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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans une fantasy sombre et glaciale en tant que mage de génie ◈
Chapitre 20 : Prison en ruines du premier étage
──────
Ma vision s’assombrit, puis j’eus l’impression que mes sens se dispersaient.
Ce n’était pas aussi terrible que la première fois que j’avais emprunté un portail, mais j’en eus tout de même la nausée.
Mais ce n’était pas le problème, pour l’instant.
Je poussai un soupir en découvrant où nous avions atterri après le transfert.
« Ha… »
On dit que la voie du génie est semée d’embûches.
« O-On est où… ? Hum, hum. »
La puanteur de la moisissure humide et de la poussière accumulée était si forte qu’elle me faisait mal au nez.
Au-delà de la lumière de la torche s’étendait un espace gris-noir, entièrement fait de pierre, de barreaux de fer et de détritus.
« C’est la Prison en ruines. »
Une autre zone du premier étage.
« Putain. »
Dize eut l’air anéanti en apprenant que ce n’était pas un Portail de fuite.
« Putain, putain, putain, puuuutain… »
Non, il avait complètement perdu les pédales. Daisy lui plaqua donc la main sur la bouche.
« Mmph ! »
« Dize. Ian a dit de te taire, ici. »
Si même la douce Daisy disait ça, c’est qu’elle devait être à cran, elle aussi.
« Bien joué, Daisy. Dize, silence dans le Labyrinthe. »
« … Désolé. »
Je regardai autour de moi.
La pièce de pierre était pleine de poussière et de bric-à-brac, et son plafond était scellé par la roche. Elle n’avait que deux issues : des portes à l’avant et à l’arrière.
Pour vous expliquer la structure générale de la Prison en ruines…
« D’innombrables pièces sont disposées au hasard, et les membres des groupes d’expédition transférés ici errent de l’une à l’autre.
« Les monstres qu’on y trouve sont des morts-vivants de bas niveau : zombies, soldats squelettes et fantômes. »
« Comme les Draugr ? »
« Exact. Sauf qu’ils sont plus nombreux. »
Les monstres en eux-mêmes étaient basiques, mais il y avait des pièges, et les couloirs comme les salles étaient étroits. En cas d’apparition de monstres, impossible d’éviter le combat.
Ah, et il y avait une autre chose.
« Ici, les torches sont indispensables. »
Contrairement à la forêt, l’obscurité déclenchait les hallucinations auditives et visuelles propres à cette zone.
La guilde des groupes d’expédition avait insisté maintes fois sur le fait que la lumière était la chose la plus importante, ici.
Le problème, c’était…
« Il ne nous reste pas beaucoup de torches. »
« Cinq heures. Quatre, si on veut être généreux. »
Après avoir rassemblé toutes les torches du sac à dos, je secouai la tête.
« Il faut sortir d’ici le plus vite possible. »
Si les hallucinations continuaient une fois la lumière éteinte, notre esprit risquait de lâcher et de nous transformer en fous. En fait, il arrivait même que des membres de groupes d’expédition ayant perdu la raison apparaissent comme ennemis dans des zones en ruines comme celle-ci.
« Contrairement à la forêt, il n’y a rien ici qu’on puisse brûler. »
« On bouge, maintenant ? »
Elena posa la question. Malgré sa main droite fracturée, sa voix restait calme. Elle avait vraiment une volonté de fer.
« Non. Je dois d’abord Mémoriser. On tient ici jusqu’à six heures du matin. »
Avec un peu de chance, je pourrais graver mes sorts avant l’arrivée des monstres.
« Daisy, regarde la main d’Elena. »
« D’accord. »
« Dize, Narita. Aidez-moi à barricader les portes. »
« Compris ! »
« … »
« Elena, serre les dents, même si ça fait mal. »
« Aïe… »
Tandis que Daisy retirait à la pince les échardes gelées de la main d’Elena, je m’associai aux deux autres pour entasser le bric-à-brac éparpillé dans la pièce et bloquer les deux portes.
« C’est tellement vieux que ça ne tiendra pas longtemps, mais c’est mieux que rien. »
Hum, hum.
