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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans une fantasy sombre et glaciale en tant que mage de génie ◈
Chapitre 41 : Tour des prisonniers
──────
« Ouf. »
« C-c’était… un sort de foudre… »
« Je comprends maintenant pourquoi on dit que la foudre est l’élément le plus puissant contre des adversaires humains… »
« Hé ! Tu veux aussi me transformer en elfe grillé ?! »
Même les monstres qu’il aurait fallu longtemps pour tuer — ou qui nous auraient blessés si nous n’avions eu que des guerriers et des éclaireurs — tombèrent sans difficulté.
Mes compagnons comme les membres des autres groupes fixèrent, médusés, la puissance de mon nouveau sort.
Moi aussi, j’étais sidéré.
« … »
Sans tenir compte des récriminations d’Elena, je frissonnai encore en sentant l’électricité vibrer dans ma paume.
« La Flèche de foudre joue vraiment dans une autre catégorie. »
Si l’Éclair ne devenait un sort utilitaire intéressant qu’associé à un conducteur, la Flèche de foudre était redoutable à elle seule. Rapide, puissante et meurtrière. Elle montrait enfin ce que l’élément de la foudre avait réellement dans le ventre.
« Si la Flèche de foudre est aussi puissante, à quel point l’Éclair en chaîne, le Coup de tonnerre, la Tempête de foudre et la Nova de foudre doivent-ils l’être ? »
Putain, je voulais apprendre des sorts encore plus puissants.
Je voulais agrandir mon réservoir et augmenter le nombre de fois où je pouvais lancer mes sorts.
La même exaltation, la même impatience que lorsque j’avais découvert la magie dans ce village perdu me montèrent à la poitrine.
Boumboum.
Dévoré par l’envie de progresser, je mémorisai rapidement la Flèche de foudre sur un Parchemin blanc.
Les elfes noirs risquaient de nous attaquer s’ils pensaient que j’étais à court de sorts.
Pas qu’ils puissent faire grand-chose avec le groupe du mage elfe dans les parages.
« Monsieur Gimlius, vous allez bien ? »
[Soin]
« Urgh. Merci, Daisy. »
Daisy soigna la grave blessure de Gimlius.
« Éteins cette lumière avant que je ne te coupe la tête. »
Les deux elfes noirs reculèrent devant la lumière du Pouvoir divin.
Un sort de Soin venait d’être utilisé.
La Lumière éclatante était toujours active, mais il ne restait à Daisy qu’une utilisation de chaque sort. Deux en tout.
Quant à moi…
[Pointe de glace] [1]
[Explosion de givre] [0]
[Projectile magique] [2]
[Barrière arcanique] [1]
[Flèche de foudre] [1]
[Jet d’eau ascendant] [1]
Voilà ce qu’il me restait.
« Mieux vaut économiser le Parchemin blanc, si possible. »
« Mais j’en ai encore deux autres, au cas où. »
Le Geôlier était un monstre puissant, alors ils n’étaient pas nombreux.
Au départ, j’avais prévu de discuter avec les autres groupes qui avaient pénétré dans cet endroit, de leur demander de la nourriture, puis d’utiliser mes sorts pour tuer les Geôliers. Le lendemain, je les mémoriserais à nouveau et nous continuerions à avancer petit à petit.
Mais…
Avais-je vraiment besoin de faire tout ça avec une telle puissance de feu ?
« Hé. Vous comptez rester là à nous regarder encore longtemps ? »
Je regardai les deux elfes noirs, un homme et une femme.
Je m’adressais aussi à Elrond, le mage elfe.
« Si on travaille ensemble pour sortir de cette dimension extérieure, mettez-vous au boulot. Ne laissez pas tout aux mercenaires. »
« Hum… »
Elrond se plongea dans ses pensées.
« Nous ne nous sommes encore engagés à rien. »
Darnen, l’elfe noire aux cheveux argentés noués, répondit froidement et tendit la main vers le Geôlier mort.
« Dominus tuus vocat. »
Une vague de magie glaciale se répandit, et les doigts du Geôlier tressaillirent.
