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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans un monde de fantasy sombre gelé en tant que mage de génie ◈
Chapitre 8 : Dans la plaine enneigée
──────
Dans un monde où l’hiver ne prenait jamais fin, les dangers abondaient : bêtes sauvages, météo impitoyable…
Mais si cela avait été tout, l’humanité aurait trouvé une solution.
Elle avait encore la magie, les vestiges d’une civilisation autrefois brillante et du courage.
Pourtant, elle s’était retrouvée aussi isolée que des lapins dans leurs terriers.
À cause des Maudits de l’hiver.
On les appelait communément les morts gelés.
Les Draugr.
Ils erraient sans fin dans ce monde recouvert de neige, insensibles à la faim comme à la fatigue.
Ils traquaient la chaleur et chassaient les vivants.
Là où il y en avait un, bientôt il y en aurait deux. Et quand ils étaient deux, trois ne tarderaient pas à suivre.
Pendant que nous faisions dix pas, eux en faisaient trois. Quand nous nous reposions, eux en faisaient trois. Même quand notre allure ralentissait, ils faisaient trois pas. Pour toujours.
C’était pour cette raison que même les Chasseurs du Nord, endurcis par le froid mordant, ne quittaient jamais les zones sûres.
Les affronter, c’était le moyen le plus rapide de finir prématurément dans une tombe.
« Mais ce n’est pas un problème pour un mage de génie comme moi. »
À mesure que nous approchions du village en ruines, la tempête de neige faiblit.
Le froid qui émanait des Maudits de l’hiver chassait jusqu’aux intempéries.
C’est aussi comme ça qu’ils attirent les survivants.
Par sécurité, il faut rester à au moins quarante mètres.
Clignant des yeux sous le froid mordant, je fis signe à Elena.
Les morts-vivants différaient les uns des autres, autant par leur force que par leur comportement.
Les Guerriers gelés étaient rapides, les chasseurs draugr infatigables et les mages draugr rusés.
Notre Elena était une ratée à moitié formée, incapable de devenir chasseuse à cause de ses mains tremblantes ; mais, en tant qu’elfe, sa vue et son ouïe étaient exceptionnelles.
On allait commencer par s’en servir pour repérer les lieux.
« J’en vois quelques-uns. Ce sont des Draugr. »
Elena protégea ses yeux plissés d’une main, sans doute éblouie par la lumière qui se reflétait sur la neige.
« Ils portent quoi ? »
« Je ne vois personne avec une armure ou une arme… Ah, il y a aussi quelqu’un de notre village. »
« Qui ? »
« Kevin. Il est déjà mort. On lui a arraché un bras. »
Je ne distinguais que des silhouettes floues : sa vue était vraiment incroyable.
« Alors, ce ne sont que des villageois morts de froid… »
Il n’y avait pas d’ennemis dangereux.
Les Draugr ordinaires étaient bien sûr dangereux eux aussi, mais on pouvait les gérer, contrairement aux autres.
Le problème, c’étaient ceux qui étaient ensevelis sous la neige.
J’ai de quoi m’en occuper.
« Protège-moi du vent. »
« Tu crois que j’en suis capable ? Regarde comme je suis petite. »
Tout en tremblant, Elena écarta ses vêtements pour me protéger du vent pendant que j’allumais une torche avec du silex.
Ffff…
La flamme était faible, comme si elle pouvait s’éteindre d’un instant à l’autre dans l’air glacial, mais peu importait.
Même la moindre chaleur attirait les morts gelés.
Le piège à aggro d’un joueur chevronné.
Floc. Floc.
« I-ils arrivent ! »
« Lance-la aussi loin que tu peux, Elena ! »
« Tiens ! »
Elena lança la torche.
Celui qui rôdait près du village, ainsi que plusieurs autres dissimulés sous la neige, se redressèrent en titubant et se dirigèrent vers elle.
« Ils étaient vraiment cachés… Si on était entrés sans réfléchir, ils nous auraient repérés. »
Elena me regarda avec une admiration renouvelée.
Le groupe de Mauk a clairement séjourné là-bas. Et ensuite, quelque chose a dû mal tourner.
Pendant qu’ils étaient occupés, nous pénétrâmes dans le village.
Nous nous dirigeâmes vers la maison relativement intacte où le groupe de Mauk avait probablement séjourné.
