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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Survivre à une fantasy sombre et glaciale en génie de la magie ◈
Chapitre 15 : Premier voyage dans le Labyrinthe
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Rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet.
Un arc-en-ciel de couleurs envahit mon champ de vision et me brouilla les sens.
À peine mes pieds touchèrent-ils le sol que la nausée me remonta de l’estomac.
« Beuaaargh ! »
C’était un effet secondaire du portail.
[Entrer dans un portail peut provoquer une légère nausée.]
Putain, le texte du jeu disait bien « légère ». C’était tout sauf léger !
Après une violente crise de vomissements, nous reprîmes notre souffle. Elena, dont les sens auraient dû être plus aiguisés que ceux des autres races puisqu’elle était une elfe…
« Beurk, bande de faiblards. Qu’est-ce que vous fabriquez ? »
Elle allait parfaitement bien ?
J’en fus franchement impressionné.
« La stupidité et la lourdeur d’esprit d’une personne peuvent vraiment dépasser les limites de sa race ? »
« Quoi ? »
« Rien. »
Je m’essuyai la bouche et regardai autour de moi.
[Prison en ruines]
[Forêt tempérée]
[Égout peu profond]
Le premier étage du Labyrinthe était divisé en trois zones.
Nous étions dans…
« La forêt. »
Des arbres et des buissons touffus couvraient la zone, tandis qu’une vive lumière solaire tombait d’en haut.
À l’évidence, nous étions dans la partie forestière.
On avait eu de la chance.
Il n’y avait pas de monstres morts-vivants, la visibilité était bonne et nous pouvions économiser nos torches pendant la journée.
Surtout, il n’y avait aucun piège gênant.
« Waouh, tout ça, c’est de la lumière du soleil ? »
« Il fait chaud… C’est ça, le printemps ? Celui dont on ne lit que des descriptions dans les livres ? »
Les autres, qui n’avaient jamais connu que la neige toute l’année, contemplaient les alentours avec émerveillement.
L’air tiède et l’odeur des plantes fraîches étaient des merveilles que nous n’avions jamais connues chez nous.
Mais ce n’était pas le moment de s’extasier devant le paysage.
« Tout le monde, concentrez-vous. »
« … »
« Vous avez oublié qu’on est dans le Labyrinthe ? »
Nous étions dans le Labyrinthe.
Un véritable enfer, pire encore que les champs de neige.
Quand ils verront ce qui vit ici, leur émerveillement disparaîtra vite.
Ce n’est qu’alors que tout le monde tressaillit et reprit ses esprits.
« Elena, comment est le coin ? »
« Je n’entends rien de particulier. »
Vêtue d’un gambison et serrant un bouclier de cèdre et une épée courte, Elena scruta les environs.
Elle avait repéré les loups qui approchaient malgré le blizzard.
Si Elena n’entend rien, c’est plus fiable que mes propres sens, en tout cas.
Les elfes étaient vraiment avantagés.
Du moins pour leurs sens, comme l’ouïe et la vue.
« Comme prévu, Elena, Dize et Daisy s’occuperont d’abord du combat. »
Dize et Daisy tiendraient les monstres à distance avec leurs lances, tandis qu’Elena, la plus douée d’entre nous, porterait le coup de grâce.
« Et toi, Ian ? »
« Je suis notre assurance. Comme vous le savez, le nombre d’utilisations des sorts est limité. »
J’interviendrais si un monstre trop coriace se présentait, un adversaire que les autres ne pourraient pas affronter seuls.
Je vérifiai les parchemins de sorts en moi.
[Lueur faible] [2]
[Étincelle électrique] [2]
[Pointe de glace] [3]
[Explosion de givre] [1]
[Projectile magique] [1]
Avec mes trois affinités, je disposais de tout un arsenal de sorts offensifs et de soutien pour un mage du premier étage.
Malgré tout, je ne pouvais pas baisser ma garde.
Un mage sans sorts n’était qu’un type qui tenait un bâton.
Savoir lancer ses sorts au bon moment faisait aussi partie du métier de mage.
« Elena en tête. Dize, Daisy, n’oubliez pas de balayer les environs avec vos lances. »
« D’accord ! »
Nous prîmes position et avançâmes dans l’herbe.
J’avais expressément demandé aux deux autres de balayer avec leurs hampes des endroits qui semblaient vides.
La chaleur et nos épais gambisons matelassés nous faisaient transpirer.
