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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre dans un univers de fantasy sombre et gelé en mage de génie ◈
Chapitre 19 : Le gacha aléatoire fait aussi partie du charme du Labyrinthe
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Il agitait ses racines, laissait tomber des fruits faits de cadavres et invoquait des Carcasses rampantes.
L’arbre monstrueux résista farouchement, mais ne put tenir face à mon sort et se retrouva entièrement gelé.
Grrrr !
Pourtant, je fronçai les sourcils.
Il était toujours vivant.
« Putain. »
Si j’avais été mage du feu, j’aurais pu en finir en un seul coup avec un sort similaire : Lance-flammes. Voilà pourquoi la compatibilité élémentaire était une telle connerie.
Au moins, nous avions gagné un peu de temps. Si nous nous enfuyions maintenant…
C’est alors que j’eus cette pensée…
Tap !
« Elena !? »
Elena se rua soudain vers l’arbre gelé.
« Espèce d’idiote ! Ne fais pas n’importe quoi. Reviens ! »
Je hurlai, alarmé, mais cette tête de mule ne fit même pas semblant de m’écouter.
« Crève ! »
Frrr !
À cet instant, la pièce se mit à tournoyer.
[Tirage à pile ou face]
Je le compris instinctivement.
Cette pièce prédisait le sort d’Elena.
Putain, putain.
« Pile ou face ? Pile ou face ? »
Malgré mon hésitation, je lançai la pièce.
« Pile ! »
Est-ce que le sort essayait de compenser toutes les saloperies injustes qu’il nous avait fait subir jusque-là ?
[Pile]
La pièce retomba sur pile.
Tandis que le sol se tordait, une racine jaillit et manqua Elena. Elle frappa l’arbre de son épée.
Clang !
Dans un bruit sourd, comme du fer frappant du fer, la paume d’Elena s’ouvrit et son épée lui échappa.
Crac !
Au même instant, l’Arbre d’élevage humain se fissura.
« Enfoiré ! »
Un poing s’abattit sur l’arbre.
La fissure s’élargit, puis se propagea sans rencontrer de résistance.
« Crève ! Crève, bordel ! »
Une fois, deux fois, trois fois.
Les coups continuaient de pleuvoir.
Lorsqu’il atteignit sa limite, l’arbre explosa dans un fracas, projetant d’innombrables éclats rouges dans toutes les directions.
L’Arbre d’élevage humain avait été détruit.
Un groupe de bleus, qui n’avait même pas atteint le niveau amateur, avait vaincu un monstre de rang huit.
Hnnn…
Les Carcasses rampantes contrôlées par l’arbre s’effondrèrent au sol comme des marionnettes dont on aurait coupé les fils.
« Elena… »
« Ian… Il l’a fait. Il a tué ce monstre… »
Dize et Daisy contemplaient la scène, sous le choc.
« Haa… haa ! »
Elena haleta, puis s’écroula au sol.
« Espèce de tarée ! Qu’est-ce qui t’a pris de faire un truc aussi dangereux !? »
Au lieu d’admirer son exploit incroyable, je me précipitai pour vérifier son état, inquiet.
« Aïe, ça fait mal… »
Des éclats de glace s’étaient enfoncés dans sa main droite, qui saignait ; elle semblait aussi fracturée.
« On aurait pu s’enfuir ! »
« On aurait tout perdu, sinon. »
Elena fronça les sourcils, cracha sur le côté, puis désigna la Pierre de mana que l’Arbre d’élevage humain avait recrachée, comme si de rien n’était.
« Alors, ça vaut combien ? »
C’était une Pierre de mana de rang huit.
Son prix était de…
« Environ vingt pains de pierre. »
« Oh, ça vaut beaucoup plus que je pensais. »
« Ça reste bon marché, comparé à ton épée. »
« Quoi… ? Ah ! Putain ! »
Elena hurla.
« Qu’est-ce qu’il y a !? »
« Ça va, Elena !? »
Dize et Daisy paniquèrent, croyant qu’elle avait crié à cause de sa blessure, mais ce n’était pas ça.
« M-Mon épée… »
L’épée que le forgeron lui avait donnée s’était brisée en deux pendant le combat.
« Tss, tss. C’est pour ça que je t’ai dit que tu agissais comme une tête brûlée. »
Je claquai la langue, enveloppai l’épée brisée dans un morceau de tissu et la rangeai dans le sac à dos d’Elena.
À moins que leur équipement ne soit enchanté, les membres ordinaires des groupes d’expédition de rang faible ou moyen emportaient plusieurs pièces de rechange. Même s’ils les entretenaient dès qu’ils le pouvaient, les fluides, les huiles et les carapaces des monstres abîmaient facilement le matériel.
