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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à la fantasy sombre gelée en tant que mage de génie ◈
Chapitre 37 : Le portail connaît la réponse
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Des dispositifs de transfert qui faisaient rire et pleurer les membres de l’Expédition.
Le Labyrinthe regorgeait de portails, putain.
Des portails rouges qui menaient à l’étage suivant, des bleus qui vous renvoyaient dans une autre zone ou une autre ville, des portails aléatoires, des portails vers des Donjons secrets, des portails vers les étages inférieurs, et ainsi de suite.
Les deux portails devant nous étaient rouge et bleu.
Entrer au troisième étage relevait de la folie pure — à croire qu’on voulait se suicider. Nous n’avions donc d’autre choix que le portail bleu.
Le deuxième étage fonctionnait comme le premier.
Il pouvait nous ramener directement, mais aussi nous envoyer dans une autre zone.
On appelait ça toucher le plafond.
Si nous atterrissions dans une autre zone, prendre un portail bleu là-bas nous garantirait le retour.
Il y a d’autres moyens d’ouvrir un portail de retour garanti…
Mais nous n’avons pas ce qu’il faut.
Cette incertitude, si déraisonnable qu’elle en paraissait injuste, rendait la difficulté déjà brutale du Donjon de la Mort encore plus redoutable. C’était aussi cette particularité qui rendait les joueurs acharnés complètement dingues.
Bien sûr, c’était aussi ce qui en faisait un putain de jeu mort, avec à peine quelques joueurs.
La Grotte de sel ou la Cité en flammes.
Si nous arrivions dans une autre zone, les choses empireraient encore.
« … »
Alors, debout devant le portail, nous prîmes un moment pour prier.
Peut-être que d’autres membres de l’Expédition, qui avaient encore beaucoup de vivres, trouveraient ce portail et nous rejoindraient pendant que nous attendions ?
Peut-être qu’il nous ramènerait au Labyrinthe.
Voilà ce que nous espérions.
« Daisy. Qu’est-ce que ton dieu te dit ? »
« Il ne répond pas. »
« S’il vous plaît… Je vous en prie… »
Chacun pria à sa façon pour avoir de la chance.
Moi aussi, mais, honnêtement, je m’attendais au pire.
La Pièce du destin ne va pas apparaître ?
Elle n’était pas apparue non plus, et je n’étais pas vraiment un veinard.
Si j’avais de la chance, je ne serais pas tombé sur un Draugr lourdement cuirassé dans la plaine enneigée !
Après avoir attendu environ une heure, nous nous prîmes par la main.
« On y va. »
« Ouais. »
Puis nous entrâmes dans le portail.
* * *
Ffff.
Le bruit lointain des vagues nous parvint d’on ne savait où.
L’odeur salée et l’air humide m’emplirent les narines.
Quand j’ouvris les yeux et vis où nous étions, je soupirai.
« Ah… Putain. »
Évidemment.
Comme si j’allais avoir assez de chance pour faire fortune, mettre la main sur des artefacts et, hop, rentrer au moment idéal.
« C’est… »
« La Grotte de sel… »
Ffff !
À la faible lueur des torches, des tunnels rocheux humides, couverts de flaques et de mousse, apparurent.
C’était la Grotte de sel, une autre zone du deuxième étage.
« Putain, putain, putain… »
Ce n’était pas un portail de retour.
Tandis que nous sombrions dans le désespoir, Gimlius réagit encore plus violemment.
« Puuutain ! »
Le visage rouge, il se mit brusquement à hurler.
« Gimlius ! Du calme… ! »
« Ce sale nain a perdu la tête ou quoi ?! »
Dans le Labyrinthe, il était indispensable de garder le silence.
Hans essaya de le retenir, mais Elena, qui ne s’entendait pas avec lui, gifla aussitôt Gimlius.
Clac !
Hans se couvrit la bouche.
« Mmmph ! »
Il n’était toujours pas calmé. Je soupirai et sortis de mon sac la bouteille que je lui avais confisquée.
« Gimlius, tiens. »
« Ian ? »
« Une petite gorgée, ça devrait aller. »
Gimlius avala une rasade d’alcool et sa respiration se calma, comme si son agitation de tout à l’heure n’avait été qu’une comédie.
« Ouf. Je me suis couvert de ridicule. Désolé. »
C’était ça, le problème avec la dépendance.
Privés de la substance dont ils dépendaient, les drogués souffraient d’une anxiété et d’une irritabilité extrêmes.
Tant qu’il ne se soûle pas, ça devrait aller.
Une quantité raisonnable d’alcool atténuait le stress.
Dans une situation aussi extrême, je comptais apprivoiser Gimlius.
« Alors, il nous faudra au moins quatre jours pour trouver le prochain portail… ? »
« C’est la moyenne. Si on a de la chance… beaucoup de chance, on pourrait trouver un Portail de fuite en quelques heures. »
Désespérer ne changerait rien.
Nous devions trouver comment nous en sortir.
