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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à la fantasy sombre gelée en mage de génie ◈
Chapitre 55 : On ne s’empare pas si facilement du trésor du Labyrinthe
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« Du mana ?! »
Des caractères anciens y étaient gravés, et du mana circulait à travers l’objet.
En comprenant à quel point il était extraordinaire, les deux groupes se mirent à convoiter le trésor avec encore plus d’ardeur.
Le voleur semi-homme de l’autre groupe, en particulier, avait déjà les yeux brillants de convoitise.
« Hé, vous êtes vraiment prêts à faire couler le sang pour ça ? »
Je répondis au guerrier qui semblait être leur chef.
« Vous voulez dire qu’on partage à parts égales ? »
« Bien sûr que non. On l’a trouvé les premiers, alors on vous en laissera vingt pour cent. Renoncez-y. »
« Allez vous faire foutre. On l’a trouvé les premiers, alors c’est quoi, ces conneries ? On vous en laisse dix pour cent, alors laissez tomber. »
« …Alors vous voulez vous battre. »
Malgré leur attitude agressive, les membres du groupe du guerrier ne se jetèrent pas à l’attaque sans réfléchir.
« Maxmiller, on est vraiment obligés d’aller jusque-là ? »
L’éclaireuse elfe, qui tenait un arc, interpella le chef de son groupe.
Même la corde de son arc bandée, elle déglutit nerveusement.
C’était normal.
Sans même parler de la nature prétendument plus douce des elfes par rapport aux elfes noirs…
Nous avons deux mages.
S’ils ne nous achevaient pas d’un seul coup, ils se feraient massacrer en un instant.
Et même en cas de victoire, perdre plusieurs membres rendrait la fuite du Labyrinthe difficile.
Bien sûr, c’était valable pour nous aussi, mais…
Je n’ai qu’à me méfier du voleur et de l’archère.
Ils ne savaient pas quels sorts je possédais.
J’étais sûr de pouvoir l’emporter.
« Ian, dis-moi juste un mot. On les tue ou pas ? On les tue ou pas ? »
Elena attendait mes ordres, le regard glacial.
Sa soif de combat les avait-elle intimidés ?
« …Pfiou, d’accord. On partage à parts égales. »
Le chef d’en face finit par céder.
Bande de cons.
Pourquoi faire les durs si vous n’étiez pas prêts à faire couler le sang ?
À ce compte-là, j’aurais peut-être dû insister pour un partage soixante-quarante.
Mais tout le monde n’avait pas envie de se battre comme Elena.
« La moitié, ça me va. »
Hans prit la parole.
Alejandro, qui ne pouvait pas invoquer son familier, acquiesça lui aussi.
« Nous devrions accepter. Il nous reste encore beaucoup à explorer. »
Qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ?
Écouter les membres de son groupe faisait partie du rôle de chef.
Mais avant ça, je devais identifier la magie qui avait été placée sur le coffre.
J’ai une idée.
Alors que j’allais hocher la tête, la pièce se mit soudain à tournoyer.
Vrrrr.
[Pile ou face]
C’était quoi, ce bordel ?
La pièce tournoyait au-dessus du semi-homme de l’autre groupe.
Pile.
[Face]
Le tirage avait échoué, et les ennuis commencèrent.
« Aaaah ! J’en peux plus ! »
Le voleur semi-homme aspergea le coffre d’un réactif de désamorçage, puis l’ouvrit brusquement.
Clac !
Ce qui sortit du coffre, ce ne fut pas un trésor, mais une fumée bleue.
La fumée se contorsionna bientôt et prit la forme de squelettes translucides coiffés de vieux chapeaux de pirates et de bandanas, vêtus de manteaux en lambeaux, un sabre à la ceinture.
Kihihihihik !
Un rire sinistre retentit, et le pont fut envahi par un froid mordant.
[Ah, voilà encore des gens avides.]
Le froid était assez intense pour me faire mal aux os, comme quand nous avions traversé les étendues enneigées à l’extérieur.
Putain.
J’avais espéré que ce ne serait pas ce piège-là, mais si.
Le problème, c’était que…
Nous ne pouvons pas tuer ces trucs maintenant.
* * *
« Q-qu’est-ce que c’est que ça ?! »
« Des fantômes ! »
« J-j’ai froid… On dirait que mon sang gèle… »
Il y avait trois fantômes.
Chaque fois que les orbites vides des morts-vivants se posaient sur les vivants, j’en avais la chair de poule.
Je savais ce que c’était.
Des Gardiens du trésor.
Leur apparence, leurs caractéristiques et les endroits où ils apparaissaient variaient, mais ils avaient tous un point commun.
Ils étaient généralement bien trop puissants pour que les membres des groupes d’expédition qui exploraient cet étage puissent les vaincre au combat.
