Traductions WeTried
Traducteur/éditeur : Mordor
Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>
◈ Survivre à la fantasy sombre glaciale en génie de la magie ◈
Chapitre 14 : Ah, c’est un sort fondamental, hein ?
──────
Une odeur de papier et de parchemin moisis imprégnait l’air.
La bibliothèque était aussi vaste qu’un manoir respectable. Ses deux étages étaient remplis de rayonnages. Elle était loin d’égaler la Bibliothèque des Arcanes que j’avais vue autrefois, mais le spectacle restait impressionnant.
Dans notre village, c’était déjà la croix et la bannière pour trouver ne serait-ce qu’un livre.
« Il y a tellement de bouts de papier… »
Elena, l’elfe, se tenait à côté de moi, le regard perdu vers le plafond. Quand je lui demandai pourquoi elle m’avait suivi alors qu’elle ne savait même pas lire, elle répondit qu’elle s’ennuyait.
Il n’y a pas grand monde, ici.
À part quelques mages ou érudits comme moi, la bibliothèque était presque vide.
Rien d’étonnant. Cette ville avait été bâtie autour du Labyrinthe, des membres de l’Expédition qui l’exploraient et des infrastructures mises à leur disposition.
Réparer son équipement, passer la nuit avec une prostituée ou boire un coup : pour les membres de l’Expédition, le temps, c’était de l’argent.
Je m’approchai de la bibliothécaire.
« Vous avez des livres sur la magie ? »
« Si vous cherchez des grimoires, vous n’êtes pas au bon endroit. Il n’y en a pas ici. »
La femme aux cheveux noirs, qui lisait avec un monocle et avait l’air intelligente, secoua la tête. On aurait dit qu’elle avait déjà entendu cette question mille fois : elle me regardait comme un mage médiocre de plus.
Mais un vétéran de ce jeu pourri ne débarquerait pas ici sans savoir ça.
« Non, n’importe quel livre contenant des informations sur la magie fera l’affaire. »
« Des informations sur la magie… Vous voulez dire des textes théoriques écrits par des érudits qui étudient ses principes ? »
« Oui. »
Son regard semblait demander si je voulais devenir mage. Non, j’en étais déjà un. Pourquoi lire ces ouvrages, alors ?
La bibliothécaire me dévisagea un instant, puis acquiesça.
« Je vois. »
Elle consulta un petit livret, puis lança un sort.
Flash !
« Vous devriez les voir, maintenant. Je vous rappelle que les livres ne peuvent pas être empruntés. »
Une étrange lueur tourbillonna autour de moi et quelques ouvrages sur les rayons se mirent à briller.
C’était un sort d’indexation, un sort des Arcanes qui fouillait les souvenirs pour y trouver des informations précises.
Il avait de nombreuses applications, mais les membres ignorants de l’Expédition le méprisaient parce que ce n’était pas un sort offensif.
Lenia l’Ermite.
Elle est vraiment douée.
Après avoir observé cette célèbre PNJ du jeu, je me détournai.
« Merci. »
« Je vous en prie. »
Grâce à l’aide de la bibliothécaire, je trouvai les livres que je cherchais.
[Principes et compréhension des Arcanes]
[La foudre est-elle l’autorité d’un dieu ou une loi de la nature ?]
À première vue, ils ressemblaient à des ouvrages universitaires d’introduction.
Certains étaient de véritables travaux d’érudition, mais d’autres avaient été écrits par des savants qui vendaient des cours en faisant miroiter aux gens un espoir creux : lire leurs livres, enrichir leurs connaissances et leur culture leur permettrait de s’éveiller à la magie.
« Pourquoi tu lis ces conneries ? Tu es déjà mage. »
Pourquoi les lire, comme le demandait Elena ?
« Hé hé. Même parmi les cailloux, il y a des pépites. »
Pour améliorer la maîtrise d’un sort ou en apprendre un nouveau, je devais offrir quelque chose au Grimoire qui était en moi.
La méthode la plus courante consistait à lui donner ce qu’il aimait ou à mener des recherches dans un environnement adapté à son affinité.
Pour les Arcanes, un environnement baigné de différentes sortes de lumière. Pour la foudre, un endroit où la foudre frappait toute l’année.
Se faire frapper directement par la foudre, c’est encore plus efficace.
À condition d’y survivre.
Étonnamment, dans ce monde, on pouvait vraiment s’éveiller après avoir été frappé par la foudre.
Ma maîtrise des sorts de glace avait grimpé en flèche pendant la traversée des champs de neige. En moins d’une semaine, j’avais même appris un nouveau sort, Explosion de givre.
