisibles. Quelle malveillance abritaient-elles ? C’était l’occasion de le découvrir.
Si elles échouaient à cette épreuve et cédaient de nouveau à la tentation du moment en essayant de quitter la tour, je n’aurais d’autre choix que de les emprisonner. Si elles restaient là, ivres de bonheur, leurs pensées finiraient bien par changer.
— Ah, ton regard est pesant.
L’Anneau du Ciel, maître de la prison, s’était approché de moi à un moment donné et frissonnait. Il semblait être venu se réfugier auprès de moi pour échapper aux regards des étudiants. L’Anneau du Ciel se cacha derrière moi.
Quand je promenai le regard autour de moi, je ne rencontrai que des regards brûlants dirigés vers l’Anneau du Ciel. Je comprenais pourquoi ils le regardaient ainsi. Rares étaient les choses aussi utiles que son pouvoir.
Le bonheur que l’Anneau du Ciel dispensait n’était pas différent d’une forme de lavage de cerveau. Et ce pouvoir était très utile pour apprivoiser les bêtes magiques. Puisqu’on s’en était même servi pour créer un élevage de bêtes magiques, il n’existait pas de meilleur moyen de gagner des points.
De plus, ceux que l’Anneau du Ciel choisissait portaient le malheur en eux. La plupart des gens affligés par ce genre de malheur venaient des étages inférieurs, et beaucoup manquaient aussi de talent.
Voilà pourquoi, pour ceux qui étaient avides de points et d’occasions, obtenir le pouvoir de l’Anneau du Ciel était indispensable à leur avenir. Ils lui adressaient donc tout naturellement des regards désespérés.
« Essaie de tenir encore un peu. »
Sur ces mots, je jetai un coup d’œil à Mira. Comprenant le signal, elle sourit malicieusement et poussa le fantôme de l’Anneau du Ciel vers les étudiants. Je haussai légèrement les épaules. Il n’avait qu’à tenir environ deux mois, comme moi.
— Hum, ça ne me dérangerait pas de tout disperser… Mais puisque le gardien de l’entrepôt m’a demandé de choisir avec le plus grand soin possible, je vais essayer.
L’Anneau du Ciel traversa les airs, son corps lumineux affaissé. Ce devoir ne semblait guère l’intéresser. C’était inévitable : le pouvoir que les étudiants cherchaient à obtenir ne l’intéressait pas.
L’Anneau du Ciel aspirait le pouvoir des trésors endormis sous ce bonheur. Peut-être était-ce pour cela que le pouvoir que je sentais émaner de lui avait augmenté. Même la professeure avait approuvé cette progression d’un signe de tête.
Si je traitais l’Anneau du Ciel avec tant d’égards, c’était parce qu’il était l’une des rares entités amicales parmi les trésors. Il m’avait témoigné de la bienveillance le premier, et je le lui avais rendu. C’était pour cela que je ne pensais pas qu’il me trahirait.
Pourquoi l’Anneau du Ciel me trahirait-il ? Je déposais régulièrement de nouveaux aliments dans sa chambre. Il en allait de même pour cette affaire. S’il continuait à coopérer avec moi, son pouvoir ne cesserait sûrement de croître.
Je regardai les étudiants. Ils essayaient déjà d’interagir avec les trésors. Je toussotai légèrement pour attirer leur attention. Dans le même temps, le pouvoir magique qui émanait de moi attira leurs regards.
« Comme je vous l’ai dit, ce devoir se poursuivra jusqu’à la fin du cours, dans deux mois. Je compte également arrêter le classement des étudiants admis à l’issue de ce devoir. Pendant ce temps, vous êtes libres d’employer les méthodes que vous voulez. Alors, donnez-vous encore un peu de mal. C’est aussi une occasion que je vous offre. »
J’inclinai doucement la tête. Tout ce que je venais de dire venait du fond du cœur. Je fis face aux étudiants avec un sourire. Dès que je dis : « Je vais maintenant répondre à vos questions », les mains se levèrent à la hâte.
Cela signifiait qu’ils avaient autant de questions sur ce devoir. Je devais donc leur apporter des réponses irréprochables. Ainsi, je pris soin de répondre à chacune d’elles.
Après ces questions, le cours du jour prit fin. Ce fut aussi le moment où s’achevèrent les cinq dernières années de ce cursus. Un léger sentiment d’accomplissement m’envahit, et je souris.
Tout ce processus fut également transmis à la professeure Irian.
« Alors, c’est ainsi que ça s’est terminé. »
« Oui. Je vais maintenant préparer le prochain cours. »
J’inclinai doucement la tête. Une chaude lumière du soleil pénétrait par la grande fenêtre. Je sentais ce pouvoir magique persister sur la table, où il diffusait une douce lueur.
