Chapitre 154
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Traducteur/Éditeur : Coughing Baby
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◈ Surviving in the Magic Academy
Chapitre 154
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154.
Je commençai à sentir une puissante pression de pouvoir magique venue du ciel. Je levai lentement la tête et regardai en l’air. Une énorme masse de pierre y était suspendue, grossissant à vue d’œil à mesure qu’elle descendait vers nous.
Suspendue ainsi dans le ciel, elle ressemblait exactement à une météorite. Je concentrai mon pouvoir magique dans mes yeux et l’examinai de près. Je parvins alors à distinguer sa forme. Hmm. Ils avaient donc même préparé quelque chose comme ça. Je laissai échapper un sourire amer.
Au cœur de cette météorite se trouvait une sorte d’armure. On aurait dit qu’on l’avait agrandie et comprimée de force pour en faire une masse. Sa forme et sa structure ressemblaient à l’armure que portait Gunda.
Je jetai un coup d’œil à l’adversaire. Yorgan libérait une quantité phénoménale de pouvoir magique, comme s’il maîtrisait la météorite. Ce n’était probablement pas l’une de leurs marionnettes d’origine. La leur était déjà à moitié détruite.
Ils avaient sans doute volé cette marionnette à quelqu’un d’autre avant de la modifier. Toutes les autres possibilités étant écartées, il s’agissait forcément d’une ultime tentative désespérée. Même si nous éliminions Yorgan, la météorite continuerait clairement de tomber. Autrement dit, ils essayaient de nous entraîner tous dans leur chute.
Je regardai la météorite plonger du ciel à toute allure. Les circuits complexes gravés sur sa surface crachaient une lueur rouge et accéléraient encore sa chute.
Si elle s’écrasait ainsi, elle ravagerait les environs. Les conséquences ne me toucheraient pas seulement, moi. Elles atteindraient aussi les autres, qui se battaient encore tout près.
Il fallait donc l’arrêter ici. J’envoyai un léger fil de volonté. La marionnette de Cassian, dont le corps venait tout juste de se régénérer, s’approcha de moi. Puis elle dégaina lentement son épée.
Face à la météorite, elle leva son épée et commença à la remplir de pouvoir magique. Puis elle s’avança vers elle d’un pas calme et mesuré.
À chaque pas, son allure s’accélérait. Le pouvoir magique qui s’amassait sous ses pieds allégeait son corps et le soulevait dans les airs.
La marionnette prit appui sur le vide et fonça vers la météorite. Au même moment, le pouvoir magique qui imprégnait son épée s’accumula jusqu’à émettre une lueur noire.
Tout le pouvoir magique qui parcourait son corps avait convergé en un seul point. La marionnette abaissa lentement son épée. Le pouvoir magique s’en échappa et traça une ligne unique.
Cette mince ligne se mêla au mouvement de l’épée et se transforma en cercle. C’était le domaine de la lame de Cassian, celui que Cassian avait déjà tracé plusieurs fois.
La marionnette fonça vers la météorite avec le cercle. Celui-ci, formé de lignes ténues, s’élargit instantanément et prit une forme immense face à la météorite. Puis il la percuta et libéra un pouvoir magique intense.
Le pouvoir magique qui ondulait à l’intérieur du cercle se dispersa comme des lames acérées et se rua vers l’énorme masse de la météorite.
L’armure qui formait la météorite ne pouvait résister facilement à ce pouvoir magique. Sans doute parce qu’il ne s’agissait pas d’une marionnette complète. Elle se fissura, se fendit et vola en éclats, et la météorite commença lentement à perdre de la vitesse.
Le cercle continuait de broyer l’énorme météorite. Mais l’adversaire ne resta pas les bras croisés. Plus le corps de la météorite se désagrégeait, plus les circuits gravés dessus brillaient d’un rouge ardent.
Au même moment, un pouvoir magique encore plus puissant jaillit de l’intérieur. Il ne s’agissait plus de l’écraser par sa seule masse. La météorite commença à broyer à coups de pouvoir magique et de magie le cercle tracé par la marionnette de Cassian.