Pourtant, depuis mon arrivée dans la Cité du Labyrinthe, je n’avais pas réussi à apprendre de nouveaux sorts ni à améliorer ceux que je connaissais déjà.
Tout ça parce que l’environnement avait changé.
Un environnement confortable, c’est presque une régression pour un mage.
Voilà pourquoi ils s’acharnent à rassembler des catalyseurs et du matériel de recherche.
Comme je n’avais pas un sou…
Je pourrais retourner dans les champs de neige pour m’entraîner de nouveau aux sorts de givre, mais…
Il me faut aussi d’autres affinités.
Je devrais tirer parti des avantages que me donne mon statut de Maître triple.
« Bâââillement. Et alors, quel rapport avec ces bouquins ? »
Elena bâilla, l’air de s’ennuyer. Je tenais un livre aussi épais qu’une encyclopédie et fis de mon mieux pour éclairer cette barbare primitive.
« Ce sont juste les réflexions d’érudits et de mages qui ont trop de temps libre. Mais quand on débute, les lire peut améliorer sa maîtrise de la magie. »
« Vraiment ? »
Les catalyseurs fabriqués à partir de différents matériaux étaient utiles, tout comme un environnement adapté, mais les grimoires appréciaient aussi les connaissances nouvelles.
J’ouvris le livre.
[Les Arcanes sont également liés à la géométrie et à l’arithmétique. Contrairement aux magies élémentaires courantes, comme le feu, l’eau, le vent et la terre, ils constituent une substance indépendante, qui n’est affectée par aucun environnement. S’il fallait les définir, on pourrait peut-être les appeler lumière. Pourtant, ils diffèrent de la lumière de la foi dont parlent les prêtres. Leur structure est plus rationnelle et logique. Ici, l’auteur…]
L’ouvrage sur les Arcanes abordait leurs principes et leurs méthodes du point de vue d’un érudit, au lieu de les traiter comme des sorts accordés par un Grimoire.
La plupart des gens de ce pays médiéval primitif ne savaient même pas lire les lettres et les chiffres ; ils auraient donc eu du mal à comprendre. Mais moi, fier homme moderne du vingt-et-unième siècle, je comprenais ce que disait le livre.
Comparer les formes des Arcanes à des figures géométriques et les étudier avec les mathématiques… Pas mal, c’est nouveau.
Est-ce que des années passées dans un monde sans Netflix ni YouTube m’avaient désintoxiqué de la dopamine ?
C’était même amusant !
Comme prévu, je suis un génie !
Putain, si j’avais étudié avec ce cerveau-là au vingt-et-unième siècle…
[Quand le mana de l’atmosphère entre en collision et que l’énergie de friction qui en résulte dépasse un seuil critique, il cherche la voie de moindre résistance et s’engouffre dans le sol. Voilà l’essence de la foudre. Un mage de la foudre avisé ne devrait donc pas se contenter de libérer les sorts qu’il porte en lui, mais calculer la conductivité du mana et en guider le flux. Il améliorerait ainsi la précision de ses sorts…]
« Mmm… mmm… »
Elena bâillait depuis un moment, mais elle finit par s’endormir et se mit à ronfler.
Je l’ignorai et poursuivis ma lecture, livre après livre. Si j’avais travaillé aussi dur au vingt-et-unième siècle, j’aurais pu entrer à l’université nationale de Séoul.
Grrrraaaak !
Les ronflements d’Elena interrompirent ma lecture. Ils s’amplifièrent peu à peu, jusqu’à ressembler au rugissement d’un monstre. Elle dormait, la bave coulant sur son menton et ses cheveux blonds en bataille.
Elle avait l’air aussi sauvage qu’une bête, mais un livre était coincé sous son bras.
[Apprendre les lettres de base]
C’était mignon.
Je ricanai, lui tapotai la tête, puis m’étirai.
« Uuuuh ! »
Je sursautai alors. Lenia, la jeune bibliothécaire, se tenait soudain à côté de moi.
« Il est l’heure de fermer. Veuillez sortir, maintenant. »
On aurait dit que l’heure de fermeture venait à peine de sonner, mais je savais bien que ce n’était pas le cas.
Il faisait nuit depuis longtemps. Malgré ses paroles, elle avait attendu que j’aie fini de lire.
Elle est vraiment attentionnée.
Comme dans le jeu.
« Ah, désolé. »
Je secouai Elena pour la réveiller.
« Mmm. C’est fini ? Bâââillement. »
« Vous avez obtenu des résultats ? »
À la question de Lenia, j’affichai un grand sourire.
« Je vous l’avais dit : je suis un mage de génie. »
[Lueur faible]
[Étincelle électrique]
D’abord, j’avais gagné un parchemin supplémentaire pour la Lueur faible et un autre pour l’Étincelle électrique.
