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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à la fantasy sombre gelée en tant que mage de génie ◈
Chapitre 27 : Le fardeau du chef de groupe
──────
Chaque matin, à six heures, Ian méditait et gravait de nouveau ses sorts.
Depuis qu’il était devenu mage, il n’avait jamais dérogé à cette routine.
Il avait beaucoup à faire aujourd’hui.
Il devait passer à la bibliothèque, acheter des matériaux magiques pour ses recherches afin d’améliorer la maîtrise de ses grimoires, puis se rendre à la guilde de l’Expédition pour choisir de nouveaux membres capables d’entrer dans le Labyrinthe avec eux.
Mais d’abord…
« Dize, lança Ian.
Dize, qui venait de finir son petit-déjeuner et se tapotait le ventre, pencha la tête.
— Hmm ?
— Je dois te dire quelque chose.
— Quoi ? Pourquoi tu prends cet air si sérieux ? Tu me fais peur, héhé.
Dize rit d’un air enjoué, puis se figea.
Ian et Elena avaient le visage grave.
— Elena et moi avions un objectif depuis le village. Nous ne voulons pas seulement survivre : nous voulons voir le bout du Labyrinthe.
— J-je vois. Vous êtes vraiment différents… Vous pouvez le faire !
— Après avoir exploré le premier étage une ou deux fois de plus, nous comptons passer directement au deuxième. Nous continuerons de monter, et le danger ne fera que croître.
À mesure qu’Ian poursuivait, Dize sentit sans doute que quelque chose clochait. Son visage s’assombrit.
— Dize. Je veux que tu quittes le groupe.
Daisy fut la première à réagir à ces mots qui lui tombèrent dessus comme un coup de foudre.
— Quoi ?!
— Tu renvoies Dize… ?
Dize lui-même ne parvint ni à crier ni à protester. Il baissa simplement la tête.
— T-tu me mets à la porte ? Parce que je ne sers à rien ?
Comme s’il avait su que ce jour finirait par arriver.
— Ce n’est pas ça. Tu en as déjà fait bien assez.
Ian songea à ce qu’était Dize.
Indécis et peureux, incapable de dire un mot même à des gamins de cinq ou six ans ses cadets, toujours à essayer d’éviter les problèmes.
Quand ils avaient traversé la plaine enneigée, Dize avait été pitoyable.
Mais il avait changé lorsqu’ils avaient affronté le Draugr lourdement cuirassé et pénétré dans le Labyrinthe.
Pour ses compagnons et ses amis, il était devenu quelqu’un d’admirable, capable de rassembler son courage.
Oui, Ian le savait aussi.
— Alors pourquoi… ?
— Faire de son mieux et être doué pour quelque chose, ce n’est pas pareil.
Ian secoua malgré tout la tête.
On ne pouvait pas tenir dans le Labyrinthe en comptant seulement sur ses efforts.
— J-j’allais aussi apprendre le maniement de l’épée…
Une épée inconnue reposait à côté de la table.
— Je ferai mieux. D’accord ?
Dize parla d’une voix suppliante, comme s’il s’accrochait à son dernier espoir.
Il le savait.
Il savait qu’il ne servait à rien.
Ouais, je le savais… Je savais que ce jour finirait par arriver.
Ian, Elena et Daisy étaient tous des gens brillants, à des années-lumière d’un bon à rien comme lui.
Sans eux, il serait mort dans cette plaine enneigée depuis longtemps.
Mais… malgré tout, il voulait rester avec eux aussi longtemps que possible. Vraiment…
Dize aurait voulu ravaler sa fierté et les supplier de le laisser rester encore un peu.
— Je vais être franc. Je ne veux pas te voir mourir.
Après avoir entendu ces mots froids, mais sincères, d’Ian, il n’eut pourtant d’autre choix que de renoncer.
— …
— L’argent qu’on a gagné cette fois devrait quand même te donner un bon départ.
Quarante pièces d’argent.
C’était une somme considérable.
Il pouvait payer une année d’impôts, s’en servir comme capital pour apprendre un métier ou apprendre à lire et à écrire.
Quel que soit son choix, il pourrait repartir sur de bonnes bases.
— Ian… Elena… Il faut vraiment… vraiment en arriver là ? Snif.
— Daisy. C’est mieux ainsi.
Elena retint Daisy, dont les yeux s’étaient remplis de larmes.
Dize demanda d’une voix tremblante, comme si sa poitrine se resserrait :
— N-nous sommes toujours amis, pas vrai ?
— Bien sûr.
Ian hocha fermement la tête.
Ils se reverraient de temps en temps, boiraient un coup et partageraient un repas.
Ils se remémoreraient ce village de merde, leur traversée de la plaine enneigée et toutes les petites histoires du passé.
— Ouais. Ça me suffit. Ça… me suffit.
Dize sourit à ces mots et se leva.
— Merci à tous. D’être restés avec un type aussi pitoyable que moi tout ce temps.
— Dize !
— Dize…
— Je ferais mieux d’y aller. Si je reste plus longtemps, je crois que je vais perdre courage. Haha.
Dize ramassa son épée et s’éloigna d’un pas las. Le voir partir était un spectacle pitoyable.
