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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans un univers de fantasy sombre et glacé en mage de génie ◈
Chapitre 47 : Le roi des dinosaures abandonne sa peau en mourant
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« Hahaha ! Je plaisantais ! Je suis un homme à cent pour cent ! »
Heureusement, la remarque glaçante de Gimlius n’était qu’une blague.
« Ouf. »
J’essuyai la sueur sur mon front et laissai derrière moi le nain qui riait à gorge déployée.
Crac !
J’avais failli devoir nettoyer un cadavre de nain aujourd’hui.
« Enfin, tout est réglé ! »
Comme l’avait joyeusement annoncé Daisy, tout était réglé.
« Je suis un elfe endetté… Je ne peux même pas… manger de viande… »
L’un de nous broyait du noir, mais une fois les comptes soldés, nous nous mîmes à boire et à faire la fête pour de bon.
« Bouhouhou ! Rends-moi mon bras, Ian ! Snif, snif ! »
« Putain ! Quand est-ce que j’ai fait ça ?! »
Un peu pompette, je m’amusai à imiter Elena. Le visage rouge, elle me cria dessus et m’étrangla.
« Gaaah ! »
Gimlius éclata de rire, grimpa sur la table et se mit à danser.
Boum, boum, boum !
Incroyable, mais malgré ses membres courts et trapus, il dansait plutôt bien.
Non, comment quelqu’un vivant dans ce monde primitif connaissait-il le moonwalk et le popping ?
« Hahahaha ! À mon époque, j’étais le meilleur danseur parmi les nains ! Hop là ! »
« Waouh… »
Les joues rougies par l’alcool, Daisy regarda Gimlius d’un air absent avant d’applaudir. Hans ricana, tandis que les autres membres de l’Expédition alentour l’encourageaient.
- « Hé, le nain ! T’assures grave ! »
- « Et maintenant ? C’est quoi, la prochaine danse ?! »
« Huahaha ! La prochaine est réputée être la meilleure danse pour séduire les femmes mariées et les veuves ! La danse du soleil d’or levant ! »
Les membres de l’Expédition vivaient plus intensément l’instant présent que n’importe qui dans ce monde. Ils avaient beau être rentrés sains et saufs cette fois-ci, lors de leur prochaine expédition, ils risquaient de finir dans un sale état ou de mourir. Alors, quand ils faisaient la fête, ils ne se retenaient pas.
« Haha ! Alors, Ian, le chef du groupe, régale ce soir ? »
« Va te faire foutre. Tu sais combien cette elfe gloutonne bouffe ? »
« Vous avez tous entendu ?! Ian a dit qu’il payait ! »
« Ouaaaaaais ! De la viande ! Aubergiste, apporte-nous toute la viande que tu as ! »
« J’ai jamais dit… Mmh ! »
Pour une nuit, nous oubliâmes tous nos soucis et nos craintes pour l’avenir, et nous fîmes la fête comme des bêtes.
* * *
Une fois la beuverie terminée, Hans aida Gimlius, qui titubait, à sortir. Complètement ivre, Ian trébucha jusqu’à sa chambre, tandis que Daisy et Elena rejoignaient la leur pour dormir.
« Bonne nuit… Elena. »
« Toi aussi, Daisy. »
« Ouf. »
Comme elle avait chaud, Daisy ôta ses vêtements de dessus et s’allongea sur le lit en sous-vêtements, la respiration haletante. Elena, qui était déjà couchée, attendit que Daisy s’endorme, puis plissa les yeux.
Elle se mit alors discrètement à lui palper la poitrine.
En réalité, Elena faisait parfois ce genre de chose depuis qu’elle vivait avec Daisy.
C’était…
« Héhé. Qu’est-ce que tu fais, Elena… ? »
Daisy, qu’Elena croyait endormie, gloussa tout à coup. Elena sursauta.
Mais c’était nécessaire, alors elle ne se démonta pas.
