Chapitre 18
WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Coughing Baby
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 18
──────
Les sangliers épineux affluaient sans relâche, jour et nuit.
Pourtant, à ma grande surprise, aucune bête magique plus puissante ne vint les dépasser. Il n’y avait que davantage de ces mêmes créatures. Beaucoup, beaucoup plus. En réaction, je continuai de simplifier le labyrinthe. La tortue ne se contentait plus de réparer ses blessures : elle se mit à comprimer dans sa carapace davantage de pouvoir magique qu’auparavant.
Le labyrinthe gagna en stabilité et je finis peu à peu par retrouver un peu de répit. Le véritable problème devint alors l’élimination de cette quantité colossale de cadavres. Les marionnettes traînaient les dépouilles des bêtes magiques à l’extérieur, mais des dizaines de milliers avaient déjà péri, et la montagne de corps formait désormais un rempart géant à elle seule.
Pour quelqu’un comme moi, qui voulait maîtriser librement le labyrinthe, c’était un sérieux obstacle. Je trouvai une solution en étudiant les épines des sangliers. Si les cadavres me gênaient, il me suffisait de les utiliser.
Je me mis à créer des marionnettes dont les corps étaient constitués des dépouilles des sangliers épineux. Leurs épines formaient le noyau. Ces corps instables étaient si explosifs qu’ils pouvaient détoner même sans qu’on y touche, mais c’était justement ce qui me plaisait.
Les marionnettes se jetaient sur les sangliers qui fonçaient vers elles et déclenchaient d’immenses explosions. Elles étaient d’une ampleur bien supérieure à celle de la magie explosive que j’utilisais d’ordinaire. Je souris, satisfait.
Une fois chaque processus ainsi stabilisé, tout se déroula sans accroc jusqu’au sixième jour. Je ne savais pas si l’on pouvait qualifier de sans accroc le fait de combattre constamment des bêtes magiques, mais, quoi qu’il en soit, c’est ainsi que les choses se passèrent.
Ce ne fut que le septième jour que la situation commença enfin à changer.
Les marionnettes parties loin de la montagne pour poursuivre leurs reconnaissances se mirent soudain à se briser. Lorsque le réseau de surveillance que j’avais mis en place commença à s’effondrer, je m’empressai d’en chercher la cause. D’immenses faucons fondaient du ciel et fracassaient les marionnettes dissimulées dans les arbres.
Ils passaient à toute vitesse, écrasant les marionnettes sous leur taille gigantesque et les réduisant en morceaux. Des bêtes magiques volantes, et qui plus est puissantes : mes marionnettes n’avaient aucune chance contre elles. Je ne pus que sentir, impuissant, les marionnettes dispersées dans la forêt et sur la montagne disparaître les unes après les autres.
Et les faucons n’étaient pas les seuls. D’autres bêtes magiques apparurent dans la forêt. Des loups au pelage aussi tranchant que des lames et des cerfs couverts d’une armure de fer de la tête aux pieds. Ces créatures, plus grandes et dotées d’un pouvoir magique supérieur à celui des sangliers épineux, approchaient en dégageant une pression écrasante.
L’apparition de ces trois espèces de bêtes magiques compliqua la situation sur la montagne.
Parmi elles, les faucons géants ne m’inquiétaient pas du tout. Ils volaient en groupes et ne visaient que le sommet. Je n’avais ni les moyens ni l’intention de m’occuper d’eux. Je les ignorai complètement.
Mon labyrinthe avait été conçu uniquement pour contrer les bêtes magiques terrestres, et ces créatures volantes étaient destinées à se faire déchiqueter par la barrière de vent de Hongryeong. Comme Hongryeong connaissait la structure de mon labyrinthe, il s’en occuperait sans difficulté.
Les loups-lames, eux, étaient différents. Ils ne se jetaient pas dans l’étreinte de la tortue comme les sangliers. Au milieu de cet immense flux, ils coopéraient et tentaient de s’échapper du labyrinthe lui-même, tout en dissimulant complètement leurs intentions.
Contrairement aux sangliers épineux, qui fonçaient tout droit, ils observaient les alentours et déployaient leurs propres tactiques.
Puis, au moment où je modifiai la structure du labyrinthe, ils rassemblèrent leurs forces, percèrent un mur et jaillirent à l’extérieur. Je ne compris ce qui se passait qu’une fois le mal fait.
