Chapitre 122
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Surviving in the Magic Academy
Chapitre 122
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Je me penchai discrètement en arrière. Au même instant, une lame de pouvoir magique me frôla le bout du nez. Quand j’y touchai légèrement, je sentis qu’elle m’avait arraché une fine couche de peau.
« Oh là là, la professeure est vraiment incroyable. Elle ne veut vraiment pas travailler. »
Mira s’appuya légèrement contre moi et chuchota. J’acquiesçai. Puis je reportai mon attention sur la scène devant nous. Le président et la professeure se disputaient au sujet d’une pile de documents étalés entre eux.
Bien sûr, parler d’une simple dispute ne rendait pas tout à fait justice à la situation. Le pouvoir magique de la professeure jaillit de nouveau. Il balaya la table et réduisit les documents en lambeaux.
C’était une résonance du pouvoir magique d’une puissance inédite chez elle. Il y en avait plus du double de ce qu’elle libérait d’ordinaire. Cela suffisait à montrer à quel point elle était sérieuse. Son aversion pour le travail m’atteignait jusqu’ici.
Bien sûr, même ce pouvoir magique ne pouvait vaincre le président. Celui-ci agita légèrement la main et, à un moment donné, la pile de documents qui avait disparu sans laisser de trace se reconstitua et réapparut dans la main de la professeure.
« Abandonne. Il est temps que tu te mettes au travail, toi aussi. Ce type dirige la tour, maintenant, non ? Rester enfermée dans ta chambre comme ça, ce n’est pas bon pour la santé. Tu dois bouger de temps en temps. »
Le président éclata d’un rire sonore. La professeure lui lança un regard noir et brûla de nouveau les papiers. Mais ils étaient déjà revenus dans sa main. Elle finit par soupirer et les agrippa.
« Si ce n’était pas pour le contrat, je me serais enfuie d’ici, professeur ou pas. »
Sur ces mots, elle remua légèrement le poignet. Je commençai à sentir une faible ondulation de pouvoir magique en elle. Au-delà du contrat qu’elle avait passé avec moi, une courte phrase apparut un instant. Elle scintilla, puis disparut aussitôt.
« Alors, c’est tout ? »
Elle lança la pile de documents sur la table. Portée par un courant de pouvoir magique, elle glissa jusqu’à moi. J’observai attentivement la professeure : elle fronça légèrement les sourcils et me désigna d’un mouvement du menton.
Elle voulait que je lise les documents. Comprenant son intention, je sentis mon cœur s’alléger un peu. Je poussai un petit soupir.
Un soupir de soulagement. Apparemment, elle n’était pas assez déçue par moi pour me rejeter. Je pris la pile et parcourus lentement son contenu.
« Tu montres ça aussi à ce type ? Hm. On dirait que tu t’appuies pas mal sur lui. C’est agréable à voir. »
Le président acquiesça. La professeure claqua légèrement la langue à ses mots. Les documents ne contenaient rien d’autre que le calendrier à venir de l’université : des projets couvrant plusieurs décennies.
La première chose qui attira mon regard fut le nom de la professeure, inscrit en plein milieu. C’était apparemment l’événement le plus important du calendrier. Juste au-dessus figuraient les mots : « examen d’entrée ».
Je lus calmement le contenu. Il était indiqué qu’à la fin de ce cours, elle serait chargée de l’examen d’entrée. L’examen d’entrée. Cela faisait longtemps que je n’en avais pas entendu parler. Alors, la professeure allait s’en occuper ?
Je calculai rapidement la date. Une année de cours s’était déjà écoulée ; il restait donc moins de quatre ans. Et, en plus de l’examen d’entrée, elle devait se rendre à bien d’autres événements. De la réunion des professeurs à l’évaluation de fin d’études.
La tâche la plus proche dont elle aurait la charge était l’évaluation de fin d’études des élèves ayant achevé le cursus fondamental, l’année prochaine. Une évaluation de fin d’études. C’était une professeure qui s’en chargeait ? J’acquiesçai en silence. Enfin, si ce n’était pas une professeure, qui pouvait bien s’occuper de l’évaluation ?
« Tu as trop traîné jusqu’ici, alors une montagne de travail t’attend. Ton emploi du temps sera assez chargé. Si ça ne te plaît pas, viens à la prochaine réunion des professeurs. On pourra peut-être modifier le calendrier là-bas. »
Le président sourit radieusement à la professeure. Elle croisa les bras, affichant clairement son agacement. Une réunion des professeurs, hein ? D’après le calendrier, elle avait lieu une fois tous les vingt ans. La prochaine était prévue dans trois ans.
