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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à la fantasy sombre gelée en tant que mage de génie ◈
Chapitre 92 : Entre détermination, illégalité et légalité
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Hans se servit de la lettre de recommandation d’Ian pour entrer dans la Tour de magie et commença à enquêter sur la Société secrète.
Les mages de la Tour de magie ne s’intéressaient pas à un étranger comme Hans.
C’étaient des érudits dans l’âme, du genre à ne guère prêter attention à ce qui les entourait, sauf si quelque chose éveillait leur intérêt…
« C’est pareil ici aussi. »
La Tour de magie avait elle aussi été en effervescence à la suite de l’incident récent avec le Maître d’étage.
« Ces enfoirés de la Guilde nous ont caché un sujet de recherche aussi intéressant jusqu’à maintenant. Tss. »
« Le Maître d’étage du troisième étage, l’Observateur des étoiles. Comment peut-on percer son immunité magique ? »
« Utiliser un objet magique qui déforme la réalité. Bloquer physiquement les yeux, qui sont à l’origine de son Dissipation. Lancer des sorts depuis l’intérieur. Quelque chose comme ça ? »
« Parfait en théorie. Qui a d’abord mis tout ça au point ? Ce Ian, là ? »
« Aucune idée. J’ai entendu dire que c’était un excentrique qui s’intéressait plus au Labyrinthe qu’à la recherche ou aux études… »
« Hmm. Quel dommage. J’aurais aimé en discuter avec lui. »
Même les fiers mages de la Tour de magie murmuraient le nom d’Ian.
Une fois de plus frappé par le talent d’Ian, Hans se mit à inspecter discrètement les moindres recoins de la Tour de magie.
Un éclaireur.
Un guide qui menait les membres de son groupe dans les ténèbres, au milieu des labyrinthes et des horreurs, quand ils ne voyaient pas à un pouce devant eux.
Hans répétait toujours qu’il manquait de talent parce qu’un vétéran chevronné comme Ian lui faisait de l’ombre. Pourtant, il était plutôt doué.
Sinon, jamais un membre d’un groupe d’expédition envoyé dans les premiers étages n’aurait survécu plus de trois ans.
Un éclaireur dépourvu de bénédictions particulières devait posséder bien des qualités pour repérer pièges et chemins : le sens de l’observation nécessaire pour remarquer la moindre trace, le raisonnement pour assembler les indices, l’imagination pour s’affranchir des idées préconçues et de vastes connaissances.
« Pour arriver à les suivre… »
Parce qu’il venait de tout en bas, Hans voyait des choses qui échappaient aux autres.
Après des efforts acharnés et un coup de chance, Hans finit par trouver des traces de la Société secrète.
« Comment cette personne a-t-elle pu… ! »
L’identité de cette personne le stupéfia encore davantage que d’apprendre que le vieux héros Dmitri appartenait en réalité à la Société secrète.
Le problème, c’était…
« Dire que je me ferais démasquer dans un endroit pareil. »
L’autre l’avait-il repéré, lui aussi ?
« Comment as-tu pu… ? Ian te faisait confiance ! »
« La Société secrète n’est pas une organisation remplie de gens mauvais comme tu le crois. Enfin, tu ne m’écouteras pas, quoi que je dise. »
Hans tira avec son arbalète et bondit en prenant appui sur le sol.
Ffff !
L’autre bloqua facilement son attaque et le maîtrisa.
« Ghh ! »
Était-ce la fin ?
Dans ses yeux calmes, une lueur de peur vacilla.
Il avait risqué sa vie en tant que membre d’un groupe d’expédition, mais cela ne signifiait pas qu’il n’était pas attaché à la vie.
Il voulait vivre.
Plus que quiconque, il voulait vivre.
Et pourtant, ce qui pesait le plus lourd à cet instant, c’était…
« Je dois prévenir mes compagnons… »
Il ne s’était pas encore acquitté de son devoir.
Peut-être que quelque chose dans les yeux de Hans toucha l’autre.
Oh ?
Une lueur étrange apparut dans les yeux de l’être.
