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Traducteur/Éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans une fantasy sombre et glaciale en tant que mage de génie ◈
Chapitre 84 : À chacun sa voie et un marché dans le vieux manoir
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« J’ai faim. »
« Encore un peu de patience. »
« J’ai dit que j’ai faaaaim ! »
« Sérieusement, t’es vraiment chiant, putain. »
À l’origine, nous avions prévu de nous occuper d’abord du cadavre de l’ogre, mais Elena se mit à faire un caprice.
Nous quittâmes donc la guilde et allâmes manger dans un restaurant chic.
J’avais de toute façon prévu de le voir.
Nous invitâmes aussi notre ami Dize.
« Dize ! »
« Salut, Dize. »
« Salut tout le monde… Haha. »
Dize nous salua avec gêne.
« Cet endroit a l’air vraiment cher… »
« Bah, c’est rien. Commande ce que tu veux. J’ai plein d’argent. »
« Euh… »
« Ouaaaais ! Hé ! Patron ! Apportez-nous tous les plats de la carte ! »
Elena poussa des acclamations et cria en m’entendant.
Cette fichue elfe…
« Je parlais à Dize ! »
Je m’écriai, alarmé.
« Fais pas ton radin. On mange tous ensemble, de toute façon~ »
Une erreur. J’avais fait une erreur.
Moi, un mage de génie, j’avais commis une telle bourde… Rah.
Bientôt, des plats qu’on ne pouvait jamais se payer dans notre auberge miteuse commencèrent à envahir la table.
Il y avait de la truite grésillant dans l’huile avec du poivre, des herbes et du sel ; une tourte aux truffes ; des cuisses d’oie rôties, servies avec de l’ail et des oignons, puis nappées d’un glaçage à l’orange et au miel ; du pain de blé généreusement beurré ; du fromage ; de la confiture d’abricot ; et bien d’autres choses.
« Kyaaaaah ! Ça a l’air trop boooon ! »
Elena poussa un drôle de cri en voyant le festin.
Dize en bavait aussi.
« C’est bon… Tellement bon ! Snif ! »
Au début, il picorait, mais il se mit bientôt à manger de bon appétit. Quand l’alcool arriva, la gêne s’évanouit et nous nous mîmes tous à rire ensemble.
« Tu te souviens de la plaine enneigée ? Daisy s’était effondrée en chemin, et Mauk avait proposé de l’abandonner et de prendre son équipement. Ian l’en avait empêché. »
« Je m’en souviens ! Ian l’avait réveillée avec un crépitement de son sort de foudre ! »
« J’ai survécu grâce à Ian… Même si ça m’a fait un peu mal. Hé hé. »
« Bah. On ne pouvait pas laisser le nombre de Draugr augmenter. »
« … C’était vraiment la raison ? »
« Non, enfin, ce n’était pas que ça… »
« Ouf. »
« Tu aurais dû comprendre que ce salaud de Mauk ne servait à rien. Il t’avait même collé un coup de poing en pleine face, à l’époque. »
« Hé hé hé, je l’avais un peu mérité. Mais je ne crois pas que mon jugement était si mauvais que ça, à l’époque… »
« Oh, tu t’es bien endurci, Dize. »
Il n’empêchait que la vie de membre d’un groupe d’expédition avait changé Dize.
Il avait pris du muscle et, surtout, il avait gagné en assurance.
« Au fait, vous savez ? Ce salaud de Mauk est toujours en vie. »
« Quoi ?! Sérieusement ?! »
« J’ai entendu dire qu’il était devenu mendiant et qu’il dormait dans les rues du quartier ouest. Hé hé. »
« Waouh… Et maintenant ? »
« Aucune idée. Peut-être qu’il fanfaronne en prétendant entrer dans le Labyrinthe, comme toi. »
Pffft !
Hahahaha !
Elena et Dize éclatèrent de rire.
Daisy les regarda avec tendresse, puis tira doucement sur ma manche.
« Euh, Ian. »
« Qu’y a-t-il, Daisy ? »
« Dize ne pourrait pas entrer dans le Labyrinthe avec nous, à partir de maintenant ? »
« Euh… »
C’était vrai que Dize nous avait sauvés, mais il n’arrivait toujours pas à franchir correctement le deuxième étage.