Un léger cliquetis me parvint. Quand je relevai la tête, je vis la professeure piquer la viande dans son assiette avec une fourchette. J’étais venu la voir pendant le déjeuner.
En la regardant porter la viande à sa bouche, je ne pus m’empêcher de froncer légèrement les sourcils. Le plat que j’avais préparé aujourd’hui ne me plaisait pas du tout. Je baissai silencieusement les yeux.
Mes bras et mes jambes courtes entrèrent dans mon champ de vision. Je secouai légèrement la tête. Comme je m’y attendais, je n’aimais pas ce corps. J’étais si malhabile que cuisiner m’avait paru atrocement difficile.
Je tripotai discrètement le couteau caché dans mes vêtements. Le pouvoir magique caractéristique de la professeure s’en échappait. Sans son aide, je n’aurais peut-être pas réussi à préparer ce plat.
J’avais tout de même réussi à cuisiner en empruntant le pouvoir de l’outil, mais le résultat ne me satisfaisait pas. C’était normal : j’avais dû simplifier le processus bien davantage que prévu.
Je jetai un coup d’œil au visage de la professeure. Elle avait l’air plutôt satisfaite. Je pus ainsi pousser au moins un petit soupir de soulagement. Heureusement qu’elle était contente.
La professeure mâchait, les joues pleines. Tout en savourant son repas, elle se plongea dans ses pensées. Je lui avais déjà tout expliqué sur la façon dont j’avais dirigé le cours.
Même si j’étais responsable du cours, la propriétaire de la tour restait la professeure Irian. Je devais donc aussi lui en rendre compte. Elle avala d’un coup ce qu’elle mâchait et s’essuya la bouche.
« Il y a une chose que je ne comprends pas bien, cependant. Pourquoi leur avoir donné un devoir final ? Tu aurais pu simplement les laisser partir, non ? »
La professeure fronça légèrement les sourcils en s’essuyant la bouche. Je me grattai discrètement la tête. Ce qu’elle disait était tout à fait raisonnable. Pour quelqu’un qui dirigeait un cours, s’occuper des vingt meilleurs aurait déjà suffi.
À vrai dire, du point de vue de la professeure, le simple fait de mettre l’espace de la tour à disposition pouvait déjà passer pour une concession majeure. Pourtant, j’étais maintenant en train de répandre encore davantage le pouvoir des trésors par l’intermédiaire d’un devoir. Quel que soit l’angle, c’était clairement une perte.
Mais je ne voulais pas m’accrocher aux bénéfices à court terme. Je secouai la tête et croisai le regard de la professeure.
« C’est un investissement pour l’avenir. »
La professeure pencha la tête. Je jetai un coup d’œil au miroir placé devant elle. Le grand miroir qui flottait devant la table montrait la tour.
À l’intérieur, les étudiants discutaient avec les fantômes des trésors qui erraient dans la tour. Pendant toute la durée du devoir, les fantômes parcourraient ainsi les lieux.
« Si l’on ne considère que ce cours, c’est une perte. Mais je veux que notre tour, et ce cours, deviennent des endroits que tout le monde nous envie. Ce sera une première étape. »
Je fermai les yeux et repensai au moment où j’avais lancé le cours dans la tour. À l’époque, j’avais vendu une place pour trois mille points. C’était une somme énorme pour moi. Grâce à cette aide, j’avais pu suivre le cours du professeur Heisen.
Si je n’avais pas exploré le potentiel de l’ombre à cette occasion, je ne serais certainement pas celui que j’étais aujourd’hui. Voilà pourquoi j’avais toujours été reconnaissant au professeur Heisen.
Mais, indépendamment de ce cours, il était évident que trois mille points ne représentaient plus pour moi une somme si difficile à obtenir. Je le devais au système que j’avais mis au point pendant dix ans pour gagner des points dans cette tour.
Une fois que j’aurais étendu ce territoire jusqu’à la ville, les points afflueraient encore davantage. Les points obtenus en vendant des places ne me rapportaient donc plus grand-chose. Ils n’étaient plus qu’un score de base.
La vente des places pour ce cours s’était passée de la même manière. Comme le premier cursus, la Chasse au trésor, avait reçu beaucoup de mauvaises critiques, j’avais obtenu presque autant de points qu’avant.
Ce cours était le résultat de nombreuses améliorations apportées à la lumière de ces critiques. Il était donc naturel que les avis soient bons cette fois. Mais je ne pouvais pas m’en contenter.
Une idée m’était venue pendant que je dirigeais ce cours. J’arrivais déjà à m’occuper de deux cents personnes. Pourquoi ne pas augmenter encore ce nombre ? Cela favoriserait davantage ma progression.
Plus les étudiants interagissaient avec les trésors, plus les informations et le pouvoir magique qui en découlaient imprégneraient directement mes marionnettes. C’était dans cette direction que je développais mon territoire et mon arbre.