Elle gonfla légèrement les joues, le visage plein de reproches, mais le président secoua fermement la tête en gardant son sourire éclatant. La professeure finit par soupirer et se leva d’un bond.
« Tu m’as refilé que des corvées pénibles. C’est exactement pour ça que je ne voulais pas venir… Tu as fini, maintenant, pas vrai ? Alors je m’en vais. »
Sur ces mots, nous nous levâmes à notre tour et nous rangeâmes naturellement derrière elle. En nous voyant partir, le président prit un air profondément déçu. Il serra tristement la tasse de thé devant lui.
Il se pencha à moitié et se frotta le visage. Puis ses traits changèrent : son visage de garçon devint celui d’un vieil homme ridé. Sous les traits d’un vieillard à l’air misérable, il se mit à marmonner avec amertume :
« Vous abandonnez encore ce vieil homme ? Comme je me sens seul… Je vais me retrouver tout seul, une fois de plus, dans cet immense espace vide. Dire que des invités venus après si longtemps sont aussi cruels. Quand on vieillit, autant mourir, pas vrai ? »
La professeure ricana et le fixa d’un air méfiant.
« Seul, mon œil. Tu peux espionner toute l’université, de toute façon. Alors arrête de raconter n’importe quoi. À ton avis, pourquoi est-ce que je refuse de quitter la tour ? Tu adores épier les autres. »
La professeure s’interrompit un instant, puis se mit à regarder alternativement le président et moi. Je discernai une pointe de dégoût dans ses yeux.
« Pas étonnant que je vous trouvais un air de famille. Vous êtes exactement le même genre de types louches. »
Elle claqua la langue et tourna les talons. Puis elle s’éloigna à grandes enjambées par le chemin que nous avions emprunté en arrivant. Ses pas, chargés de pouvoir magique, étaient si rapides qu’il ne serait pas facile de la rattraper.
Elle devint bientôt un point à l’horizon, puis quitta le palais. Je m’inclinai profondément devant le président et m’apprêtai à la suivre quand je sentis soudain quelque chose me retenir.
Quelque chose me tirait le pied. En baissant les yeux, je vis des ténèbres ondoyer à cet endroit. Elles venaient du président. Il croisa mon regard et esquissa un sourire. Ces ténèbres éloignèrent doucement Mira, qui se tenait à côté de moi.
« Reste un instant. J’ai quelque chose à te dire, ce ne sera pas long. Mademoiselle la marionnette peut partir. Je vais le congédier sous peu. »
« Oh là là, si le président le demande, je vais obéir. Je vais donc partir la première. Bonne conversation à vous deux. »
Mira nous adressa un léger sourire, puis trottina derrière la professeure. Le président claqua doucement les lèvres. Il prit ensuite un air embarrassé et se gratta la tête.
« Je ne voulais pas aborder tout de suite ce que j’avais à te dire. Je pensais que cette enfant, Irian, partirait comme ça. Quel dommage. Malgré tout, grâce à toi, cette rencontre a été plutôt agréable. »
Le président se leva lentement. Son visage très ridé avait déjà repris ses traits de garçon. Il se plaça près de moi et regarda Mira s’éloigner.
« Je me souviens de ce qui se trouve à l’intérieur de cette marionnette. C’était un objet provenant du trésor d’Irian ? Je n’aurais jamais imaginé qu’elle te le donnerait. Et dire qu’elle l’a fait habiller pour qu’il lui ressemble autant. C’est très amusant. »
Je baissai légèrement la tête. J’étais soulagé que cela lui plaise. Bien sûr, je n’étais pas celui qui avait fait ça. C’était le résultat de son désir. Le président me jeta un coup d’œil et acquiesça.
« Cela fait environ mille ans que je n’ai pas vu Irian. Elle s’est enfuie dès qu’elle a obtenu le poste de professeure, tu sais. Je ne pensais pas qu’elle changerait autant en seulement mille ans. J’ai hâte de voir ce que nous réservent les mille prochaines années. »
Le président s’éleva doucement dans les airs. Assis dans le vide comme s’il était perché sur une branche, il me tapota l’épaule. Sa main exerça une légère pression. Il me regarda et poursuivit :
« Je fonde de grands espoirs en toi. Après tout, tu es le premier subordonné qu’elle ait pris. Alors, ne meurs pas. Et ne te brise pas non plus. Comme tu le sais, l’université n’est pas un endroit où tout est permis. »
Il agita légèrement la main. La pression sur mon épaule se dissipa naturellement. Ne pas me briser. Je comprenais parfaitement ce qu’il voulait dire.
