Chapitre 111
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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◈ Survivre à l’Académie de magie
Chapitre 111
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La professeure Irian reprit discrètement son souffle. Contrairement à son immense pouvoir magique, son corps était exactement tel qu’il paraissait : celui d’une jeune fille. C’était aussi pour cela que je n’avais pas pu deviner si facilement sa véritable identité.
Son corps de jeune fille était terriblement fragile. Chaque fois qu’elle était troublée comme ça, elle ne parvenait plus à le maîtriser correctement. Pour un dragon, c’était une forme bien trop imprudente.
Mais à présent, j’en étais sûr. Un dragon se cachait sans aucun doute dans ce petit corps. Je lui caressai doucement le dos avec mon pouvoir magique. Une partie de celui-ci pénétra dans la chaise et activa la magie qu’elle renfermait.
Les sorts s’enroulèrent autour de son corps et le caressèrent lentement. Peu à peu, elle se calma. Je m’approchai, puis lui servis une autre tasse de thé.
« Vous allez bien ? On dirait que je vous ai effrayée, professeure. Tenez, buvez quelque chose de chaud. Ça devrait vous aider à vous sentir un peu mieux.
Elle jeta un regard réticent à la tasse, puis l’accepta en silence. Elle se mit à boire à petites gorgées. Je lui tendis délicatement un morceau de nuage. Elle l’accepta aussi sans un mot et le mangea.
Je hochai la tête, satisfait. Hmm, tous ces en-cas que je lui apportais régulièrement avaient fini par payer. La professeure semblait s’être un peu habituée à mes gestes. C’était Mira qui m’avait conseillé de procéder ainsi : quand on voulait se rapprocher de quelqu’un, il fallait commencer par de légers contacts.
Alors qu’elle mâchait, elle se mit soudain à trembler. Puis elle agita doucement la main. Le pouvoir magique qui jaillit de ses doigts repoussa tous les sorts enroulés autour de son corps. Elle posa une main sur son front et fronça légèrement les sourcils.
« Tu recommences. À me demander si je suis un dragon ? Maintenant, je comprends tout ton comportement depuis le début. Tu t’es encore entiché d’une idée étrange.
« D’après ce que j’ai découvert… Ah ! »
Je m’interrompis un instant. J’avais parfaitement saisi le sens caché de ses paroles. Je croisai son regard et hochai légèrement la tête, puis m’inclinai devant elle.
« C’est exact. C’est impossible. Vous avez raison, professeure. Il semblerait que je me sois trompé, cette fois.
Apparemment, elle voulait garder son identité secrète. Cela signifiait sûrement qu’elle me demandait de ne pas la révéler aux autres. Et puisque j’étais son subordonné, je devais accéder à son souhait. Oui, dans ce cas, à partir de maintenant, elle n’était pas un dragon.
Je me redressai, les yeux brillants, puis adressai un grand sourire à la professeure. Un sourire débordant de mes sentiments pour elle.
« Ce type est déjà dans son petit monde et ne m’écoute même pas… »
La professeure me fixa, puis poussa un soupir.
« Alors, explique-moi. Pourquoi as-tu conclu que j’étais un dragon ?
Si la professeure le désirait, je devais lui obéir. C’était assurément mon devoir. Je sortis le couteau à sculpter de mes bras et le lui tendis avec précaution. Puis je lui racontai lentement tout le cheminement de ma réflexion.
Tout avait commencé par sa gentillesse, qui avait éveillé mes interrogations. J’avais cherché à en comprendre la raison et en étais venu à penser qu’elle était un dragon. Puis, grâce à Mira, j’avais fini par être certain que cette écaille venait de la professeure Irian.
En m’écoutant, la professeure cligna des yeux, l’air absent. Mon raisonnement sans faille l’avait apparemment impressionnée. Les indices qu’elle avait laissés derrière elle s’assemblaient avec une parfaite évidence. Ils étaient apparus si clairement, comme s’ils me disaient de trouver la réponse.
C’était pour cela que j’avais même envisagé qu’elle me l’ait révélé exprès. Elle avait secrètement dévoilé son identité à son unique subordonné de confiance. Et j’étais ainsi parvenu à la vérité.
Ah, quelle raison de lui être reconnaissant ! Dire qu’elle m’estimait et se souciait autant de moi… Je ne savais pas comment m’acquitter d’une si immense bonté. La loyauté et l’amour que je lui portais s’épanouirent pleinement dans ma poitrine.