C’était la dernière flamme, née de la combustion de tout ce qui composait cette marionnette en armure. Le cercle, qui lui faisait face, ne put résister à cette force et se mit à vaciller.
Il fut peu à peu repoussé et des fissures apparurent. En voyant cela, je fronçai légèrement les sourcils. Si cela avait été le cercle parfait que Cassian avait tracé dans la tour, il aurait pu tenir bon.
Mais celui que ma marionnette de Cassian avait tracé n’était qu’une copie. La magie ne se composait pas uniquement de pouvoir magique et de connaissances. Son effet gagnait en puissance quand la volonté qui l’animait était claire.
C’était pour cela que ce cercle était lui aussi terriblement imparfait. La marionnette ne faisait qu’imiter ce pouvoir. Comme pour le prouver, le cercle se déforma lentement.
La marionnette de Cassian déversa rapidement du pouvoir magique et rectifia le cercle. Les deux forces atteignirent ainsi un bref équilibre. La météorite fut rongée et son mouvement s’interrompit.
Mais le cercle créé par la marionnette se désagrégeait tout aussi vite. Ajouter simplement davantage de pouvoir magique ne suffisait pas à résister à cette force. Au bout du compte, c’est ma marionnette qui perdit cette épreuve de force.
Tout était une question de puissance. Ma marionnette devait toujours rester dans des limites raisonnables pour maintenir sa régénération. Ce genre de lutte de puissance n’était donc pas son fort.
Contrairement à cette gigantesque météorite, ma marionnette ne pouvait pas amplifier son pouvoir magique au point de risquer l’autodestruction. Le cercle se brisa et la météorite accéléra de nouveau.
La marionnette de Cassian rassembla les morceaux du cercle et percuta une nouvelle fois la météorite, mais elle ne pouvait désormais plus résister pleinement à la force. Emportée par le pouvoir magique de la météorite, elle fut projetée au loin.
Je vérifiai rapidement son état. Elle s’était enveloppée de pouvoir magique et n’était donc pas complètement détruite, mais ses membres avaient été à moitié broyés par le contrecoup.
Débarrassée de cet obstacle, la météorite ignora la marionnette et continua de tomber vers le sol. Il ne lui restait plus beaucoup de chemin à parcourir. Je sentis son corps enfler, comme s’il était sur le point d’exploser.
La marionnette de Cassian régénéra rapidement son corps. Comme si le temps avait remonté son cours, elle retrouva bientôt sa forme d’origine. Elle se redressa et dégaina son épée.
Alors qu’elle s’apprêtait à bondir de nouveau vers la météorite, je lui envoyai ma volonté. C’était la dernière tentative désespérée de l’adversaire. La marionnette l’avait retenue suffisamment longtemps. Après tout, je n’étais pas seul ici.
« Merci. Je m’occupe de la suite ! »
Gunda passa devant la marionnette de Cassian. Il tenait dans sa main la marionnette adverse, complètement écrasée. Sa tête semblait avoir été arrachée et son corps pendait mollement, vidé de tout pouvoir magique.
Après avoir vérifié cela, je hochai la tête. Mon rôle était terminé. La force brute n’était pas mon point fort. Je n’avais eu qu’à gagner du temps jusqu’à l’arrivée de Gunda.
Gunda fit face à la météorite et déversa son pouvoir magique. Son armure l’absorba et commença à tracer des circuits. Même au premier coup d’œil, leur enchevêtrement dense était magnifique.
Par ces circuits, le pouvoir magique s’échappa entre les plaques de l’armure comme de la fumée. Puis son corps chauffa peu à peu et prit une lueur bleutée. Il s’accroupit, puis prit lentement appui sur le sol, comme Cassian l’avait fait plus tôt.
Sa vitesse augmenta sans cesse, jusqu’à ce qu’il devienne une traînée fulgurante, semblable à une météorite. Il s’élança dans les airs et percuta de plein fouet l’énorme météorite. Cette lumière bleue la transperça de part en part, décrivit une boucle dans le ciel, puis retomba.
La lumière transperça la météorite encore et encore. Au fil des impacts, celle-ci s’immobilisa en plein ciel. Peut-être à cause des coups, les circuits qui la recouvraient commencèrent lentement à perdre leur éclat.