Les deux règles de l’université ne constituaient que le strict minimum. Cet endroit aussi était un désert, comme le monde extérieur. Les habitudes des mages qui rôdaient dehors ne changeaient pas sous prétexte qu’ils entraient à l’université. J’avais moi-même failli en faire les frais.
« Merci pour vos paroles bienveillantes. »
Je souris légèrement en le disant. Au même moment, une petite question me vint à l’esprit. Il avait dit avoir créé les deux règles de l’université. Mais pourquoi n’y en avait-il que deux ?
Ces deux règles étaient claires, mais elles étaient aussi très permissives. En s’y prenant bien, on pouvait facilement les contourner. Si l’université n’était qu’un lieu d’apprentissage, il aurait pu instaurer davantage de règles pour protéger les élèves.
Pourtant, il n’y avait que deux règles ici. Et les mages n’en étaient devenus que plus retors. Je clignai des yeux en silence. Peut-être que le président souhaitait justement que les choses se passent ainsi.
« Hm, oui. Alors, j’espère que tu survivras encore longtemps. Si tu disparais, ce sera aussi plus difficile de voir son côté amusant. »
« Cette réaction-là aussi était assez nouvelle », ajouta le président en hochant la tête. Mais ses lèvres sèches n’esquissaient pas le moindre sourire. Il avait un tout autre visage que lorsqu’il était avec la professeure Irian.
Il me regarda de son air impassible. Dans ses pupilles, mon reflet ne semblait pas différent de celui d’un objet. Puis son visage changea en un instant, et il sourit de nouveau.
En voyant cela, je compris. Le président était lui aussi un mage.
Je me rappelai ce que la professeure Irian avait dit avant de partir : lui et moi nous ressemblions. Peut-être avait-elle raison.
À présent que j’étais seul avec lui, le pouvoir magique du trésor enfoui dans mon corps s’agitait faiblement. Comme s’il avait rencontré un compagnon. Au milieu de cette sensation, je perçus vaguement quelque chose.
Tout comme moi, qui suivais la professeure, lui aussi attendait quelque chose d’elle.
J’ignorais quoi. Je ne l’avais senti que par instinct. Je dissimulai l’agitation de ce pouvoir magique et souris discrètement.
« Voilà à peu près tout ce que je voulais te dire. Reste longtemps aux côtés d’Irian. J’aimerais qu’elle s’appuie davantage sur toi. »
« Ce ne serait pas encore plus amusant ? » ajouta-t-il dans un grand éclat de rire. Je lui adressai un léger signe de tête. J’ignorais quelles étaient ses intentions, mais rester auprès d’elle était de toute façon une évidence.
« Alors, je vais te renvoyer. Ce sera probablement notre dernière rencontre, à moins que tu ne deviennes professeur. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir un jour. »
Il me poussa légèrement. Je commençai alors à flotter lentement. Comme si je nageais dans les airs, je me mis naturellement à avancer vers l’extérieur.
Je m’inclinai profondément devant le président. Comme il l’avait dit, c’était peut-être notre dernière rencontre. Professeur, hein ? Je pensai à la professeure Irian. Jamais je ne pourrais devenir comme elle.
Devant l’immense porte, il me fit un léger signe de la main. Au même instant, je sentis un faible courant. Porté par celui-ci, mon corps fila rapidement vers l’extérieur.
Tout se passa en un clignement d’œil. Avant même de m’en rendre compte, je me trouvais hors du palais. Suspendu sous l’eau, je le contemplai d’un air absent tandis que des bulles commençaient à s’en échapper.
Au même moment, une légère ondulation apparut. Elle s’amplifia peu à peu, jusqu’à recouvrir bientôt tout le palais et à se contorsionner comme une masse unique. À l’intérieur de cette ondulation, le palais commença peu à peu à se froisser.
Peu après, l’ondulation disparut sans laisser de trace. Le palais avait lui aussi disparu. À la place de l’édifice entièrement effacé, il ne restait qu’une immense grotte formée par la carapace de la tortue.