« Elena. Dis-le-moi tout de suite si tu ne peux pas continuer. »
Tout dépendait de l’efficacité de ma magie contre eux et de la capacité d’Elena à les combattre.
Si Elena, notre première ligne, tombait, j’étais foutu aussi.
Tout mon talent devait être passé dans la magie, parce que mes capacités physiques étaient pitoyables.
« … »
Elena garda le silence, me tapota légèrement la tête, puis ramassa sa massue.
« Tu crois que je vais reculer ? J’ai plus peur de mourir de faim. »
Elle disait ça, mais elle ne parvenait pas à cacher sa nervosité.
Ses longues oreilles n’arrêtaient pas de tressaillir.
Au lieu d’entrer par la porte, nous regardâmes à l’intérieur par une large brèche dans le mur.
La faible lumière du jour éclairait la pièce.
Du sang séché et des morceaux de chair adhéraient au sol, tandis qu’une marmite renversée et son contenu répandu témoignaient du désespoir de la nuit précédente.
Une silhouette sombre se tenait au milieu de tout ça, oscillant sur ses jambes.
…
C’était Jack.
Celui qui affichait toujours un sourire joyeux nous accueillait désormais avec la moitié du crâne écrasée et le cou tordu.
Il serrait une lance ensanglantée dans une main à laquelle il manquait l’index et le pouce.
« … »
Un Draugr.
Un mort-vivant qui s’était relevé.
Ce n’était pas comme combattre des loups.
Le froid qui s’insinuait jusqu’à mes os, son apparence grotesque, la peur instinctive que toute créature vivante ne pouvait s’empêcher de ressentir… J’avalai ma salive avec difficulté.
Putain, en voir un en vrai, c’est pas rien.
Elena semblait ressentir la même chose. Elle hésita.
« … »
Je me ressaisis.
J’étais un mage de génie.
Un vétéran de ce jeu pourri, le mage de génie Ian.
Me répéter ça chassa ma peur.
Je posai une main sur l’épaule d’Elena et articulai sans un bruit : « Il n’y en a qu’un. »
Le groupe de Mauk ne comptait-il pas trois personnes ?
Le problème, c’était que Mauk n’était pas là.
Il n’y a nulle part où se cacher ici.
Tout en réfléchissant, je resserrai ma prise sur mon bâton.
Au combat, impossible d’éliminer toutes les variables.
« Je passe devant », articulai-je sans un bruit.
Pour tuer un Draugr, il n’y avait qu’un moyen : lui détruire la tête.
Je visai Jack.
Non, le mort-vivant qu’il était devenu, puis lançai mon sort.
Ffff !
Une Pointe de glace acérée frappa Jack en plein crâne.
Mais, au lieu de crier victoire, nous restâmes figés, consternés.
Grrrk…
Le projectile l’avait clairement atteint à la tête, mais n’avait fait qu’arracher un peu de chair. Jack se tourna vers nous, le morceau de glace toujours fiché dans le crâne.
« Tu te vantais, et t’as même pas réussi à le tuer ? »
« Putain, si j’avais eu du feu, je l’aurais eu en un coup. »
J’avais une excuse.
Les Draugr résistaient très bien au Givre.
C’était pour ça que la magie de l’eau et du Givre était réputée faible dans ce monde.
Grrrk !
Dans un craquement de glace, Jack avança par saccades, de façon grotesque, comme une poupée articulée.
Elena se jeta sur lui la première.
« Putaaaaain ! »
Elle hurla pour chasser sa peur.
Lance contre massue.
La différence de portée la désavantageait lourdement, et un premier vrai combat pouvait paralyser n’importe qui.
Mais le sang-froid et l’adresse d’Elena dépassaient toutes mes attentes.
Elle se pencha en arrière pour éviter le coup de lance de Jack, puis lui fracassa le crâne avec sa massue.
Pan !
La pire chose chez les Draugr, c’était qu’ils ne ressentaient aucune douleur, ce qui les rendait encore plus agressifs.
Même après un coup qui aurait assommé une personne ordinaire, Jack ne fit que chanceler avant de balayer l’air de sa lance.
Elena était rapide, presque gracieuse.
Elle s’abaissa jusqu’à frôler le sol, évita le coup, puis crocheta la jambe de Jack.