Bientôt, elle retomba. On distinguait désormais clairement le corps de cette gigantesque marionnette. Mais il n’était plus nécessaire de frapper davantage.
Elle n’était plus dangereuse. Son pouvoir magique et son intention meurtrière s’étaient entièrement dissipés. Ce n’était plus qu’un objet qui tombait après avoir perdu l’équilibre.
Elle s’écrasa au sol. Son poids colossal fit légèrement trembler la terre. Sous le choc, elle s’effondra et révéla une armure tordue. Le pouvoir magique qui maintenait son corps avait été complètement rompu.
« Bon sang… Bande de salauds, tendre un piège aussi lâche. »
L’adversaire claqua doucement la langue. En y regardant de plus près, son visage m’était vaguement familier. Je me souvenais lui avoir parlé une ou deux fois dans le parc. Il s’appelait probablement Yorgan. Il devait être mage du quatrième étage. Il avait dit que c’était sa troisième participation.
Un piège lâche. À ces mots, je haussai légèrement les épaules. Yorgan n’était pas en position de parler. Nous avions nous aussi failli tomber dans son piège. Puisque les deux camps en avaient préparé, n’était-ce pas la même chose ?
Je jetai un coup d’œil à la météorite abattue et souris. Une fois celle-ci interceptée, la dernière menace avait disparu. Yorgan avait perdu toutes ses marionnettes et n’avait clairement plus la force de se battre.
Je regardai autour de moi. Yorgan était au cœur de son groupe. Maintenant que nous l’avions neutralisé, il fallait nous occuper des autres.
Mais il ne semblait pas nécessaire que nous intervenions. Biogan faisait tournoyer son épée avec férocité et mettait les autres sous pression.
Chaque fois que son épée brillait, un membre de la marionnette qui lui faisait face était tranché. Même quand les marionnettes tentaient d’éviter sa lame, celle-ci les traversait comme de l’eau vive.
Les autres faisaient également bouger leurs marionnettes pour soutenir Biogan. En nette infériorité numérique, les adversaires s’effondraient peu à peu sous la pression de nos marionnettes.
« Hmm, c’est fini. Beau travail. »
Gunda me fit un pouce levé. Il ouvrit son casque, dévoilant un visage reposé. Je jetai un coup d’œil à son armure. Une épaisse fumée s’en élevait et elle était couverte d’éraflures.
La force de Gunda était redoutable, c’était certain. Il avait même réussi à s’occuper de la marionnette d’un vétéran comme Yorgan. Bien sûr, ce résultat tenait davantage à son talent qu’à la puissance de l’armure qu’il portait.
Quoi qu’il en soit, il était indéniablement fort. Il éclata de rire et s’approcha de Yorgan. Celui-ci lui fit face en serrant légèrement les dents.
« Un contre un, vous ne valez rien… »
« Haha, nous sommes de simples débutants. Alors on devrait survivre comme on peut, non ? »
Gunda sourit de toutes ses dents et se planta devant Yorgan. Je m’approchai lentement derrière lui. Puis j’adressai un sourire radieux à Yorgan et inclinai légèrement la tête.
« Vous avez perdu toutes vos marionnettes. Pourquoi ne pas vous rendre, maintenant ? Je laisserai les autres partir sans leur faire de mal. »
Je levai doucement les deux mains. Yorgan me regarda, puis jeta un coup d’œil à la marionnette de Cassian. En la voyant, il claqua légèrement la langue. Il devait encore se souvenir de la façon dont cette marionnette l’avait appâté.
Yorgan réfléchit. Je me contentai d’attendre en le regardant. Inutile de le presser. L’issue était de toute façon évidente.
Le combat était terminé : il était temps de faire preuve de respect. Cette compétition ne serait peut-être pas ma dernière rencontre avec Yorgan. Je pourrais le recroiser à l’extérieur. Je devais donc lui laisser une bonne impression.
Yorgan regarda autour de lui. Les autres qui formaient son groupe se faisaient eux aussi peu à peu maîtriser par les nôtres. Il n’y avait plus aucune échappatoire.