« Non, j’avais un peu froid. »
« Ah bon ? Moi, j’aime bien quand il fait frais. »
Putain, je crois qu’elles sont plus grosses que les miennes.
Non, mon visage est quand même plus joli.
Mmh-mmh.
Elena hocha la tête comme si elle venait de confirmer quelque chose, puis retira sa main de la poitrine de Daisy. Mécontente, elle lui donna une tape dans le dos.
« Mmh. »
Assoiffée, Elena se lécha les lèvres et se leva pour aller chercher la cruche d’eau sur la table. C’est alors qu’elle entendit Ian vomir dans la pièce voisine.
- « Beuaaargh ! »
Quel idiot.
Elena claqua la langue.
Il était faible, tenait mal l’alcool et, à part en magie, c’était un freluquet incapable de faire quoi que ce soit correctement. Est-ce qu’il pouvait seulement remplir convenablement son rôle d’homme, dans ces conditions ?
Il s’est évanoui la tête dans son vomi ?
Inquiète, Elena secoua la tête et se dirigea vers la chambre d’Ian. La porte était verrouillée, mais, comme toutes les vieilles portes d’auberge, elle s’ouvrit dans un craquement dès qu’Elena força un peu sur la poignée.
Si l’aubergiste le découvre, je dirai qu’un voleur est entré par effraction.
Pfiou.
En ouvrant la porte, elle découvrit Ian endormi devant la salle de bains. Il avait dû beaucoup vomir : sa bouche et ses vêtements en étaient couverts.
Il avait l’air particulièrement négligé.
Et pourtant, pourquoi respirait-il si doucement, comme une fille ?
« Franchement, tu es un vrai boulet. »
Reprenant l’une des phrases habituelles d’Ian, Elena le souleva sans peine pour le déposer sur le lit. Elle mouilla un linge et lui essuya le visage, puis lui retira ses vêtements sales.
« Voilà ce qui arrive quand on mange à peine. »
Il n’était que peau et os. Il avait participé à des expéditions, il aurait dû prendre un peu de poids, mais il restait un freluquet.
Elena s’assit au bord du lit et observa Ian un moment.
Elle se remémora ce qu’elle avait entendu à la fête au sujet de leur expédition précédente.
Le sort Rage, l’effet secondaire du Bracelet de la colère qu’elle portait.
D’après ses compagnons, même après qu’on lui eut tranché un bras, elle avait mordu l’ennemi, puis tenté de tuer ses amis.
- « Tu sais à quel point on a eu peur ? Beurk. »
- « Malgré tout, c’est grâce à Elena qu’on a pu tuer ce salaud. Bien utilisé, ce bracelet est un objet magique incroyablement puissant. »
Elena frotta le bracelet orné d’un rubis inquiétant.
C’était un bracelet magique qui conférait une force prodigieuse à son porteur.
Au début, cet équipement l’avait simplement rassurée. À présent, il l’effrayait un peu.
Ce qui lui faisait peur, ce n’était pas d’avoir perdu sa volonté et d’avoir continué à bouger alors que son corps se déchirait, mais d’avoir failli faire du mal à Ian.
…
Malgré tout, elle ne pouvait pas se permettre de renoncer à ce pouvoir.
Le Labyrinthe était un endroit mortel.
« Haa… »
Devrait-elle essayer de méditer dans la salle d’entraînement à l’épée ?
Non, si elle devenait plus forte, peut-être n’aurait-elle plus besoin de dépendre d’un pouvoir pareil.
Elena remua ses pieds blancs et nus en réfléchissant.
Il y avait un dicton.
Les enfants élevés dans les ruelles devenaient de petits voleurs. Le monde qu’ils connaissaient était celui où les gens dérobaient les affaires des autres, alors il finissait par constituer tout leur univers.
On dit que le fils d’un fermier croit que les champs qu’il voit depuis l’enfance constituent le monde entier.
