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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans une fantasy sombre et gelée en tant que mage de génie ◈
Chapitre 88 : Société secrète
──────
Après avoir laissé Hans partir pour la Tour de magie, Elena, Daisy, Gimlius et moi prîmes nous aussi la route.
Nous nous rendîmes d’abord au Clan du Lion d’or.
« Que nous vaut cette visite à une heure pareille ? Même venant de vous, c’est un grave manque de savoir-vivre. »
Heureusement, Iromis se trouvait au quartier général du clan.
Je m’adressai à Iromis, qui semblait mécontent.
« Nous avons identifié l’assaillant. »
« Q-Quoi ?! »
« Pour l’instant, il faut que vous soyez le seul au courant, Iromis. »
« … C’est quelqu’un qui dépasse tout ce qu’on aurait pu imaginer ? »
« Oui. »
« Allons d’abord ailleurs. »
Il comprit vite et baissa la voix. Je lui révélai alors l’identité du draconide.
« Ce… Cet horrible monstre, c’était Dmitri, l’explorateur de la Zone profonde ?! »
Comme prévu, Iromis fut profondément choqué d’apprendre qu’un héros célèbre avait sombré dans la folie et tué ses compagnons.
Il est vivant… Non, pourquoi… ?
« Qui d’autre est au courant ? »
« Pour l’instant, seuls notre groupe et vous, maître Iromis, le savent. »
« Vous n’en avez parlé ni à la guilde ni à l’administration de la ville. Bien. Ils ne vous auraient pas crus. »
Ils auraient même pu nous soumettre à un interrogatoire forcé.
« Que comptez-vous faire, maintenant ? »
« Pour l’instant… je pense que je devrais m’entretenir avec le chef du clan à son retour. »
Voilà pourquoi le chef du clan n’avait pas été dans les parages. Il était absent.
« Et vous ? Si vous le souhaitez, vous pouvez rester ici quelque temps. »
Ce n’était pas une mauvaise proposition, mais puisque je savais désormais que leur meilleur atout, le chef du clan, était lui aussi absent, nous allions nous en tenir au plan initial.
« Ça ira. Nous devons aller ailleurs. »
« Faites attention à vous. »
« Vous aussi, maître. »
Nous nous dirigeâmes ensuite vers un vieux manoir, à la périphérie de la ville.
« Madame Cotillard ! Vous êtes là ?! »
Clac, clac !
Dans ce monde, les ténèbres n’appartenaient pas aux humains.
Dehors, les Draugr erraient librement, tandis que les vivants, terrorisés par le froid et la peur, se terraient encore davantage.
Mais c’était différent pour ceux qui vivaient avec les ténèbres pour compagnes.
« Oh là là, bonjour tout le monde~ »
La connaissance de Gimlius et marchande intermédiaire, madame Cotillard, une vampire, sortit du manoir pleine d’énergie.
J’aurais bien voulu corriger son choix de mots, mais ce n’était pas le moment.
Je lui expliquai mon plan pour échapper à la Société secrète.
« Pourriez-vous transmettre un message à Darnen ? Dites-lui que le mage super-génial Ian souhaite la rencontrer. »
Pour attraper un tigre, il fallait entrer dans sa tanière.
Autrement dit, nous allions nous cacher dans le territoire des elfes noirs.
« Même ces salauds de la Société secrète se méfient des elfes noirs ! »
C’était ce que je concluais grâce à mon expérience de vétéran du jeu.
« Moi ? Vous voulez que je contacte cette elfe noire violente ? C’est… »
« Voilà vos frais de commission ! »
« Quoi ? Pourquoi vous me donnez de l’argent ?! »
Quand Cotillard hésita, je pris quelques pièces d’argent dans la bourse de Gimlius et les lui tendis.
Cotillard afficha un sourire avide, puis sortit aussitôt une chauve-souris messagère apprivoisée.
« Je l’envoie tout de suite~ Ho ho~ »
Couic !
Un peu plus tard, la messagère revint.
Cotillard détacha du mignon petit pied de la chauve-souris un étui à lettre, noué d’un ruban autour de sa patte, puis me le tendit.
[Merci pour votre offre d’amitié, mais je ne peux pas quitter le manoir pour le moment. Si vous souhaitez toujours me rencontrer, venez là où réside ma famille. Je préviendrai le gardien…]
Parfait. Le problème le plus urgent était réglé.
Cotillard, qui avait lu la lettre à côté de moi, laissa échapper un petit son intrigué.
