WeTried Translations
Traducteur/éditeur : Mordor
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre à la fantasy sombre gelée en mage de génie ◈
Chapitre 45 : Comment un lanceur de sorts s’en sort
──────
« Ils peuvent la soigner… mais ils ne le peuvent pas non plus… Bouhouhou ! »
Daisy baissa la tête et annonça en pleurant cette nouvelle accablante.
Gimlius s’en voulait, tandis qu’Elena était assise sur le lit, les oreilles basses.
Derrière eux se tenait Agape, la prêtresse aux cheveux orange et aux paupières lourdes, qui avait déjà aidé à soigner Dize.
Comment ça, c’était soignable, mais impossible ?
Putain, notre meilleure combattante.
Elena, qui avait grandi orpheline, allait-elle vraiment finir comme Shanks le manchot ?
C’était quoi, cette connerie ?
Je demandai, paniqué :
« Quel est exactement le problème ? »
« Son bras est en trop mauvais état pour être rattaché. En tout cas, cela dépasse nos capacités. »
L’attaque de Hodrick avait été d’une violence inouïe et des corps étrangers s’étaient introduits dans la plaie, qui s’était nécrosée de l’intérieur.
« Même si nous le rattachions de force, il ne fonctionnerait pas correctement. »
Même moi, je voyais bien que le bras sectionné était dans un état lamentable.
Putain, apprendre qu’on aurait pu le rattacher si on avait agi un peu plus tôt me foutait encore plus les nerfs.
Ou si on avait au moins eu une potion de haut niveau.
« Ça va. Même avec un seul bras… je peux toujours entrer dans le Labyrinthe. »
Elena s’efforça de garder son calme.
C’était complètement absurde !
« Expliquez-vous correctement. Qu’est-ce que vous voulez dire par “impossible à soigner à votre niveau” ? »
« Ce que cela signifie, tout simplement. Pour rattacher ou faire repousser ce bras, il lui faudrait l’aide de prêtres de haut rang, au moins du rang d’évêque. Mais ils sont actuellement occupés par des tâches importantes. »
La sale patte de l’Église : une tortionnaire, une Sorcière masochiste.
Je regardai la belle prêtresse secouer la tête sous son masque de bonté, puis énonçai la cruelle vérité :
« En d’autres termes, on n’a pas assez d’argent ? »
« C’est exact. »
« Quoi… »
Hans avait l’air abasourdi.
Les Pierres de mana qu’on avait gagnées dans le Donjon secret à elles seules valaient plus que ce qu’un groupe correct du deuxième étage pouvait gagner en explorant plusieurs zones. Non, même un groupe du troisième étage.
Gimlius fit une suggestion :
« Et si on essayait dans un autre temple… ? »
« Ce serait pareil ailleurs. »
*Elle a raison.*
Mais je ne pouvais qu’être d’accord.
Même l’Église de Meia, pourtant très influente, ne comptait que deux ecclésiastiques du rang d’évêque dans cette immense ville.
Il fallait être noble ou membre haut placé d’un groupe d’expédition rien que pour en rencontrer un.
Et obtenir des soins coûterait encore plus cher.
*Même dans ce monde où la magie et les miracles existent, c’est injuste à crever.*
Pour les citoyens ordinaires et les membres des groupes d’expédition des étages inférieurs, perdre un membre, c’était la fin.
Ils devaient se traîner toute leur vie comme des infirmes.
Se faire exiler parce qu’on ne pouvait pas payer ses impôts était monnaie courante.
L’argent, c’était l’ennemi.
*Quel pays médiéval arriéré.*
Même en passant par Daisy, ça n’avait rien donné.
Pourquoi un évêque se soucierait-il d’une fille qui venait tout juste de commencer son apprentissage de prêtresse ?
Hans prit alors la parole, comme s’il venait de se rappeler quelque chose.
« Une Pierre de grâce. »
« Quoi ? »
« Nous avons obtenu une Pierre de grâce dans la dimension extérieure. Si le problème, c’est l’argent, on ne pourrait pas la vendre ? On a aussi les dépouilles d’un Drake. »
« Vous avez exploré une dimension extérieure et vous en êtes revenus ? Je croyais que vous étiez encore des novices parmi les groupes d’expédition… »
Agape avait l’air stupéfaite, mais le visage de chacun s’éclaira.
Même la Pierre de grâce la moins précieuse valait de l’or.
La vendre nous rapporterait assez d’argent pour une régénération.
