WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Mordor
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre dans une fantasy sombre et glaciale en tant que mage de génie ◈
Chapitre 10 : La recrue dont tout le monde parle et l’offre
──────
Kyle faisait partie d’une expédition depuis plus de deux ans.
Il était toujours cantonné aux étages inférieurs, mais il avait depuis longtemps dépassé le stade de la bleusaille.
Comme d’habitude, il venait de terminer l’exploration du Labyrinthe et buvait avec son groupe dans une taverne quand il entendit la nouvelle.
De nouvelles recrues étaient arrivées.
« On dirait que des nouveaux débarquent. »
« Hum. À votre avis, combien auront le cran d’entrer dans le Labyrinthe ? »
À ces mots, Howard le nain posa sa chope de bière.
De la mousse s’accrochait à sa barbe épaisse.
À cet instant, quelqu’un traîna une chaise jusqu’à leur table et se joignit à eux. C’était une jeune femme aux oreilles et à la queue de chat, une femme-bête qui dirigeait leur groupe. Lingxiang était une vétérane, forte de trois années d’exploration du Labyrinthe.
« Alors, faisons un pari. »
Elle avait l’air de revenir d’une partie de dés et tenait les mises à la main.
« Bwahaha ! Ça me va ! »
« Cette fois, je vais gagner~ »
Tous trois sortirent de la taverne.
D’autres aventuriers qui avaient entendu la nouvelle se rassemblaient déjà dehors. Observer des nouveaux venus qui n’y connaissaient rien était l’un des rares plaisirs de ce trou à rats, avec le jeu, l’alcool et la prostitution.
Les nouveaux étaient apparus près de la muraille nord de la ville.
Le coin était dangereux : Draugr, bêtes sauvages et monstres y surgissaient bien plus souvent qu’ailleurs.
« Ils sont combien ? »
Kyle examina la scène pour Lingxiang et Howard, trop petits pour voir sans sauter sur place.
« Quatre. Ils n’ont pas l’air d’être des nobles. »
Les seuls qui sortaient du lot étaient un beau jeune homme aux cheveux argentés, qui tenait un bâton — probablement un mage — et un elfe. À part ça, rien de notable.
*Ils ont dû être exilés parce qu’ils n’avaient ni affinité de feu ni affinité de terre.*
« Je vois. Bon, faisons nos paris. »
Les règles étaient simples.
Il fallait deviner combien de personnes étaient parties de la ville natale des nouveaux venus.
Le taux de survie était de cinq pour cent.
À de rares exceptions près, la plupart des groupes ne dépassaient jamais ce chiffre.
Un siècle s’était écoulé depuis l’ouverture du Labyrinthe et le gel du monde. Des membres d’expédition avaient été envoyés par milliers des quatre coins du continent, et ils avaient laissé derrière eux ce qu’on appelait de grandes quantités de données.
« Je mise sur quatre-vingts. »
Cinq pour cent de quatre-vingts, ça faisait exactement quatre.
Kyle supposa qu’ils venaient d’une ville et choisit le pari le plus sûr.
« Alors, moi, je dis soixante ! »
Peut-être parce qu’il était déjà passablement ivre, Howard fit un pari audacieux.
Les deux autres se figèrent.
« Je mise sur onze. »
Lingxiang avait fait un pari absurde.
« Quoi ? Onze !? »
« Tu comptes juste perdre, Lingxiang ? Bwahahaha ! »
Ils lui firent répéter, comme s’ils avaient mal entendu, mais Lingxiang ne changea pas d’avis.
« J’ai un pressentiment. »
Sa chance avait été particulièrement bonne aujourd’hui, même à la table de dés.
« Quatre. »
Comme elle s’y attendait.
Lingxiang sourit à la réponse d’Ian.
« Pas possible ! Ils sont partis à onze et quatre sont arrivés vivants ? »
« Quarante pour cent de survivants… C’est impossible. Ce ne sont pas des nobles du Château escortés par une ribambelle de gardes. »
Kyle et les autres membres d’expédition étaient stupéfaits.
Peu importe comment on retournait la question, c’était quasiment impossible.
« Hé ! Vous venez tous du même village, hein !? »
« Tu vas me le demander combien de fois ? J’ai dit oui. »
« On vient de recevoir un message. Onze personnes sont parties du Village du Soleil du Sud. Le jeune homme disait la vérité. »
« Putain, mais qu’est-ce que… ! »
« C’est pour ça que c’est amusant de parier contre les probabilités. »
Lingxiang éclata de rire.