Plus ils seraient nombreux et plus leur niveau serait élevé, mieux ce serait. Pour attirer ce genre de personnes, je devais donc développer davantage le cours.
C’était une première étape dans cette direction. Si les participants étaient nombreux à ressortir profondément satisfaits du cours, la note qu’ils laisseraient dans leurs avis grimperait sûrement aussi. Et si j’obtenais de meilleures notes, les personnes talentueuses viendraient naturellement.
Un cours à la hauteur de la dignité de la professeure finirait par voir le jour. Et si je répétais ce travail encore et encore, la note attribuée au cours grimperait aussi. Je claquai légèrement la langue.
Bien sûr, je n’avais pas que des idées aussi calculatrices. C’était aussi une marque de respect envers les étudiants qui avaient suivi mon cours. J’ouvris les yeux et regardai le miroir. J’y vis les étudiants s’approcher des trésors et discuter avec eux.
Ils avaient contribué à ma progression. Sans leur aide, je n’aurais jamais pu atteindre le troisième étage. En ce sens, j’avais une petite dette envers eux.
Ne devais-je pas, à mon tour, leur offrir une occasion ? C’était aussi avec cette idée que j’avais créé ce devoir.
J’ignorais combien d’entre eux parviendraient à persuader les trésors. Ceux-ci étaient eux aussi sensibles à leur propre pouvoir. Pour l’obtenir, les étudiants devraient leur garantir des avantages plus importants.
Mais en leur offrant cette occasion, j’avais fait ma part. Ils le comprendraient sûrement aussi. Je me caressai le menton et souris.
Enfin, selon le point de vue, on pouvait aussi appeler cela du calcul. Si je gagnais leur bienveillance, mon influence grandirait. C’était précisément ce que je voulais.
Ils seraient aussi mes clients à l’avenir. Une fois le cours terminé, je commencerais à faire des affaires en ville, et ils seraient à l’origine du bouche-à-oreille. Comment aurais-je pu mal traiter de tels clients ?
Voilà pourquoi cette petite perte valait la peine d’être acceptée.
La professeure plissa les yeux en me regardant. Elle semblait avoir rapidement compris le fil de mes pensées. Elle claqua doucement la langue et secoua la tête.
Mais la professeure ne me reprocha pas particulièrement mes actes. Elle mit simplement un autre morceau de viande dans sa bouche et en savoura tranquillement le goût. Après avoir observé un moment l’image dans le miroir, elle parla.
« Fais comme tu veux. C’est moi qui t’ai confié ce cours. Comme je te l’ai dit, tant que tu empêches les trésors de s’échapper, je me fiche de ce que tu fais. »
Elle me faisait donc confiance à ce point. Un peu ému, j’inclinai profondément la tête. Puis je renouvelai ma promesse : si la professeure m’accordait une telle confiance, je devais la mériter.
La professeure prit encore quelques morceaux de viande et vida proprement son assiette. Elle posa sa fourchette et laissa échapper un rire satisfait.
« Hum, c’est bon aussi, aujourd’hui. »
La professeure se tapota le ventre. Le repas du jour était terminé. Je lui tendis aussitôt une tasse de thé. Même si elle aimait le plat, je n’étais pas satisfait de ce que j’avais préparé.
Je devais donc au moins faire de mon mieux pour les rafraîchissements. Ce thé avait été infusé avec de l’essence spirituelle qui coûtait cinq mille points la pièce. Son parfum emplit la pièce.
La professeure accepta la tasse et sourit. Le parfum semblait lui plaire. Je m’approchai prudemment d’elle.
« Puis-je vous coiffer ? »
La professeure me jeta un coup d’œil, puis acquiesça. Je créai un appui avec mon pouvoir magique, puis me déplaçai lentement derrière elle.
« Excusez-moi un instant. »
Je sortis un peigne de mes vêtements et lui brossai les cheveux. La professeure s’abandonna tout naturellement à mes mains et sirota son thé.
Je ris doucement. Je n’aimais pas mon apparence immature, mais elle avait au moins un avantage : elle me permettait de l’approcher plus facilement.
Mon immaturité avait-elle atténué sa méfiance ? Je ne pouvais pas en être certain. Quoi qu’il en soit, j’étais heureux de m’être ainsi un peu rapproché d’elle.
Tout en arrangeant ses cheveux, j’insufflai délicatement du pouvoir magique dans le peigne. Ses cheveux prirent un éclat soyeux. Je devais prendre soin de cette perfection et la rendre encore plus belle.
Ensuite, le temps passa vite. Et, comme je m’y attendais, quelques incidents se produisirent entre-temps. Plusieurs trésors finirent encastrés dans la prison. Ils n’avaient pas réussi à résister à leurs désirs.
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