« Bonne idée ! Je suis pour ! »
« Moi aussi. »
Le butin qu’on avait obtenu ensemble constituait pratiquement la caisse du groupe, mais personne n’hésita à l’utiliser pour soigner Elena.
C’étaient des gens bien.
*Ouf, j’ai bien fait de l’apporter.*
« Ce n’est pas nécessaire. »
Après avoir fait mes calculs, je secouai la tête.
Gimlius me dévisagea, stupéfait, puis s’écria :
« Comment ça, ce n’est pas nécessaire ? Tu veux abandonner Elena ? »
« … ? »
« Même si cette grande oreille mange comme quatre, a un sale caractère et peut être crasseuse, c’est pas ta copine ? Comment tu peux… ! »
« La ferme, nain ! »
« Gnh ! »
Elena asséna un coup à Gimlius de sa main valide.
Puis elle me regarda avec inquiétude.
Serre !
« Aïe ! »
Je tirai sur l’oreille d’Elena en souriant.
« Tu ne me fais pas confiance ? »
Pourquoi dépenser de l’argent ?
J’avais apporté exactement ce qu’il fallait pour cette situation.
« Hein ? »
« Je veux dire qu’il y a mieux. »
Ce n’est pas comme si j’allais t’abandonner.
Après tout, tu es mon amie d’enfance.
« … »
Elena baissa la tête en contemplant mon sourire.
Ses cheveux blonds détachés lui cachaient le visage, mais ses joues étaient étrangement rouges. Ses épaules tremblaient et sa respiration se faisait plus bruyante.
Elle était émue.
Tu vois ? Elle n’est encore qu’une gamine.
« Prêtresse Agape. »
« Oui ? »
« Pourriez-vous examiner ceci ? »
Je sortis de mon sac plusieurs morceaux de métal tachés de sang et de chair étrange.
Agape avait paru intéressée, sans doute s’attendant à ce que je sorte une Pierre de grâce, mais elle pencha ensuite la tête de côté.
Parmi les pièces de métal se trouvait une bague gravée du symbole de Meia.
C’était une chevalière de paladin.
Plus précisément, l’insigne de Hodrick, le paladin de Meia et le monstre boss de la dimension extérieure que nous avions tué.
« C’est… »
« Elle appartenait au Gardien dimensionnel que nous avons affronté dans la dimension extérieure. Sir Hodrick, le paladin de Meia. Il avait déjà été corrompu par la folie du Labyrinthe. »
« Sir Hodrick… ! »
À ce nom, les yeux d’Agape, d’ordinaire mi-clos, s’ouvrirent tout grands de stupeur.
Avec des gestes bien trop vifs pour une prêtresse, elle me prit la chevalière. Elle effleura soigneusement le symbole de Meia du bout des doigts, puis poussa un soupir.
« Ah… Celui qu’on croyait disparu se trouvait dans une dimension extérieure… »
Du front à la poitrine, puis vers la gauche, Agape traça un signe sacré.
« Avec ceci, je crois que nous pouvons conclure un marché. »
« Quoi ? »
« Je me suis mal exprimée. Je crois que nous pouvons demander un miracle à l’évêque. »
« Oh ! »
« Rétablir l’honneur d’un paladin disparu et récupérer ses effets pour les rendre à l’étreinte de la Déesse est, pour l’Église, une mission plus importante que toute autre affaire officielle. »
Agape écrivit une lettre, y glissa la chevalière, scella le tout avec de la cire et envoya un moine apprenti la porter.
Soit la nouvelle était vraiment capitale, soit l’évêque avait plus de temps libre que prévu.
Il arriva en moins de trente minutes.
« Alors, c’est vous qui avez rapporté des traces de Sir Hodrick ? Hoho. »
« Oui, Votre Excellence. »
C’était un vieil homme vêtu de robes cérémonielles plus démodées que celles des prêtres ordinaires.
Malgré son rang d’évêque, il faisait plutôt penser à un sympathique grand-père du voisinage.
Il s’agissait de Julius, l’un des évêques rouges de Meia.
*Il est célèbre pour bien des raisons.*
« Laissez-moi d’abord examiner la blessure. »
L’évêque examina soigneusement le bras sectionné d’Elena et son épaule, où la chair avait formé une grosse masse.
Puis il prit soudain un énorme couteau de boucher que lui tendait la prêtresse Agape.