« Q-qu’est-ce que c’est que ça ?! »
« Il n’était pas mort ?! »
Le Geôlier se releva.
« Tout le monde, calmez-vous. C’est son sort. »
Animation des morts.
Les mages noirs de bas niveau ne pouvaient contrôler que des zombies ou des squelettes.
C’était déjà dangereux, mais Darnen, membre d’une Expédition du quatrième étage, avait ressuscité un Geôlier sans même utiliser de catalyseur.
« … »
Comme si elle comptait se joindre elle-même au combat, Darnen s’avança, le zombie Geôlier en tête.
Boum ! Boum !
À partir de là, tout se déroula vite et sans accroc.
Uoooooh !
Le zombie Geôlier suffisait à tenir tête à un Geôlier vivant.
Pendant qu’il retenait l’ennemi, nous nous jetions tous sur lui. Puis Darnen ressuscitait le Geôlier mort, ce qui renforçait encore nos rangs.
« C’est vraiment terrifiant… »
« C’est de la nécromancie ? C’est super pratique ! »
À l’exception d’Elena, dont les yeux brillaient, tous méprisaient la magie noire ou la craignaient.
« Contrôler des coquilles vides, dépourvues même d’âme… Quelle horreur. »
Elrond réagit avec une virulence toute particulière.
C’était l’opinion générale dans ce monde.
« Qu’est-ce que j’en ai à foutre ? Je suis content qu’elle soit de notre côté. »
Après tout, j’étais un homme moderne qui adorait les nécromanciens invocateurs de Diablo II.
Ça ne me dérangeait pas.
L’exploration se déroula sans encombre.
Elrond se révéla lui aussi plutôt doué.
Fidèle à sa nature d’elfe, il lançait de petites graines comme catalyseurs et lançait des sorts de terre. Des lianes jaillissaient des graines et poussaient à toute allure, bloquant les tirs d’arbaliste d’un Geôlier posté de l’autre côté d’un pont étroit.
« Trop lent. »
Armé d’une petite arbalète et d’un poignard, Drian aveugla le Geôlier en lui crevant les deux yeux. Il tourna autour de lui, le faisant abondamment saigner, puis l’acheva sans peine.
Une fois que nous combattîmes réellement ensemble, nous traversâmes le quartier de la prison en un rien de temps.
Darnen, la mage noire elfe noire du quatrième étage, y était pour beaucoup.
« J’aurais dû devenir mage noire, moi aussi ! »
* * *
Un mage ordinaire aurait sans doute été intrigué par cet endroit mystérieux, un donjon au cœur du Labyrinthe.
Pas moi.
« À part le fait qu’il soit coupé du monde, il n’y a rien de spécial dans une dimension extérieure du premier étage. »
Je connaissais déjà presque tout grâce au guide du jeu.
« Hmph. C’est tout ? »
La mage elfe noire à l’efficacité impitoyable semblait du même avis.
Après avoir écrasé les ennemis du premier étage, nous entrâmes dans la Grotte de sang, au deuxième.
« Beurk ! »
« Bleuargh ! »
C’était un endroit répugnant, aux murs et au plafond palpitants comme s’ils étaient vivants, où le sang nous montait jusqu’aux chevilles.
Les prisonniers que nous avions vus plus tôt étaient empalés sur des piques ou suspendus au plafond. La puanteur rivalisait avec celle de la Grotte de sel.
Pschitt ! Pschitt !
« Je n’arrive pas à croire que le parfum nous soit encore utile. »
Au deuxième étage, nous croisâmes des monstres tels que des Humains de chair, des Golems d’eau sanglante et des Bêtes du pacte de sang.
Pourtant, nous nettoyâmes la zone aussi facilement qu’avant.
Le sang, c’était de l’eau aussi.
Elrond s’illustra une nouvelle fois en lançant un sort qui fit pousser des plantes capables d’absorber d’immenses quantités d’humidité.
Les monstres n’étaient pas le problème.
Nous devions nous méfier des pièges.