« Beurk, toute cette poussière… »
« Et maintenant, on fait quoi ? »
« Reposez-vous, entretenez votre équipement et priez pour que ces saloperies de monstres ne débarquent pas en force. »
Ffff !
Nous nous regroupâmes autour d’une seule torche faiblarde, plantée au milieu de la pièce.
« Les armes contondantes sont efficaces contre les squelettes et les zombies, c’est bien ça ? »
« Ouais. Les lames se coincent entre leurs côtes, alors il faut les réduire en morceaux pour les tuer. »
Elena, Dize et Daisy fouillèrent les armes et les armures des membres morts des groupes d’expédition, à la recherche de quoi que ce soit d’utilisable. Narita, elle, fixait les affaires laissées par ses amis morts.
« … »
Le vide dans son regard était putain de flippant.
Elle devait repasser en boucle ses choix passés, rongée par les regrets.
« J’aurais peut-être dû la laisser derrière. »
Je m’assis en tailleur et méditai.
Pas pour étudier la magie, mais pour passer en revue toutes les menaces et les situations possibles que nous risquions d’affronter dans cette Prison en ruines.
Après avoir réfléchi un moment, j’entendis un son clair.
Vrrr.
J’ouvris grand les yeux.
« Hop. »
La pièce tournait.
On aurait dit qu’elle me demandait si nous serions attaqués pendant notre halte…
« Il est cinq heures du matin ! Cinq heures ! »
Laissez-moi dormir, bande de bosseurs !
[Pile ou face]
J’eus beau hurler, la pièce continua de tourner.
Je fis mon choix.
« Pile. »
[Face]
Cette foutue pièce semblait enfin prête à m’aider, puis elle me la mit à l’envers dans la foulée.
« Évidemment. »
La Pièce du destin avait échoué, mais le malheur ne s’abattit pas aussitôt sur nous.
Quelques instants plus tard, pourtant, la flamme de la torche vacilla brusquement malgré l’absence de vent, et la température chuta.
« Hein ? »
Dize, qui somnolait, fixa soudain un point et sursauta de peur.
« A-Aaaaaah ! L-Là… là-bas… »
Une tête de femme sortit du mur dans la direction qu’indiquait Dize.
C’était une chose grotesque qui luisait d’une pâle clarté, même dans les ténèbres au-delà de la torche.
Un fantôme.
Ceux qu’on trouvait au premier étage ne pouvaient lancer ni sorts spéciaux ni malédictions, mais…
Un hurlement strident !
« Il attire les monstres ! »
La femme bleutée, la bouche fendue jusqu’aux oreilles, poussa un cri.
C’était le pire ennemi que pouvaient affronter les membres des groupes d’expédition du premier étage dépourvus de sorts spéciaux, de pouvoirs mystiques ou de prêtres.
Et moi aussi, après avoir épuisé tous mes sorts.
« Si seulement j’avais des sorts ou des flèches d’argent, je pourrais m’en débarrasser tout de suite. »
« Petite salope ! »
Elena se rua sur elle et abattit sa masse, mais le fantôme était immunisé aux attaques physiques. L’arme le traversa et s’écrasa contre le mur pour rien.
Clang !
« Ian, ça… »
« Ouais, ils vont bientôt arriver. Préparez-vous. »
« Putain, putain… »
« Retenez-les aux portes ! Ne vous approchez pas trop. Repoussez-les dès qu’ils entrent ! »
Elena cria, puis tendit l’oreille et désigna la porte bloquée par une bibliothèque brisée.
Bientôt, les bruits des monstres résonnèrent assez fort pour que je les entende.
Grincement, grincement…
Le cliquetis de leurs os.
Le raclement de leur équipement qui traînait sur le sol.
On disait que rien ne réveillait la peur humaine autant que les sons, pas vrai ?
« Au moins, dans les champs de neige, il y avait de la lumière… »
Un frisson nous parcourut.
Au-delà de la faible lueur de la torche, les bruits venus des ténèbres, où nous ne voyions pas à un mètre devant nous, suffisaient à nous terrifier.
