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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à la fantasy sombre et gelée en génie de la magie ◈
Chapitre 9 : Un nouveau sort, un miracle avec 5 % de chances de survie
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L’espoir est toujours une bonne chose.
L’espoir que ma vie sera meilleure demain qu’aujourd’hui.
L’espoir permet aux gens de continuer à vivre. Il leur donne la force d’avancer.
« On y est presque… ! »
Quand nous vîmes que la Cité du Labyrinthe était proche, nous nous forçâmes à avancer.
Mais plus nous progressions…
Fffff !
La tempête de neige se mit à redoubler d’intensité.
Comme si elle voulait nous dire que nous n’atteindrions jamais cet endroit.
Comme si elle souhaitait nous ensevelir sous la neige et nous laisser mourir là.
« Beurk… Beurk… »
« Allez ! Il faut avancer ! On peut y arriver ! »
Je serrai la main de Daisy tandis qu’elle toussait. Elena me soutenait presque tout en me guidant, et Dize s’appuyait sur sa lance de l’autre côté de Daisy, dont il tenait l’autre main.
La chaleur de nos mains, à travers nos gants, était terriblement faible.
Malgré tout, cette chaleur partagée nous donna la force de continuer.
Un pas, puis un autre.
Nous nous frayâmes un chemin dans la neige qui nous arrivait aux cuisses.
« Attendez. »
Elena dressa soudain l’oreille.
« Quelque chose approche. Il n’y en a qu’un. »
Fffff !
Nous en avions croisé beaucoup au cours de la semaine écoulée. Les sens d’Elena s’étaient aiguisés au point qu’elle pouvait distinguer des pas dans une tempête hurlant comme le tonnerre.
Sans Elena, on serait morts depuis longtemps.
Crac. Crac.
Au début, je crus qu’il s’agissait d’une personne.
La Cité du Labyrinthe était tout près, et il semblait naturel que quelqu’un marche sous le soleil.
Puis j’entendis le cliquetis du métal. Un frisson me parcourut l’échine et je m’accroupis.
Une armure en métal ?!
« Tout le monde, à terre. »
« … !? »
« Un Draugr. Et c’est un guerrier. »
L’individu à l’origine des pas apparut derrière une congère au moment où nous nous baissions.
Crac. Crac.
Il portait une cotte de mailles à moitié déchirée, frappée du blason d’un ancien royaume disparu depuis longtemps. Son visage était caché sous un Grand heaume. Il tenait une énorme masse et un bouclier.
À première vue, on aurait dit un humain.
Mais nous savions instinctivement que c’était un monstre.
Aucun humain ne pouvait se déplacer normalement avec plus de dix flèches plantées dans le corps.
Et pire encore…
Putain, ce n’est pas un guerrier ordinaire. C’est de l’infanterie lourde !
Les Draugr frappés par l’éternelle Malédiction de l’hiver conservaient les caractéristiques qu’ils avaient de leur vivant.
Autrement dit, un spécimen plus grand et mieux équipé était plus puissant qu’un Guerrier gelé ordinaire.
On n’a aucune chance de le battre dans notre état.
Contre un guerrier ordinaire, nous aurions peut-être eu une chance.
Mais pas contre cette chose.
Je fis signe aux autres.
Daisy, si pleine de vie.
Dize, un lâche écrasé par le poids des responsabilités.
Elena, l’elfe.
Ils retinrent leur souffle et prièrent pour qu’il s’en aille.
Va-t’en, je t’en prie.
Allez, dégage. S’il te plaît.
Puis une situation particulièrement merdique se présenta à moi.
Cling, cling, cling.
La pièce du destin se mit à tournoyer.
[Pile ou face]
Haa… Putain.
Je soupirai et fermai les yeux.
Impossible de refuser de lancer la pièce.
Si je me souvenais bien, les deux choix seraient forcément ceux-là.
[Éviter le regard du fantassin lourd gelé.]
[Vous ne pouvez pas l’éviter.]
Si je ne choisissais rien, il nous attaquerait quand même.
Pile.
Comme si elle voulait que je lui sois reconnaissant pour tous mes succès passés, la pièce ignora ma supplication désespérée, cette fois.
[Face]
[Le fantassin lourd gelé vous a repérés.]
[Chances de victoire : 2 %]
Grrrr !
Dans un bruit affreux, pareil à de la glace qui se fissure, il se tourna vers nous.
Ouais. J’ai toujours eu la poisse.
« Il arrive ! Préparez-vous à vous battre !!! »
Je pointai mon bâton vers lui et brûlai le parchemin qui se trouvait en moi.