« Tout le monde, préparez-vous. Réchauffez-vous, puis on part tout de suite. Hans. »
« Je passe devant. »
Hans prit calmement la tête, arbalète et lanterne en main.
Goutte. Goutte.
L’un des avantages de la Grotte de sel par rapport aux autres zones, c’était la présence de sources de lumière à proximité.
Des éponges de mer lumineuses et des méduses phosphorescentes scintillaient dans les flaques d’eau au sol et éclairaient les environs. De temps à autre, des cristaux lumineux étaient aussi incrustés dans le plafond.
« C’était aussi l’un des objets demandés, non ? La pierre lumineuse marine. »
Elena posa négligemment la main contre le mur et en arracha un minéral lumineux.
« C’est mieux que ce que je pensais… ? »
Daisy regarda autour d’elle.
Malgré les avertissements de Gimlius et les miens, la Grotte de sel était calme et même empreinte d’une atmosphère mystérieuse.
Vraiment ?
Plus nous avancions, plus nous comprenions que Daisy avait tort.
Goutte. Goutte.
Au bruit de l’eau qui tombait goutte à goutte dans l’obscurité s’ajoutaient d’étranges cris.
Ouh-ouuuu.
Quand nous eûmes l’impression de pénétrer dans une gueule béante, noire comme la nuit, la grotte devint plus sinistre à chaque pas. Des algues pourries et de la vase collaient aux semelles de nos bottes.
Du corail rouge comme des vaisseaux sanguins et des balanes grotesques poussaient en amas difformes le long des parois.
Mais le pire, c’était…
« Beurk ! »
La puanteur de charogne qui s’intensifiait à mesure que nous avancions.
Une odeur répugnante, comme du poisson laissé à température ambiante pendant des dizaines de jours.
« Beuaaark ! »
Daisy vomit dès qu’elle la sentit.
Putain, le vomi, c’était contagieux. J’essayai de me retenir, moi aussi, mais je n’y arrivai pas et finis par dégueuler.
[À peine avaient-ils pénétré dans les profondeurs des abysses que les membres de l’Expédition furent accueillis par une architecture grotesque, une obscurité moite et une puanteur assez forte pour leur arracher le nez]
[Les nettoyeurs de cadavres, les vidangeurs de latrines et même les prêtres des refuges qui soignaient les lépreux, si aguerris qu’ils fussent, vomirent tout ce qu’ils avaient dans le ventre]
[Il ne suffisait pas d’avoir l’estomac solide ou de la volonté pour la supporter]
Je compris enfin pourquoi le jeu affichait des messages pareils.
Putain, la réalité, c’est encore pire !
Cette odeur écœurante était l’une des raisons pour lesquelles la Grotte de sel était si tristement célèbre.
« Hum, hum ! »
« Beuaargh ! »
Hans eut des haut-le-cœur et même Gimlius, qui s’était montré si sûr de lui, vida violemment ses tripes.
Le plus surprenant, c’était…
« Vous vous foutez de moi ? Qu’est-ce que vous fabriquez ? On manque déjà de nourriture ! »
Elena n’avait pas bronché.
Putain, c’était quoi, ça ?
Comment pouvait-elle supporter cette odeur ?
La gorge en feu à cause de l’acide gastrique, je pinçai le nez d’Elena.
« Aïe ! Qu’est-ce que tu fais ? »
« Je vérifiais si ton nez était faux… »
« Arrête tes conneries et enlève ta main de mon nez. »
C’était quoi, cette elfe ?
Les elfes normaux avaient les sens très développés ; ça aurait donc dû être encore pire pour elle.
Je découvrirai le secret de cette créature bizarre, c’est sûr.
Laissant cette énigme irrésolue derrière moi, je sortis du parfum de mon sac.
C’était un produit fabriqué par les Alchimistes, indispensable pour explorer la Grotte de sel. Plus précisément, il contenait assez de parfums artificiels pour anesthésier rapidement le nez et nous empêcher de sentir quoi que ce soit.
Pschitt, pschitt !
« Ah, je peux respirer à nouveau… Merci, Ian. »
« Beurk. Si seulement j’avais de l’alcool… Je me suis couvert de ridicule. »
Après avoir vaporisé le parfum, les membres du groupe se sentirent un peu mieux.
« Ça va… Je suis une éclaireuse ; l’odorat est important, alors je dois m’adapter. »
La réaction de Hans me surprit. Il refusa le parfum pour s’adapter à l’environnement.
Ce vieux était plus capable que je ne le pensais.
Quoi qu’il en soit, cette odeur signifiait que nous étions bel et bien entrés sur…
Le territoire des hommes-poissons.
Nous devions rester sur nos gardes.
« Surveillez le plafond. Il pourrait y avoir des limons cristallins accrochés là-haut. »
[Lumière éclatante]
La lumière que Daisy éleva éclaira le plafond irrégulier de la grotte, plus haut que prévu.