Nous, qui devions continuer à monter, ne pouvions pas prendre un risque aussi énorme.
Dans le Labyrinthe, il suffit qu’une seule personne ne fasse pas sa part pour que tout le monde y passe.
Comment lui expliquer ça sans passer pour un psychopathe, comme Elena ?
Tandis que j’y réfléchissais, Dize sourit et secoua la tête.
« Ça va. »
Dize, désormais bien plus à l’aise, regarda dehors depuis le restaurant.
« J’ai mes propres compagnons, maintenant. »
Un homme barbu et une aventurière aux traits acérés se tenaient là, observant Dize avec inquiétude.
« Que la bénédiction des Cinq Rois soit avec vous. Bien, tout le monde. Portez-vous bien, et retrouvons-nous une prochaine fois. »
Dize se leva, nous dit au revoir, puis s’en alla.
Il s’était trouvé de bons compagnons.
Je souris en le regardant partir.
« Dize… »
« Ce salaud de Dize… »
Elena le regarda avec un mélange de fierté et de regret, puis claqua la langue.
« Je me sens bizarre, Ian. »
« Pourquoi ? »
« Ça m’agace un peu de voir ce pauvre type se la raconter, mais surtout… je n’arrête pas de penser à cette drôle de chose que tu m’as racontée. »
« Quelle drôle de chose ? »
« N-T… C’était NTR ? J’ai l’impression qu’on nous a piqué Dize. »
Putain.
C’était vraiment le bon moment pour sortir ça ?
Je fixai Elena, sidéré qu’elle ait d’une manière ou d’une autre entendu et retenu ce terme terrien que j’avais marmonné, puis secouai la tête.
Même si je lui disais de ne pas entrer dans le Labyrinthe, il ne m’écouterait pas.
Dize était un vrai membre d’un groupe d’expédition, désormais.
« Enfin… »
Je tapotai l’épaule de Daisy, qui continuait à regarder le dos de Dize avec regret.
« Ah. »
« On pourra se revoir plus tard, manger ensemble et boire un coup. »
« … Oui ! »
Dize suivrait une voie différente de la nôtre.
Même si des épreuves nous attendaient tous, nous nous retrouverions un jour, lèverions nos verres ensemble et nous remémorerions le passé.
« C’est ça, l’amitié. »
* * *
« Ian ! Je suis content de te voir remis sur pied ! Hahaha ! »
« Désolé de ne pas être venus te voir plus tôt. La guilde nous a retenus pendant des heures. »
Après avoir pris congé de Dize, je retrouvai Gimlius et Hans.
Apparemment, les deux avaient été passés à la moulinette par la guilde à cause de toute cette histoire, pendant que j’étais absent, moi, le chef du groupe.
Contrairement à ce mage de génie et futur espoir de la Tour de Magie, ce nain ivrogne et Hans, qui avait une tête ordinaire, n’avaient personne pour les soutenir.
« Euh… On t’entend. »
« Hum. »
« Oups, ma faute. »
« Enfin, tu as été incroyable ! Hahahaha ! Je n’ai jamais vu une foudre pareille de toute ma vie ! Tu étais digne d’être comparé à Castlelight de Thunder, le célèbre mage de la Tour de Magie ! »
Le nain ne cachait pas son enthousiasme.
Cela dit, ce n’était pas désagréable à entendre.
« Ton ami, c’était Dize, c’est ça ? Dommage que je n’aie pas pu le rencontrer ! »
Gimlius avait le don de rendre joyeuses même les remarques les plus banales.
« … »
Hans, qui d’habitude aurait ajouté un mot ou deux, resta silencieux aujourd’hui.
Je n’y prêtai pas attention et annonçai la raison de notre venue.
« Allons nous occuper du cadavre de l’ogre. »
J’avais déjà parlé à Iromis, à Ulric le barbare et au groupe de Kadega.
Nous allions d’abord le vendre à bon prix, puis décider plus tard comment partager les gains.
Nous nous rendîmes au Clan du Lion d’or, où l’on entreposait le cadavre de l’ogre.
À la mesure de leur réussite, ils avaient acheté un immeuble de trois étages en plein cœur de la rue sud et en avaient fait leur quartier général.