Dès qu’il s’écrasa au sol, elle lui grimpa dessus, l’immobilisa de tout son poids et se mit à le rouer de coups avec sa massue.
Pan ! Pan !
« Crève ! Crève ! »
« Elena ! »
« Ne viens pas ! Tu vas me gêner ! Récupère les provisions ! »
Une lutte acharnée s’engagea.
Même si j’essayais de l’aider avec un sort, je risquais fort de toucher Elena aussi.
Les Draugr s’intéressaient peu aux affaires des humains.
Dans la maison en ruines, les sacs abandonnés par le groupe de Mauk pendant sa fuite étaient encore là.
Un chapeau en fourrure de renard et une cape de fourrure !
Pendant qu’Elena se battait, je ramassai les sacs de nourriture et les vêtements éparpillés.
« J’ai… presque… fini ! »
Crac !
Elena remporta le combat.
Après avoir tordu puis brisé le bras de Jack, elle frappa à répétition l’endroit où ma Pointe de glace l’avait touché.
Je venais de finir de ramasser les sacs et m’apprêtais à appeler Elena quand une ombre sombre s’étendit sur l’entrée.
Un frisson me parcourut l’échine. Je me retournai et vis un autre mort-vivant, la bouche maculée de sang, qui se tenait là avec une charrue.
« Il y en a un autre ! »
Elena ne répondit que par un grognement tendu.
Si je fuyais maintenant, Elena mourrait.
Et si elle mourait, je mourrais aussi.
Je pris rapidement ma décision, me plaçai devant lui, pointai mon bâton et lançai une Pointe de glace.
Cette fois, comme il bougeait, je ne le touchai qu’à la poitrine.
Merde.
« Ian ! »
J’aurais dû viser la main qui tenait l’arme !
Cette erreur était due à mon premier vrai combat.
Et maintenant, j’allais me faire arracher la tête par une charrue à cause de cette erreur.
À cet instant désespéré, le tintement clair d’une pièce qui tournoyait retentit.
Tling.
[Pile ou face]
Cette satanée pièce était réapparue, pesant mon destin.
Pile ? Face ?
Non. Pas cette fois !
Mon esprit s’éveilla d’un coup.
Contrairement à la fois précédente, je ne choisis rien. À la place, je pris appui sur le sol et fonçai droit dans les bras du Draugr.
Aaaah !
Ce fut le manche en bois gelé de la charrue, et non son bord métallique, qui me frappa dans le dos.
Ça faisait un mal de chien, mais ça me sauva la vie.
[Perspicacité]
[Reculer] [87 % de chances de mourir]
[Avancer] [5 % de chances de mourir]
Des mots de ce genre traversèrent mon esprit.
J’avais survécu, mais ma faible force ne suffisait pas à le repousser.
Clac ! Clac !
Les dents du fermier, couvertes de givre et de sang, claquaient près de mon cou.
La douleur fit monter l’adrénaline en moi, puis celle-ci se figea net.
La terreur soudaine et le froid qui émanait de lui me hérissèrent les poils de tout le corps.
Putain… C’est vrai. Ce n’est pas un jeu !
Les combats entre faibles étaient toujours les plus féroces et les plus difficiles.
Grrrk !
Le sol glissant finit par me faire tomber.
Je fis jaillir une étincelle électrique autour de mes doigts et les enfonçai dans la nuque du Draugr qui fondait sur moi.
Crépitement !
Malgré tout, il était acharné et féroce.
Hache. Hache. Hache.
Ses muscles se contractaient malgré lui, mais il essayait toujours de me déchiqueter.
« Ghn. »
Au moment même où sa main se referma sur ma gorge et m’arracha un gémissement…
Pan !
Ma vision s’éclaircit brusquement.
Elena l’avait repoussé d’un coup de pied.
« Crève ! »
Puis elle planta la lance de Jack entre les yeux du Draugr.
« Ian ! Ça va ?! »
« Ça va… Hum, ça va… Il se relève ! »
La lance n’avait apparemment pas atteint son cerveau, car il se remit debout en titubant.
Putain, le voir avancer en traînant les pieds avec une lance plantée dans l’œil, c’était une autre sorte d’horreur.
« Sale enfoiré de zombie… »
« Il faut partir ! On a attiré trop de monde ! »
J’attrapai Elena, qui était surexcitée, et lui criai ça.