« Des Gardiens. L’aura qui les entoure n’a rien d’ordinaire. Ce sont des morts-vivants, et sans prêtre, nous aurons du mal à les vaincre, voire même à nous enfuir. »
Alejandro, un mage expérimenté, évalua calmement la situation.
Les mots gravés sur le coffre — choix, or et mort — faisaient référence à ça.
« Merde, si seulement Daisy était là… Bon, qu’est-ce qu’on fait ? »
Elena se gratta la tête.
Dans le Labyrinthe, la présence ou l’absence de telle ou telle classe pouvait rendre une situation bien plus facile à régler, ou au contraire la compliquer considérablement.
Alejandro nous facilitait l’exploration en général, mais sans Daisy, nous étions vulnérables aux monstres morts-vivants !
« S’ils voulaient se battre, ils nous auraient déjà foncé dessus. S’ils ne l’ont pas fait, c’est qu’ils ont autre chose en tête. Le Labyrinthe laisse toujours un indice pour nous permettre de résoudre les situations, même quand elles semblent impossibles. »
Aux paroles d’Alejandro, le squelette coiffé d’un chapeau de capitaine sourit.
[Exactement, vieux boiteux. Répondez à nos questions et nous vous offrirons un fabuleux trésor. Mais si vous vous trompez, vous naviguerez avec nous pour l’éternité.]
« D-des questions ? »
Comme je m’y attendais, il fallait résoudre cette situation par la réflexion plutôt qu’au combat.
« O-on ne peut pas simplement refuser… ? »
Le chef de l’autre groupe prit alors la parole.
Quel idiot.
Il fallait vraiment dire ça ici ?
Alors que je me hâtais de préparer un sort…
[Refuser ? Renoncer à une occasion en or pareille ? Dans ce cas…]
Le capitaine squelette ricana, désigna le guerrier et récita une incantation maléfique.
Guuuurk !
Toute la force vitale du guerrier fut aspirée. Le chef de l’autre groupe s’effondra lourdement, le corps desséché comme une momie.
Une âme translucide s’extirpa du cadavre qui tressaillait, comme si elle agonisait.
A-aah… !
Le capitaine fantôme passa un collier autour du cou de la pauvre âme du guerrier et prit la parole.
[Voilà ce qui arrive.]
« … ! »
« P-putain ! »
Quelqu’un venait de mourir en un instant.
Non, il avait connu un sort pire que la mort.
La scène atroce pétrifia tout le monde.
Je claquai la langue.
Je m’en étais douté en voyant qu’ils étaient morts-vivants, mais c’étaient bel et bien des Gardiens maléfiques.
[Héhéhé ! Alors ? Vous avez soudain envie de répondre à quelques questions, non ?]
Le capitaine squelette haussa gaiement les épaules.
« N-nous allons répondre ! »
L’énigme fatale à laquelle ils ne pouvaient se soustraire venait de commencer.
[Il y a deux questions en tout. Si vous en ratez ne serait-ce qu’une, nous vous enchaînerons tous et vous enverrons par le fond. Première question.]
Trois illusions apparurent devant le capitaine.
Un coffre débordant d’or.
Une épée célèbre, rougeoyante comme si elle avait absorbé le sang d’innombrables personnes.
Et une vieille carte marine vierge.
Le capitaine fantôme prit la parole.
[Nous avons passé notre vie à parcourir les mers. Nous avons pillé des centaines de navires en quête d’or et pris d’innombrables vies pour obtenir une épée célèbre capable de tout trancher. Nous avons ouvert des routes maritimes et dessiné d’innombrables cartes pour trouver les trésors de légende !]
Un matelot ricana.
[Lors de notre dernier voyage, nous avons obtenu ces trois trésors.]
[Je vous le demande.]
[Lequel de ces trois trésors avait le plus de valeur pour nous, valeureux marins ?]
Cette question… ?
Non, je dois d’abord rester prudent.
Les yeux brillants, je m’avançai et demandai :
« Combien de temps nous accordez-vous pour chaque question ? »
[Une heure.]
Un sablier translucide flotta au-dessus du navire en ruine.
La situation avait dégénéré sans prévenir et était devenue mortelle.
Tout le monde respirait difficilement, la sueur froide leur ruisselant sur le visage.
« Putain ! Tout ça, c’est à cause de ce semi-homme de merde ! »
Elena lança un regard furieux au semi-homme de l’autre groupe.
« Espèce d’abruti ! Pourquoi t’as fait ça sans nous consulter ?! »
Les compagnons du semi-homme pensaient la même chose.
« Ugh… P-pardon ! Je ne voulais pas l’ouvrir… Ma main a bougé toute seule… »
Le semi-homme tressaillit et se griffa la tête.
Il était ensorcelé.
Ça devait être l’un des sorts placés sur le coffre.
Une magie malveillante qui ensorcelait plus facilement ceux qui manquaient de maîtrise de soi.