« Halte. Vous êtes sur le territoire du Clan du Lion d’or. Si vous êtes des étrangers, dites-nous ce qui vous amène. »
« Nous venons récupérer un bien que le mage Iromis a confié à vos soins. »
À ces mots, l’aventurier qui gardait l’entrée examina mon visage.
Puis ses yeux s’écarquillèrent.
« Mage Ian ? »
« Oui. »
« Veuillez excuser mon impolitesse. Vous êtes ici pour le cadavre de l’ogre. Suivez-moi. »
Grâce à ma réputation, même un membre d’un grand clan reconnaissait mon visage.
Nous entrâmes dans le bâtiment et nous dirigeâmes vers l’endroit où l’on gardait le cadavre de l’ogre.
- C’est lui…
- Celui dont Iromis et Aisa ont parlé…
Même lorsque nous traversâmes le quartier général cossu et animé du clan, les gens me regardaient avec curiosité.
Tous ceux qui appartenaient à un grand clan étaient au moins des aventuriers du quatrième étage.
Héhéhé.
Les regards qui affluaient firent remonter les coins de mes lèvres.
« C’est ici. »
Un air glacé tourbillonnait dans l’entrepôt attenant au bâtiment.
Des mages du givre du Clan du Lion d’or maintenaient le cadavre de l’ogre gelé à l’aide de sorts de congélation.
Comme des batteries humaines.
« C’est bien organisé. »
Outre l’ogre, l’entrepôt abritait les précieux sous-produits de plusieurs autres monstres.
C’était là le genre de ressources et de capacités de gestion qu’on attendait d’un grand clan.
« Ouah ! »
« On a vaincu un monstre que même celui-là n’a pas pu battre~ »
Sa tête avait été déchiquetée par l’Observateur et son ventre était troué de part en part, mais le cadavre de l’ogre mesurait encore plus de cinq mètres et dégageait une présence intimidante.
Il est en sale état, mais on en tirera un bon prix si on trouve le bon acheteur !
Les cadavres de monstres de haut rang se vendent aussi très bien pour la recherche.
Nous avions reçu cinq cents pièces d’or en dédommagement de la guilde, mais j’étais en réalité à court d’argent.
Après tout…
Le Tome de la lumière des étoiles que j’ai obtenu cette fois est un trésor incroyable.
Je devais partager la valeur de ce trésor avec les membres du groupe, mais je n’avais aucune idée de son prix.
Pour couvrir ça, acheter de l’équipement et faire des recherches sur la magie, il me fallait de l’argent…
Encore plus d’argent !
« Haha ! On a abattu un Maître d’étage et un ogre. C’est comme avoir le coq et l’œuf ! »
Tandis que nous l’admirions, le membre du clan qui nous avait guidés prit la parole.
« Si vous le souhaitez, nous pouvons vous prêter un cheval de bât. »
« Ce serait très aimable. »
Le Clan du Lion d’or nous prêta un solide cheval de bât et une charrette. Nous y chargeâmes le cadavre de l’ogre, puis sortîmes.
Évidemment, nous attirâmes l’attention.
Certains furent effrayés par le cadavre du géant décapité, tandis que d’autres le contemplaient d’un regard avide et gluant.
- Tss.
Mais il faisait encore jour et, après avoir aperçu l’emblème de la Tour de Magie sur ma robe, ces regards disparurent bientôt.
« Alors, où compte-t-on vendre ce cadavre d’ogre ? »
« Euh… »
La fraîcheur est un problème, sans compter qu’on risque de se le faire voler la nuit. Il faut donc s’en occuper au plus vite.
J’y réfléchis.
Comme nous n’y connaissions rien au commerce, chercher nous-mêmes un acheteur serait absurde. Même en devant payer une commission, mieux valait trouver un intermédiaire ou une grande organisation capable de racheter le cadavre directement.
Les maisons de commerce renommées sont fiables, mais leurs commissions sont élevées.
Les petites et moyennes maisons de commerce prennent moins, mais leurs compétences et leur fiabilité sont discutables.
Les marchands d’ici ne faisaient pas exception. Ils s’entendaient entre eux et formaient leurs propres cartels ; sans relations, il fallait s’attendre à se faire plumer.
Avoir un bon produit ne suffisait pas.
Pour éviter de se faire avoir dans cette terre médiévale primitive, où chacun cherchait une occasion d’arnaquer son prochain, il fallait posséder toutes sortes de connaissances.