C’était encore pire quand quelqu’un utilisait son équipement aussi imprudemment qu’Elena. S’il ne s’était pas brisé plus tôt, c’était qu’il était plutôt solide.
« Alors, on n’y a fait que perdre ! »
« Pas tout à fait. »
Non, on avait décroché le gros lot.
Je ramassai un gros globule rouge et brillant parmi les débris.
C’était l’essence de l’Arbre d’élevage humain.
Ça avait l’air atroce, mais c’était comme un cœur formé du sang vital concentré des victimes de l’Arbre d’élevage humain.
« Ça se vend cher comme matériau magique. »
On pouvait aussi s’en servir comme ingrédient pour des potions.
« Vraiment !? Ça vaut combien !? »
« Même à vue de nez, ça vaut dans les dix pièces d’argent… »
« C’est putain de génial ! »
Pour les débutants, c’était un monstre atroce. Pour les membres expérimentés des groupes d’expédition, c’était une mine d’or qu’ils recherchaient délibérément.
Et ce n’était pas tout.
« Regardez autour de vous. »
Autour de l’arbre à cadavres gisaient l’équipement et les affaires des membres des groupes d’expédition qui en avaient été victimes.
Certains objets étaient rouillés, mais la plupart étaient encore assez intacts pour servir. On pouvait les utiliser ou les faire fondre pour les vendre plus cher que l’essence.
« Arthur… »
… L’équipement d’Arthur était là aussi.
« Arthur… Arthur… Arthur ! »
Narita se lamentait en serrant contre elle la Carcasse rampante gelée qui avait été Arthur.
« Snif… renifle… Haaaan ! »
Un ami de son village natal.
Ou peut-être son amoureux.
« … Tss. »
Mon cœur, qui s’était emballé pendant le combat, se calma.
Mon excitation retomba, laissant un goût amer dans ma bouche.
Après avoir vu la fin atroce d’Arthur et des autres membres débutants des groupes d’expédition, Dize et Daisy vomirent ce qu’ils avaient dans l’estomac.
Beurk !
Dans le Labyrinthe, la force mentale comptait plus que les capacités physiques.
Après avoir vu et vécu des scènes pareilles quelques fois, les gens finissaient par craquer beaucoup trop facilement.
« Dize et Daisy tiennent plutôt bien le coup, en fait. »
« La plupart des gens se seraient déjà pissé et chié dessus, incapables de faire quoi que ce soit. »
Bien sûr, Elena et moi n’étions pas normaux non plus.
Nous ramassâmes l’équipement des membres morts des groupes d’expédition.
Les affaires des morts-vivants étaient couvertes de sang et de fluides corporels. Nos sacs à dos étaient pleins, mais il nous restait encore des choses que nous ne pouvions pas emporter.
« Dommage qu’il n’y ait aucune potion. »
Puis…
« Il faut qu’on les retrouve… Babeyo est peut-être encore vivant… »
Narita, qui serrait contre elle le bout de peau qui avait été Arthur, se releva soudain.
Après avoir perdu deux amis dans des circonstances aussi atroces, ses yeux brillaient de folie sous ses cheveux en bataille.
« Désolé, mais nous partons. »
Je tendis à Narita les affaires d’Arthur récupérées dans l’Arbre d’élevage humain.
« Mon cul ! Tu avais dit que tu nous aiderais ! Babeyo est encore là, quelque part ! Il est forcément vivant… ! »
Boum !
« Arrête de déconner, espèce de salope ! »
Furieuse, Elena lui donna un coup de pied au visage.
« Je sais que tu traverses une situation horrible, mais on en a déjà fait assez. Insiste encore, et je te tue. »
Narita avait la lèvre fendue et saignait, mais elle baissa les yeux.
Elle se jeta à plat ventre et supplia, le front contre terre.
« Je vous en prie… Aidez-moi… »
« … »
Daisy semblait vouloir l’aider, mais elle se contenta de jeter des regards nerveux à Elena et à moi, les paupières tremblantes. Elle savait sans doute qu’elle n’avait pas son mot à dire, vu le peu qu’elle avait apporté au groupe.
Une sage décision.
« Haa… haa… »
Dize respirait avec difficulté, comme si la situation l’étouffait.
« Ouf. »
Qu’il s’agisse de tuer ou d’épargner quelqu’un, de le sauver ou de l’abandonner, prendre des décisions dans des circonstances aussi cruelles faisait aussi partie du rôle du chef de groupe.