Comme on pouvait s’y attendre d’un Donjon secret, ses pièges étaient plus dangereux et vicieux que ceux des Labyrinthes ordinaires.
Une pièce apparut.
[Tirage à pile ou face]
« Pile. »
[Pile]
« Attention… ! »
Même si j’avais deviné le bon côté, le sol de sang et de chair se fendit juste au moment où j’allais parler, et des tentacules en jaillirent.
Aaaah !
Le sort avait changé de cible.
À la place de Hans, ce fut le pauvre éclaireur du groupe du mage elfe qui en fit les frais.
« Haha. Bien fait pour toi. »
Drian rit en voyant la scène.
Il savait manifestement qu’un piège allait se déclencher, mais n’avait pas pipé mot.
« Espèce d’enfoiré ! »
Je croyais qu’un peu de camaraderie s’était installée à force de combattre ensemble, mais j’avais sous-estimé la cruauté de ces Kkanps sombres.
J’empêchai de justesse qu’un nouveau bain de sang éclate.
« … »
Darnen ressuscita en silence le cadavre d’un prisonnier et l’envoya devant nous.
Elle cherchait apparemment à éviter d’autres victimes, mais après ce qui venait de se passer, personne ne vit son geste d’un bon œil.
« Se faire mettre dans le même sac que les siens, c’est pareil dans les jeux et dans la vraie vie. »
Flac.
En poursuivant notre exploration, nous finîmes par trouver l’escalier menant au troisième étage.
Je serrai mon bâton et m’adressai à mes compagnons.
« Il arrive. »
Un cri sinistre et des battements d’ailes résonnèrent à mes oreilles.
Le mini-boss de la Tour des prisonniers allait apparaître.
Crâ ! Crâ !
Comme prévu.
Une créature était suspendue à l’envers au plafond, dissimulée dans l’obscurité.
Daisy braqua sa lumière sur elle et révéla sa forme.
C’était un monstre fait de corps humains et d’oiseaux horriblement déformés, soudés ensemble.
Son corps était couvert d’énormes plumes noires et grossières, mais à y regarder de plus près, ce n’étaient pas des plumes. Ses ailes étaient cousues avec du sang durci et des lambeaux de cuir.
À chacun de ses battements d’ailes, des plumes de corbeau tombaient autour de lui, accompagnées d’une odeur de sang pourri.
Son dos était encore plus répugnant.
Des membres veineux de tailles différentes pendaient dans son dos et se tordaient comme des pattes d’araignée. Chacun ouvrait et refermait ses doigts et ses orteils dans le vide.
Crâ. Crâ.
Trois ou quatre yeux humains hagards étaient incrustés de façon asymétrique dans la peau qui dépassait comme un bec d’oiseau, et nous observaient d’en haut.
C’était le Capitaine des Geôliers, le mini-boss de la Tour des prisonniers.
« Mon visage… où est passé mon visage ? Mon bras… où est passé mon bras ? Ah, le voilà… »
Le Capitaine des Geôliers marmonna d’une voix grinçante et déploya ses ailes.
Avant qu’il ne commence son enchaînement, je lançai rapidement un sort.
[Jet d’eau ascendant]
[Flèche de foudre]
Le combo conducteur qui rendrait le sort de foudre plus puissant.
Kwoooong !
À l’instant où un jet d’eau jaillit du sol, une silhouette noire bondit depuis le plancher, laissant une image rémanente derrière elle.
Une pièce apparut en tournoyant.
[Tirage à pile ou face]
« Pile. »
[Face]
Putain.
Craaa !
Le Capitaine des Geôliers battit habilement des ailes et esquiva le Jet d’eau ascendant.
Crépitement !
Mais il ne put éviter la Flèche de foudre que je tirai, qui le frappa en plein torse.
Kikikikik !
Mais c’était un mini-boss. Sa résistance à la magie était si élevée qu’il ne mourut pas sur le coup.
« Si le Jet d’eau ascendant l’avait touché, je l’aurais achevé ! »
À la place, il me fixa de ses yeux sinistres.
