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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à la fantasy sombre gelée en génie de la magie ◈
Chapitre 17 : Le Guide du Labyrinthe
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Pourquoi la pièce s’était-elle mise à tourner ?
L’archère avait-elle attiré les monstres ici ?
Non, ce n’était pas ça. C’était sans doute…
[Aider Narita.]
[Ne pas aider Narita.]
Le système m’imposait l’un de ces deux choix.
[Pile ou face]
Mais je ne choisis aucun des deux côtés de la pièce.
La pièce disparut dans les airs, et une troisième option apparut.
[Évaluer la situation.]
« Argh… »
Narita s’effondra.
« H-Hé ! »
Dize et Daisy se précipitèrent pour l’aider.
Elle n’a pas l’air parasitée par une Araignée cadavérique.
Son corps était couvert de plaies, et elle brûlait de fièvre, mais elle était encore en vie.
Ça me faisait chier de les utiliser, mais nous la soignâmes avec nos réserves d’urgence et elle reprit connaissance peu après.
« Aidez-moi… Au secours… »
Ses premiers mots furent un appel à l’aide.
« Mes compagnons… Les monstres… On a été séparés… Ils sont forcément encore en vie… »
« Les araignées monstrueuses t’ont attaquée ? »
« On les combattait quand… Hngh, des trucs qui ressemblaient à des chats, avec d’étranges masques, nous ont attaqués aussi… »
Des Karakans.
Je compris la situation.
Les Karakans faisaient partie des monstres qui peuplaient la Forêt tiède du premier étage, aux côtés des araignées géantes.
Ils étaient assez intelligents pour utiliser des outils, vivaient en meutes et défendaient leur territoire.
Avec un peu de chance, on pouvait traverser la forêt sans les croiser. Mais si on tombait sur eux, ils étaient plus dangereux que les araignées géantes.
Ils devaient être sûrs d’eux pour proposer aussi franchement une chasse à courre.
Ils avaient attiré l’attention d’un trop grand nombre de monstres, et tout avait dérapé en un instant.
Je repris à Elena le sablier de Mauk.
« Il a fait six tours et demi. »
Nous nous étions couchés à huit heures du soir, donc…
« Il est deux heures et demie du matin. »
Je regardai autour de moi.
La forêt, si lumineuse tout à l’heure, n’était plus qu’une masse de ténèbres.
Le danger avait été multiplié par plusieurs fois.
Est-ce qu’on devrait les aider ou pas ?
J’y réfléchissais, mais Narita sembla comprendre mon hésitation.
« On t’a soignée. On a même utilisé un sort de guérison. »
« Vous l’avez fait contre paiement. »
« C’était presque gratuit ! Si on n’avait pas gâché un seul sort sur toi… Hum, hum. On aurait pu sauver Arthur, Rami ou Babeyo ! »
Pourquoi diable elle gueulait ?
Elle allait attirer tous les monstres du coin !
« Hé ! La ferme ! »
Elena la rabroua.
Sa réaction était irrationnelle, typique d’une débutante, mais je comprenais son éclat de colère.
Ses amis, avec qui elle avait grandi, étaient en danger. C’était normal qu’elle soit bouleversée.
« Si on tient les comptes, nous aussi, on t’a soignée. On a utilisé des bandages, des plantes médicinales et même un antidote de base. »
Narita grinça des dents devant ma réponse parfaitement logique et nous lança un regard noir.
« … »
Ses yeux trahissaient un sentiment de trahison, et ses doigts tressaillaient autour de son arc.
Elle avait l’air prête à nous décocher une flèche à la moindre provocation.
« Regardez-la, à fusiller du regard ceux qui lui ont sauvé la vie. Je devrais lui arracher les yeux ? »
Elena s’en aperçut et leva son épée.
L’expérience acquise en combattant les monstres du Labyrinthe avait peut-être décuplé son aura meurtrière.
La tuer ne poserait pas de problème.
Tant qu’on ne faisait pas un scandale et qu’il n’y avait pas de témoins, les petits incidents entre membres de l’Expédition dans le Labyrinthe passaient sous silence.
Et puis, comment un membre de l’Expédition d’un étage inférieur pourrait-il esquiver la magie ?
Malgré tout, j’étais un homme éclairé du vingt et unième siècle, épris de liberté, de démocratie et de paix.
Le groupe d’Arthur avait été bon avec nous. Ça, c’était vrai.
« Attendez un peu. Je vais en discuter avec les autres. »
Je décidai de parler de la situation avec mes compagnons.
« Qu’est-ce que vous en pensez ? »
« Euh… »
« Ne me regardez pas. Dites-moi ce que vous en pensez. »
Vu tout ce que j’avais fait jusque-là, ils me suivraient même si je prenais la décision seul.
Mais à mesure que nous nous enfoncerions dans le Labyrinthe, des situations qui nous forceraient à faire ce genre de choix se présenteraient sans cesse.
Et ça pouvait aussi arriver si nous étions séparés.
Dans le Labyrinthe, être trop passif était un problème.
On se laissait porter par les événements sans comprendre ce qui se passait, puis on crevait en un instant.
Pour affronter des environnements anormaux et des situations extrêmes, ils devaient garder leur sang-froid, réfléchir de façon proactive et rester ouverts d’esprit.
« Je… Je veux les aider… Ils n’étaient pas méchants… »
Daisy, au grand cœur, fut la première à donner son avis.
« Je suis contre. Peut-être que si c’était le jour, mais maintenant, c’est trop dangereux. »
Elena fit le choix raisonnable.