Voilà donc pourquoi elle avait eu autant de chance aujourd’hui.
De temps en temps, des gens comme eux se présentaient. Des cas anormaux.
« Hé, filez-moi l’argent. »
« Pff… »
Lingxiang arracha les mises à Kyle et Howard.
Puis, la queue et les oreilles frémissant de joie, elle s’approcha du jeune homme aux cheveux argentés comme l’hiver.
« Bienvenue dans le trou du cul de l’enfer, la bleusaille. »
Miaou, miaou.
Avec un sourire malicieux, Lingxiang leur enseigna la seule chose qu’ils devaient absolument savoir sur cette ville.
« Pour info, ici, c’est encore plus pourri que là-bas. »
* * *
Une odeur alléchante s’échappait de la marmite bouillonnante.
La cheminée diffusait sa chaleur, mêlée aux éclats de rire et aux relents d’alcool.
Après que la prêtresse eut emmené Dize, le reste d’entre nous se rendit dans une auberge. La femme-bête qui s’était présentée sous le nom de Lingxiang nous avait proposé de nous payer à manger.
Une femme qui m’invitait à manger ?
Au vingt-et-unième siècle, j’aurais soupçonné un trafic d’organes ou une secte, mais ce monde primitif n’avait rien à voir avec ça.
La bouffe gratuite, c’était toujours oui !
Miam, miam.
Du pain de seigle moelleux, une soupe aux haricots, pommes de terre et bacon, un gigot de renne rôti, des épinards sautés.
Elena, Daisy et moi dévorâmes le festin comme des sauvages.
Nous étions morts de faim avant d’arriver en ville et, à part le jour où nous avions été choisis pour l’Expédition et mangé Elizabeth, nous n’avions jamais eu droit à un pareil repas au village, où nous nous nourrissions surtout de pommes de terre.
« C’est bon. Snif. C’est tellement bon… »
Elena mastiquait sa viande, les larmes ruisselant sur ses joues.
Même Daisy, d’ordinaire si réservée, s’assoupissait dans la chaleur de l’auberge tout en mâchouillant son pain.
À la différence de ces barbares primitifs, moi, un homme d’intelligence et de raffinement, je mangeais avec une dignité irréprochable…
« Ah, putain ! Ian ! C’est pas juste que tu manges tout tout seul !? »
« Ouais. Premier arrivé, premier servi. »
« Pfft. »
Je ne pus retenir un rire.
« Si vous en voulez encore, j’en commanderai. Alors, ralentissez. »
Lingxiang posa le menton sur son bras et nous regarda d’un air amusé, comme si nous lui rappelions le passé.
« Cette coutume a disparu, mais autrefois, les premiers anciens que rencontraient les nouveaux venus leur payaient un repas. »
Tiens ? Le jeu ne m’avait jamais parlé de ça. Quelle merveilleuse coutume.
Évidemment…
« Tu fais pas ça uniquement parce que tu as gagné de l’argent grâce à nous, si ? »
« Eh bien, ça joue aussi, mais c’est également grâce à mon jugement. »
C’était vrai.
Cette femme nous rendait service. Évidemment, elle devait attendre quelque chose en retour.
« Ah ! »
Elena venait de finir le ragoût directement au bol. Elle héla un serveur pour commander encore à manger, puis demanda : « Tous les gens d’ici vivent bien ? Tout le monde mange aussi bien. »
Partout où je regardais, les gens étaient entourés d’alcool et de plats de viande.
Ils laissaient même leur cheminée allumée en permanence. Pour nous qui avions grelotté de froid et mangé des pommes de terre dans un village paumé, c’était à peine croyable.
Comme je connaissais déjà la réponse, je répondis d’un ton détaché.
« C’est grâce aux pierres de mana. »
« Aux pierres de mana ? »
Lingxiang me regarda avec intérêt et ajouta une explication.
« C’est une ressource qu’on ne trouve qu’ici, dans le Labyrinthe. Les monstres en laissent tomber quand on les tue… On la transforme pour faire du feu, obtenir de la pierre, élever du bétail. Elle a des usages à n’en plus finir. »
« Je vois. »
« C’est pour ça que le Labyrinthe est plus prospère que les autres villes et villages. Mais il faut gagner sa vie pour profiter de tout ça. »
Comme si elle en avait assez d’en parler, Lingxiang renifla et nous demanda : « Assez parlé de ça. Racontez-moi plutôt qui vous êtes. Comment vous êtes-vous retrouvés à quatre ici, vivants ? »
Elena et Daisy me regardèrent toutes les deux.