« Oh là là, le président t’a personnellement raccompagné ? Je ne pensais pas que tu sortirais aussi vite. »
J’entendis la voix de Mira. En me tournant vers elle, je la vis me faire un petit signe de la main. Elle était tout près de la professeure. Je lui adressai un léger signe de tête.
À côté de Mira, la professeure me regardait d’un air méfiant. Je sentais nettement le mépris dans son regard. J’eus mal au cœur. Dire que la professeure me regardait ainsi.
Je m’avançai lentement vers elles. Mais je dus m’arrêter aussitôt. La professeure avait reculé exactement de la même distance que celle dont je m’étais approché. Elle baissa légèrement les yeux vers son propre corps, qui avait reculé.
« Hm. Une réaction instinctive de rejet. N’approche pas. Ressors-moi ça. »
Elle garda ses distances et m’indiqua légèrement quelque chose du menton. Ça ? Il n’y avait qu’une seule chose qu’elle pouvait vouloir dire. Je baissai les yeux vers ma poitrine. La tortue y était accrochée, enfouie dans sa carapace. C’était probablement d’elle qu’elle parlait.
Je déposai la tortue dans ma main. Elle se mit à gigoter et à trembler dans sa carapace. Après avoir vérifié un instant ce qui se passait à l’extérieur, elle en sortit le corps.
Elle avait toujours l’apparence d’une fille. Son visage, identique à celui de la professeure, apparut. Le pouvoir magique de la professeure la souleva délicatement. Elle la posa dans sa paume et la regarda.
Elle ouvrit et referma la bouche plusieurs fois, puis tourna les yeux vers Mira. Celle-ci croisa son regard et lui sourit légèrement. La professeure poussa un petit soupir, puis me lança un regard noir.
« Je ne pense pas pouvoir croire un mot de ce que raconte cet imbécile pour l’instant. Alors, explique-moi. Qu’est-ce qu’il y a exactement là-dedans ? Ce fichu président ne m’a rien expliqué correctement. Et je ne peux pas non plus la disséquer comme ça. »
Au mot « disséquer », la tortue tressaillit. Puis elle poussa un urgent « mééé » en direction de Mira. Son corps tremblait. Mira se tapota légèrement le menton.
Elle me jeta un coup d’œil. Un sourire un peu embarrassé se dessina sur ses lèvres. Ceux qui peuvent survivre devraient survivre, non ? Les mots qu’elle m’avait soufflés semblèrent me frôler les oreilles.
« C’est un fragment du corps de la professeure. »
« Un fragment de mon corps ? Si on m’avait pris quelque chose comme ça, je l’aurais tout de suite remarqué. »
La professeure avait l’air mal à l’aise. Mira poussa un léger soupir. Les yeux de la professeure brillèrent : elle lui demandait d’en dire davantage.
« C’est tout naturel. Ce sont des choses que monsieur Evron a récoltées tout à fait naturellement. Des cheveux, des ongles ou de la salive, par exemple. »
À ces mots, la professeure toucha ses cheveux. Une mèche se détacha dans sa paume et se mit à luire. Elle la contempla en silence, puis regarda la tortue.
La tortue l’observa un instant à son tour avant de détourner le regard. Leurs yeux se croisèrent : leurs cheveux étaient exactement de la même couleur dorée. La professeure eut l’air écœurée. Puis elle brûla la mèche dans sa main.
« Pas étonnant. Je trouvais quelque chose de bizarre depuis quelque temps. C’est donc pour ça que tu t’es mise à t’accrocher à moi tout d’un coup. »
Tout en marmonnant, la professeure posa un doigt sur la tortue. Du pouvoir magique s’éleva du bout de son doigt, placé sur son front. Il enveloppa doucement le corps de la tortue, qui ferma les yeux et s’y abandonna.
Le pouvoir magique de la professeure pénétra dans la tortue. Une connexion se forma alors naturellement entre elles. Le fragment qu’elle contenait avait commencé à répondre au pouvoir magique de la professeure.
La tortue m’appartenant aussi, je pus ressentir une partie de cette connexion. À travers elle, je sentis la professeure fouiller en profondeur le secret dissimulé dans le cœur de mana de la tortue.
La professeure balaya une fois son corps de son pouvoir magique, puis le retira. Son expression se fit encore plus écœurée. Son visage était presque déformé par le dégoût. Elle me lança un regard noir.