Je compris trop tard leurs mouvements et me concentrai davantage.
Ils traversèrent l’endroit où s’étaient entassés les cadavres de sangliers, puis fondirent droit sur moi. Leurs yeux brillaient de détermination et de férocité. Face à cette menace soudaine et violente, je reculai.
« Bon sang, j’ai baissé ma garde. »
J’activai précipitamment la barrière défensive. Au moment où la magie de protection que j’avais préparée m’enveloppa, un loup-lame percuta la barrière de plein fouet. Un choc terrible la secoua et me projeta en arrière.
Ce coup d’une puissance monstrueuse détruisit la moitié de la barrière. Bon sang, j’aurais dû penser à ma sécurité avant tout. J’avais baissé ma garde parce que tout se passait trop bien. Leur intelligence et leurs mouvements dépassaient de loin mes prévisions.
Je renforçai sans cesse la barrière pour repousser leurs attaques. Avant même que j’aie pu reprendre mon souffle, d’autres bêtes magiques commencèrent à s’engouffrer par la brèche. Le flux du labyrinthe, que j’avais ajusté avec tant de précision, se désorganisa et les bêtes magiques se ruèrent vers ma barrière défensive.
À cet instant, tout le labyrinthe grinça. On aurait dit que l’immense structure entière allait s’écrouler.
Les cerfs cuirassés étaient au cœur de l’assaut. Si les sangliers provoquaient des chocs en se faisant exploser, les cerfs, eux, élargissaient directement la brèche grâce à leurs corps robustes. Ils chargeaient le mur, des sangliers empalés sur leurs bois.
Sous la violence de cet impact, bien au-delà de mes attentes, le mur commença à s’effondrer.
« Non… ! »
Le désespoir me submergea. Mais il ne dura qu’un instant. J’évaluai calmement la situation et distinguai ce que je pouvais faire de ce qui m’était impossible. Sauver tout le labyrinthe était hors de question. Je devais d’abord protéger les sections les plus importantes, réduire la structure du labyrinthe au minimum et reprendre la situation en main.
Je donnai aussitôt l’ordre aux marionnettes kamikazes qui attendaient en réserve.
Les marionnettes réagirent rapidement. Des centaines, puis des milliers d’entre elles se ruèrent à l’aveuglette vers la brèche du labyrinthe et foncèrent droit sur la horde de bêtes magiques. D’innombrables explosions éclatèrent au milieu d’elles. Cela me ferait gagner un peu de temps.
Je profitai de cette brève ouverture pour déplacer la tortue. À l’origine, je l’avais placée à l’endroit idéal pour éviter une surcharge du labyrinthe, mais je n’avais plus le temps de m’en soucier. La tortue traversa le labyrinthe en l’écrasant sur son passage et se dirigea vers le mur éventré.
Alors que je mobilisais chaque nerf pour manier la magie, mon instinct m’alerta.
Au même moment, une ombre commença à me recouvrir. Le ciel. Une partie de la barrière était faible. Un groupe de loups-lames prit appui sur le dos des cerfs cuirassés et se précipita vers ce point vulnérable. Sous leurs griffes, une partie de la barrière vola en éclats.
« Bon sang, les salauds ! »
Je réparai rapidement la barrière, mais plusieurs loups-lames étaient déjà tombés à l’intérieur. Autour de moi, il ne restait ni marionnettes ni barrières.
Ils foncèrent droit sur moi. Je superposai précipitamment les circuits et traçai un cercle magique. Je n’avais pas assez de temps pour déployer un bouclier défensif. Au moment où une énorme griffe s’abattit sur moi, j’activai la magie à toute vitesse.
« Explose ! »
Le cercle magique explosa et repoussa l’air alentour. La déflagration fit reculer les loups, mais seulement un instant. Ils bondirent de nouveau. Leurs griffes m’ouvrirent profondément le flanc et mes intestins se répandirent au-dehors.
J’encaissai la douleur et rassemblai de nouveau la magie. Encore une explosion. Avant qu’ils ne puissent se jeter sur moi, je l’activai rapidement. Cette fois, elle ne les visait pas. L’explosion était dirigée contre moi.