« Un bras… donne-moi… un bras. »
Putain, cet enchaînement… !
Alors que j’essayais de battre en retraite avec mes compagnons, une nouvelle pièce apparut.
Elle tournoya.
[Tirage à pile ou face]
« Pile. »
[Pile]
Cette fois, le tirage réussit.
Drian, qui guettait une ouverture, tressaillit et donna un coup de pied à l’un des guerriers esclaves qui l’accompagnaient.
« Hein ? »
Une marque sacrificielle apparut dans une lueur sinistre. Puis, dans un craquement atroce, le bras du guerrier esclave disparut comme s’il avait été effacé.
« Aaaaaah ! »
« Oh, parfait ! »
Le plus abominable, c’était qu’un bras vêtu d’une manche avait poussé dans le dos de l’homme-corbeau.
C’était le Vol de corps, une capacité propre au Capitaine des Geôliers. D’une certaine façon, c’était plus pénible que le boss lui-même.
Cette attaque était inévitable : elle devait forcément faire une victime.
« Espèce de… ! »
Hans tira avec son arbalète et les lianes invoquées par le mage elfe jaillirent vers le monstre.
Mais, régénéré par le sacrifice, le Capitaine des Geôliers encaissa le carreau d’arbalète et esquiva le sort meurtrier.
Il était plus intelligent que les monstres des Labyrinthes ordinaires.
« Il lui reste encore un peu de temps avant son prochain enchaînement ! »
Alors que je préparais un autre sort, Darnen brisa une gemme noire et entonna une incantation.
Fffff !
Des flammes noires jaillirent sur le corps de l’homme-corbeau qui traversait les airs.
Kyaaaaaaah !
Le Capitaine des Geôliers hurla de douleur, mais il semblait savoir d’instinct qu’il serait fichu s’il tombait au sol. Il se débattit pour rester en l’air.
« Pas question. »
[Projectile magique]
Les deux Projectiles magiques que je tirai frappèrent les ailes de l’homme-corbeau en flammes.
Quand il tomba, j’appelai Elena.
« Elena ! »
« Laisse-moi faire… ! »
Darnen prit la parole la première.
« Jette le cadavre. »
« O-oui ! »
Un guerrier indemne du côté des elfes noirs lança le cadavre du prisonnier dont Darnen avait cessé de prendre le contrôle.
Darnen reprit son incantation.
[Toucher de décrépitude]
[Murmure de faiblesse]
Sous l’effet des malédictions, le cadavre du prisonnier explosa.
Kwoooong !!!
Du sang, de la chair et des éclats d’os volèrent dans toutes les directions.
Ce sort, c’était…
« Explosion de cadavre ! »
L’homme-corbeau fut projeté contre le mur comme une effigie profanée. Il cracha du sang et baissa la tête.
J’avais infligé quelques dégâts, mais le mini-boss avait été éliminé avec une facilité absurde.
Par une seule mage noire.
« C’était quoi, ça… ? »
« Quelle puissance terrifiante… »
Une fois encore, tout le monde resta abasourdi devant cette destruction effroyable.
Moi aussi, j’étais impressionné, confortablement porté par notre excellente conductrice.
« Les mages noirs sont complètement pétés ! »
« Elle pourrait vraiment nettoyer cet endroit toute seule ! »
« Haha, vous avez vu ça ? La puissance glorieuse et grandiose de notre peuple. »
« Snif, aahhh… ! »
« Arrête de pleurer, vaurien. »
Drian s’adressa au guerrier esclave qui avait perdu un bras et se tordait de douleur.
« Il est malade ? C’est lui qui a sacrifié ce type. »
D’habitude, le guerrier esclave aurait obéi à Drian, mais quelqu’un qui venait de perdre un bras n’allait pas accepter ça sans broncher.
« Ta gueule ! Mon bras ! Mon bras… ! »
L’homme jura, noyé dans le sang et les larmes.
« Ton bras ? Tu veux que je te prenne aussi la tête ? »
« … »
La violence constituait une menace plus immédiate.