C’était épuisant, mais nous comprîmes vite pourquoi il fallait le faire.
« Des toiles, Ian ! »
« Comme je le pensais… C’est le territoire des araignées géantes. »
C’étaient les monstres les plus répandus dans la forêt tempérée.
Un amas de fils transparents s’était enroulé autour de la pointe de la lance de Daisy et brillait sous le soleil.
Ce n’était pas comme les toiles ordinaires que nous avions vues dans les montagnes.
Un seul faux pas, et elles pouvaient ligoter quelqu’un aussi sûrement qu’une corde.
Comme prévu…
Putain, c’est solide.
Je touchai la toile, qui ressemblait à un fil métallique, puis sortis un silex et allumai ma torche.
Ffff !
La toile, aussi solide que l’acier, se désagrégea dès qu’elle toucha le feu.
« Si on avait continué, on se serait fait prendre… »
Daisy déglutit avec difficulté.
« C’est dangereux à ce point dès le début… Heureusement qu’on a suivi ces cours… »
Nous connaissions les monstres de la forêt tempérée grâce aux cours de la guilde de l’Expédition.
On nous y avait aussi appris comment les affronter.
« Heureusement qu’on a écouté Ian. »
« Ouais, carrément. »
Tout le monde était soulagé d’avoir suivi mes conseils et déboursé une petite fortune pour les cours.
Mais nous ne pensions pas tous de la même façon. Certains n’avaient pas pris le temps ni dépensé l’argent nécessaire pour se préparer à un danger futur qui ne les avait pas encore frappés.
Et le sort de ces gens se trouvait juste devant nous.
Crrr… crrr…
Un jeune homme et une jeune femme pendaient dans les airs comme des marionnettes dont on aurait coupé les fils.
Leurs visages étaient livides, leurs yeux révulsés par la douleur, et des mouches ainsi que des asticots grouillaient entre leurs yeux et leur peau. Sous leurs gambisons déchirés, leurs entrailles remuaient, tandis que des araignées s’accrochaient à leurs cadavres, y enfonçaient leurs dards et leurs crochets venimeux, puis se repaissaient avidement.
Scriiitch !
Quatre paires d’yeux à facettes nous fixaient.
C’étaient des araignées tisseuses, une espèce de monstres de la forêt tempérée.
Putain, elles ne ressemblaient pas du tout à ce qu’on voyait sur un écran.
Chacune avait la taille d’un veau.
À côté d’elles, les gobelins avaient l’air mignons.
Le premier étage est censé être rempli de gobelins. Ce jeu est vraiment complètement tordu !
« C-C’est dégoûtant… »
« Des araignées tisseuses ! Tout le monde, en garde ! »
Trois araignées géantes rebondirent sur leurs toiles avant de foncer sur nous.
L’une d’elles gonfla son gros abdomen et projeta une toile.
Fssss !
Je connaissais la théorie sur le bout des doigts, mais c’était notre premier vrai combat.
Tout débutant de l’Expédition aurait pu paniquer et se laisser surprendre par cette attaque, qui aurait été fatale. Mais pas nous.
« Même pas en rêve ! »
Elena la bloqua calmement avec son bouclier.
Puis elle chargea seule et abattit son épée à plusieurs reprises, écrasant la tête d’une araignée monstrueuse.
Crac !
Quelle idiote !
Dize et Daisy tendirent leurs lances vers les deux autres araignées qui fonçaient sur eux.
« Aah ! »
« Haaah ! »
Les araignées filèrent sur le sol et esquivèrent leurs coups avec agilité.
L’une fonça sur Dize, l’autre se rua sur moi, à l’arrière.
« Argh… Ian ! »
Je ne m’attendais pas à ce qu’on fonctionne parfaitement ensemble dès le début.
Je soupirai et braquai mon bâton.
[Pointe de glace]
Crac !
Mon sort s’était révélé peu efficace contre les cadavres gelés des champs de neige, les Draugr.
En revanche, il était redoutable contre les araignées monstrueuses.
Un éclat de glace acéré lui transperça l’abdomen en un instant et l’envoya valser. Elle retomba au sol et se mit à tressauter.
« Aaaah ! Enlève-la ! Enlève-la de moi ! »
Crac !
Elena avait déjà repoussé d’un coup de pied l’araignée qui s’était jetée sur Dize, puis lui avait fracassé la tête avec son arme.