Enfin, mon récit prit fin. Je regardai la professeure avec un grand sourire. Elle fixait d’un air dubitatif le couteau à sculpter posé devant elle.
Je m’approchai lentement de la table et remplis de nouveau sa tasse. Le parfum du thé se répandit autour de nous et éclaircit l’esprit. Elle me regarda, puis hocha lentement la tête.
« … Je ne pensais pas avoir laissé autant de traces. Enfin, ce n’est peut-être pas grave si tu le sais. Oui, je suis un dra…
« Non, je me suis trompé.
Je secouai gravement la tête. Ce qui importait davantage que de savoir si mon raisonnement était juste ou non, c’était la volonté de la professeure. Jusqu’à il y a un instant, elle avait voulu cacher son identité. Je devais respecter sa volonté.
Je rectifiai discrètement mes pensées. Elle n’était pas un dragon. Par conséquent, mon raisonnement selon lequel elle était un dragon était erroné. Donc, elle n’était pas un dragon. Voilà la vérité de ce monde, parfaitement articulée en trois étapes.
« Non, je dis que je suis un dragon…
« Il semblerait qu’il y ait eu une erreur dans mon raisonnement. Il est impossible que vous soyez un dragon, professeure. Je garderai simplement ce sens caché au plus profond de mon cœur. Je ne peux que m’excuser d’avoir fait preuve d’une déduction si bâclée.
« Tout était correct…
« Non ! Je me suis trompé !
« Arrête de m’interrompre…
« Quelle sottise de ma part ! Oser penser que vous étiez un dragon, professeure !
C’était moi qui avais tort. La professeure avait toujours raison. Donc, elle n’était pas un dragon ! Je laissai éclater cette conviction et lui souris de toutes mes dents.
La professeure croisa mon regard, puis claqua la langue. Le pouvoir magique qui ondoyait autour d’elle se mit à exercer une pression intense.
« Ça ne va pas. Tu es trop difficile à gérer dans cet état. Commençons par remettre ta tête en ordre, puis nous discuterons.
Ma tête ? Qu’est-ce qu’elle voulait dire ? Je clignai des yeux, perplexe, tandis que son pouvoir magique m’attirait brusquement. Je me retrouvai à genoux juste devant elle et levai les yeux vers la professeure.
Elle posa la main sur le sommet de mon crâne. C’était encore une bonté de la professeure ! Elle me touchait la tête. Comment une chose aussi merveilleuse pouvait-elle m’arriver ?
Une onde se forma sous sa main. C’était du pouvoir magique doré. Il se déversa directement dans ma tête.
Ce pouvoir magique s’enfonça dans mon esprit comme un filet, puis se mit à rassembler tout ce qui s’y trouvait. C’était une sorte de magie de détection.
Les éléments qui avaient toujours fait partie de mon corps traversaient naturellement ce filet, mais de petites taches se prirent dedans, une à une. C’était le pouvoir magique qui venait des trésors. Ces choses qui s’étaient enfoncées jusqu’au plus profond de mon esprit.
Il serait plus juste de dire que le filet ne les avait pas trouvées, mais que son pouvoir magique les avait ensorcelées et attirées à lui. Ainsi, le filet commença à éliminer toute la contamination des trésors dans ma tête.
Au même moment, une révélation me traversa l’esprit. Était-ce pour cela qu’elle ne m’avait pas frappé jusqu’ici ? Parce qu’au moindre contact avec son pouvoir magique, celui des trésors était attiré de la sorte.
Peu à peu, mon esprit s’éclaircit. Des choses auxquelles je n’avais jamais pensé me vinrent naturellement à l’esprit, et une faible sensation de libération envahit mes pensées.
« Alors, tu te sens un peu plus normal ?
La professeure avait parlé. Je levai les yeux vers elle en silence. Ses cheveux aux reflets dorés renvoyaient la lumière du soleil en un éclat éblouissant. Sous sa chevelure, ses yeux me dévisageaient d’un air renfrogné.
C’était bien la professeure, comme d’habitude. Pourtant, pour une raison ou une autre, l’affection qui n’avait cessé de croître en moi jusqu’à l’instant précédent avait disparu. Seule une légère pression me serrait la poitrine.
Je refermai doucement la main. Qu’avais-je donc fait tout ce temps ? Je venais même de donner moi-même des friandises à la professeure. Hmm… Je n’arrivais pas à croire que j’aie eu autant d’audace.