« Kuhak ! »
Le choc de l’explosion me donna l’impression que tout mon corps s’était brisé. Mais je m’en servis pour m’envoler au loin. Une distance suffisante me sépara des loups-lames.
J’avalai mon sang et tissai rapidement un sort. La magie défensive s’empila, couche après couche, et une barrière plus solide qu’auparavant commença à se former. Les loups-lames s’acharnaient à frapper la protection, mais je déversai tout mon pouvoir magique et lançai encore davantage de sorts.
Au milieu de cette crise, la tortue finit par arriver. Elle écrasa tout sur son passage et boucha la brèche avec son corps. Ce n’est qu’alors que je pus respirer. En voyant les loups-lames hésiter devant la tortue, mes yeux s’illuminèrent.
« À mon tour, bande d’enfoirés. »
Comme aucune nouvelle bête magique ne venait grossir leurs rangs, les marionnettes se mirent rapidement à nettoyer les environs. Après une série d’explosions, la plupart des bêtes magiques s’effondrèrent. Il ne resta que des loups qui fuyaient dans toutes les directions pour sauver leur peau.
Je vais faire de vous des marionnettes et vous garder toute ma vie en guise de leçon. Je me le jurai entre mes dents serrées.
Comme des cadavres de sangliers épineux jonchaient les alentours, je me mis aussitôt à en fabriquer des marionnettes. Je m’en servis ensuite pour rabattre les loups au même endroit. Les bêtes luttaient pour s’échapper, mais finirent par périr dans les explosions des marionnettes kamikazes.
Est-ce que j’avais à peu près réussi à tout nettoyer ? Mes forces m’abandonnèrent un instant et je faillis m’effondrer sur place. Mais je me mordis la langue et me forçai à tenir bon. Je devais réparer le labyrinthe. La tortue qui bouchait le mur ne constituait qu’une solution temporaire.
Je mobilisai les marionnettes chargées de réparer le labyrinthe et commençai à reboucher le mur effondré. Des cadavres s’entassaient déjà devant la tortue. Si je prenais ne serait-ce qu’un peu de retard, les bêtes franchiraient à coup sûr le labyrinthe et jailliraient de nouveau à l’extérieur.
Je colmatai de force mes blessures les plus graves avec les racines de la Jeune pousse en moi. Je pourrais me soigner plus tard. Je contrôlai avec précision les marionnettes et la magie, rebâtissant le flux du labyrinthe qui s’était effondré.
Comme il fallait effectuer tout le travail dans une telle urgence, la structure était extrêmement instable. Malgré tout, je parvins tant bien que mal à rétablir l’agencement d’origine. La tortue regagna la clairière et le flux des bêtes magiques reprit.
Ensuite, je veillai plusieurs jours et plusieurs nuits de plus pour stabiliser le labyrinthe. À quelques reprises, des loups percèrent de nouveau le mur ou le flux se bloqua, mais cette fois, je réagis sans rien laisser au hasard. Je ne baisserais plus la garde.
Ainsi passa la nuit du dixième jour. À l’instant où tout se stabilisa enfin, je perdis connaissance et m’effondrai. Je me réveillai après avoir dormi une journée entière.
Pendant ce temps, un événement stupéfiant s’était produit.
Enfin, quelqu’un était tombé. La forteresse de Sieger avait cédé.
Ailey et Hongryeong furent les premiers à s’en apercevoir. D’immenses faucons — que Hongryeong appelait des faucons à fleurs épineuses — avaient attaqué le sablier. Heureusement, ils réussirent à les repousser sans difficulté grâce aux sorts qu’ils avaient préparés à l’avance. Mais la défense avait tout de même été percée.
À ce moment-là, Hongryeong s’avança. Il scella la zone de Sieger sans laisser le moindre interstice grâce à sa propre magie, puis contacta les membres du groupe et les rassembla devant le sablier. Comme j’avais perdu connaissance, je ne pus répondre à l’appel qu’avec du retard.
J’étais dans un état lamentable, alors j’empruntai la vision d’une marionnette postée devant le sablier. Ailey, Hongryeong et Shaking Rope étaient déjà là. Sieger se tenait à l’écart, un sourire amer aux lèvres. Je fis avancer la marionnette et me plaçai devant eux. Puis je m’inclinai profondément pour présenter mes excuses.