Je soufflai, me frottai le visage et répondis froidement :
« Va chercher seule. Nous partons. »
« Putain ! Et la promesse… »
« On a promis de chercher ton groupe en cherchant le portail. Le résultat n’a pas été terrible, mais on a retrouvé deux personnes et un portail vient d’apparaître. »
Au milieu de ces épreuves, une issue s’était présentée : un portail se trouvait près de l’endroit où se dressait l’Arbre d’élevage humain.
Les portails rouges menaient au deuxième étage.
Les portails bleus étaient aléatoires : ils ramenaient les gens en ville ou les envoyaient dans une autre zone du premier étage.
« Comme l’a dit Elena, on en a fait assez. Narita, je compatis, mais on ne peut rien faire de plus. »
Le premier étage était plus petit que les autres, mais il restait immense.
Il comptait plus de dix zones forestières comme celle que nous avions traversée.
Comment étions-nous censés retrouver quelqu’un qui s’appelait Babeyo dans un endroit pareil ?
Quelles étaient ses chances d’être encore en vie ?
« Il aurait de la chance si les Karakans ne l’avaient pas déjà bouffé et chié. »
« … »
Narita nous foudroya du regard, serrant les dents au point de se faire saigner.
« O-On y va tout de suite ? »
Dize posa la question, soulagé, mais je secouai la tête.
« Ce serait génial si c’était un portail de retour, mais il pourrait aussi nous envoyer dans une autre zone du premier étage. Reposons-nous ici avant de passer. »
Les chances étaient d’une sur deux.
Dans le Labyrinthe, il fallait surtout réduire tous les risques évitables, même si leur probabilité était infime.
C’était le secret d’un joueur chevronné.
« Mangez, même si vous n’en avez pas envie. »
Nous devions reprendre des forces tant que nous le pouvions et nous remettre en état.
« Encore deux heures avant la Mémorisation. »
Surtout, je devais de toute urgence reconstituer ma réserve de sorts épuisée.
Pour l’instant, je n’étais rien de plus qu’un porteur de baguette.
« Sans moi, la force de combat de notre groupe chute de soixante-dix pour cent ! »
Alors que nous nous apprêtions à soigner nos blessures et à nous reposer, une nouvelle atroce nous parvint.
Kyaaaaa !
Un cri bestial retentit au-delà de la forêt.
« Les Karakans ! »
Ils semblaient avoir compris que l’arbre monstrueux était mort et nous suivaient à la trace.
Un imprévu.
Putain, nous n’avions pas le choix : il fallait entrer dans le portail tout de suite.
« Merde. Ils lâchent jamais l’affaire. »
« Hum, hum. »
Elena jura, tandis que Dize s’étranglait avec son eau.
« Préparez-vous tous ! On y va, maintenant ! »
Je menai les autres, puis me retournai.
Narita, que je croyais partie, était toujours là et s’apprêtait à partir avec nous.
Elena, qui tenait l’épée d’un membre mort d’un groupe d’expédition à la place de la sienne, brisée, ricana en la voyant.
« Tu n’arrêtais pas de parler de tes amis, mais j’imagine que tu n’as quand même pas envie de mourir ? »
Grincement !
Avait-elle vu juste ?
Narita grinça des dents et lança à Elena un regard meurtrier.
« Elena. »
Je l’arrêtai.
« Quoi, j’ai dit quelque chose de faux… »
Elena se calma aussitôt et marmonna.
Cette salope de Narita, la reine des trolls, avait pris pas mal de décisions irrationnelles.
Mais elle avait aussi beaucoup contribué.
Sans Narita, l’un d’entre nous serait mort lors de l’attaque des Karakans.
« Dans le Labyrinthe, on utilise tout ce qu’on peut ! »
« Narita. Réfléchis bien. Tu dois au moins survivre pour pouvoir offrir des funérailles à tes amis. »
Je m’y étais attendu ; c’est pourquoi je lui avais délibérément donné les affaires d’Arthur et de Rami qu’elle n’avait pas pu récupérer.
« Avec un peu de chance, Babeyo a peut-être déjà réussi à s’échapper. »
Ses chances étaient faibles, mais je le lui dis parce que je voulais me servir d’elle.
« … »
Narita nous suivit, le visage impénétrable.
« Ah, putain, mon Dieu. S’il te plaît. Donne-nous encore un peu de chance. »
« Il faut que ce soit un portail de retour. Sérieusement. »
Tout le monde était épuisé et blessé, et surtout, je n’avais plus aucun sort.
Frissonnant à l’idée de la difficulté du Donjon de la Mort dans la vraie vie, nous franchîmes le portail.
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