Mais ils ne pouvaient rien y faire.
C’était la cruelle loi de ce monde.
Les séparations sont amères, même quand on en a vécu beaucoup.
Ian décroisa les bras et soupira.
* * *
Dize… Il ne va quand même pas entrer seul dans le Labyrinthe ?
Il y avait peu de chances.
Après tout, il était peureux.
Il vivra probablement tranquillement en ville, en faisant des petits boulots.
« Bienvenue à la bibliothèque.
Après avoir raccompagné Dize, je me rendis à la bibliothèque.
Comme la fois précédente, je comptais enrichir mes connaissances en lisant des ouvrages de magie et améliorer la maîtrise de mes grimoires afin d’apprendre de nouveaux sorts.
Flash !
— Vous pourrez les voir, maintenant.
Après avoir reçu un sort de classement de Renia, la bibliothécaire, je choisis plusieurs livres et m’assis.
[Les sorts de type eau disposent de deux grands moyens d’acquérir un pouvoir meurtrier. Le premier est la libération. Le second, la compression et l’écoulement. La libération consiste à employer une immense quantité de liquide pour écraser la cible sous la pression et priver l’air d’oxygène, ce qui accroît la létalité du sort. La compression et l’écoulement fonctionnent à l’inverse. Si l’on taille, façonne et rassemble le liquide, qui s’écoule naturellement en toute liberté, il devient une lame capable de trancher même le fer. Rétrécir l’orifice de sortie du mana augmente la vitesse du liquide et son pouvoir destructeur. Tel est le principe fondamental de la magie de l’eau découvert par l’auteur de cet ouvrage…]
Cette fois, je lus un livre théorique sur la magie de l’eau et du Givre.
Ma maîtrise avait-elle augmenté ? Même après avoir lu un gros volume entier, je n’appris aucun nouveau sort.
Tss, même ça ne suffit plus ?
Je me plaignis à mon Grimoire exigeant, mais c’était logique.
Jusqu’ici, ma progression avait été anormale.
Apprendre des sorts après avoir lu quelques livres, c’était une croissance absurde.
Les mages ordinaires mettent au moins plusieurs mois à apprendre un nouveau sort.
— Ouf.
Même un génie avait besoin de repos.
Pour me changer les idées, je décidai de lire autre chose.
C’était un livre d’histoire sur ce monde, que je voulais lire depuis un moment.
[Le Roi des Nains, le Roi des Humains, le Roi des Elfes, le Roi des Hommes-bêtes, le Roi des Dragons, le Roi des Géants et le Roi des Serpents.
Au commencement, le monde était paisible et chaud, sous la guidance des Sept Rois.
Cela était dû au Brasero éternel, qui contenait la Flamme primordiale offerte par les dieux.]
[Mais le brasero détenait un pouvoir immense, et le Roi des Géants ainsi que le Roi des Nagas furent gagnés par la cupidité.
Ils voulurent s’emparer du brasero et s’approprier son pouvoir.]
[Les artefacts sacrés ne doivent jamais servir à des fins personnelles.
Sous le courroux du dieu, le Roi des Géants et le Roi des Serpents furent frappés de terribles malédictions, et un hiver éternel s’abattit sur le monde.]
[Les cinq rois tentèrent de ranimer le brasero en sacrifiant leur propre vie, mais ils n’en furent pas capables.
Le dieu miséricordieux vit-il leur sacrifice ?
Le dieu accorda une nouvelle chance à ces mortels insensés…]
— C’était le Labyrinthe.
[Conquérez le Labyrinthe. Alors, vous pourrez lever la malédiction laissée par les rois déchus.]
Hmm.
L’origine du Labyrinthe ne différait pas de ce que je savais déjà.
Il y avait aussi des éléments d’intrigue cachés, mais la société de jeu n’avait jamais révélé cette partie de l’histoire, alors je ne pouvais pas la connaître.
— Il est déjà si tard…
Je n’avais lu que quelques livres, mais le soleil se couchait déjà.
La bibliothèque fermait la nuit ; je n’eus donc pas d’autre choix que de me lever.
J’ai vraiment une concentration incroyable.
Je suis vraiment un génie.
— Au revoir.
— On dirait que vous n’avez pas eu beaucoup de succès cette fois.
Quand je lui fis mes adieux, Renia, qui était restée silencieuse pour une fois, prit la parole la première.
Je hochai faiblement la tête.
— Oui, les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait.
— C’est vrai. La magie n’est pas un domaine facile, pour commencer…
— Mais je pense que je vais bientôt apprendre un nouveau sort.
Renia, qui venait d’acquiescer, se tut.
— … ?
— Je suis un mage de génie. J’en ai le pressentiment.
Renia avait l’air de se demander : « Qu’est-ce qui cloche chez ce connard ? » Je la laissai à ses réflexions et sortis dans la ville.
— Lalala.
Au coucher du soleil, le Labyrinthe baigné d’orange avait un charme tout particulier.
On pouvait appeler ça bucolique ?
Les environs n’étaient pourtant pas entièrement beaux.