Mais, emportée par l’ivresse de son premier combat, Elena ne voyait plus que ça. Elle ne m’écouta pas.
« Je vais le tuer ! »
Je giflai Elena et lui hurlai dessus.
Claque !
« Elena ! »
…
« Désolée. »
Elena reprit enfin ses esprits et m’attrapa le poignet.
Nous nous précipitâmes hors de la maison, laissant le Draugr derrière nous.
Crac. Crac.
J’avais bien jugé la situation. Si nous avions traîné ne serait-ce qu’un peu, nous serions morts.
L’aggro s’était peut-être dissipée, mais les Draugr étaient déjà en train de se rassembler là-bas.
La peau de mon cou, là où le Draugr m’avait saisi, s’était décollée comme si j’avais subi une gelure.
« Tss. »
Ça me brûlait comme l’enfer, mais la douleur me faisait sentir vivant.
Dès que nous nous fûmes suffisamment éloignés du village en ruines, toutes mes forces m’abandonnèrent et j’éclatai de rire.
« Ha… Hahahaha ! »
[Pointe de glace] x1
Le nombre de Pointes de glace que je pouvais mémoriser avait augmenté de un.
Le nombre de projectiles que je pouvais lancer avait également augmenté de un.
Les sorts de Givre et d’eau gagnent plus vite en maîtrise dans des environnements similaires.
Le Givre émanant de ces créatures, c’était pas de la rigolade.
Le parchemin de sort n’était pas notre seul butin.
J’avais récupéré une lance, un bouclier en bois, ainsi que la cape de fourrure et le chapeau en fourrure de renard de Mauk.
« Ah, ça tient chaud. Hé hé. »
Elena était couverte de blessures, mais elle semblait heureuse que le chapeau en fourrure de renard empêche ses oreilles de geler.
La cape de fourrure me tenait chaud, à moi aussi, ce qui me mit de bonne humeur.
Mon premier vrai combat.
Beaucoup de choses avaient mal tourné, mais j’avais tout autant appris.
J’avais l’impression de pouvoir mieux faire la prochaine fois.
La satisfaction gonfla en moi.
Les sacs de nourriture, bien plus lourds, étaient un bonus.
Quinze pommes de terre. Deux morceaux de viande séchée de la taille d’une paume. Trois pains de pierre.
J’avais de la peine pour les morts, mais c’était une sacrée récolte.
Avec autant de provisions, on pourrait rejoindre la Cité du Labyrinthe sans trop de risques.
* * *
« Ian… Elena ! »
« Je suis contente que vous soyez revenus vivants… J-j’ai eu peur… Snif ! »
À notre retour, Daisy et Dize nous accueillirent.
Ils nous avaient obéi et avaient attendu dans le froid, sans même allumer de feu. C’était admirable.
« Vous les avez combattus tous les deux ?! »
« C’est incroyable… ! »
Je racontai toutes mes prouesses à Daisy et Dize, deux personnes parfaitement ordinaires.
« Pour un mage de génie comme moi, c’était du gâteau, tu sais~ »
« Pff. Qu’est-ce que tu racontes ? T’as juste balancé des glaçons et t’as même pas réussi à en achever un correctement. »
« Elfe barbare ! »
Elena m’interrompit, mais je ne pris pas la peine de nier.
Ses talents de combattante face aux Draugr dépassaient tout ce que j’avais imaginé.
Ses mouvements et ses instincts étaient impressionnants, mais sa plus grande force était sa résistance mentale.
C’était probablement le talent le plus important pour le labyrinthe où nous allions entrer.
Ces villageois débiles.
Ils avaient écarté une personne aussi douée juste parce que ses mains tremblaient !
Et ils m’avaient écarté aussi, moi, un mage de génie capable de lancer trois Pointes de glace après seulement trois jours !
Vous avez perdu deux talents qu’on ne voit qu’une fois par millénaire !
« Alors, le groupe de Mauk… »
« Ils sont morts. »
« … »
« Je n’ai pas trouvé le corps de Mauk, par contre. »
Nous refîmes nos bagages et reprîmes la route vers la Cité du Labyrinthe.
Ffffff !
« Putain, t’as pas l’impression qu’il fait encore plus froid ? »
La température ne cessait de baisser à mesure que la silhouette indistincte de la tour se rapprochait.
« Arrêtez-vous. Des Draugr. »
Nous en croisions de plus en plus souvent.