Je fourrai de la viande et des épinards dans un morceau de pain, puis répondis sans me presser.
« Grâce à moi. Je suis un mage de génie. »
« Ah oui ? »
« C’est vrai. Sans Ian, on serait tous morts. Ian est incroyable. Il maîtrise trois affinités. »
Daisy, qui savait s’y prendre avec les gens, prit ma défense.
La femme-bête aux oreilles de chat s’intéressa davantage à moi.
« Un Maître triple ? Impressionnant… Quelles affinités as-tu ? »
« Le givre, la foudre et les Arcanes. »
…
« Je me demandais pourquoi quelqu’un capable de maîtriser trois affinités avait atterri ici… »
Un instant, de la pitié passa sur le visage de Lingxiang.
« Tu n’as ni le feu ni la terre. Quelle poisse. »
Je détestais l’admettre, mais elle avait raison.
Si j’avais eu ne serait-ce que l’une de ces deux affinités, le feu ou la terre, je vivrais à l’aise sans avoir à traverser toutes ces emmerdes.
« N’empêche, c’est impressionnant. Vous avez traversé les terres gelées sans même avoir d’affinité de feu. Hum. »
Cette Lingxiang semblait avoir pas mal d’expérience.
Contrairement à Mais, le mage de feu du village, et au chef du village, qui m’avaient écarté après avoir simplement vu mes affinités, elle s’intéressait encore plus à moi.
Elle comprenait à quel point il était difficile de compenser un désavantage élémentaire.
*On est arrivés sains et saufs, mais on est fauchés.*
*Si je fais bonne impression sur une personne expérimentée comme elle, ou si je parviens à l’intéresser, la suite sera un peu plus facile.*
Pour le moment, pourtant, elle ne faisait que s’intéresser à moi.
Il y avait beaucoup de mages doués au Labyrinthe. Un groupe du niveau de celui de Lingxiang pouvait sûrement trouver un mage qui connaissait plus de dix sorts.
Et si j’essayais ça ?
*Et si je lui disais qu’on a même tué un Draugr lourdement cuirassé ?*
Je devais le lui dire ou pas ?
Tandis que j’y réfléchissais…
« Sans ce gros type avec son armure bizarre, on serait arrivés ici plus facilement. »
Elena avait dévoré toute la viande autour de son os et appelé le serveur pour commander encore d’autres plats.
Daisy agita les mains pour dire qu’elle ne pouvait plus rien avaler, puis prit la parole.
« C’est vrai. À ce moment-là, on a vraiment… On a failli mourir. Sans Ian, on serait morts… »
Les oreilles de Lingxiang se dressèrent.
« Un gros type en armure ? Ne me dites pas que vous êtes tombés sur un Draugr lourdement cuirassé ? »
« Ouais. Dize a fini comme ça parce qu’on a tué ce salaud. »
Elena répondit sans expression, comme si elle ne voyait pas où était le problème.
…
Cette elfe stupide n’avait pas la moindre idée de l’exploit qu’on avait accompli.
La femme-bête, membre d’expédition assise en face de nous, avait l’air d’avoir de l’expérience. Elle, au moins, comprit.
« … Ah. »
Son intérêt discret se mua en surprise.
Lingxiang inspira brusquement et demanda : « Tu t’appelles Ian, c’est ça ? Tu t’es éveillé il y a combien de temps ? »
« Environ une semaine. »
« … ! »
« Et les autres ? Vous étiez chasseurs ou guerriers avant ? »
« Non. J’étais orphelin. »
« Moi, j’étais le troisième enfant d’un ouvrier du textile. »
Son boulier mental se mit à faire ding, ding, ding.
L’elfe avait des capacités physiques impressionnantes, mais restait une novice qui n’avait jamais tenu correctement une épée. Quant à la fille qui s’appelait Daisy, elle ne servait strictement à rien au combat.
Ça voulait dire que ce mage avait pratiquement tout fait tout seul…
Putain, le jackpot !
C’était bien ce qu’elle pensait, non ?
Comme je m’y attendais…
« Vous comptez entrer dans le Labyrinthe ? »
La femme-bête aux oreilles de chat décolla le menton de sa main, se pencha vers nous et posa la question d’un ton sondant.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>