S’en rendant peut-être compte, Yorgan fronça légèrement les sourcils et serra les dents. Peu après, il soupira et leva les deux mains. « Je me rends », marmonna-t-il, et une lumière se mit à ruisseler au-dessus de sa tête.
Je vis la silhouette de Yorgan se brouiller peu à peu au milieu de cette lumière. Les autres firent eux aussi apparaître des halos lumineux, comme Yorgan, puis quittèrent lentement l’arène.
En regardant quatre halos lumineux s’élever dans le ciel, je hochai la tête. Comme prévu, on était plus fort en groupe. Si nous avions essayé de les affronter un par un, nous n’aurions certainement pas eu assez de puissance.
Je regardai les nôtres. Quelques-uns avaient des marionnettes à moitié détruites ou avaient été grièvement blessés, mais les dégâts restaient réparables. Nous avions mené notre tâche à bien.
Une fois tous les halos évanouis, je remarquai plusieurs marionnettes abandonnées dans l’espace désormais vide. En se rendant, ils avaient dû laisser derrière eux le butin qu’ils avaient obtenu. Gunda les examina, esquissa un sourire et se retourna vers moi.
« Ta marionnette est vraiment utile. Sans elle, plusieurs d’entre nous auraient été éliminés. »
« Qu’est-ce que j’ai fait ? Tout le mérite revient à la façon dont tu t’es battu, Gunda. »
Je souris et secouai la tête. Gunda eut un léger sourire et s’éloigna. Il avait l’air de vouloir parler aux autres. Je le suivis du regard, puis balayai les environs des yeux.
Contrairement aux autres secteurs, où les arbres s’enchevêtraient en nœuds complexes, une large route traversait cet endroit en ligne droite. Elle menait plus loin à l’intérieur. En la suivant, nous nous dirigerions probablement vers le centre du cercle.
Le groupe de Yorgan avait une raison de s’être posté ici. Cet endroit faisait office de pont. Comme la route le montrait, tous ceux qui voulaient rejoindre le centre étaient obligés de passer par là.
Je jetai un coup d’œil aux vagues qui coulaient de part et d’autre du pont. L’eau était noire et diffusait une lueur discrète. Cette couleur m’était familière. Je l’avais souvent vue autrefois, quand j’étais sur l’île.
C’était sans aucun doute de l’eau de mer venue de l’extérieur de l’université. J’ignorais comment ils l’avaient amenée là, mais une chose était sûre : nous ne devions surtout pas y entrer. On ne savait pas ce qui pouvait s’y trouver.
Cette eau de mer se prolongeait, bloquant toutes les routes menant au centre. À cause d’elle, il était impossible d’avancer vers l’intérieur autrement qu’en passant par des ponts comme celui où nous nous trouvions.
En faisant le tour de la périphérie, nous en avions repéré plusieurs. Après les avoir tous examinés, nous avions découvert que chacun était occupé par des gens qui avaient installé des pièges, comme le groupe de Yorgan ici.
Leur intention de dévorer tous ceux qui se dirigeaient vers le centre sautait aux yeux. C’était aussi pour cela que j’avais essayé de rassembler autant de monde. Seul, j’aurais eu du mal à franchir cet endroit.
Je me frottai légèrement le menton et examinai les traces du combat. J’étais venu en pensant que ce pont était le plus sûr, mais après les avoir affrontés, il me sembla que c’était en réalité le plus dangereux. En repensant à cette énorme météorite, je laissai échapper un sourire amer.
Peut-être parce que leur propriétaire était parti, les nombreux pièges installés par Yorgan perdirent eux aussi leur pouvoir magique et se révélèrent. Je claquai légèrement la langue. C’étaient des pièges particulièrement efficaces pour neutraliser le pouvoir magique et détruire les marionnettes.
Yorgan avait probablement continué à traquer ceux qui tentaient de traverser les lieux à l’aide de ces pièges. Ces marionnettes sans maître devaient en être le résultat.
Je jetai un coup d’œil à la marionnette de Cassian. Elle était revenue à mes côtés, parfaitement intacte. Sans elle, nous serions tombés droit dans ces pièges. Ils étaient si bien dissimulés.