* * *
Deux morceaux de glace acérés fendirent le vent.
Ils filaient aussi vite que des flèches, mais le mort-vivant, couvert d’une solide armure, les bloqua sans difficulté avec son bouclier de fer fendu.
« Merde… On y était presque… »
Elena était la seule du groupe à pouvoir lui tenir tête, même brièvement.
Les dents serrées, elle se rua sur lui avec un pauvre bouclier en bois et une massue.
Crac !
Tout se passa en un clin d’œil.
Son bouclier vola en éclats. Des échardes jaillirent et son bras se tordit dans un angle impossible.
« Argh. »
Après avoir échangé un seul coup avec le fantassin lourd gelé qui chargeait, Elena fut projetée sur le côté.
« Elena ! »
J’aurais pu vérifier qu’Elena allait bien, mais je me concentrai uniquement sur l’ennemi et lançai une autre Pointe de glace.
Le point faible le plus vulnérable que je puisse trouver !
Le bouclier du Draugr lourdement cuirassé se brisa quand le sort le frappa selon un angle et à un moment calculés avec précision.
Mais ce fut tout.
Il jeta le bouclier en morceaux et saisit sa masse à deux mains, comme si ça lui facilitait la tâche, avant de se ruer sur moi.
M-merde.
En voyant ça, Dize se mit à trembler si fort qu’il se pissa dessus.
Un murmure résonna dans son cœur fragile.
Peut-être survivrait-il s’il abandonnait les autres et filait vers la ville.
Mais alors…
« Ian ! Elena ! »
Daisy, qui avait plusieurs années de moins que lui, se précipita sans crainte, bien qu’elle sût qu’elle n’avait aucune chance.
« Daisy, non… ! »
Dize s’apprêtait à lui dire de rester en arrière, puisqu’elle ne ferait que gêner, mais il ravala ses mots.
« … »
Qu’est-ce que tu fous ?
Tu es le plus âgé. Tu es un adulte. Qu’est-ce que tu fous, bordel ?
Ouais, tu as toujours été comme ça.
Si tu avais vécu correctement, tu en serais là, maintenant ?
Ce foutu sens des responsabilités.
La haine de soi. Le dégoût.
Les émotions sombres qui avaient enchaîné Dize toute sa vie déferlèrent en lui.
Pourtant, elles ne lui écrasèrent pas l’esprit…
Il serra le poing.
« Putain, putain ! »
Elles se changèrent plutôt en courage, qui explosa en lui.
« Aaaaaah ! »
Dize jeta sa lance et se jeta sur le fantassin lourd qui fonçait sur moi.
Bien sûr, il ne put pas l’arrêter. Tout au plus parvint-il à s’agripper à lui.
Il retarda tout de même le fantassin lourd gelé, qui allait fracasser la tête de Daisy et la mienne.
Dize le paya cher.
Le monstre abattit sa masse sans pitié sur son dos, puis le repoussa d’un coup de pied.
« Gnh. »
Dize fut projeté sur le côté dans un craquement d’os.
« Dize, oh… Aah ! »
Daisy subit le même sort.
« Ptooah ! »
Dans l’intervalle, Elena reprit ses esprits. Elle cracha du sang, ramassa la lance que Daisy avait lâchée et se rua sur le fantassin lourd.
C’était une lutte désespérée, comme des moutons qui se jettent sur un loup.
Un combat qui ne faisait que retarder la mort de quelques instants.
« Hah… Hah… »
L’elfe et le mort-vivant dansaient au milieu de la tempête de neige.
En regardant cette danse périlleuse, où le moindre faux pas pouvait tout faire basculer, je me creusai désespérément la tête.
Réfléchis.
Réfléchis.
Comment je peux tuer cette chose ?
Trouve quelque chose, toi qui connais ce putain de jeu jusque dans ses moindres détails !
J’avais beau réfléchir, je ne voyais aucun moyen de l’abattre avec ce que j’avais.
Il ne me restait qu’une Pointe de glace, Étincelle électrique et Lueur faible.
Il ne me reste qu’un seul sort offensif. Une Pointe de glace.
Elle ne peut même pas transpercer son armure.
Zéro pour cent.
Putain. Je vais mourir comme ça ? Après être allé si loin ?
Les lèvres d’Ian tremblèrent.
À cet instant, alors qu’il ne restait plus que le désespoir…
Fffff !
La tempête déchaînée sembla soudain envelopper ses épaules avec douceur.
Le toucher, l’odeur, le goût et le son de la neige et de la glace, ainsi que des sensations qu’il ne savait décrire, envahirent son esprit.