Gimlius régla alors mon problème.
« Si vous n’avez pas encore décidé, pourquoi ne pas passer par la maison de commerce avec laquelle je travaille souvent ? »
« Ils peuvent s’occuper d’un cadavre d’ogre ? »
« Bien sûr. Elle n’est pas très grande, mais sa propriétaire est très compétente. Il y a juste un petit problème. »
« Un petit… ? »
Ça m’inquiétait, mais comme c’était tout près, nous décidâmes d’aller voir cette maison de commerce.
Étrangement, elle se trouvait non pas au centre-ville, mais dans un vieux manoir, à la périphérie.
Et il y avait une autre chose bizarre…
« Pourquoi fait-il si sombre ? »
À travers les fenêtres, l’intérieur du manoir paraissait sinistre, tous les rideaux étant tirés.
« Je sens quelque chose de louche… »
Même Daisy, une prêtresse, le disait.
« Allez, vous comprendrez quand on sera entrés. Il y a une raison à tout ça ! »
Gimlius rit d’un air gêné et nous guida vers l’entrée.
« Madame Cotillard ! C’est moi, Gimlius ! Je suis venu avec des amis pour discuter affaires ! Ouvrez, s’il vous plaît ! »
À l’entrée du manoir, Gimlius frappa au portail antique en fonte.
Puis, malgré le plein jour, une silhouette lugubre en robe apparut. En reconnaissant Gimlius, Rangen s’inclina profondément et ouvrit le portail.
« Haha ! Comment allez-vous, Rangen ? »
« Bienvenue, Gimlius. La maîtresse est à l’intérieur, pour le moment. »
Nous suivîmes Rangen dans le manoir et restâmes bouche bée.
« M-Mais qu’est-ce que c’est ?! »
La propriétaire n’était pas humaine.
« Bienvenue~ Gimlius le fringant et ses amis. »
Celle qui nous accueillit dans le manoir obscur, éclairé par seulement quelques bougies, était une vampire.
Une vampire au physique séduisant, lourdement maquillée et vêtue d’une robe de velours qui dévoilait ses épaules et son dos.
« Une vampire ?! »
Même si leur réputation n’était pas aussi mauvaise que celle des elfes noirs, les vampires étaient mal vus dans le Labyrinthe, et ce pour de nombreuses raisons.
Daisy, fidèle à la déesse bienveillante Meia, et le reste d’entre nous se méfièrent aussitôt.
« Haha, je vous l’avais dit, qu’il y avait une raison… »
Gimlius tenta de nous rassurer.
« Mais Cotillard n’est pas une mauvaise femme. C’est la marchande dont je vous ai parlé. »
« Ho ho ho, c’est exact. Ne vous méfiez pas autant. Je ne suis pas un monstre qui vit au milieu des ténèbres et des ombres. Je suis une gentille vampire qui vit dans la lumière. »
« … »
Je regardai autour de moi, dans ce manoir sombre et sinistre où l’on avait l’impression qu’un monstre pouvait bondir à tout moment.
« Alors, pourquoi votre maison est-elle si sombre ? »
« Le soleil abîme la peau, ho ho ! »
Elena et Daisy se tournèrent vers moi pour connaître mon avis.
« Qu’est-ce qu’on fait, Ian ? »
« Meia a dit qu’il ne fallait discriminer aucune race. À l’exception des elfes noirs. »
Hmm…
La situation était inquiétante, d’autant plus qu’elle était une vampire.
Mais il y avait aussi des avantages.
Contrairement aux humains, qui formaient la race dominante dans le Labyrinthe, les autres races avaient toutes sortes de circonstances compliquées. Si l’on tissait de bons liens avec elles, on pouvait en tirer de nombreux avantages.
Ça ne coûte rien de l’écouter d’abord.
En plus de connaître Gimlius, Daisy était prêtresse. Cotillard ne pourrait pas tenter de nous jouer un sale tour.
« Pourriez-vous examiner la marchandise ? »
« Bien sûr~ »
Madame Cotillard nous suivit dans le jardin du manoir, un voile noir sur sa robe.
Lorsqu’elle vit ce qui se trouvait sur la charrette, elle poussa un petit cri nasillard.