Mais la marionnette de Cassian avait désamorcé leurs pièges. Elle possédait une capacité de régénération exceptionnellement puissante. C’était donc un appât idéal.
La marionnette était partie seule devant et avait vérifié les pièges du pont. Puis elle s’était fait prendre et avait été à moitié détruite. Après quoi, elle avait fait demi-tour et s’était enfuie. Droit vers moi, qui attendais à l’entrée du pont.
Le groupe de Yorgan avait dû nous voir, ma marionnette et moi, et croire que nous étions seuls. Ils s’étaient alors montrés et m’avaient attaqué. Ce faisant, ils avaient également révélé leurs pièges.
Et voilà comment ils étaient tombés dans le piège et avaient été vaincus par nous, qui les attendions à notre tour. Nous avions retourné leur piège contre eux et les avions attirés dans le nôtre. On pouvait parler d’une chasse parfaite.
Utiliser ma marionnette comme appât pour attirer les ennemis, voilà la méthode de chasse que j’avais conçue. C’était simple, mais efficace. Jamais ils ne se seraient doutés que je monterais un piège en laissant ma propre marionnette se faire démolir.
« Bon, nettoyons tout ça et partageons le butin. »
Je frappai dans mes mains et tapotai légèrement ma poitrine. De petites marionnettes, semblables à des copeaux de bois, s’envolèrent lentement de l’intérieur. Elles tracèrent des cercles magiques autour de la zone, puis explosèrent.
Aussitôt, toutes les traces du combat commencèrent à disparaître. Le combat était terminé, il était temps de profiter d’un court repos. Quand j’appuyai fermement la pointe du pied contre le sol, une immense table surgit sous l’effet de mon pouvoir magique.
À cette vue, les yeux des autres s’illuminèrent et ils se mirent à ramasser les fragments de marionnettes éparpillés. Ils avaient été laissés par ceux qu’ils avaient vaincus. Ils les empilèrent sur la table.
Je les comptai rapidement du regard. En comptant les quatre marionnettes du groupe de Yorgan, qui avait occupé le pont, et celles qu’ils avaient récupérées, il y en avait une dizaine sur la table.
« Hmm, hmm. J’aime bien cette armure. Je me souviens en avoir vu une portée par quelqu’un de notre association. Si je la modifie, je pense pouvoir fabriquer une nouvelle armure. »
Gunda tapota l’armure posée sur la table. C’était la forme réduite de l’armure météoritique qu’il avait transpercée plus tôt. Elle était suffisamment dure pour passer pour une météorite.
C’était probablement ce qui plaisait à Gunda. Je hochai légèrement la tête. Après tout, c’était lui le chef du groupe. Je devais donc respecter son choix. C’était aussi le droit du plus fort.
Après Gunda, les autres commencèrent à choisir les marionnettes qui les intéressaient, une par une. Je les observai en silence, les bras croisés.
« Tu ne veux rien ? »
Gunda me regarda. Je haussai légèrement les épaules et secouai la tête.
« Ça va. Les autres peuvent prendre ma part aussi. »
Sur ces mots, je jetai un coup d’œil sur le côté. Biogan était là. Lui aussi était simplement adossé à sa chaise, les yeux fermés.
Cette récolte ne semblait pas l’intéresser beaucoup. Moi non plus.
Je caressai doucement la poche spatiale cachée dans mes vêtements. Plusieurs marionnettes que j’avais obtenues auparavant s’y trouvaient. Des choses comme le singe géant et la marionnette d’ombre. Je les avais toutes récupérées parce qu’elles m’intriguaient.
Les marionnettes obtenues cette fois-ci étaient également utiles. Mais aucune ne m’intéressait autant que celles que j’avais dans ma poche.
Bien sûr, j’avais besoin de matériaux pour passer au stade suivant. Mais je pouvais déjà en obtenir suffisamment de ce niveau grâce au singe géant. Inutile, donc, de convoiter ceux-là.
J’observai tranquillement les autres examiner les marionnettes sous toutes les coutures. Leurs yeux brillaient plus que jamais. Leur réaction était parfaitement compréhensible.