« Vous allez tous dans le quartier autonome des elfes noirs ? »
« Oui. »
« Avec cette apparence ? »
Les humains et le nain ne posaient pas problème.
Nous avions la permission d’une des personnes les plus puissantes du territoire des elfes noirs, non ?
« Non, non. Je parle de cette grande oreille pâlotte, là-bas. Mademoiselle l’elfe. »
Ah. C’est vrai.
À bien y réfléchir, les elfes et les elfes noirs étaient en guerre, en ce moment, non ?
Si nous y allions comme ça, Elena finirait embrochée comme une brochette d’elfe en un rien de temps.
« Cotillard, par hasard… »
Je me rappelai un objet qui pourrait nous être utile et l’interrogeai.
« Seulement dix pièces d’argent~ Ce sera parfaitement convaincant~ »
Heureusement, Cotillard joignit les mains en souriant.
« Tenez. »
Après avoir payé, je me retrouvai avec une fiole de mystérieuse potion noire et trouble dans la main.
Je fixai Elena et pris la parole.
« Elena. »
« Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça… ? Ne me dis pas que… Non, hein ? »
Sentant que quelque chose clochait, Elena recula d’un pas.
Nous n’avions pas le temps pour ça.
Je m’approchai d’Elena.
« On va te rendre noire. »
« Va te faire foutre ! Je suis une elfe noble ! Comment peux-tu me faire ça… ?! »
Gimlius et Daisy, qui avaient compris ce que je voulais dire, saisirent Elena par les bras.
« Elena ! C’est pour ton bien ! »
« Prends sur toi ! »
« Non ! J’ai dit non ! Noooon ! Je suis une elfe ! »
J’étalai soigneusement la mystérieuse potion sur toute la peau d’Elena.
Aaaaaah !
Elena devint noi… non, elle devint une elfe noire.
Héhé.
Ça lui allait bien.
* * *
Le dernier bastion de l’humanité.
Le Labyrinthe était une ville prospère et chaleureuse.
Mais plus la lumière était vive, plus les ténèbres étaient profondes.
Le paradis parfait n’existait pas.
Les poissons ne pouvaient pas survivre dans une eau trop pure.
Les nobles avaient besoin de gens pour faire leur sale boulot, tandis que les citoyens avaient besoin de personnes au-dessous d’eux pour goûter à bon compte au sentiment de supériorité.
Bandits, mendiants, voyous, voleurs, proxénètes, et bien d’autres encore.
Le quartier ouest du Labyrinthe, une zone sans foi ni loi où se rassemblaient criminels et canailles de toute espèce, était né de ces intérêts.
Pour contrôler ce cloaque, les puissants avaient accordé leur autonomie aux elfes noirs, féroces et rusés.
Le quartier autonome des elfes noirs.
Contrairement au quartier est, où vivaient elfes, nains et hommes-bêtes, il était envahi d’arbres aux teintes ternes et lugubres.
On l’avait aussi entouré de murs, le coupant complètement des quartiers résidentiels ordinaires de l’ouest comme du monde extérieur.
« Bââillement. »
Kardi, un elfe noir de sang-mêlé, était de garde là-bas, une fois de plus.
Comme d’habitude, Kardi effectuait des contrôles ennuyeux avec un autre garde lorsqu’un groupe s’approcha de l’autre côté.
Leurs visages étaient cachés sous des capes, mais ils ressemblaient à des humains et à un nain.
« L’argent. »
Une lance dans une main, Kardi tendit l’autre paume et réclama tranquillement un droit de passage.
C’était aberrant que des gardes rançonnent ouvertement les gens, mais dans l’ouest, les choses se passaient ainsi.
« Un instant. »
L’humain aux cheveux argentés qui dépassaient de sa cape se mit à fouiller dans une bourse. Une autre personne, à côté de lui, lui asséna alors une bonne claque avant de s’avancer.
« Qu’est-ce que vous… »
Kardi leva son arme, puis se figea, surpris.
Twitch, twitch.
« Quoi ? De l’argent ? Vous n’êtes qu’un garde et vous rançonnez les gens ? »
Sous la cape, on apercevait des yeux cruels.
Une peau pâle comme celle d’un cadavre.
Et de longues oreilles, contrairement à celles de Kardi.
L’autre personne était une elfe noire.
Une beauté de pure souche, assez saisissante pour attirer tous les regards.