Bien sûr, même si ma tête pensait ainsi, mon corps restait attiré par elle. Elle n’avait ôté que la contamination de mon esprit. Malgré tout, je n’étais plus dans cet état où je ne pensais qu’à elle.
« … Oui, grâce à vous. Merci beaucoup.
Je lui adressai un petit sourire amer. Depuis que j’avais acquis la certitude qu’elle était un dragon, chaque fois que je me tenais devant elle comme ça, le pouvoir magique des trésors s’insinuait en moi jusqu’au bout de mes pensées. Puis je tombais sous son charme. Comme Hao, autrefois, quand il était enivré par l’Anneau du Ciel.
À cause de cela, je m’étais sans doute un peu emballé. Le comportement honteux dont j’avais fait preuve quelques instants plus tôt me revint en mémoire. Mortifié, je baissai la tête devant elle. La professeure me regarda, puis claqua doucement la langue.
« Maintenant que tu t’es calmé, on va enfin pouvoir discuter.
Elle poussa un profond soupir, puis se frotta légèrement le front.
« Je n’aurais jamais cru que tu déduirais ma véritable nature à partir de cette seule écaille. Et encore moins que le pouvoir magique des trésors te guiderait aussi loin. Tu as quand même vu juste, d’une manière ou d’une autre.
À ces mots, mes paupières tressaillirent légèrement. Elle venait d’admettre elle-même qu’elle était un dragon. J’en étais certain, mais l’entendre de sa propre bouche me fit un effet tout nouveau.
« Enfin, ça ne change rien que je sois un dragon.
Je secouai doucement la tête et fermai les yeux. Elle disait que rien ne changeait. Mais c’était faux. Même maintenant, à cet instant précis, alors que j’avais échappé au pouvoir magique des trésors, ma loyauté envers elle recommençait à grandir en moi.
Le fait qu’elle était un dragon n’était plus une certitude : c’était devenu un fait. De plus, je demeurais son subordonné. En d’autres termes, il était évident que j’étais le subordonné de confiance d’un dragon.
Mon affection pour elle se remit à grandir. Ce n’était pas un sentiment né de l’attirance créée par le pouvoir magique des trésors. Il ne pouvait s’agir que de ma véritable vénération pour elle.
J’ouvris brusquement les yeux et regardai la professeure. D’une manière ou d’une autre, l’élégante dignité propre aux dragons semblait naturellement émaner d’elle. Je me prosternai aussitôt devant elle.
« Dire que vous êtes un dragon… C’est vraiment incroyable. Je vous suis profondément reconnaissant de m’avoir accordé une telle faveur. Comme on pouvait s’y attendre de vous, professeure. Je croirai en vous et vous suivrai jusqu’à la fin de mes jours !
Après avoir lancé ces mots, je relevai la tête et adressai un grand sourire à la professeure. Quand je la regardai ainsi, rayonnant, elle baissa les yeux vers moi avec un air exaspéré. Bien sûr, je plaisantais à moitié.
« Il a été imprégné de pouvoir magique au point de se prendre pour un trésor ? Je crois que sa tête a vraiment un problème…
La professeure marmonna tout bas. En l’entendant, mes yeux s’illuminèrent. Un trésor ? C’était vrai. Moi aussi, je pouvais être considéré comme un trésor. Un trésor entre ses mains !
« Je ne peux que vous remercier de dire cela, professeure. Dire que vous me considérez comme un trésor… Ce sont des paroles profondément émouvantes. Je vivrai en les gravant en lettres d’or dans mon cœur !
Je lançai cela avec une pointe de malice. Bien sûr, le reste était parfaitement sincère. La professeure poussa encore un soupir.
Puis elle agita la main. Le pouvoir magique jailli de ses doigts s’abattit sur moi.
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« Et voilà comment je me suis fait chasser.
À ces mots, quelqu’un éclata de rire. Quand je tournai les yeux vers la personne, je vis Mira sourire, visiblement amusée.
« Héhé, comme c’est mignon.
Mira avait dit ça. Mignon ? Je ne savais pas à qui elle s’adressait. À la professeure, ou à moi ? Ou peut-être aux deux.
« Alors, comment ça s’est passé ? Mon conseil t’a un peu aidé ?
Elle me posa la question, les yeux brillants de curiosité. Je hochai légèrement la tête.