C’était Ian qui lui avait raconté ça, tout fier de lui.
- « Voilà pourquoi il faut s’efforcer de progresser. Compris ? Un homme doit avoir au moins une grande ambition dans sa vie. »
- « Mais je suis une femme, moi ? »
- « Non, non, quoi que j’en dise, tu n’es pas une femme. Tu es juste une bête… »
- « Qu’est-ce que tu as dit ?! »
- « Gaaah ! »
Elle avait fait semblant de ne pas écouter, mais Elena y avait réfléchi.
Quand elle vivait au village, sa vie consistait simplement à endurer les ennuis ou à les éviter. Une vie heureuse, c’était ne pas avoir faim et se contenter d’une seule pomme de terre.
Puis elle avait rencontré Ian. Elle avait traversé les étendues enneigées avec lui, atteint le Labyrinthe et rejoint l’Expédition.
Elena avait changé.
Elle avait découvert des aliments plus savoureux et plus précieux qu’une simple pomme de terre. Elle avait appris qu’il existait de meilleurs équipements que les gourdins en bois. Elle avait aussi compris à quel point l’expérience et le savoir-faire comptaient pour s’en servir correctement.
Le petit monde d’Elena s’agrandissait peu à peu.
« … »
Les yeux verts d’Elena se fixèrent sur Ian.
Une vie qui s’était écoulée sans but commençait lentement à en trouver un.
Elle verrait la fin du Labyrinthe avec ce type.
Et ensuite…
« Je… avec toi… »
Alors qu’Elena caressait le visage d’Ian, celui-ci marmonna dans son sommeil.
…
Elena retira doucement sa main.
Puis elle se glissa hors de la chambre sans faire de bruit.
* * *
« C’est dingue… Tu n’as pas dit que c’était seulement ta deuxième expédition ? »
Dans le quartier commerçant sud de la Cité du Labyrinthe, Arnold, le barbu qui tenait une petite forge, était stupéfait.
« Oh, ça brûle. »
Crépite, crépite.
Il était si abasourdi qu’il ne remarqua même pas que des étincelles de la forge mettaient le feu à sa barbe.
Il était stupéfait par les objets que venait de lui apporter un groupe de bleus censé n’en être qu’à sa deuxième expédition.
« Comment vous avez tué un dragon ?! »
Arnold s’écria en examinant les matériaux de Drake rapportés par le groupe d’Ian.
Un groupe du deuxième étage avait tué une espèce supérieure de Drake vivant au quatrième ?
C’était insensé.
Il aurait été plus crédible qu’ils prétendent avoir acheté ces matériaux au marché.
Pourtant, jusqu’à récemment, ils formaient un groupe de pauvres incapables de s’offrir une seule épée de fer. Et il y avait trop de matériaux différents pour qu’ils les aient simplement achetés : non seulement la peau, mais aussi les griffes et les dents. En plus, la peau était en mauvais état.
On aurait dit que des amateurs l’avaient chassé et dépouillé eux-mêmes.
Ils n’ont participé qu’à deux expéditions et ils ont tué un dragon ?!
Telle fut la conclusion d’Arnold. Le gamin aux cheveux argentés avec qui il avait quelques liens dissipa alors ses doutes d’une manière tout à fait raisonnable.
« Parce que je suis un mage de génie. »
…
Ce connard était cinglé ?
« Tu crois que je vais accepter cette explication ?! »
Arnold jeta son marteau et cria.
« C’est vrai. Ian l’a attrapé parce que c’est un génie… »
Daisy, une femme aux cheveux bruns et à l’air doux, tressaillit au rugissement d’Arnold et prit timidement la parole.
« Tu m’as fait peur. Pourquoi tu cries tout à coup, vieux ? »
Elena fronça les sourcils en touchant ses longues oreilles.