« Je suis désolé. J’ai dû faire face à une petite crise et je n’ai pas pu répondre, car j’étais occupé à la gérer. »
« Ce n’est rien. Tant que votre zone n’a pas été percée, ça n’a pas d’importance. »
Hongryeong prononça ces mots avec un sourire. Il me raconta ensuite ce qui s’était passé : la forteresse de Sieger avait cédé. J’esquissai un sourire amer. C’était compréhensible. Moi aussi, j’avais failli me faire percer, non ?
« Huhu, heureusement que tu es vivant. Je croyais que mon ami marionnettiste était forcément mort. »
Ailey rit en parlant. À ses pieds, une mare de sang ondulait. Comme si elle avait bu le sang d’innombrables bêtes magiques pendant tout ce temps, elle était devenue complètement sombre, presque noire, et ressemblait à une ombre.
« Grâce à votre sollicitude, j’ai survécu de justesse. »
« Mm-hmm. Les loups-lames sont le genre de bêtes magiques qui vous donnent du fil à retordre si vous ne les connaissez pas. Ce n’est pas le genre de créatures qu’on croise facilement quand on erre dans le monde, après tout. »
Cela faisait longtemps que mes prédictions ne s’étaient pas révélées fausses. Ailey souriait de toutes ses dents. Derrière ce sourire, je sentais une intense soif de meurtre. Un frisson glacé me parcourut le dos. Une mare de sang semblable à une ombre. Je me souvenais en avoir entendu parler quelque part.
« Qu’est-ce qu’il y a ? Tu as vu quelque chose d’effrayant ? »
Pendant un instant, je ne parvins pas à contrôler mon expression. Ailey le remarqua et me posa la question d’un ton enjoué.
« Ha ha, non. Je me rappelais simplement à quel point les derniers jours avaient été éprouvants. »
Je sortis cette excuse et fouillai dans mes souvenirs. Je retrouvai bientôt une vieille histoire. Une rumeur célèbre circulait parmi les mages itinérants. Il paraissait que, depuis une centaine d’années environ, quelqu’un parcourait le monde en chassant quantité de mages. On disait qu’une ombre noire, imprégnée d’une odeur de sang, restait toujours près des cadavres.
C’est donc cette magie-là, celle de la rumeur. Ailey serait donc cette chasseuse de mages ? Pourquoi avait-elle passé l’examen de l’université ? Je n’en savais rien. Je coupai de force court à mes pensées. Peu importe qui elle était et quel était son but, cela ne me concernait pas. Je devais seulement réussir cet examen sans encombre. Je souris naturellement et poursuivis la conversation.
Alors que l’atmosphère se détendait peu à peu, Hongryeong prit la parole.
« La forteresse de Sieger s’est effondrée. Il faut que quelqu’un prenne en charge cette zone. »
Le silence tomba sur le groupe. Ailey et Shaking Rope semblaient ne pas s’y intéresser le moins du monde. Quant à moi, je venais tout juste de sortir de la crise dans ma propre zone et je n’avais plus la force de m’occuper d’autre chose.
Hongryeong attendit un instant, puis hocha la tête en constatant que personne ne répondait.
« Dans ce cas, je vais aussi prendre cette zone en charge. Evron-ssi ? »
Il tourna les yeux vers moi. Je m’inclinai légèrement.
« Pourriez-vous expliquer à Sieger-ssi comment nous avons réparti nos zones, vous et moi ? J’aimerais reconstruire la sienne de la même manière. »
« Oui, bien sûr. Je vous expliquerai tout en détail dès que la réunion sera terminée. »
« Merci. »
Sieger esquissa un sourire amer.
« Cette épreuve m’a fait prendre conscience de mon inexpérience jusque dans mes os. Je savais assez bien gérer les bêtes magiques terrestres, mais je n’étais pas préparé à celles qui volent. Au bout du compte, les bêtes magiques ont réussi à pénétrer jusqu’au centre. »
Sieger s’inclina devant nous.
« Il n’y avait pas beaucoup de bêtes de ce genre là d’où je viens. J’ai donc fait comme d’habitude et voilà où j’en suis. Je ne sais pas où me mettre. »
« Ah, du moment que le sablier est intact, c’est bien l’essentiel, non ? Vous pourrez renforcer votre défense à partir de maintenant. L’examen n’est pas encore terminé. »
Je m’empressai de réconforter Sieger, abattu. J’étais dans une situation semblable et je compatissais. À vrai dire, Sieger et moi avions bâti nos forteresses de façon assez similaire.