« Tu as récupéré toutes ces choses et tu les as agglomérées à ce point ? Pas étonnant que ça me paraissait familier chaque fois que je la regardais. Ha… Mais qu’est-ce que c’est que ça ? »
Elle soupira. Ce soupir était lourd de sens. Il exprimait non seulement du mépris et du dégoût, mais bien davantage. Son pouvoir magique s’alourdit.
« C’est fascinant, en tout cas. Je ne savais pas qu’on pouvait obtenir une telle transformation avec ces seules choses. Je ne sais pas si je dois appeler ça un hasard ou du talent. »
Elle caressa légèrement la tête de la tortue. Celle-ci poussa un « mééé » en sentant son contact. La professeure lui adressa un faible sourire.
En voyant ce sourire, je commençai à reprendre un peu espoir. Peut-être allait-elle me pardonner après avoir vu mon travail ? Tandis que j’y pensais, elle effaça son sourire et claqua la langue. Puis elle tourna son regard vers moi.
Dès que nos regards se croisèrent, je compris que mon espoir était vain. Ses yeux étaient glacials. Il n’y avait pas la moindre émotion dans son regard. Sa colère semblait avoir débordé et explosé.
« Rentrons d’abord. »
Elle cracha ces mots comme si elle mâchait sa colère. Comme pour lui répondre, la tortue agrandit sa carapace, y dissimula de nouveau son corps et reprit sa forme de tortue. La professeure lui tapota légèrement la tête et la posa au sol.
La tortue grandit alors. Lorsqu’elle eut atteint la taille d’une petite calèche, elle replia les pattes et s’installa au sol. Puis elle abaissa sa carapace et en fit un escalier.
La professeure gravit les marches sans hésiter et entra dans la pièce aménagée sur son dos. Mira me fit un petit signe de la main, puis la suivit. La porte se referma fermement derrière elles.
La tortue me regarda et poussa un « mééé ». Je sentis en même temps sa volonté m’invitant à monter. Je m’exécutai avec hésitation et grimpai sur sa carapace. À l’intérieur de la pièce, le pouvoir magique de la professeure commença lentement à fleurir.
Ce pouvoir magique enveloppa la tortue, qui s’abandonna tranquillement à lui. Puis il souleva lentement son corps. Devant la tortue, un courant se forma peu à peu.
La tortue poussa un cri enthousiaste et s’engagea dans le courant. Le pouvoir magique guida ses mouvements et l’emporta à vive allure. Elle jaillit hors de la grotte.
Puis la tortue remonta rapidement vers la surface. Le pouvoir magique de la professeure, gravé dans son corps, lui conférait une vitesse explosive. À ce rythme, le retour ne prendrait même pas une journée.
Et le pouvoir magique de la professeure ne se contentait pas d’aider la tortue à avancer. Comme il enveloppait étroitement son corps, il m’enveloppa moi aussi.
J’essayai de me dégager discrètement, mais il s’enroula autour de moi comme un serpent. Sentant qu’il me ligotait étroitement, je fermai les yeux.
La colère de la professeure semblait vraiment immense. Elle comptait me punir même pendant le trajet du retour. Ce pouvoir magique se mit à extraire mon âme, puis la divisa lentement en treize branches.
Le pouvoir magique de la professeure s’enfonça rapidement dans les interstices de mon âme divisée. Celle-ci se remit à brûler. Les flammes de colère contenues dans son pouvoir magique brûlaient encore plus férocement qu’avant.
Durant tout le trajet du retour, cette torture se poursuivit sans fin. Je n’eus d’autre choix que d’endurer la douleur. Mais si cela s’arrêtait là, ça allait. Cette souffrance m’apportait même une sorte d’intuition.
Si c’était le prix à payer pour ma faute, je pouvais l’accepter de bon cœur. Si cela suffisait à apaiser un peu la professeure, alors tant mieux.
Mais la punition qu’elle m’infligea ne s’arrêta pas là. Le lendemain de notre retour à la tour, je m’effondrai devant la porte hermétiquement close. D’innombrables sorts de scellement recouvraient la porte.
La professeure s’était enfermée dans sa chambre. Le spectre qui sortit de la sonnette désigna silencieusement l’écriteau accroché à la porte. On pouvait y lire : « Evron interdit ».
C’était impossible. Je ne pus que fixer l’écriteau, accablé de désespoir.
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