« Je ne vais pas te tuer. J’ai une assez haute opinion de ce type. Il ferait un candidat idéal pour le Huitième Œil. Héhé. »
Au lieu d’achever Hans, l’autre membre de la Société secrète posa une main sur son front et récita un sort.
« Mmph ! »
Le choc fit perdre connaissance à Hans.
À son réveil, il ne se souvenait de rien de ce qui s’était passé après son entrée dans la Tour de magie.
* * *
« Je me souviens être parti pour la Tour de magie, mais après, c’est le trou noir. »
Hans, qui avait perdu tous ses souvenirs de la Tour de magie, se rendit au manoir de la Famille Veliar et nous raconta ce qui s’était passé.
Des souvenirs manquants, un trou dans le temps.
Il dit que quelqu’un avait dû lui faire quelque chose pendant son enquête sur la Société secrète.
« On dirait qu’on t’a lancé un sort ou utilisé un objet magique pour effacer tes souvenirs. Je suis juste content que tu sois revenu vivant, Hans. »
« Ian a raison, Hans. Tu sais à quel point on s’est inquiétés ? »
« C’est vrai. Rien n’est plus précieux que la vie ! »
Gimlius réconforta Hans en le serrant dans ses petits bras.
Puis nous nous mîmes à chercher ce qui s’était passé.
« Mais il y a quelque chose qui cloche dans ce que Hans a dit… Tu as perdu la mémoire, alors comment sais-tu qu’il y a un coupable ? »
Elena ricana à la question de Daisy.
« Idiote. Il est allé à la Tour de magie pour enquêter, et seuls ces souvenirs-là ont disparu. C’est forcément la Société secrète. »
« C’est toi, l’idiote, Elena. Je veux dire que Hans a accepté cette conclusion beaucoup trop vite. S’il a perdu autant de souvenirs, il lui serait difficile d’être certain que quelqu’un lui a fait quelque chose. »
« Quoi ?! »
« Arrêtez, arrêtez. Ne vous disputez pas. »
« La question de Daisy est légitime. »
Je regardai Hans.
Après un instant d’hésitation, Hans tendit quelque chose.
« Si je suis certain d’avoir perdu la mémoire et que quelqu’un m’a fait quelque chose, c’est… grâce à ça. »
Hans nous tendit un morceau de papier.
Des mots y étaient inscrits avec du mana.
On pouvait y lire :
[Le Tueur de dragons sera incapable de bouger pendant un certain temps.]
« Le Tueur de dragons ? Ce bâtard de dragonkin ? »
J’examinai soigneusement le billet.
« Dmitri n’aurait pas envoyé ça lui-même… »
« Vu les circonstances, c’est probablement un signal qu’un autre membre de la Société secrète nous a envoyé. »
« L’écriture a été tracée par magie. Impossible de la comparer. »
« Je suis parti si sûr de moi, et maintenant j’ai trop honte pour vous regarder en face. Ils m’ont peut-être fait quelque chose. Si vous décidez de me retirer du groupe, j’accepterai. »
Hans avait l’air rongé par la culpabilité.
« C’est… »
« Renvoyer quelqu’un qui a risqué sa vie pour s’infiltrer en territoire ennemi ?! Où est la logique ?! »
Gimlius me regarda comme s’il voulait me demander : « Tu ne vas quand même pas faire ça ? »
« Hmm… Darnen, tu peux m’aider ? »
« Bien sûr. »
Darnen et moi examinâmes Hans, mais ne trouvâmes aucun symptôme inhabituel.
Bien sûr, tous les membres de la Société secrète étaient incroyablement doués. Il se pouvait donc qu’ils aient dissimulé un piège que nous n’étions pas encore capables de détecter…
« Mais s’ils étaient vraiment hostiles, auraient-ils laissé Hans en vie en procédant de façon aussi détournée ? »
« Ce n’est pas comme s’il était impossible de remonter jusqu’à eux ou de lui rendre ses souvenirs. »
« Il aurait été plus simple de s’en débarrasser proprement. »
« Peut-être… »
« La personne qui a envoyé ce billet est peut-être en mauvais termes avec le Tueur de dragons, un autre membre de leur groupe. »
« Et si elle avait fait ça exprès pour se servir de nous ? »
« Tu n’as pas besoin de quitter le groupe, Hans. Reste avec nous pour l’instant, et nous surveillerons ton état. »
Il était vrai que les blessures de Dmitri étaient graves, à cause des séquelles de l’affrontement dans le Paysage mental.