— M-mon mari n’est toujours pas rentré…
— Aini ! Aini, où es-tu ?! Hein ?!
Un groupe de gens au visage désespéré se tenait devant la guilde de l’Expédition et le bureau de change.
Certains étaient rentrés triomphants, comme nous, mais d’autres n’étaient jamais revenus du Labyrinthe.
— N-non… Noooon !
C’étaient les familles des membres disparus.
Peut-être que certains Maraudeurs que j’avais tués avaient eux aussi des proches parmi eux.
La sécurité et la paix de cette ville reposaient sur les sacrifices des membres de l’Expédition.
Ils sont comme des fourmis.
Je trouvais que les membres de l’Expédition ressemblaient à des fourmis.
Des fourmis ouvrières qui s’enfonçaient sans fin dans une immense tour pour entretenir l’empire qu’était la Cité du Labyrinthe, ou simplement pour survivre un jour de plus.
Le vingt-et-unième siècle et cet endroit, c’est pareil. Les gens vivent comme des rouages, puis on les jette.
Alors que je me dirigeais vers ma destination, quelqu’un attira mon regard.
Une femme aux traits anguleux, les cheveux attachés, un arc à la main.
C’était Narita.
— Narita.
Je m’approchai d’elle.
Elle me regarda avec méfiance, le visage épuisé.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
Ça tombait bien. J’avais quelque chose à lui donner.
Narita se tut en voyant ce que je lui tendais.
— Voilà ta part.
C’était une bourse.
— Même si tu n’étais qu’un membre temporaire du groupe, tu as combattu avec nous. Prends ta part.
— …
Se méfiait-elle de moi ?
Narita se contenta de fixer la bourse sans la prendre.
Je lui demandai :
— Tu as retrouvé Babeyo ?
— … Je l’ai retrouvé.
Je l’avais cru mort, mais en fait, il était vivant.
Des membres de l’Expédition bienveillants l’avaient ramené après l’avoir trouvé errant dans la prison en ruines, sans torche.
Mais cela avait eu des conséquences.
Après avoir passé si longtemps dans le noir, sans torche, sa folie avait refait surface.
— Je vois…
On ne savait toujours pas comment soigner ceux que la folie du Labyrinthe avait dévorés.
Pourtant, Narita ne pouvait pas abandonner son ami ; elle avait donc dit qu’elle était prête à tout essayer.
C’est un domaine que la Tour de magie et les temples étudient activement.
Mais pas pour des raisons humanitaires.
— Dans ce cas, il te faudra davantage d’argent pour le soigner.
Je fourrai de force la bourse dans la main de Narita.
— … Pourquoi tu prends autant soin de moi ?
Narita me posa la question, le regard incertain.
Elle me la posait sincèrement.
Les membres ordinaires de l’Expédition n’allaient pas aussi loin.
En plus, nous nous étions souvent pris le bec avec elle.
Je regardai cette jeune femme qui semblait sur le point de craquer, puis lui souris.
— Parce que c’est normal. Et puis…
— Et puis ?
— Ce n’est ni de la gentillesse ni de la pitié. Je me dis juste que je me sentirai mieux comme ça.
Je n’étais pas si gentil.
Si cette petite somme pouvait apaiser mon malaise, c’était un prix bien modeste à payer.
…
— Merci.
Narita baissa la tête.
Des gouttes tombèrent au sol et sa voix trembla.
— J’ai été cruelle avec vous tous… J’ai fait ça… Snif. Je savais que ce n’était pas votre faute. Mais… mais… je ne supportais pas de ne pouvoir en vouloir à personne… Snif.
Je ne parvins pas à lui sortir le banal « Courage ».
— Tu disais que tu n’étais pas quelqu’un de bien… mais c’est faux. Tu es quelqu’un de bien… Ian… vraiment… snif. Merci…
Je tapotai l’épaule de Narita et m’éloignai.
Ma prochaine destination était la Tour de magie.
Maintenant que j’avais de l’argent, je comptais emprunter les installations expérimentales de la Tour de magie et commencer des recherches sérieuses en magie.
Foudre, magie de l’eau et du Givre, et Arcanes. Même quand un Grimoire régissait une affinité autre que les trois que je maîtrisais, il se comportait comme un être vivant, avec ses goûts étranges et ses exigences.
Les nouveaux sorts n’apparaissaient pas comme par magie parce qu’on injectait du mana et qu’on répétait des incantations.
Pour améliorer la maîtrise d’un Grimoire et apprendre le sort du niveau suivant, il fallait des catalyseurs rares adaptés à l’affinité, des recherches magiques avancées ou des conditions particulières.
Les catalyseurs et les matériaux du sac à dos que j’ai récupéré la dernière fois sur Khand, le mage des Maraudeurs.
J’utiliserais ces ressources, ainsi que l’argent que j’avais amassé, pour acheter des matériaux magiques et commencer mes recherches.
Après tout, en tant que vétéran de ce monde, je connaissais une foule de façons de combiner des formules et des spécimens d’étude.
Et si je faisais ça ?
Alors, j’apprendrai de nouveaux sorts.
— Hé hé. Mode triche activé.
Il était temps que je commence vraiment ma carrière de mage.
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