C’est… !
Ian se mit soudain à trembler.
Une révélation sans précédent s’épanouissait en lui.
C’était un nouveau sort.
Normalement, la Mémorisation exigeait une intense concentration vers six heures du matin, au lever du soleil.
Mais le génie d’Ian brillait de tous ses feux.
Dès qu’il apprenait un nouveau sort, il pouvait aussitôt le graver en lui, sur-le-champ.
Ce sort, c’était…
Rafale de givre !
* * *
Leur résistance au Givre était incroyable.
Mais je tenais là un moyen de les vaincre.
Je resserrai ma prise sur mon bâton malgré mes forces déclinantes et appelai Daisy.
« Daisy ! »
« … Beurk. »
« Daisy ! »
« O-Ouais. Ouais ! »
« La gourde ! Lance-la-moi ! »
Daisy me lança la dernière gourde qu’elle avait gardée contre elle pour l’empêcher de geler.
Je la rattrapai et pris une inspiration.
Le moment.
Si je me trompais ne serait-ce qu’un peu, c’était fini.
Je devais calculer l’instant parfait.
Il arriva quand…
« Agh ! »
Elena s’effondra enfin.
Je lançai la gourde sur le monstre.
[Pointe de glace]
Je lançai aussitôt ma dernière Pointe de glace, qui transperça la gourde.
Puis…
Rafale de givre.
Fffff !
Une lueur bleue vacilla tandis qu’un souffle de givre jaillissait du bout de mon bâton, plus puissant encore que le froid mordant du dehors.
Le givre se répandit en un instant sur son armure de métal et son heaume. Le fantassin lourd gelé vacilla puis se figea, sa masse levée bien haut pour frapper.
Crric ?
Le feu follet bleu qui tremblotait dans son heaume semblait clairement paniqué.
« Aaaaaaah ! »
Je ramassai un tronçon de lance brisé au sol et l’abattis sur la tête du mort-vivant gelé.
Crac !
Je ne fis qu’y laisser une minuscule fissure…
Si ça ne suffit pas une fois, je recommencerai !
Je frappai encore et encore, jusqu’à sentir mes mains prêtes à se déchirer. Une fissure se propagea sur son crâne.
Mais…
Putain !
Je jurai tandis que le sang coulait sur mes mains et que le tronçon de lance m’échappait.
Ma poigne faiblarde avait déjà lâché.
Je n’avais plus la force de lui porter le coup de grâce.
Le mort-vivant en armure trembla en résistant au Givre.
J’avais cru trouver une solution, mais à ce rythme, on était foutus.
Puis…
« Fi… Hah. »
Je me retournai au son d’une voix.
Elena était allongée au sol, en train de cracher du sang tout en bandant son arc.
Ses mains tremblaient. Elle croyait vraiment pouvoir le toucher ?
En même temps, elle peut à peine bouger. Elle n’a pas le choix !
Le bruit du métal qui tournoyait retentit de nouveau.
[Pile ou face]
La pièce était apparue.
Comme si elle mettait ma chance à l’épreuve à cet instant précis.
Allez, donne-moi le bon résultat, cette fois !
Je suis Ian, le mage de génie !
Je serrai le poing et criai :
« Pile ! »
[Pile]
La pièce répondit.
Comme par miracle, la main tremblante d’Elena se stabilisa.
Une vieille flèche se ficha dans la fissure que j’avais créée et l’élargit en une brèche béante.
Crac, crac, crac !
Puis…
La tête du Guerrier gelé vola en éclats.
Les morceaux de glace éparpillés scintillaient comme des joyaux.
« Hah, hah, hah… »
Après avoir vérifié que le corps décapité s’était effondré, je tombai dans la neige, comme si elle allait m’engloutir tout entier.
« Ele… Kof, kof. Elena ! »
« Je suis vivante… Ça va, alors… va voir Dize. »
Quand je l’appelai, Elena s’inquiéta plutôt pour Dize.
Je rampai jusqu’à lui.
« On… a gagné ? »
Dize posa la question d’une voix faible. Son dos brisé l’avait rendu tout mou.
« Ouais ! »
« Mais à la fin… j’avais l’air plutôt classe, non ? »
Dize cracha du sang mêlé de tissus, sans doute à cause de ses blessures internes, puis ferma lentement les yeux en parlant, comme s’il prononçait ses dernières paroles.
« Va te faire foutre, Dize. »
Ça me ferait sacrément chier que tu y passes comme ça.
[Étincelle électrique]
Je lançai Éclair sur Dize tandis qu’il fermait les yeux.
Crac !