Si le Tueur de dragons était grièvement blessé, comme l’indiquait le billet, et si la Société secrète était divisée à cause de cet incident, alors nous avions écarté la menace immédiate, du moins pour le moment.
Une fois ma décision prise, je parlai.
« Maintenant, nous devrions nous préparer à retourner dans le Labyrinthe. »
Gimlius prit un air inquiet en m’entendant.
« Tu vas les croire ? Ce sont tous des criminels notoires. »
Bien sûr, je n’allais pas faire aveuglément confiance au billet.
« Mais quand même… »
« Et alors ? On va se cacher ici et perdre notre temps parce qu’on a peur d’eux ? »
Je haussai les épaules, agacé.
« Sans même entrer dans le Labyrinthe ? »
Si nous en étions arrivés là, c’était uniquement parce que nous étions faibles.
« Même maintenant, les autres deviennent plus forts. Si nous restons là à hésiter, nous serons les seuls à prendre du retard. Et ça recommencera, avec un avenir qui ne nous réserve rien de bon. »
« … »
« Ne vaudrait-il pas mieux devenir forts au plus vite, pour que ni la guilde des groupes d’expédition ni la Société secrète ne puissent nous ignorer ? »
C’était un monde impitoyable où tout avait gelé.
Un monde où les parents vendaient leurs enfants faute de nourriture.
Dans ce monde où les poings pesaient plus lourd que la loi, être faible suffisait à faire de vous un criminel.
« Le sixième étage. Si nous devenons au moins des membres de groupe d’expédition de rang moyen ou élevé, nous ne nous ferons plus battre aussi facilement. »
…
Après un bref silence, Daisy hocha la tête.
« Ian a raison. Je fais toujours ce qu’il dit, mais il y a aussi un passage dans les enseignements de Meia qui dit qu’une réponse se trouve au bout de chaque épreuve. »
« Je commençais à me demander à quoi ressemblaient ces salauds arrogants. »
Elena croisa les bras, le feu du combat brillant dans les yeux.
« Quoi ? Ne pas entrer dans le Labyrinthe ? Le Labyrinthe n’est pas une bénédiction divine, mais un nid de mal ? »
Qui l’ignorait ?!
« Qui ne sait pas que le Labyrinthe est un endroit complètement pourri ?! On fait cette putain de merde pour survivre !!! »
Parce qu’on en avait marre d’avoir froid ! Parce qu’on avait faim ! Parce qu’on avait des familles à nourrir !
Les yeux émeraude d’Elena flamboyaient.
Elle était furieuse que certains traitent comme des futilités nos efforts, ceux des autres membres des groupes d’expédition et ceux des innombrables personnes qui se battaient désespérément pour survivre dans ce monde.
« Calme-toi, Elena. Les gens qui ont le ventre plein et la vie facile ont toujours d’autres préoccupations. La justice, l’honneur, l’illumination, ce genre de choses. »
Gimlius tapota le dos d’Elena et soupira.
« Ah… Ça fiche en l’air mon projet de retraite paisible, mais… je n’ai pas le choix. »
« Se faire effacer la mémoire, c’est horrible. Je ne veux plus jamais me retrouver impuissant. »
Hans transforma son complexe d’infériorité et sa déception face à sa propre faiblesse en moteur pour avancer.
Que cela nous plaise ou non, il nous fallait retourner dans le Labyrinthe.
« Plus nous approcherons des étages profonds, plus nous en apprendrons sur les secrets de ce monde. »
Comme dans la plaine enneigée, comme dans le Labyrinthe, les souffrances incapables de me tuer ne feraient que me rendre plus fort.