Le savoir-faire et les techniques contenus dans ces marionnettes étaient tous excellents. Chaque marionnettiste les avait fabriquées en y mettant tout ce qu’il avait pour la compétition ; c’était donc normal.
Ils étaient tous mages. Ils ne pouvaient donc que convoiter ces connaissances. Certains disséquaient les marionnettes avec avidité, tandis que d’autres les rangeaient soigneusement. Je les regardai un moment, puis hochai la tête.
Ces connaissances étaient indéniablement intéressantes. Mais au lieu de les convoiter pour moi-même, il était plus avantageux de les partager avec tout le monde et de gagner leur faveur. Je répondis par un sourire à ceux qui me remerciaient et me frottai légèrement le menton.
Chacune de ces actions s’accumulerait et finirait par se transformer en influence. Il me serait alors plus facile de mener ces gens. Sur cette pensée, je tournai les yeux vers le ciel. Le cercle allait rétrécir de nouveau.
Le cercle se resserra un peu et, au-delà, un ciel lumineux apparut. Il était parfaitement dégagé, sans le moindre nuage.
À l’opposé de ce ciel limpide, le désir ondulait partout sur le sol. En contemplant ce contraste, une idée me vint soudain. Pour une raison ou une autre, cet endroit me faisait penser à une immense bouteille en forme de gourde.
Cette vaste zone rétrécissait peu à peu. Si nous avions pris ce pont, c’était aussi parce que nous ne pouvions plus rester sur la périphérie. Ainsi, nous étions continuellement repoussés vers le centre.
Et, en avançant jusqu’au bout, les participants à la compétition déchiraient les marionnettes des autres et s’emparaient de leurs connaissances, exactement comme nous le faisions en ce moment. Hmm… Au début, l’idée de briser des marionnettes m’avait rebuté, mais je m’y étais désormais assez bien habitué.
Quoi qu’il en soit, nous accumulions ainsi de nouvelles choses. Si nous continuions jusqu’au bout, nous aurions bien plus de connaissances qu’avant.
Parmi les sorts populaires qui circulaient chez les civils, il en existait un primitif qui ressemblait à ça. Il consistait à enfermer plusieurs insectes ou animaux dans un même espace et à les forcer à se battre.
Dans ce sort, ils luttaient à mort, affamés et baignés de pouvoir magique, jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul, le plus fort. J’avais entendu dire qu’autrefois, on aimait transformer la bête magique artificielle ainsi créée en familier.
Comment ça s’appelait, déjà ? Gu ? Cet endroit me donnait étrangement la même impression.
Je me frottai légèrement le menton. Mon intuition n’était sans doute pas mauvaise. Cette compétition avait probablement été créée à partir d’un sort de ce genre. C’était aussi sans doute pour cela qu’elle comportait un deuxième tour.
Mauro avait dit qu’il voulait mieux cerner les talents. En ce sens, on pouvait considérer cela comme une sorte d’examen. Qui avait accumulé les connaissances les plus variées ? Il s’agissait de le découvrir à travers une marionnette nouvellement créée.
Le vainqueur de cette compétition subirait une métamorphose pour devenir un être plus utile. En ce sens, c’était une compétition très digne d’un mage. Tant qu’on avait assez de force, on pouvait saisir sa propre rencontre fortuite.
Enfin, ce n’était pas mal pour moi non plus. J’avais déjà découvert plusieurs choses intéressantes. À condition de passer le premier tour, tout cela serait à moi. Je croisai légèrement les bras en regardant les autres démembrer les marionnettes.
Pour franchir ce premier tour, il me restait d’abord une chose à découvrir. Je devais trouver qui, parmi eux, était le traître.
Avant d’arriver à ce pont, j’avais expliqué le plan à tout le monde. Ensuite, ma marionnette avait détecté quelqu’un en train d’envoyer un signal quelque part.
Je ne savais toujours pas avec qui cette personne était en contact. J’ignorais également son objectif. Elle avait pris d’extrêmes précautions pour ne pas se faire repérer ; impossible, pour le moment, de remonter jusqu’à elle.
Il fallait donc changer les informations. Je devais modifier le plan. Peut-être cela la ferait-il bouger de nouveau. Sur cette pensée, je souris légèrement et déployai la carte sur la table.