« Hé ! Reprends-toi ! »
Contrairement à Daisy et Dize, qui tremblaient mais prenaient tout de même leur position, Narita était restée assise, le regard vide. Elena la gifla et lui cria dessus.
Clac !
« … »
Narita fixa Elena un instant, puis se leva et encocha une flèche.
La porte trembla presque aussitôt.
Boum !
Boum, boum !
Le loquet branlant céda en premier, puis le bois se fendit.
La lumière orange de la torche, au milieu de la pièce, atteignait à peine l’entrée.
Alors ils rampèrent hors du nuage de poussière pâle, à la frontière entre la lumière et les ténèbres.
La première chose que je vis fut un crâne jaune qui brillait à la lumière de la torche.
La peau qui aurait dû recouvrir ses dents avait pourri depuis longtemps ; seules restaient des orbites noires qui nous fixaient.
Clac, clac, clac !
Sa mâchoire pendait de façon anormale et ses dents claquaient. Dans les ténèbres derrière lui, d’autres doigts osseux jaillirent et griffèrent la porte.
« Empalez-les ! »
Sur l’ordre d’Elena, Daisy tendit sa lance par réflexe.
La pointe fila à travers l’ouverture et repoussa les morts-vivants qui s’efforçaient d’élargir le passage brisé.
« Beurk… »
Dize hésita.
L’un d’eux avait une lanière de cuir pourrie autour du cou et des lambeaux d’organes visibles entre ses côtes ; un autre arborait des yeux poisseux et terrifiants qui luisaient sous un casque fendu.
Les monstres morts-vivants, Draugr compris, dégageaient naturellement une aura de mort.
« Quand l’endurance et le moral sont au plus bas, l’emprise de cette aura est encore plus meurtrière. »
Et plus ils étaient nombreux, plus cette aura s’accumulait facilement.
Le froid des morts-vivants, qui chassait même la chaleur de la torche, et leur puanteur infecte.
Dize était naturellement peureux et épuisé ; il s’était donc laissé submerger.
J’avais emporté de l’eau bénite de la plus basse qualité pour ce genre de situation, mais c’était assez cher pour que je n’en aie qu’une seule bouteille.
« Ce n’est pas encore le moment de l’utiliser. »
Bam !
« Imbécile ! Empale-les ! »
Elena brisa sa peur de la façon la plus directe qui soit.
D’une main, elle se servit du bout de sa masse pour écraser les squelettes qui tentaient de se faufiler par l’ouverture.
« Empale-les ! Empale-les ! »
De l’autre, elle frappa Dize derrière la tête et lui hurla dans l’oreille comme une folle.
« Hngh, hyaaaaaah ! »
Dize poussa enfin un cri et lança sa lance dans l’ouverture, les repoussant.
Les morts-vivants hurlèrent.
La pointe de la lance heurta quelque chose de dur, tandis que des griffures résonnaient contre la porte, les unes après les autres.
« Cinq heures quarante du matin. »
« Encore vingt minutes avant la Mémorisation. »
« À ce rythme… »
On semblait les contenir assez bien.
Boum !
Soudain, un fracas retentit ; la moitié de la porte éclata et des éclats de bois volèrent partout.
Elena et Dize se baissèrent à la hâte et reculèrent en trébuchant, tandis que Daisy tombait sur les fesses.
« Hii ! »
Le manche de sa lance roula sur le sol, brisé en deux. Sa pointe était coincée entre les doigts osseux d’un gantelet armuré.
« Fantassin lourd squelette ! »
Le responsable de la barricade détruite.
Un squelette bien équipé, une tête de plus que les autres qui s’entassaient devant la porte, recula les deux bras et se prépara à brandir de nouveau son fléau.
Elena se rua vers lui, son bouclier et sa masse levés, mais un sifflement aigu passa près de mon oreille.
Ffff !
Quelques mèches blondes voltigèrent dans les airs.
Une flèche qui avait filé devant Elena transperça le squelette guerrier entre les yeux.
Malgré sa grande taille, il s’effondra lamentablement au sol, gesticula un instant, puis se transforma en cendres.
Crépitement !