J’avais construit un labyrinthe et lui des murs, mais nos structures se ressemblaient au fond : nous défendions nos forteresses en nous reposant sur une seule force colossale.
Si des créatures capables de passer outre cette force avançaient, nous ne pouvions que nous faire percer. Si je n’avais pas coopéré avec Hongryeong à l’avance, j’aurais fini comme Sieger. Celui-ci secoua la tête.
« Non. Je ne pense pas être encore au niveau pour réussir. Je sens que je dois encore m’endurcir un peu. Pour le reste de l’examen, je coopérerai pleinement. »
À ces mots, nous gardâmes le silence un instant. C’était, en pratique, une déclaration d’abandon. Dans ce cas, Sieger se rallierait sans doute à Hongryeong, qui avait pris entièrement en charge sa zone. À cet instant, la majorité des voix se retrouvait entre les mains d’un seul candidat.
La tension se lisait sur le visage de ceux qui s’en rendirent compte.
Ailey bâilla largement, l’air ennuyé, comme si tout cela ne l’intéressait pas.
« Alors, la réunion est terminée ? Je peux y aller ? »
Hongryeong acquiesça brièvement. Ailey s’apprêtait à se lever, puis me jeta un regard. Elle réfléchit un instant avant de se rasseoir en silence.
« Marionnettiste-kun, tu crois que des adversaires plus puissants vont apparaître à partir de maintenant ? »
Elle posa la question. Quand je regardai Ailey, elle souriait, le menton posé sur la main.
« Oui. Après tout, plus on approche de la fin de l’examen, plus les épreuves ont tendance à être difficiles. »
Je lui expliquai brièvement le fonctionnement de l’examen.
« En général, les examens de ce type sont composés d’une série d’épreuves faciles. Seule la toute dernière est un peu difficile. Comme ces examens accordent plus d’importance au déroulement qu’au résultat, il est très important de ne pas perdre de points en cours de route. »
Ailey hocha la tête, les yeux brillants.
« Oh, tu t’y connais plutôt bien. »
J’esquissai un sourire amer.
« Ha ha, ça ne se voit peut-être pas, mais c’est la onzième fois que je passe cet examen. »
« Vraiment ? Ça ne se voit pas. »
« Sans ma professeure, je ne serais probablement pas arrivé jusque-là. »
« Ta professeure ? »
« Oui. Heureusement, une professeure de l’université m’enseigne depuis un an. »
À cet instant, les regards des autres se firent plus perçants et se braquèrent sur moi. Je sentis les yeux de tous se poser sur moi. C’était dire le poids du titre de professeur d’université. Un professeur était un expert reconnu, dont le statut et la puissance étaient publiquement établis.
J’avais une raison de révéler cela maintenant.
L’examen touchait à sa fin et j’avais montré une faille lors de la dernière vague. Les autres avaient sans doute remarqué, même vaguement, que mon labyrinthe avait été percé. Je devais donc me mettre un peu plus en valeur. Sinon, Hongryeong risquait de m’abandonner sans pitié.
Si je révélais que j’avais le soutien d’une professeure, je resterais utile à Hongryeong même après l’examen. Dans ce cas, il ne prendrait pas la peine de chercher à m’écarter pendant cette épreuve.
Dès que la majorité des voix serait entre les mains de Hongryeong, l’examen prendrait une tournure telle que je n’aurais plus qu’à me soucier de son choix. Comme s’il avait remarqué mon appel du pied flagrant, Hongryeong afficha un sourire profond.
« Huhu, je comprends mieux pourquoi vous utilisez une magie aussi intéressante. »
Je lui répondis poliment.
« Vous me flattez. »
J’appelai les marionnettes et leur fis servir du mieux possible des rafraîchissements à tout le monde. Même à cet instant, des bêtes magiques affluaient dans toutes les zones, et chacun les repoussait à sa manière.
La réunion se poursuivit sans qu’on dise grand-chose de plus. Elle ne prit fin que vers le dernier moment, après que j’eus expliqué à Sieger l’organisation de nos zones, à Hongryeong et à moi.
---
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>