Notre position était indiquée sur la carte. Comme nous avions contourné la périphérie, la ligne tracée par le cercle avait fait apparaître une partie de la carte, bien visible. En revanche, le centre, qui en occupait la majeure partie, était encore plongé dans l’obscurité.
Il nous fallait maintenant nous y rendre. Je me frottai le menton et estimai à la louche le nombre de participants restants.
À notre arrivée, ils étaient environ deux cents. Le cercle avait désormais rétréci d’à peu près un tiers ; le nombre de participants avait donc dû baisser dans les mêmes proportions.
Pouvais-je considérer qu’il avait été réduit à peu près de moitié ? Si nous continuions ainsi, nous ne tarderions pas à atteindre les rangs supérieurs.
Bien sûr, il ne serait pas facile de s’occuper des survivants. Ils étaient tous assez forts pour briser des membres. Pourtant, si l’on ne considérait que la taille du groupe, personne ne devrait nous surpasser.
Même s’ils rassemblaient les membres de la même association, ils finiraient forcément par atteindre leurs limites.
Alors, en route. Sur cette pensée, j’envoyai un peu de pouvoir magique à Gunda. Après avoir reçu mon signal, il se mit à rassembler les gens et à les faire lever.
Au départ, j’avais prévu de rester ici plus longtemps. Mais puisque quelqu’un avait déjà divulgué notre plan, nous devions accélérer. L’ouverture finirait alors par se dessiner plus clairement.
Nous nettoyâmes les lieux, puis je dispersai du pouvoir magique. Derrière moi, les autres effacèrent peu à peu leur présence et se mirent en attente. Je leur jetai un coup d’œil, puis envoyai ma volonté à la marionnette de Cassian.
Sensible à ma volonté, elle s’engagea sans hésiter sur la route. Je la suivis lentement. Derrière moi, les autres avançaient furtivement en gardant leurs distances.
Ma marionnette ferait un appât très tentant. Si quelqu’un tentait de lui tendre une embuscade comme le groupe précédent, il finirait pris au piège à son tour.
On pouvait dire que cette méthode de chasse était parfaite. En me retournant, je vis les yeux des autres briller. Eux aussi semblaient avoir pris goût à ce genre de chasse.
Après avoir avancé un moment, je détectai un mouvement suspect d’un côté de la route. Une étrange énergie magique ondulait au milieu d’un fourré dense.
Le pouvoir magique que j’avais dispersé pour explorer les environs était partiellement dévié. Cela signifiait que quelque chose se cachait à l’intérieur. Peut-être l’avait-elle senti, car plusieurs marionnettes jaillirent des fourrés.
Elles dégageaient un pouvoir magique assez puissant. Elles attaquèrent aussitôt ma marionnette. Au même moment, des cercles magiques dissimulés le long de la route se mirent à cracher de la lumière.
Les cercles magiques enveloppèrent ma marionnette et entravèrent ses mouvements. Elle dégaina son épée et trancha rapidement la magie, mais cela ne suffisait pas contre plusieurs marionnettes à la fois.
Entravée par les cercles magiques, elle perdit un bras sous les crocs d’une marionnette ressemblant à un loup. Je lui envoyai un signal. Elle commença aussitôt à battre en retraite.
Je pris également appui sur le sol, m’enveloppant de pouvoir magique. Je me dirigeai vers l’endroit où les nôtres se cachaient. Derrière nous, les marionnettes nous poursuivirent en déversant un pouvoir magique féroce.
Quand elles furent à portée, les gens qui attendaient là se mirent à tisser un immense cercle magique. Les marionnettes furent écrasées sous la puissante pression qui s’exerçait à l’intérieur.
« À présent, place à la chasse ! »
Gunda bondit sur ses pieds. Puis il s’élança en déversant son pouvoir magique. Les autres firent de même. Mais moi, qui battais en retraite, ne pus que froncer les sourcils.
Pour une raison ou une autre, leurs mouvements étaient étranges. Ces marionnettes dégageaient clairement un puissant pouvoir magique. Pourtant, elles étaient aussi raides et maladroites, comme si quelqu’un les manipulait de force.