Le guerrier esclave ravala ses gémissements de douleur et sa rage lorsque la lame de l’assassin elfe noir se posa soudain sur sa gorge.
« D-des bandages… »
Un autre guerrier esclave, son compagnon, s’empressa de venir lui prodiguer les premiers soins.
Je les interrompis avant qu’ils n’aient le temps de s’y mettre.
« Daisy. Soigne-le. »
« Hein ? Ah, d’accord ! »
Daisy fut surprise que je lui demande de soigner quelqu’un qui pourrait devenir notre ennemi, mais elle le fit quand même.
« M-merci… »
« Pourquoi gâcher un Soin pour lui ?! »
« Hum… »
Elena, Gimlius et les membres du groupe elfe ne comprenaient pas, mais je secouai la tête.
« Il ne reste que la salle du boss. On peut renouveler nos sorts maintenant. »
« Et puis… il pourrait peut-être me servir si les choses tournent mal. »
Je repensai au regard plein de rancœur du guerrier esclave.
« C’est nous qui avons fait l’essentiel du boulot, alors le butin nous revient. »
Les deux elfes noirs brandirent l’objet apparu là où le Capitaine des Geôliers avait disparu.
C’était une cape de plumes noires.
Un objet magique.
La Cape du Corbeau nocturne.
Elle attirait l’hostilité des corbeaux, mais augmentait légèrement la vitesse de déplacement et rendait invisible dans l’obscurité.
« Attendez. Il faut régler ma part : je l’ai désorienté et blessé avec mes sorts. »
« Quel arrogant, ce vaurien. Darnen aurait pu s’en occuper seule sans l’aide d’un type comme toi. »
« Tu n’en sais rien. Et puis, on a soigné votre compagnon. »
C’était en partie pour ça que j’avais demandé à Daisy d’utiliser son sort de Soin.
Je désignai le guerrier esclave qui avait perdu son bras.
« Qui t’a demandé de… »
Drian s’empressa de répliquer, mais Darnen acquiesça.
« Très bien. Je te paierai ce que ça vaut. »
« Darnen ! »
C’était une elfe noire raisonnable, dotée de Foi.
Elle devait penser qu’ils n’auraient pas pu le tuer aussi facilement sans mes sorts.
« … »
Drian serra les dents, visiblement mécontent de la décision. Mais il esquissa bientôt un sourire mauvais et acquiesça.
Il pensait sûrement à nous tuer tous si l’occasion se présentait.
Mais il croyait que j’allais le laisser faire ?
« Non. Je veux qu’on partage le butin ici et maintenant. On ne sait pas ce qui peut arriver ensuite. »
« Très bien. »
Darnen me lança un vieux livre couvert de symboles étranges.
« On l’a récupéré tout à l’heure dans le puits. »
Le Grimoire de Nasihira.
Il pouvait ne rien donner du tout ou révéler de nouvelles connaissances magiques.
Quand on l’ouvrait, il y avait une chance aléatoire qu’il accorde un nouveau sort adapté à l’affinité et au niveau de son utilisateur.
Par chance, c’était l’objet que je cherchais dans ce Donjon secret.
Hum, je ne pensais pas qu’elle me le donnerait aussi facilement…
« On disait que sa générosité était aussi grande que sa poitrine, et c’était pas des conneries ! »
« Ça ne suffit pas ? »
« Si. C’est largement suffisant. »
Je détournai le regard après avoir jeté un coup d’œil à sa poitrine, qui se remarquait même sous sa robe et ses vêtements de cuir moulants.
Bref, nickel.
Je l’ouvrirais plus tard, quand nous arriverions en ville.
En fredonnant, je rangeai le Grimoire de Nasihira.
Flac. Flac.
Après avoir vaincu le mini-boss, nous nous arrêtâmes devant l’escalier menant au troisième étage.
Derrière une lourde porte de fer, flanquée de statues plus vraies que nature, le boss de ce donjon nous attendait.