De minuscules insectes et des choses inconnues dissimulées dans l’obscurité fuirent la lumière.
Nous n’avions pas faim, mais nos estomacs étaient vides et nous manquions d’énergie ; nous finîmes donc par manger les provisions que nous avions gardées. Il ne nous restait plus que deux repas, moins d’une journée de nourriture.
Un pas.
Les oreilles d’Elena se dressèrent et, au signal de Hans, nous nous arrêtâmes.
Dans l’obscurité, un scarabée d’eau géant, grand comme un enfant, s’agrippait à quelque chose et en suçait la substance.
À en juger par ses membres ratatinés, il s’agissait sans doute du cadavre d’un membre de l’Expédition qui avait connu une fin tragique. Le scarabée géant repéra la lumière des torches, s’agita puis fonça soudain vers nous en volant.
Bzzzz !
Une poche d’œufs gonflée pendait à son dos.
Au même moment, elle éclata et des dizaines de petits scarabées d’eau s’envolèrent vers nous.
La vie qui naît jusque dans le Labyrinthe, mon cul.
Aaaah, putain ! C’est dégueulasse !
Cette scène me glaça le sang.
Je n’avais jamais autant regretté de ne pas être un mage du feu.
Non, je pouvais simplement les griller avec une Flèche de foudre…
« Ptoo ! »
Tandis que j’y pensais, Elena cracha et abattit sa hache, fendant le scarabée d’eau en deux.
Gimlius tournoya comme un tourbillon et écrasa les petits scarabées à coups répétés.
« Reculez, Ian ! Daisy ! »
Hans se plaça devant Daisy et moi, agitant sa torche pour brûler les petits scarabées.
Nous fouillâmes le morceau de chair ratatiné dont le scarabée d’eau s’était repu.
C’était un cadavre qui semblait appartenir à un membre de l’Expédition.
« On ne peut pas le manger, hein ? »
Elena venait de dire un truc complètement dingue.
Nous fouillâmes les restes de la victime, mais il n’y avait rien qui vaille la peine d’être pris, même pas de nourriture. Son équipement était couvert de sel et rouillé au point d’être inutilisable.
« Bien sûr que non, espèce d’elfe cinglée. »
« Alors pourquoi tu arraches des morceaux du cadavre ? »
« J’en ai besoin pour quelque chose. »
« Des rations de secours ? »
« Non ! »
Tandis que je m’affairais, Daisy se rappela les conseils que je lui avais donnés avant qu’elle achète son équipement et poussa un cri admiratif.
« C’est donc pour ça que tu nous as dit de prendre de l’équipement en cuir… »
Voilà pourquoi la Grotte de sel était célèbre, et pourquoi l’équipement en cuir y était plus précieux que celui en fer.
Si le nain tombé dans le marais avait porté du cuir, il aurait été plus facile à tirer hors de là, non ?
Elena et Daisy admirèrent mon jugement, tandis que Gimlius baissait la tête.
« Ça suffit. Je vous en prie, oubliez ça… Je vous ai dit que j’étais désolé, non ? »
« J’espère qu’on trouvera d’autres membres de l’Expédition… »
Après avoir traversé des grottes sous-marines tantôt étroites, tantôt vastes et toujours irrégulières, Hans nous fit signe en serrant le poing.
Daisy réduisit la lumière de son Pouvoir divin jusqu’à la rendre presque invisible, puis éteignit la torche.
« Pas un bruit. Laissez vos yeux s’habituer à l’obscurité. »
Nous nous accroupîmes et observâmes ce qui se trouvait devant nous.
Au-delà de la Lueur faible des cristaux incrustés dans les parois, des hommes-poissons aux branchies palpitantes se tenaient là.
Gloup. Gloup.
Leur corps était grotesque, comme si on leur avait enfoncé de force des têtes de poisson sur des corps humains.
Leurs écailles bleues, tendues sur leurs os, luisaient d’une vase répugnante, tandis que les fentes de leurs branchies, au niveau du cou, s’ouvraient hideusement à chaque respiration.
Ils portaient d’énormes harpons rongés par le sel et tachés de sang, comme s’ils avaient déjà trouvé une victime.
« Il y a aussi un chaman. »
Comme si ça ne suffisait pas, un chaman se trouvait parmi eux. Ça allait nous compliquer la tâche.
« Ian. Qu’est-ce qu’on fait ? »
On les contournait ? Ou on se battait ?
Ils sont plus nombreux que prévu.
Avec un chaman dans le lot, il faudra peut-être lancer des sorts.
Tandis que j’y réfléchissais, le plafond trembla et une étrange vibration parcourut la grotte.
Au même instant, un champ d’énergie vert se mit à onduler dans un coin.
« Hein ? »
« I-Ian, c’est pas un portail ? »
Alors que nous pensions être coincés dans la Grotte de sel, une autre possibilité venait d’apparaître.
Hein ? Ce portail, c’est… ?
« Un portail vers le premier étage ? »
Notes :
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