* * *
Bien sûr, nous ne pouvions pas retourner dans le Labyrinthe sur-le-champ.
Nous devions nous préparer en tirant le meilleur parti de ce que nous avions.
N’avions-nous pas gagné une fortune après avoir vaincu le Maître d’étage ?
« Elena et moi sommes déjà fauchés après avoir payé notre équipement, mais pas nos compagnons. »
Gimlius, Hans et Daisy possédaient chacun plusieurs centaines de pièces d’or.
« Les meilleurs moyens de devenir rapidement plus fort, ce sont les objets magiques et les Pierres de grâce. »
« Exact. Si on arrive à mettre la main sur des objets corrects. »
« Tu t’en vas ? »
Je regardai Darnen, qui semblait étrangement déçue.
Durant les quelques jours que nous avions passés au manoir de la Famille Veliar, j’avais appris beaucoup de choses sur elle.
D’abord, contrairement aux autres elfes noirs qui détestaient la lumière, elle aimait regarder le soleil et les oiseaux le matin, même en se frottant les yeux encore ensommeillés.
« Celui-là, c’est Cui-Cui, et celui-là, Roselyn. »
« Croâ ! Croâ ! »
« Même si les seuls oiseaux à s’approcher de ce manoir lugubre sont des corbeaux sinistres. »
Elle était aussi plutôt gourmande. Elle aimait les plats joliment présentés et prenait toujours le thé après le repas.
« Le parfum est agréable. »
« Même si nous devions vérifier le poison à chaque fois. »
« Qu’est-ce que je devrais mettre ? À ton avis, super mage de génie ? »
À mes yeux, tous ses vêtements se ressemblaient : des tenues ternes et sans intérêt. Pourtant, elle se creusait la tête pour choisir ce qu’elle allait porter aujourd’hui. Darnen avait des côtés étonnamment humains.
« Elle est encore plus singulière quand on la connaît de près. »
Je secouai la tête à la question de Darnen.
« Pas encore. »
« Alors ? »
« Je pensais aller au marché noir. Tu pourrais nous y conduire ? »
Dans le Labyrinthe, il n’y avait que deux endroits où trouver des marchandises rares comme les Pierres de grâce et les objets magiques.
L’un était la Maison de vente aux enchères des cristaux, dans le quartier nord du Labyrinthe, dirigée par la Société de l’Aube dorée.
L’autre était le marché noir, où s’accumulaient les marchandises venues des bas-fonds.
« La Maison de vente aux enchères des cristaux garantit la qualité, mais c’est cher. »
« Au marché noir, c’est la loterie. Mais avec un peu de chance, on peut dénicher des choses correctes à bas prix. »
Pour les objets magiques et les Pierres de grâce, même plusieurs centaines de pièces d’or ne représentaient que de l’argent de poche. Je comptais donc tenter le marché noir d’abord.
Bien sûr, il fallait une méthode spéciale pour y entrer…
Mais Darnen, qui était une elfe noire, devait savoir comment faire.
« D’accord. »
Comme prévu, Darnen acquiesça.
Mais après avoir répondu, elle s’interrompit, réfléchit un instant, puis reprit brusquement la parole.
« Maintenant que j’y pense, ce n’est pas équitable. »
« Hmm ? »
« Selon le code que suivent les membres des groupes d’expédition, ce n’est pas équitable. Je suis la seule à vous aider en ce moment. »
Elle n’aurait jamais dit ça avant…
« Ma tentative de profiter d’elle a échoué ! »
« Cette elfe noire a évolué ! »
En me tenant le ventre endolori, je lui proposai un compromis.
« Je t’aiderai la prochaine fois. »
« Très bien. »
« Justement, il y a un marché ce soir. Allons-y. »
Nous partîmes pour le marché noir à la faveur de l’obscurité.
Illégal ? J’en avais rien à foutre.
On ne récolte que des emmerdes quand on vit honnêtement.
« Je voulais vivre correctement ! »
Mais qu’est-ce que j’étais censé faire si le monde ne m’en laissait pas la possibilité ?
Bouhouhou.
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