« On entre comme ça ? »
Dans un jeu, si quelqu’un faisait un commentaire cliché ou cherchait à troller, il y en aurait sûrement un pour dire : « Allez, ça suffit, on entre. »
Mais ici, c’était la réalité.
« Bien sûr que non. Renouvelons nos sorts avant d’entrer. »
Nous n’avions qu’une vie. Dans le Labyrinthe, la moindre imprudence pouvait vous tuer, et même la prudence ne suffisait pas toujours à vous sauver de la malchance.
Épuisés par les combats à répétition et à court de sorts, nous retournâmes tous au premier étage pour nous reposer et les mémoriser à nouveau.
Nous montâmes la garde, au cas où on nous tendrait une embuscade, mais rien ne se passa.
Après avoir récupéré notre endurance et renouvelé nos sorts, nous nous rassemblâmes de nouveau devant la salle du boss.
Boum ! Boum !
Quand la durée d’Animation des morts des zombies Geôliers prit fin, Darnen les ressuscita à nouveau.
Nous avions aussi préparé quantité de cadavres de prisonniers du premier étage pour l’Explosion de cadavre.
Nous bûmes l’eau bénite que Daisy avait apportée au cas où nous serions frappés par une malédiction ou pris de panique. Suivant la stratégie que j’avais expliquée, nous avions également préparé des matériaux incendiaires, comme des bombes incendiaires noires, pour exploiter la faiblesse de la créature face au feu.
« Attendez. Encore un peu, et entrons vers cinq heures du matin. »
« On doit vraiment aller jusque-là ? »
« Moi, je veux. »
« … Bon, d’accord. »
Par précaution, je remplis mes réserves de sorts au maximum et me préparai au combat pour cinq heures du matin. Ainsi, même si je les utilisais tous, je pourrais les renouveler une heure plus tard.
« Parfait. »
Après avoir tout passé en revue avec le sérieux d’un joueur vétéran, je conclus qu’avec une telle puissance de feu et autant de préparation, nous pouvions tuer en un instant le boss de la Tour des prisonniers, le Gardien éternel.
« Les elfes noirs et les Kkanps risquent de se battre entre eux en plein combat. »
« Si ça arrive, on tue le boss, on rafle le butin et on se tire. »
« Même si ce type se pointe… »
Mon plan était parfait.
Mais le Labyrinthe était toujours un endroit étrange et complètement dingue, qui dépassait les attentes de tous les membres des Expéditions.
Grincement !
À l’instant où nous ouvrîmes la porte, un frisson me parcourut l’échine.
« Il y a un problème. »
Un malaise sinistre m’envahit, comme si j’avais quitté la maison en laissant la gazinière allumée.
[Tirage à pile ou face]
Putain, pourquoi une pièce apparaissait-elle ?
Je criai :
« Attendez ! Arrêtez ! »
« Pourquoi… »
Il était déjà trop tard.
Puis je vis ce qui se dressait devant nous et écarquillai les yeux.
« Il est là ? »
« Le boss a changé. »
« Quoi ? »
« C’est le Gardien dimensionnel qui a changé ! »
Contrairement au deuxième étage, sinistre et répugnant, la salle était une antique chambre de pierre où filtrait une faible lumière du soleil.
Une abomination colossale, qui semblait faite d’innombrables cadavres cousus ensemble, gisait sous une statue de la déesse installée dans un sanctuaire.
Clang.
Un chevalier en armure lourde, agenouillé dans une posture digne, son épée plantée dans le sol, nous observait.
…
C’était le boss caché de la Tour des prisonniers : [Sir Hodrick, paladin corrompu de Meia].
Le problème, c’était que…
Bien qu’il possédât les traits d’une aberration, d’un humain et d’un mort-vivant, il pouvait lancer des sorts de Pouvoir divin.
Autrement dit, il était le contre parfait aux Kkanps sombres, la force la plus puissante de notre groupe allié.
Je croyais que, pour une fois, je pourrais me laisser porter.
« À ce stade, ce genre de foutaises relève de l’art. »
Notre carrosse allait se renverser.
« Il ne me reste donc qu’une solution. »
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