De la fumée s’éleva de son crâne, où restait fiché un fût de flèche brillant.
Une flèche d’argent, efficace contre les morts-vivants.
« Toi… »
Elena lança un regard noir à Narita, qui avait failli la toucher.
Narita l’ignora et encocha silencieusement une autre flèche.
« Je n’ai plus de flèches d’argent. »
« Si elle en avait, elle aurait pu en tirer une quand le fantôme est apparu. »
Cela dit, qu’est-ce que j’espérais de quelqu’un qui avait déjà perdu la tête ?
Bref, ça nous offrit un instant de répit…
Boum, boum !
Putain.
La porte du fond se mit à trembler, elle aussi.
« Ha… Hé ! Toi ! Et Daisy ! Allumez une autre torche et tenez ce côté-là ! »
« Hngh, hngh. D’accord ! »
Sur l’ordre d’Elena, Narita et Daisy saisirent des gourdins et coururent vers l’autre porte.
« Il est cinq heures cinquante et une, maintenant. »
En observant la situation, je secouai la tête.
« Ça ne marchera pas. »
Je pris ma décision rapidement.
Je passai à l’action encore plus vite.
Je laissai mon bâton derrière moi, saisis un gourdin et gagnai la porte du fond.
« Imbécile ! Reste en arrière ! »
Elena cria, mais nous avions besoin de toutes les mains disponibles.
Quelle que soit la façon dont je voyais les choses, je devais m’y mettre aussi.
« N’importe quoi. T’as oublié que je suis le bras droit de la Bande des orphelins ? »
« Tu as perdu contre un gamin de neuf ans ! »
Ah, ne me rappelle pas mon traumatisme.
« Ce qui fait de nous des humains, c’est notre capacité à progresser. J’ai changé, maintenant… »
Boum !
« Ghk. »
Je fus projeté en l’air avant d’avoir pu finir ma phrase.
La porte éclata et je ne pus résister à la force de la hache du squelette.
Aïe, ça faisait mal.
« Ian ! »
Je roulai sur le sol, puis gémis en me redressant.
« Beuh ! »
Daisy résistait de toutes ses forces à un soldat squelette qui avait franchi l’entrée, bloquant sa hache avec son bouclier.
Narita tira sur un squelette qui s’était approché d’elle, le vit traverser ses côtes sans effet, puis dégaina son épée.
Shing !
Boum !
« Ils sont plus nombreux que d’habitude à cause de l’agression ! »
Tout le monde était épuisé, blessé et en mauvais état.
« Si seulement j’avais des sorts ! »
« Foutu système de Mémorisation ! »
La situation était si mauvaise que je me sentais aussi inutile qu’un porte-baguette.
Submergés par le nombre, nous finîmes par être débordés.
La porte céda.
Des morts-vivants, incapables de ressentir la peur ou la moindre émotion, pénétrèrent dans l’espace éclairé par la torche des vivants.
Le fantôme poussa un cri en flottant dans les airs et, dès lors, le combat tourna à la mêlée désespérée.
« Aaaaaah ! »
J’esquivai de justesse une épée qui s’abattait et frappai avec mon gourdin.
Mais mon corps faible ne pouvait pas donner assez de poids à mon coup. Au lieu de ça, l’arme manqua de m’entraîner dans son élan.
Crac !
J’avais visé la tête, mais ne lui fracassai que l’épaule.
Et encore, à peine.
« Putain. »
L’épée du soldat squelette fonça sur moi alors que je perdais l’équilibre.
Je reçus le coup dans le ventre et laissai échapper un souffle de douleur.
« Ghk. »
« Un vulgaire squelette vient de contre-attaquer ? »
Je l’avais pris pour un faible, mais les squelettes de la vraie vie, c’était autre chose.
Au moins, son arme était rouillée.
Elle ne pouvait pas transpercer le gambison épais que je portais.
« Heureusement… que j’ai acheté du nouvel équipement… »
« Hop ! »
J’attrapai le poignet du squelette et luttai contre lui, puis le repoussai et me jetai au sol.
En roulant sur le côté, je regardai autour de moi : chacun semblait trop occupé à affronter au moins deux monstres pour prêter attention au reste.