« Tout le monde, calmez-vous. Se disputer ne nous apportera rien dans cette situation. »
Quelqu’un risquait de perdre son sang-froid et de lâcher une mauvaise réponse, alors j’intervins.
« Ian a raison. Mais cette question n’a-t-elle pas une réponse précise ? Dans ce genre de situation, nous devons mettre nos idées en commun. »
Alejandro prit la parole.
« Si l’on parle de ce qui a le plus de valeur, c’est évidemment le trésor, non ? »
À la remarque d’Elena, Hans donna son avis.
« La valeur est relative. Pour certains, des bijoux en or sont plus précieux que tout le reste ; pour d’autres, un morceau de pain qu’ils peuvent manger tout de suite compte davantage. »
« Dans ce genre d’énigme, la réponse est généralement ce qui semble n’avoir aucune valeur. »
L’archère elfe de l’autre groupe proposa une autre hypothèse.
« La carte ? »
« Mais s’ils parlent de valeur matérielle, ce sera l’or. »
« Une épée célèbre, ça ne s’obtient peut-être même pas avec de l’argent. »
…
Alejandro interrogea le capitaine fantôme.
« Avons-nous le droit de poser des questions ? »
[Bien sûr !]
« Où mène la carte vierge ? »
[N’importe où. C’est une carte au trésor qui peut vous conduire partout !]
« Les possibilités… »
Alejandro se frotta le menton, puis regarda tout le monde comme s’il avait compris.
« Écoutez. Ils ont dit avoir acquis une immense richesse et un grand pouvoir. Mais regardez-les maintenant. Maudits, enfermés dans un coffre au trésor, réduits à jouer les gardiens. À leur place, quelle valeur auraient encore les trésors obtenus après la mort ? »
« Alors… »
« La réponse, ce sont les possibilités. Ça doit être la carte, puisqu’elle permet de tout faire. »
« Ça se tient… »
« T-tu en es sûr ? »
Il avait raison.
Je le savais parce que j’avais déjà répondu à cette question dans le jeu.
J’avais vérifié attentivement, au cas où il y aurait une variable, mais c’était bien la réponse.
« C’est la carte. »
« Si Ian le dit, c’est que c’est la bonne réponse ! »
Dès que j’eus donné mon avis, Gimlius l’accepta sans hésiter.
Hans acquiesça lui aussi.
« … »
Alejandro fronça les sourcils, comme si cette réaction ne lui plaisait pas.
Une fois notre décision prise, nous nous tournâmes vers l’autre groupe.
L’elfe semblait être devenue leur nouvelle cheffe. L’archère s’avança et déclara :
« La réponse, c’est la carte. C’est la seule qui soit fondamentalement différente des autres. »
On aurait dit qu’ils s’étaient eux aussi mis d’accord.
Pfiou.
Au moins, ils n’étaient pas tous bouchés.
« La réponse, c’est la carte. »
Je m’avançai pour répondre en notre nom.
…
Criiiic !
Le capitaine fantôme, qui faisait tourner sa tête à trois cent soixante degrés dans un mouvement grotesque, applaudit.
[Exact !]
[Héhéhé !]
[Hahahahaha !]
[Vous êtes plus malins que vous en avez l’air !]
Nous étions trempés de sueur froide, mais les fantômes riaient de bon cœur.
Le capitaine pirate déboucha une bouteille d’alcool qui roulait sur le vieux pont et en but une gorgée.
Un liquide pourri coula entre les côtes vides des squelettes, tandis que la question suivante apparaissait.
[Passons à la deuxième question.]
[Choisissez : coopération ou trahison.]
Fouuuuu !
Une bourrasque souffla et le brouillard s’épaissit, séparant notre groupe de celui des elfes.
Nous ne pouvions ni les entendre ni les voir.
Chaque groupe se retrouva complètement isolé.
Dans ces conditions, le capitaine fantôme reprit la parole.
[Si vous vous faites mutuellement confiance et choisissez tous deux la coopération, vous quitterez cet endroit sains et saufs, avec le trésor.]
[Mais si l’un choisit la coopération tandis que l’autre opte pour la trahison, les traîtres garderont le trésor pour eux, tandis que les imbéciles qui auront choisi la coopération deviendront leurs esclaves pour l’éternité.]
Le capitaine fantôme étira les coins de sa bouche en un sourire grotesque et enfonça le clou.
[Et si les deux groupes cèdent à la cupidité et choisissent la trahison, le résultat sera le même. Le trésor sera détruit sur-le-champ, et vous serez tous retenus ici en sacrifice aux profondeurs de la mer.]
« …C’est complètement dingue. »
Gimlius jura.
Même Alejandro, qui était resté calme jusque-là, ouvrit de grands yeux.
« … »
Putain.
Je pensais la même chose.
C’est le dilemme du prisonnier.
Je m’étais demandé pourquoi tout se passait aussi facilement…
« C’est une question de merde. »
Il n’y avait pas de bonne réponse, ni de solution, non ?
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