« J-Je… »
Dize, qui était resté passif depuis les champs de neige, n’arriva pas non plus à se décider cette fois-ci.
« I-Ian. Je suivrai ta décision. »
Ouf.
Un monstre écrasant.
Un piège malveillant ou des pillards.
Ou une épreuve de conscience.
Tout en bas, le Labyrinthe présentait toujours des choix aux membres de l’Expédition qui s’aventuraient dans ses profondeurs.
Qu’est-ce qui était juste, et qu’est-ce qui ne l’était pas ?
Tout dépendait de l’expérience, ou parfois simplement de la chance.
On pouvait agir en étant persuadé d’avoir fait le meilleur choix, puis comprendre plus tard qu’il y en avait un meilleur et le regretter. Ça arrivait tout le temps.
Pendant que j’y réfléchissais, Elena dressa l’oreille, et une odeur infecte me monta aux narines. Je laissai échapper un soupir.
De toute façon, il fallait qu’on se tire d’ici.
Je serrai mon bâton et fixai les ombres orangées projetées par les torches que nous avions plantées autour de nous.
Froufrou !
Quelque chose se cachait là où la lumière se fondait dans les ténèbres.
* * *
« Ian, ça… »
« Chut. Tout le monde, prenez vos affaires. »
Tout en passant prudemment mon sac sur mon épaule, je m’adressai à l’archère d’Arthur.
« Tu m’as dit que tu t’appelais Narita, c’est ça ? »
« Ouais. »
« À partir de maintenant, on va avancer en cherchant un Portail de fuite. »
« Quoi… ! »
« Écoute-moi jusqu’au bout. Si on trouve la moindre trace de tes compagnons en chemin, on fera de notre mieux pour les secourir. Ça te va ? »
Elle n’avait pas d’autre choix que d’accepter.
Qu’est-ce qu’elle aurait pu faire si on avait refusé de les aider ?
« … Tu ferais mieux de tenir ta promesse. »
Elle avait du caractère, celle-là.
Quand je hochai la tête, Narita encocha une flèche et banda son arc.
La flèche fila dans les ténèbres, suivie d’un bref gémissement animal.
Striii !
Ce cri glaçant marqua le début de l’attaque. Dans le bruissement des broussailles, ils apparurent autour de la clairière où nous avions planté les torches.
Leur crinière sale et hirsute ressemblait à des cheveux humains.
Leurs corps décharnés par la faim étaient couverts de lambeaux de tissu au niveau de l’entrejambe.
Certains portaient des ornements faits d’ossements humains, signe qu’ils avaient même une forme de civilisation.
Ils portaient tous des masques souriants, sculptés dans le bois ou l’argile.
Les masques étaient d’une grossièreté incroyable, mais derrière leurs ouvertures, leurs yeux jaunes luisaient d’une férocité meurtrière, à mille lieues de leurs expressions maladroites.
On aurait dit des cannibales indigènes rampant à quatre pattes, les griffes acérées.
Les vestiges de leur civilisation rudimentaire les rendaient inquiétants d’une façon que les araignées monstrueuses ne l’étaient pas.
« Des monstres ! »
« Ce sont des Karakans. »
En y regardant de plus près, ils étaient beaucoup trop nombreux.
À vue de nez, il y en a des dizaines.
Je ne savais pas si le groupe d’Arthur les avait mis en colère en pénétrant sur leur territoire, ou si nous avions campé dès le départ à sa frontière, mais nous étions complètement encerclés.
Il ne me reste qu’une Explosion de givre et un Projectile magique comme sorts offensifs.
Ça sentait mauvais.
« Tout le monde, prenez une torche ! »
À mes mots, Elena passa son bouclier dans son dos, puis elle, Dize et Daisy, contrairement à Narita, ramassèrent les torches au sol.
« Ils sont… trop nombreux… »
« Argh… »
À l’exception d’Elena, les autres semblaient intimidés par leur nombre.
…
Tels des bêtes rabattant leurs proies dans un coin, les Karakans qui se suspendaient aux arbres comme des singes ou se déplaçaient à quatre pattes dans les broussailles se regardèrent et inclinèrent la tête.
Tss !
Au même instant, l’un d’eux, plus grand et paré d’ornements plus élaborés, émit ce son.
C’était le signal.
Kyaaaaaak !
« Ils arrivent ! »
Les créatures tordirent grotesquement la tête et se ruèrent sur nous tous à la fois, telles des bêtes affamées.
« Argh ! »
Au moment crucial, je consumai le parchemin en moi et lançai le sort.
[Lueur faible]
Le sort de lumière.
« Fermez tous les yeux ! »
« Quoi ?! »
Flash !
Striiii !
Une puissante lumière magique, bien différente de la douce lueur des torches, repoussa les ténèbres.
Les Karakans se couvrirent le visage masqué et reculèrent en titubant sous cette clarté éblouissante.
Ils savaient se servir du feu, alors la lumière des torches ne leur faisait rien. Mais la lumière magique, c’était autre chose.
Grâce à l’entraînement, la Lueur faible est devenue bien plus puissante !
Même si ce n’est pas un sort offensif, il y a plein de façons de s’en servir selon la situation.
« On y va ! »
J’avais déjà repéré le chemin avant d’aller me coucher.
Si le guide était les yeux du groupe, le mage, lui, gérait les imprévus créés par le Labyrinthe.
Il protégeait le groupe et le guidait à travers toutes sortes de malveillances et de mystères.
« Suivez Ian ! Dépêchez-vous ! »
Laissant derrière nous la meute de bêtes cannibales aveuglées, je tendis mon bâton brillant et guidai le groupe.
Notes de bas de page :
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