« Tenez bon ! Si on recule, on est morts ! »
Clang ! Crac !
Elena, surtout, faisait face à trois ennemis bien armés, dont un Fantassin lourd squelette muni du fléau le plus dangereux.
Malgré tout, elle parvint à fracasser le crâne de l’un d’eux avec sa masse.
« Elle a un talent monstrueux ! »
Clang !
« Argh ! »
Elena tenta de profiter de son élan pour repousser les autres, puis chancela brusquement.
Du sang coulait dans ses cheveux rejetés en arrière, et son casque était abîmé.
Putain, une flèche !
« Une flèche ! Allumez une autre torche et lancez-la par là-bas ! Devant ! Éclairez-moi ça ! Vite ! »
Elena cria.
Mais tout le monde était trop occupé à se battre.
J’étais le seul à avoir une main libre.
« C’est parti ! »
Les dents serrées, je frappai le crâne du squelette qui se débattait sous moi, puis sortis une torche de mon sac, l’allumai et la lançai.
Ffff !
La masse orange décrivit un arc dans les ténèbres et révéla les squelettes.
La faible lueur des flammes.
Dans le couloir sombre, un archer mort-vivant s’était agenouillé et nous visait avec son arbalète.
« Mon casque… Hngh ! Heureusement que j’en ai acheté un ! Comme tu me l’as dit, Ian ! Hi hi ! »
Même si une hache l’avait frappée à l’épaule, Elena ricana comme une folle.
« Hah, hah… C’est vraiment le moment de dire ça ?! Ça va ?! »
« Pas… vraiment. Ngh ! »
Comme elle avait acheté un casque sur mon conseil, la vieille arme de l’ennemi ne lui avait pas infligé de blessure mortelle.
« Putain. »
Nous tenions à peine, et si ça continuait, ce serait la fin.
Il nous fallait quelque chose pour renverser la situation.
Et ce quelque chose allait arriver… bientôt…
Ça y est !
Je vérifiai que tout le sable s’était écoulé dans le sablier, le souvenir de Mauk, puis criai :
« Six heures ! Le matin est là ! »
« Six heures… ?! »
Elena comprit immédiatement et cria :
« Tout le monde, regroupez-vous ! Protégez Ian !!! »
Elle repoussa les monstres d’un coup de pied, attrapa les autres paniqués par le col et les ramena en arrière.
Ils se placèrent en formation défensive autour de moi et commencèrent à repousser les squelettes.
« Tenez bon ! S’ils passent, on est foutus ! »
« Aaaaaah ! »
« Dize, espèce d’idiot ! Tiens la ligne ! »
Le fracas du métal.
Les cris et les hurlements.
Les cris stridents des morts-vivants.
« Ian ! Tu as fini ?! »
Putain, comment j’étais censé graver un sort dans un bordel pareil ?
La Mémorisation exigeait normalement une concentration extrême et un environnement calme.
Même pour un mage expérimenté, c’était quasiment impossible.
Mais…
« Je ne suis pas un mage ordinaire. Je suis un mage de génie. »
« Un génie ne rejette pas la faute sur son matériel ou son environnement. »
Je m’assis en tailleur, fermai les yeux et me concentrai.
Toutes les pensées qui me distrayaient s’apaisèrent, y compris la peur que mes compagnons puissent mourir d’un instant à l’autre et celle qu’une épée ou une flèche perdue vienne me transpercer.
Dans un vaste espace noir comme l’univers, trois grimoires de couleurs différentes scintillaient, en quête de lumière.
Et ma volonté écrasante les enchaîna et leur ordonna d’obéir.
Crépitement !
[Lueur faible]
[Étincelle électrique]
[Pointe de glace]
[Explosion de givre]
[Projectile magique]
Comme une oasis asséchée qui se remplissait à nouveau, les parchemins de sorts se rechargèrent.
« Ouf. »
J’ouvris les yeux, laissant derrière moi cette sensation de plénitude.
Du mana bleu jaillit dans mon regard.
« Vous allez tous crever. »
Je levai mon bâton et lançai un sort.
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