« Hmph. Elles sont plus faibles que je ne pensais. Ces Draugr ont l’air plus costauds. »
Le combat s’acheva facilement, mais j’appelai tout le monde, Elena en particulier.
« Elena. Qu’est-ce que tu fais ? »
« Quoi ? »
« Je t’ai demandé ce que tu faisais. »
« … »
« Tu ne peux pas foncer seule. Tu es l’avant-garde. Ton rôle, c’est de maintenir le groupe uni et de le protéger. Protège au moins le mage, notre principal atout au combat. En fonçant devant, tu as aussi laissé Dize et Daisy sans défense. »
« Euh… »
« Tu aurais au moins dû prévenir les autres. Ton action en solo a créé une ouverture, et j’ai dû utiliser un de mes précieux sorts. »
Si je n’avais pas été mage, l’un de nous aurait pu être grièvement blessé, voire tué.
Et ça aurait été pareil si mon sort avait manqué sa cible.
« Si tu penses en savoir plus que moi sur le Labyrinthe, ou pouvoir faire mieux, alors établis toi-même le plan. Sinon, tu suis mes ordres. Compris ? »
Je lui parlai froidement exprès, mais Elena s’excusa sans protester.
« Pardon. »
Elle avait un sale caractère, mais elle savait faire la différence entre le bien et le mal.
« Bon. Ça ira. »
Je ne m’attardais pas sur le sermon et ne lui en tenais pas rigueur.
Après tout, elle était encore jeune, impulsive et prompte à s’emporter.
Et ces monstres n’avaient rien à voir avec les Draugr qu’elle avait combattus jusque-là.
Après avoir repris notre souffle, je brûlai les toiles avec ma torche.
Les corps qui y étaient suspendus tombèrent au sol, et les petits insectes qui s’en nourrissaient s’éparpillèrent.
« Ces gens… »
Daisy regarda le jeune homme et la jeune femme avec compassion.
« C’étaient sûrement des novices comme nous. Ils ne connaissaient rien au Labyrinthe, ne savaient pas faire face au danger et n’avaient pas suivi les cours de la Guilde. »
« … »
Dize sembla pâlir en comprenant que son avenir aurait pu être le même.
« Ian, Elena. Je suis content que vous soyez là. »
Sans les talents exceptionnels d’Elena et moi au combat, nous aurions pu finir tout aussi lamentablement.
Le poignard et les chaussures ont l’air en bon état.
Les morts me faisaient de la peine, mais les vivants devaient survivre.
Je fouillai leurs corps et récupérai tout ce qui pouvait servir.
Un poignard ébréché, une paire de chaussures intactes et quelques pièces de cuivre.
Ce n’était pas grand-chose, mais c’était notre première prise.
Et ce n’était pas tout.
« C’est une Pierre de mana ? »
Trois petites pierres lumineuses gisaient parmi les cadavres des trois araignées tisseuses que nous avions tuées.
« Ouais. »
Elles servaient de monnaie à la Cité du Labyrinthe et fournissaient l’énergie qui faisait fonctionner la ville.
C’était peut-être le dernier espoir de l’humanité pour préserver la civilisation dans ce monde entièrement gelé.
Daisy contempla la magnifique Pierre de mana, pareille à un bijou, puis demanda : « Combien ça vaut, une pierre ? »
« C’est du Neuvième rang, alors ça vaut un Pain de pierre. »
« … Quoi ? »
Ma réponse décontenança Daisy.
« Alors… »
Sa valeur était ridiculement basse.
« Ouais. Ces gens sont venus ici et sont morts en essayant de gagner de quoi s’acheter un morceau de pain. »
Je fis rouler la belle Pierre de mana dans ma main et leur annonçai la cruelle vérité.
« Je vous l’avais dit. On ne peut pas entrer ici sans être vraiment déterminé. Vous feriez mieux de mendier dehors ou de charrier des pierres. »
« … »
Dize, timoré, Daisy, au grand cœur, et même Elena, toujours optimiste, gardèrent le silence un moment.
Ils faisaient désormais partie de l’Expédition.
Ils avaient compris que leur vie valait moins qu’un morceau de pain.
« Tout le monde a compris, maintenant ? Voilà le Labyrinthe. »
Vétéran de ce jeu pourri, je rappelai une fois de plus aux novices les règles de ce monde.
Notes de bas de page :
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