« Le couteau. »
« Le voici, Votre Excellence. »
Il le prit comme un médecin aurait pris un scalpel.
« Hein ? Ne me dites pas que… »
« Hoho, supporte la douleur. Si je t’anesthésie, la guérison sera moins bonne. »
Crac !
« Aaaaaah ! »
Il entailla alors brusquement l’épaule d’Elena et se mit à découper des morceaux du bras sectionné, comme s’il préparait des ingrédients pour le repas.
« Hii ! »
Daisy sursauta en voyant le sang gicler.
« Espèce de vieux fou… ! »
Les yeux d’Elena se remplirent de larmes tandis qu’elle foudroyait l’évêque du regard.
« Ne bouge pas, Elena. »
« M-mais… »
À mes yeux modernes, il retirait les tissus infectés.
Mais putain, quelle barbarie.
« J’ai rafraîchi les surfaces de coupe pour que le soin se passe mieux. Hoho ! »
Julius plaqua le bras sectionné contre l’épaule d’Elena comme s’il assemblait un robot, puis lança un sort de guérison.
La lumière était bien plus nette que tout ce que Daisy ou la prêtresse Agape pouvaient produire.
Hmm. Ma première impression de la magie de guérison de haut niveau, celle qu’on appelait un miracle, c’était qu’elle était sacrément dégueulasse.
Les os et les muscles repoussèrent à partir des surfaces tranchées, puis la peau les recouvrit de nouveau.
*Beurk.*
On aurait dit une opération chirurgicale mêlée au Pouvoir divin.
Une seule pensée me traversa l’esprit.
*Je ne dois jamais me faire couper un bras !*
« Alors ? »
« C-c’est complètement guéri ! Je n’ai plus mal ! »
Elena contempla son bras rattaché avec soin, comme si elle n’en croyait pas ses yeux, puis sourit de toutes ses dents et serra et desserra son poing à plusieurs reprises.
Elle avait retrouvé toutes ses sensations et ses mouvements.
« Hé, ne tutoie pas tes aînés, gamine. »
L’évêque lui donna aussitôt une pichenette sur la tête avec les jointures des doigts.
Ouille !
« Aïe… »
Elena se frotta la tête.
Elle n’osa pas protester contre un évêque et se contenta de bouder.
« Tiens. Garde ça en souvenir. »
L’évêque alla jusqu’à donner à Elena les morceaux de chair de son ancien bras, comme s’il s’agissait de jouets.
« Hii, c-ce grand-père fait peur… »
Même Elena était effrayée par sa folie.
« Félicitations, Elena ! Hahahaha ! Tu es peut-être la première membre d’un groupe d’expédition des étages inférieurs à être soignée par un évêque ! »
Gimlius dansait presque sur place en tapotant l’épaule d’Elena, soulagé.
« Elena… Je suis tellement contente… Snif. »
Daisy avait craint de perdre une autre amie après Dize, et les larmes lui montèrent aux yeux.
« Je suis content pour toi, Elena. »
Hans, lui aussi soulagé, me regarda ensuite avec admiration.
« Tu es remarquable, Ian. Tu avais tout prévu. »
Il voulait dire que j’avais récupéré les affaires de Hodrick au cas où l’état d’Elena empirerait.
Je croisai les bras et souris.
« Bah, je suis un mage de génie. »
« Tu adores te vanter. Mais… je te l’accorde pour cette fois. Merci, Ian. Et merci à vous tous. »
Cette idiote d’Elena avait enfin reconnu ma grandeur.
« Vous vous appelez Ian, c’est bien cela ? Je ne vous demanderai pas de paiement pour le sort de guérison. En revanche, j’aimerais m’entretenir avec vous. »
*Il veut sûrement des explications.*
Je dis à mes compagnons que je reviendrais, puis suivis l’évêque jusqu’à son bureau privé.
* * *
Le bureau était si modeste que le chandelier en argent au centre en était l’objet le plus luxueux.
« Voilà ce qui s’est passé. »
Dans la pièce silencieuse parfumée à l’encens, je lui racontai ce qui s’était passé dans la dimension extérieure.
Je lui expliquai comment j’avais accordé le repos à un saint paladin corrompu par la malveillance du Labyrinthe.
« Hmm… Je vois. »
Julius caressa sa barbe et m’expliqua :
« Sir Hodrick a disparu alors qu’il explorait le Labyrinthe. J’ignore comment il a atterri dans une dimension extérieure, mais a-t-il laissé des paroles ? Quoi que ce soit ? »
« Non. Il n’était pas en état de communiquer. »
« Hmm, je vois. »
Une question me taraudait.