Cet idiot, qui essayait de se donner un genre et de prendre tout seul la sortie de secours, se tortilla tandis que tout son corps était secoué de convulsions.
« Aaaah ! »
« Daisy ! Occupe-toi d’Elena ! On y va ! »
« Kof, kof ! O-Ouais ! Ouais ! »
Nous traversâmes la plaine enneigée en direction de la Cité du Labyrinthe.
La ville était entourée d’immenses remparts qui semblaient s’élever à des dizaines de mètres dans les airs.
Des gardes nous accueillirent à l’entrée, sous la protection d’une civilisation humaine éblouissante, rarement visible dans ce monde déchu.
« Oh, de nouvelles recrues pour l’expédition. Bienvenue. »
Hah, hah.
Le garde s’exprimait calmement, comme s’il ne voyait pas que nous étions à deux doigts de mourir.
« Des soins… »
« Ne vous inquiétez pas. Nous avons du personnel pour ce genre de situations. »
À peine le garde eut-il fini de parler qu’une prêtresse en robe blanche immaculée s’approcha de nous.
Une lumière blanche jaillit de sa main, et la respiration faible d’Elena et de Dize se régularisa peu à peu.
Le bras cassé d’Elena fut vite guéri, mais les blessures de Dize semblaient plus graves.
« Cette personne aura besoin de soins intensifs. »
La prêtresse emmena Dize.
Putain, elle aurait aussi pu me soigner.
À la place, le garde me tendit une tasse d’eau chaude et me demanda : « Vous venez d’où ? »
« Du Village du Soleil du Sud. »
« C’est loin. Le voyage n’a pas dû être facile… »
Ah, je me sentis enfin revivre.
La chaleur apaisa mes lèvres gercées et mon estomac. La boisson avait un parfum étrange, comme si on y avait fait infuser des herbes.
Puis un groupe s’approcha de nous, qui étions étalés près de la porte de la ville.
Un humain balafré en armure de cuir.
Un nain en armure de fer, coiffé d’un casque à cornes et une hache à la main.
Et même un homme-bête aux oreilles de chat, vêtu légèrement.
C’étaient des membres d’expédition, tous vêtus différemment et reconnaissables à leurs traits distinctifs.
Ceux qui exploraient le labyrinthe et ramèneraient la lumière dans ce monde.
Nos aînés.
Ils nous encerclèrent et chuchotèrent entre eux, comme si nous étions un spectacle.
« Oh, qu’est-ce qu’on a là ? Quatre ont survécu, cette fois ? »
« Ça fait beaucoup, non ? On dirait qu’ils étaient partis assez nombreux. »
L’homme balafré s’approcha de moi.
« Hé, petit nouveau. Vous étiez combien à quitter votre patelin ? »
C’était une question comme une autre.
Bien sûr, je savais pourquoi il la posait, mais croyait-il que je ne le savais pas ?
Le garde sympathique qui m’avait offert du thé intervint.
« Hé, Kyle. Comment peux-tu leur poser ce genre de question juste après qu’ils ont échappé à la mort ? »
« Hmph. »
Le garde m’expliqua pourquoi Kyle avait posé la question.
« Ils essaient de deviner combien de personnes sont parties de votre région. C’est une sorte de pari, une coutume entre aventuriers à l’arrivée des nouveaux. »
Évidemment, en joueur chevronné, je le savais déjà.
Je me frottai le visage fatigué et répondis : « Onze. »
« Onze ? Vous êtes partis à onze et vous êtes quatre à être arrivés vivants ? Vous venez du Château, ou quoi ? »
Ils n’avaient pas l’air nobles.
Kyle afficha une expression stupéfaite à ma réponse.
« Non. On vient d’un village. »
« C’est pas vrai ! »
« Ils mentent ?! »
« Il a bien l’air d’un mage… mais quand même, ce doit être un débutant qui ne connaît que quelques sorts… »
La stupeur gagna les membres d’expédition qui nous dévisageaient.
Le garde curieux n’était pas en reste.
« Ho ho… C’est impressionnant. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu arriver quelqu’un d’aussi prometteur. »
Il se caressa la barbe, admiratif, puis m’expliqua pourquoi les membres d’expédition étaient si abasourdis.
« Les chances que les candidats à l’expédition partis de leur village ou d’un château atteignent le Labyrinthe sains et saufs sont d’environ cinq pour cent. »
Je sais.
Je savais à quel point notre exploit était dingue, et quel miracle nous avions accompli.
« Vous pouvez être fiers. C’est un résultat incroyable. »
Le garde resta aimable et curieux jusqu’au bout.
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