« Oh là là ! M-Mais… Ce ne serait pas un cadavre d’ogre ?! »
« Hé hé, si. »
Cotillard fut surprise que nous, qui avions l’air d’aventuriers des premiers étages, ayons obtenu quelque chose de cette valeur.
Elle examina alors attentivement mon visage, puis hocha la tête, comme si elle avait compris.
« Ainsi, vous êtes le mage de Chute-du-Tonnerre. Je vois… Vous avez dû l’obtenir lors de l’incident récent du Maître d’étage. »
Ses yeux rouges brillèrent de curiosité.
« C’est ça. Alors, vous l’achetez ? »
« Non, seule une organisation de la taille de la Société de l’Aube dorée peut s’occuper directement d’un cadavre d’ogre. Je peux seulement vous servir d’intermédiaire pour la vente. Comme vous êtes mes premiers clients, ma commission sera de… ceci ? »
Cotillard joignit le pouce et l’index pour former un cercle, indiquant le montant de sa commission.
À ces mots, toutes mes hésitations s’envolèrent.
Parce que…
C’est putain de pas cher !
Le montant qu’elle avait annoncé était bien inférieur à celui que demandaient les marchands ordinaires.
C’était assez dérisoire pour faire réfléchir à leur existence les agents immobiliers coréens, qui empochaient leurs commissions sans prendre la moindre responsabilité.
Ses tarifs étaient sans doute si bas parce qu’elle était une vampire.
Les vampires avaient la réputation d’être sinistres, alors les gens ne leur faisaient pas confiance.
Pour des marchands, qui vivaient de la confiance, c’était fatal.
Elle nous offrait probablement cet avantage pour se constituer une clientèle.
Si elle est quelqu’un de correct, rien ne m’empêche de nouer des liens avec elle dès maintenant.
Nous continuerions à grimper vers les étages supérieurs, où nous obtiendrions quantité de précieux sous-produits.
Dans cette terre médiévale primitive où certains vendraient leurs propres enfants ou leurs parents, avoir des relations avec un marchand fiable avait de la valeur.
Ma décision prise, je hochai la tête.
« Nous passerons par vous pour le vendre. »
« Vous avez fait le bon choix~ Justement, je connais quelqu’un qui cherche d’urgence le cadavre d’une créature de haut rang~ »
Oh ?
« Si je le contacte, vous pourrez en obtenir un bon prix. Voulez-vous que je lui fasse parvenir un message ? »
« Oui. »
En fredonnant, Cotillard alla chercher une cage à oiseaux posée dans un coin du manoir.
Couic !
Elle contenait une chauve-souris. Cotillard écrivit une lettre d’une belle écriture, l’attacha à la patte de l’animal, puis le relâcha par la fenêtre.
Un pigeon voyageur.
Frouf !
Un instant plus tard, la chauve-souris revint avec une réponse.
Madame Cotillard lut la lettre et prit la parole.
« Apparemment, l’acheteur peut venir tout de suite. Cela vous convient-il ? »
« Oui. »
Nous fîmes entrer dans le manoir la charrette qui transportait le cadavre de l’ogre et décidâmes d’y attendre l’autre partie.
Ffff !
La nuit ne tarda pas à tomber.
Cotillard devint encore plus joyeuse ; elle tira les rideaux occultants en fredonnant gaiement.
« Hum hum, je suis une gentille vampire qui travaille dur~ J’adoooore l’argent~ »
Puis Cotillard déclara soudain :
« Oh, j’ai oublié de vous prévenir d’un détail important. »
« Lequel ? »
« Eh bien… »
Boum.
Alors qu’elle pinçait les lèvres, la porte du manoir s’ouvrit soudain.
« Vampire. La marchandise est-elle prête ? »
Ceux qui apparurent sous les ténèbres rampantes et à la lueur des torches étaient des elfes.
Ils avaient tous de beaux visages arrogants et de longues oreilles.
Mais leur peau était pâle comme celle des cadavres…
C’étaient…
« Des elfes noirs ?! »
J’écarquillai les yeux et empoignai mon bâton, tandis qu’Elena dégainait son épée.
« Alerte générale ! »
Daisy serra fermement sa masse, tandis que Gimlius et Hans dégainaient eux aussi leurs armes.
« Cette sale vampire s’est alliée à ces enfoirés d’elfes noirs pour nous entuber ! »
Nous nous plaçâmes devant le cadavre de l’ogre.
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