« Oui, c’était très bien.
« Tant mieux, alors.
Mira sourit et s’appuya contre moi. Je la soutins doucement et baissai légèrement la tête. Elle m’avait conseillé sur la manière d’aborder la professeure.
D’après elle, la professeure dégageait quelque chose de pointilleux, mais aussi de pur à certains égards. Je devais donc m’approcher d’elle avec beaucoup de précaution.
Après avoir entendu son conseil, je m’étais rapproché de la professeure petit à petit, tout ce temps. Lentement, j’avais gagné du terrain auprès d’elle, au point qu’aujourd’hui, j’avais pu lui mettre des friandises directement dans la bouche.
Et finalement, j’avais réussi à apprendre de la bouche même de la professeure qu’elle était un dragon. Ce n’était plus une certitude, mais un fait. Ma poitrine débordait de loyauté envers elle.
« À partir de maintenant, tu dois continuer comme ça. Surtout, ne t’impatiente jamais.
« Oui, j’ai pu le constater aujourd’hui aussi.
Je hochai la tête. Oui, comme elle l’avait dit, je m’étais un peu trop précipité aujourd’hui. Je m’étais aussi montré plutôt insistant avec la professeure. Résultat, elle s’était quelque peu méfiée. Je devais donc faire un pas en arrière.
Dire qu’elle avait si bien cerné la professeure… Comme on pouvait s’y attendre d’un trésor qui comprenait si bien le cœur des gens. J’échangeai un léger sourire avec Mira.
Je ne voulais qu’une chose : que la professeure s’appuie de plus en plus sur moi. C’était ce que je m’étais dit en découvrant qu’elle était un dragon.
C’était la même disposition d’esprit que celle que j’avais eue en arrivant à l’université : me consacrer à elle et lui faire plaisir autant que possible. Je voulais simplement aller un peu plus loin et ancrer mon existence en elle.
« Au fait, essayer d’apprivoiser la professeure… Tu es plutôt audacieux.
Mira avait parlé. Je lui jetai un regard de côté. L’apprivoiser ? C’était un mot bien vulgaire pour décrire cela. Je voulais simplement que nous devenions un maître et son subordonné, tous deux soucieux l’un de l’autre.
Alors que je discutais un peu avec elle de la suite, le n° 0 s’approcha de nous. Il tenait une petite marionnette à la main.
Il posa la marionnette sur la table, puis me regarda en croisant discrètement les bras.
Je fis circuler mon pouvoir magique et examinai soigneusement sa marionnette. Elle était très différente de ce qu’il fabriquait d’habitude, presque comme si je l’avais faite moi-même.
Il s’agissait apparemment du devoir de la professeure On. Après en avoir même inspecté l’intérieur, je regardai le n° 0. Il soutint mon regard, le visage tendu.
Je secouai lentement la tête. J’avais déjà essayé cette approche, et dès que j’avais fabriqué ma marionnette, j’avais compris que ce n’était pas la bonne. Le n° 0 avait probablement compris la même chose dès qu’il avait terminé la sienne. Son corps s’affaissa.
Ce qu’il avait tenté relevait de l’imitation. Tout comme il m’avait imité, j’avais essayé d’imiter d’autres marionnettistes. Mais les créations ainsi obtenues n’étaient que des variantes de ma manière de fabriquer des marionnettes.
La professeure On m’avait demandé de créer une marionnette différente des miennes. J’y avais beaucoup réfléchi et avais fini par trouver une réponse. Elle était étonnamment proche : la professeure Irian.
C’était un dragon, mais aussi un être doté d’un corps humain. Et ce corps n’était rien d’autre que fragile. Un corps humain d’une grande pureté.
En étudiant avec Mira les caractéristiques de la professeure, je m’étais demandé si je pouvais appliquer cela aux marionnettes aussi. Tout comme un dragon prenait forme humaine, une marionnette pourrait se métamorphoser en une autre forme.
C’était la direction que j’avais prise pour ce devoir. Eh bien, je ne m’étais pas attendu à trouver une idée pareille en m’occupant de la professeure. J’en parlai brièvement au n° 0.
Il s’éloigna, plongé dans ses pensées. Il allait apparemment fabriquer une nouvelle marionnette. En le regardant partir, je souris légèrement.
La professeure Irian avait-elle pleinement révélé son identité pour m’enseigner cette leçon ? Bien sûr que non.
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