Je le sentais parce que je m’étais trouvé près d’elles. Les autres, eux, n’avaient visiblement encore rien remarqué de suspect.
Sentant un mauvais pressentiment m’envahir, j’envoyai ma volonté à la marionnette de Cassian. Elle pivota et se rua vers les marionnettes. Puis, sans se soucier des dégâts que subirait son corps, elle les dépassa en courant.
Elle se dirigea vers l’endroit où devaient se trouver les maîtres de ces marionnettes. La pointe de son épée, chargée de pouvoir magique, fendit l’air. Le cercle magique qui les dissimulait fut déchiré et les gens cachés à l’intérieur apparurent.
L’épée de Cassian s’abattit sur eux. Mais la marionnette-loup qui suivait derrière bloqua rapidement son attaque. Une autre marionnette coupa alors net le corps de la marionnette de Cassian.
Elle s’effondra finalement au sol. Même si elle pouvait se régénérer, elle ne serait clairement pas en mesure de bouger tout de suite. Mais elle avait atteint le petit objectif que je lui avais fixé. Elle avait nettement capturé du regard l’apparence des marionnettistes.
Comme je voyais à travers ses yeux, je pouvais les distinguer clairement, moi aussi. Après avoir confirmé ce que je voyais, je me raidis.
« N’y allez pas. C’est un piège ! »
Je criai rapidement. À mes mots, les autres tressaillirent, mais ils étaient déjà tout près. Les plus impatients s’apprêtaient même à attaquer les marionnettistes qui venaient de se révéler.
Et leur attaque fut particulièrement efficace. Une marionnette montée, armée d’une lance acérée, fonça rapidement et la pointa vers l’avant. La lance transperça de part en part le corps d’un marionnettiste adverse.
La blessure qui lui traversait la poitrine était sans aucun doute mortelle. S’il ne se rendait pas immédiatement, il risquait de mourir. Mais le marionnettiste ne prononça pas un mot.
Il se contenta de fixer d’un regard vide la marionnette qui l’avait embroché, le visage impassible. Ce visage m’était assez familier. C’était quelqu’un avec qui j’avais brièvement échangé des informations au parc.
La marionnette-loup mordit rapidement la lance et la brisa en deux. Le corps du marionnettiste s’effondra alors au sol. Cette marionnette-loup devait être celle qu’il contrôlait.
Elle avait une apparence totalement différente de celle que cette personne m’avait décrite auparavant. Elle m’avait clairement induit en erreur avec de fausses informations. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir. À présent, il n’était plus question de lui parler.
Le marionnettiste retira de sa poitrine le fragment de lance, puis nous regarda sans expression. Je sentis un étrange pouvoir magique s’écouler de la plaie béante. À cette vue, mon visage se durcit.
Son corps avait déjà été transformé en marionnette. Quelqu’un l’avait tué et avait fait de son cadavre une marionnette. Celle-ci tendit doucement la main et libéra son pouvoir magique. Au même instant, son corps se mit à émettre une lumière éblouissante.
Elle essayait de faire exploser son corps. Ceux qui s’en rendirent compte reculèrent rapidement. Mais tout le monde ne pouvait pas échapper à l’explosion. La déflagration fut immense, comme on pouvait s’y attendre d’un corps renfermant tout le pouvoir magique d’un mage.
Une explosion puissante retentit et ceux qui se trouvaient dans son rayon furent projetés au loin. M’étais-je trompé en pensant que tout était parfait ? J’avais eu l’impression que les choses se déroulaient trop bien. Des pièges empilés les uns sur les autres. Quelle méthode sinistre !
Et je n’avais pas imaginé que quelqu’un utiliserait des gens comme marionnettes. Je fronçai légèrement les sourcils. Même si les restrictions s’étaient affaiblies, je n’aurais pas cru que quelqu’un irait vraiment jusque-là.
J’avais l’impression de savoir qui avait tendu ce piège. Au même moment, une faible odeur de sang commença à flotter dans les environs. Je claquai doucement la langue, troublé par cette présence sinistre qui persistait au bout de mes narines.
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