« Je suis d’accord. Génie. Aucun mot ne décrit mieux le chef de notre groupe. »
« Haha ! C’est vrai ! Ian est vraiment un génie ! »
Hans et Gimlius, déjà habitués aux manières d’Ian, penchèrent la tête comme si c’était Arnold qui était bizarre.
… Pfiou. Pfiou.
Il s’était trop emporté.
Arnold se calma.
C’est vrai. Il était forgeron.
Même si ces petits morveux qu’il connaissait avaient vécu quelque chose d’absurde, qu’ils aient arnaqué de cruels elfes noirs ou croisé une légende du Labyrinthe, il n’avait qu’à faire son travail.
« Bref, vous voulez que je transforme tout ça en armes et en armures, c’est ça ? »
« Oui. »
« Je peux fabriquer environ trois équipements complets. Avec les chutes, je devrais pouvoir faire des gants et des bottes. »
Elena regarda Arnold d’un air soupçonneux.
« Avec toute cette peau, on n’a que ça ? Vieux, tu essaierais pas d’en garder un peu pour toi ? »
« Regarde l’état de la peau que vous m’avez rapportée. Je sais pas ce que vous lui avez foutu, mais il n’y a que moi pour tirer autant d’une peau aussi pourrie ! »
« … Euh. »
Elena dut reconnaître qu’il avait raison.
Hodrick avait pratiquement déchiqueté le Drake de l’intérieur, alors la peau et les os étaient en piteux état.
Ils étaient également rentrés rapidement à cause de l’état d’Elena. Seuls Ian et Hans étaient restés dans le donjon, ce qui limitait la quantité de matériel qu’ils pouvaient rapporter.
« Dans le Labyrinthe, on dit souvent qu’il est plus difficile de rapporter un trésor que de le trouver. »
Si seulement j’avais un anneau de stockage spatial… Beurk…
Tandis qu’Ian tentait de chasser ses regrets, Arnold reprit :
« Tu veux un arc en os, c’est ça ? C’est la seule chose qu’on peut fabriquer avec des os de Drake. »
Ian se tourna vers Hans, le seul du groupe à manier un arc.
« Une arbalète, s’il vous plaît. »
« Et avec les griffes et les dents ? »
« Des dagues, évidemment. »
« Combien ? »
« Six. »
« Très bien. La façon vous coûtera sept pièces d’or. »
« Hmm… Et si on réduisait le nombre de dagues à quatre et qu’on vous laissait les griffes et les dents en échange d’une réduction ? »
« Six pièces d’or. »
« Ça marche. »
Une armure en peau de Drake était plus solide que la plupart des armures de fer.
La peau de Drake bleu avait aussi la particularité de flotter un peu dans l’eau.
C’était un objet de luxe.
Seuls les vétérans qui exploraient régulièrement le troisième étage et revenaient avec succès, ou les membres de rang intermédiaire de l’Expédition, pouvaient se permettre d’en porter.
C’était encore un butin colossal, aussi précieux que de l’équipement magique.
La puissance de combat du groupe allait augmenter d’un coup.
Ceux qui en ont besoin se le partageront.
Ian fredonna pour lui-même.
Le Donjon secret avait bien failli les tuer, mais il leur offrait des récompenses à la hauteur du danger.
« Il me faudra deux semaines. »
Arnold leur donna une estimation généreuse, car il avait déjà beaucoup de travail en retard.
« Alors, on vous laisse faire. »
« Arrêtez de me casser les pieds et fichez le camp. »
Quel vieux tsundere.
Voilà qui règle la question de l’équipement haut de gamme.
Dehors, devant la forge, Ian réfléchit à sa prochaine destination.
D’abord…
Étudier les Pierres de grâce.
Passer à la bibliothèque et étudier.
Faire des recherches magiques avec le sang et le cœur du Drake, ainsi que la fortune qu’on a gagnée cette fois-ci.
Sourire en coin.
Il ne restait que les choses les plus réjouissantes.
« Un nouveau sort, un nouveau sort~ »
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