Les jours où la tempête faisait rage au point de nous empêcher de voir à un mètre, leurs silhouettes étaient aussi floues que des illusions.
Notre perception des distances s’émoussait et, avant même de nous en rendre compte, ils s’étaient trop approchés.
« Dize, Daisy ! »
« O-oui ! »
Contre un seul, la victoire était facile, et même deux restaient gérables.
Tant que Dize et Daisy les tenaient à distance avec leurs lances, Elena et moi pouvions rapidement en tuer un, puis nous occuper de l’autre.
Mauk avait sous-estimé l’importance du nombre.
Bien sûr, ça ne valait que pour les Draugr ordinaires, comme les esclaves gelés ou les fermiers.
Si nous tombions sur un Guerrier gelé, un mage draugr ou un arbalétrier, nous devions fuir sans discuter.
À notre niveau, nous n’avions aucune chance contre eux.
Tout se passait bien, mais à mesure que nous approchions de la Cité du Labyrinthe, la météo et les morts-vivants n’étaient pas les seuls dangers.
Pour commencer, nous n’eûmes bientôt plus de bois pour allumer un feu le soir.
Nous essayâmes d’en ramasser nous-mêmes, mais quelque chose clochait.
« Un arbre ! »
« Super, on va pouvoir récupérer du bois ! »
« Arrêtez ! »
J’empêchai les trois autres de se précipiter et leur fis signe de se taire.
« … ? »
« Regardez bien. »
Des excroissances étranges, semblables à de l’herbe, entouraient l’arbre.
À cet instant, un cerf s’approcha.
L’incroyable se produisit.
Crîîî !
L’arbre bougea comme s’il était vivant et saisit le cerf.
Le cerf se débattit et cracha du sang tandis que des épines acérées lui transperçaient le corps. D’innombrables dents surgirent de sous son écorce dure, semblable à du bois mort.
« C’est quoi, ce bordel… »
« Aah ! »
Cette vision terrifiante nous remplit d’une peur différente de celle que nous inspiraient les morts gelés.
Tandis que les autres paniquaient, je leur expliquai ce que c’était, en joueur chevronné.
« C’est un arbre à visage humain. »
Celui-là était encore jeune.
Ceux qui avaient dévoré de nombreux humains et animaux étaient encore plus terrifiants.
Pour les reconnaître, il fallait…
« Regardez bien. Vous voyez les marques rouges sur son écorce ? Ce sont les visages des créatures qu’il a dévorées. C’est comme ça qu’on les repère. »
« Beurk… »
Bien sûr, si j’en étais certain, c’était grâce à la pièce.
Quand je l’avais rencontré, la pièce avait tournoyé sous mes yeux.
Mais, comme la fois précédente, je ne l’avais pas lancée.
Pourquoi prendre le risque de choisir entre une récompense possible et un danger ?
Selon la situation, je peux aussi m’en servir pour détecter les dangers.
C’était une tactique que moi seul, Ian, mage de génie et protagoniste de ce monde, pouvais employer.
« Faisons le tour. »
Guidés par ce joueur chevronné, nous poursuivîmes notre marche pendant plusieurs jours, évitant toutes sortes de menaces.
Pendant ce temps, Daisy et moi attrapâmes tous les deux un rhume. Après tout, j’étais le faible du groupe.
Nous ne pouvions même pas allumer de feu ; c’était un miracle que nous ne soyons pas morts de froid.
Hum, hum.
Putain ! Pourquoi je n’ai pas appris un nouveau sort de glace alors qu’il fait aussi froid ?!
Même dans des conditions favorables, apprendre un nouveau sort prenait normalement au moins plusieurs mois.
Mais je n’étais pas un mage ordinaire. J’étais un mage de génie.
Donne-moi un sort !
Le parchemin ne réagit pas.
Pour ne rien arranger, nous finîmes par manquer de nourriture.
« … »
Pourtant, nos visages étaient plus radieux que jamais.
Avais-je appris un nouveau sort ?
Non.
« Je la vois… »
« Hum, hum. On y est ?! »
La tour, qui n’avait jusque-là été qu’une vague silhouette, était désormais assez proche pour être visible à l’œil nu.
Au loin, nous distinguions vaguement les imposants remparts de la Cité du Labyrinthe, surnommée la ville ultime.
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