Dans le jeu, même si cela prenait un temps considérable, le Gardien dimensionnel finissait par réapparaître.
Mais ici, c’était la réalité.
Si Hodrick avait vraiment été un homme de ce monde, comme le disait l’évêque, que se passait-il lorsqu’un membre d’un groupe d’expédition devenait un monstre boss ?
Réapparaissait-il ? Disparaissait-il pour toujours ?
« Nous devons enquêter. Pour l’instant, tout ce que je peux faire, c’est espérer que l’âme de Sir Hodrick a échappé à la malveillance du Labyrinthe. »
L’évêque Julius traça le signe de croix.
Tandis que j’observais son expression solennelle, je déposai discrètement sur la table les morceaux de métal tachés de sang.
« Ce sont… »
« L’équipement de Sir Hodrick. Ne devrait-il pas retourner sous la garde de l’Église ? »
Pour être honnête, c’était sacrément dommage.
L’équipement avait été mâchouillé par un Drake, et Hodrick lui-même était devenu fou et en avait réduit une bonne partie en ferraille. Mais ses gantelets, ses bottes et surtout son épée enchantée étaient encore utilisables.
Pourtant, je mis ma cupidité de côté sans rechigner.
« Hmm. Il est rare de nos jours de rencontrer un lanceur de sorts aussi généreux… enfin, jeune homme. Je comprendrais que vous vouliez les garder. »
L’évêque avait apparemment soupçonné que nous avions tué Hodrick et volé ses affaires.
Mais après avoir vu la chair étrange collée à l’armure et les traces de corruption, il abandonna complètement cette idée.
*Bien. Ça aussi, c’est réglé.*
« Comment pourrais-je commettre un acte aussi blasphématoire alors que Meia veille sur nous ? L’Église a changé la vie de mon amie Daisy, et Votre Excellence a sauvé mon amie Elena. »
Je posai une main sur ma poitrine et parlai avec une piété sincère, comme à l’armée, quand j’assistais aux offices religieux parce qu’on y distribuait des pizzas.
« … »
Même si j’avais voulu garder l’équipement, l’Église ne l’aurait pas permis.
Les objets du temple portaient leurs symboles, alors les faire fondre pour les réutiliser aurait été compliqué aussi.
Dans ce cas…
*Et si je m’écrasais un peu tout en le flattant ?*
« Hohoho ! Je pensais que tous les mages étaient arrogants et malpolis, mais il y a parmi eux un jeune homme aussi éclairé. Il me plaît ! Ian, c’est bien cela ? »
« Oui. »
La pièce tournoya.
Mais inutile de la lancer pour tenter le sort.
Cette fois, j’avais cent pour cent de chances de gagner…
« Si vous avez exploré une dimension extérieure, vous avez dû obtenir une Pierre de grâce. Laissez l’Église l’évaluer pour vous. C’est gratuit. »
Voilà. Il suffisait de savoir dire ce qu’il fallait pour obtenir de petits avantages comme celui-ci.
« Oh, vous n’avez pas besoin d’aller jusque-là… Mais puisque vous insistez, j’accepte avec gratitude. »
« Hohohoho ! Continuez à garder les enseignements de Meia au fond de votre cœur. »
« Oui ! Vive Meia ! Hourra ! Hourra ! Hourra ! »
« Hohohoho ! Bien ! Très bien ! »
* * *
Le quartier ouest de la Cité du Labyrinthe.
Tout au fond de ce quartier mal famé où se rassemblaient voyous, bandits et criminels de toutes sortes.
« Ouh… »
Les habitants du quartier ouest, qui se vantaient de la torture, du viol et du meurtre comme s’il s’agissait de médailles, tremblaient et s’écartaient pour laisser passer.
Clac. Clac.
C’était à cause de la femme qui traversait la foule.
Sa peau était gris pâle et ses oreilles longues comme celles d’une elfe.
Une elfe noire avançait dans le quartier, membre du groupe le plus tristement célèbre, même en ces lieux.
Darnen Veliar, qui était sortie du Labyrinthe, poursuivait son chemin.
Tout le monde la craignait ou la vénérait.
Parce qu’elle était une elfe noire.
Une sous-espèce d’elfes qui avait autrefois déferlé hors du Labyrinthe.