« Dégage. »
Merde, ce n’était pas une visiteuse ordinaire. Une membre d’un clan d’elfes noirs avait amené des esclaves.
« P-Pardon… »
Effrayé, Kardi voulut les laisser passer.
« Pfft ! »
Mais à cet instant, la belle elfe noire cracha et lui décocha soudain un coup de poing.
« Laisse tomber. Crève. »
Pan !
« Ghh ! »
« Crève ! Crève ! Sale bâtard noir ! Pourriture dégoûtante et vérolée ! Racaille de la société ! Crèèève ! »
Aaaah !
En fait, c’était une folle furieuse au joli minois.
Elle était elle-même une elfe noire, mais elle roua Kardi de coups en l’insultant avec une haine de soi féroce.
« P-Putain… À l’aide ! Pitié, aidez-moi ! »
Kardi chercha de l’aide auprès de l’autre garde.
Mais le garde métis à ses côtés se contenta de baisser la tête et de s’écarter.
« L’argent. »
« Euh… J-Je vais vous en donner… »
Au bout du compte, Kardi se fit aussi tabasser et rançonner.
Pourtant, Kardi ne put pas dire un mot.
C’était la loi du plus fort qui s’en prenait au plus faible.
La loi des elfes noirs.
* * *
Kraaaaaaah !!!
Un pays de mort et de froid mordant où les humains n’avaient pas le droit de s’aventurer.
Dans une grotte, au milieu d’une plaine enneigée et gelée.
Dmitri, le draconide qui dormait à l’intérieur, se réveilla en sursaut dans un hurlement.
Il pissait le sang de partout, son cœur était brisé et son esprit, tordu.
Il était si gravement blessé qu’il lui faudrait des mois pour s’en remettre.
« Hum ! Ha, ha. »
Comment… Comment… ?
Même grièvement blessé, Dmitri ne pouvait s’empêcher de penser à l’être qui l’avait laissé dans cet état.
Comment le monde des sorts d’un simple humain pouvait-il être aussi vaste et profond ?
Ce n’était ni un ange ni un démon.
Même pas un dragon, mais un gamin qui venait à peine de devenir adulte ?
« Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’il fout, bordel… ? Même les maîtres de la Tour de magie ne pourraient pas faire ça… »
Quelque chose d’incompréhensible, qui défiait la raison.
Dmitri en ressentait de la peur et du danger. Pourtant, fidèle à sa nature d’ancien membre d’expédition qui s’était hissé depuis les bas-fonds, cette peur se mua bientôt en colère, comme pour la chasser.
« Comment ose-t-il… »
Il n’avait pas toujours été aussi impulsif, mais depuis qu’il avait pris forme de dragon, maîtriser ses émotions était devenu difficile.
C’était l’effet secondaire d’un grand pouvoir, qu’il avait accepté de subir.
« Je vais le tuer. »
Il n’avait perdu qu’à cause des limites spatiales du Paysage mental.
Dans la réalité, ce serait différent.
Il avait de nombreux subordonnés en ville, qui lui servaient de bras et de jambes.
Ses hommes suffiraient amplement à s’occuper de quelques explorateurs des premiers étages.
Dmitri ordonna à ses subordonnés de déchiqueter immédiatement ce salaud aux cheveux argentés et son groupe.
…
Mais un problème se posa.
Peu après, les agents qui se cachaient en ville lui firent ce rapport.
- Ils sont entrés sur le territoire des elfes noirs.
- Quoi ?
- Ils sont même allés sur les terres de la famille Veliar.
Ce mage de malheur s’était fourré dans le territoire inquiétant des elfes noirs.
Et ce n’était pas tout.
Bzzz. Bzzz.
Un signal de convocation venait de l’organisation.
Dmitri cracha une gorgée de sang et trembla en le regardant. Après avoir repris ses esprits, il toucha la bague qu’il portait.
Sa vision changea et sa conscience fut entraînée ailleurs.
La flamme vacillante d’une bougie éclairait faiblement un espace silencieux.
Ffff !
Il était désormais assis à une table ronde, enveloppée de ténèbres.
De l’autre côté du rideau, plusieurs silhouettes le fixaient, les yeux brillants.
- Tu as mauvaise mine, explorateur des étages profonds.
Leurs lèvres se retroussèrent en un sourire moqueur.
« … »
Ce qu’il avait le plus redouté venait d’arriver.
La nouvelle était parvenue aux autres membres.
Si cela continuait…
Dmitri, membre de la Société secrète, serra les dents.
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