Contrairement aux elfes, qui étaient bienveillants et aimaient la nature, cette race se complaisait dans la destruction, la cruauté et la malveillance.
Pourtant, leur force et leur brutalité contribuaient à explorer le Labyrinthe et à maintenir l’ordre en ville. Les puissants, comme la guilde des groupes d’expédition et l’Hôtel de ville, les toléraient donc.
Une salle de réunion secrète, dans une installation souterraine du quartier ouest.
Face à Darnen se tenait un elfe noir qui dégageait une magie lugubre et dissimulait tout son corps sous une robe noire.
C’était Daimond, membre du Conseil des Anciens qui dirigeait cette race rusée et féroce.
« Te voilà de retour. Pourquoi es-tu seule ? Où est Drian ? »
La voix qui s’échappait de sous la robe était grave et sèche.
Darnen répondit sans s’émouvoir :
« Si tu parles de cet enfant, il est mort. »
« À cause des elfes ? »
« Non. À cause du Gardien du Labyrinthe. »
« Tu étais là aussi, et il est mort face à un simple Gardien du premier étage ? »
Daimond la regarda avec méfiance.
« Les informations étaient fausses. »
Darnen avait elle-même tranché la gorge de Drian, mais elle parla des imprévus survenus dans la dimension extérieure et mentit sans ciller.
Une vraie elfe noire.
« Mais j’ai récupéré la cible. »
Elle sortit un livre noir qui dégageait une aura sinistre.
Le Nécronomicon.
« Haha, je n’en attendais pas moins de toi ! »
Les lèvres de Daimond s’incurvèrent de satisfaction.
Comme si la mort de Drian n’avait jamais compté, Daimond promena avidement son regard sur la couverture du livre.
« Malgré un désavantage écrasant, tu as mis la main sur le savoir venu d’au-delà. Tu es vraiment l’héritière de notre glorieuse race. »
« … »
Darnen garda le silence.
Face à ce Gardien monstrueux, elle s’était contentée de ramper misérablement au sol en attendant une occasion.
Celui qui l’avait traqué et détruit la dimension extérieure était le jeune mage aux cheveux argentés, de la même couleur que les siens.
*Jusqu’à présent, je ne m’étais jamais crue médiocre.*
Darnen se rappela ce mage aux cheveux argentés qui s’était proclamé génie.
Il avait eu la présence d’esprit d’invoquer un dragon en contournant les règles du Labyrinthe.
Il avait eu la folie et l’assurance de se jeter de son plein gré dans le souffle d’un Drake pour graver un sort plus puissant dans son cerveau.
Et au cœur de la tempête, son génie écrasant s’était éveillé et avait pulvérisé le Gardien.
À cette pensée, les doigts de Darnen frémirent légèrement.
Elle était plus forte que lui. C’était simplement les circonstances de cette expédition qui avaient mal tourné.
Pourtant, face à ce mage aux cheveux argentés, Darnen se sentit insignifiante à l’infini.
*Si j’avais été à sa place, aurais-je pu faire la même chose ?*
« Entraîne-toi quelque temps. Pour la grande cause de notre race, tu dois devenir une lame plus acérée. »
Les louanges de Daimond résonnaient encore à ses oreilles, mais Darnen répondit d’une voix sèche :
« Je le ferai. »
Daimond avait-il perçu quelque chose dans ses paroles ?
Il la mit en garde :
« N’oublie pas, Darnen Veliar. Tu es peut-être métisse, mais tu portes le sang glorieux de notre race. Tu ne pourras jamais appartenir à un autre peuple. Le seul refuge qui t’acceptera, c’est ici. »
Elle ne pourrait appartenir à aucun autre peuple…
Pour une raison ou une autre, le visage du jeune homme aux cheveux argentés qui avait exploré la dimension extérieure avec elle lui revint à l’esprit.
La mission avait été dangereuse, mais, contrairement à la fois précédente…
*C’était plutôt amusant.*
Darnen sourit intérieurement.
Mais elle comprit vite qu’elle ne devait jamais s’autoriser à ressentir une telle émotion et l’enfouit au fond d’elle-même.
« … »
L’elfe noire au destin cruel tourna les talons, dissimulant ses épaules menues sous sa robe.
« Je sais. »
Le destin pesant qu’elle portait malgré elle et la solitude que personne ne pouvait comprendre l’envahirent de nouveau.
*Personne ne sait.*
Sans se douter qu’une seule personne au monde comprenait exactement sa situation.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>