Et ensuite…
[Projectile magique]
J’avais appris un nouveau sort.
Ça, c’est un grand classique.
« … Aussi vite ? »
La mystérieuse jeune bibliothécaire ouvrit de grands yeux, incrédule.
* * *
Waouh, j’avais appris un nouveau sort !
Projectile magique, en plus !
C’était un sort offensif de base des Arcanes, mais sa polyvalence était sans limites selon la façon dont on l’utilisait.
En même temps, une nouvelle inquiétude me taraudait.
Mes emplacements de sorts.
Mes emplacements de gravure sont pleins.
En plus du nombre de sorts qu’ils pouvaient lancer, les classes qui maniaient des pouvoirs surnaturels, comme les prêtres et les mages, disposaient d’emplacements de gravure.
Chaque emplacement pouvait contenir un type de sort.
J’ai cinq emplacements de sorts, pour l’instant.
L’Étincelle électrique, la Lueur faible, la Pointe de glace, l’Explosion de givre et le Projectile magique que je venais d’apprendre les occupaient tous.
Ce n’est pas encore un problème, mais…
Si je ne pouvais pas augmenter le nombre de mes emplacements, même après avoir appris un nouveau sort, je devrais choisir lequel graver.
Pour un mage qui n’avait qu’une seule affinité, cette limite ne se présenterait que beaucoup plus tard. Mais avec le talent de génie du Maître triple, j’avais déjà atteint ce mur.
Bien sûr, il existait un moyen de le dépasser.
Le nombre d’emplacements de sorts d’un mage pouvait augmenter avec son talent et son expérience. Autrement dit, gagner des niveaux en explorant le Labyrinthe pouvait les accroître.
Je verrai ça plus tard.
« Pfiou. »
Ça fait du bien d’être rempli de sorts.
Quand j’eus terminé la Mémorisation, le chant sonore d’un coq annonça le matin.
Cocorico !
C’était parce que nous logions dans l’écurie attenante à l’auberge.
Les conditions de sommeil étaient naturellement atroces, entre la puanteur de la bouse de vache, les plumes de poulet et les acariens, mais nous n’avions pas le choix si nous voulions économiser.
« Putain, il faut qu’on se fasse du fric vite et qu’on déménage. »
« Ça me gratte… Beurk. »
« Arrête de râler et lève-toi. C’est enfin le grand jour. »
Vêtu de mon gambison et de mon casque, je serrai fermement mon bâton et m’adressai aux autres.
« Tout le monde est prêt ? »
« Ouais. »
Tous les trois rassemblèrent leur équipement et me suivirent dehors.
« Allons-y. »
Au lieu de nous diriger directement vers l’entrée du Labyrinthe, nous nous rendîmes à la guilde de l’Expédition.
Un groupe ne pouvait compter que cinq personnes pour entrer dans le Labyrinthe. Il aurait donc été judicieux de recruter un membre supplémentaire.
« Le chef du groupe est Ian. Vous pouvez manier cinq sorts en tout. Vous recrutez un membre, et vous déciderez des conditions après l’avoir rencontré. C’est bien ça ? »
« Oui. »
J’avais même payé les frais et rempli un formulaire au guichet pour recruter un explorateur du premier étage, mais ça n’eut pas beaucoup d’effet.
Les candidats compétents ne voulaient pas rejoindre notre groupe médiocre, et ceux qui le souhaitaient ne correspondaient pas à mes critères.
« Désolé. »
« Quoi ? Tu fais ton territoire alors qu’on est tous des bleus ? Ça te monte à la tête, d’être mage ? »
« Hé, tu veux crever ? »
« … Tch. »
Ce n’étaient que des Dize ou des Daisy deuxième génération.
C’était inévitable, peut-être ?
Même au premier étage, il y avait une sélection. C’était le niveau le plus bas, alors les gens n’étaient peut-être pas célèbres, mais ceux qui avaient au moins des visages connus trouvaient plus facilement un groupe ou se faisaient recruter.
Il n’y avait pas d’allié plus dangereux ni plus susceptible de mourir rapidement qu’un bleu qui entrait pour la première fois dans le Labyrinthe. Apparemment, aucun candidat prometteur ne souhaitait rejoindre notre groupe de débutants.
Certains m’avaient même proposé de laisser tomber les autres pour rejoindre leur groupe.
Tant pis, alors.
« On y va seuls. »
Mieux valait partir de notre côté que d’emmener des gens incapables en qui nous ne pouvions pas avoir confiance.
« Ça va aller… ? »
Dize, à qui l’on avait rabâché les dangers du Labyrinthe pendant les cours, semblait inquiet.
Il avait raison. Même si ce n’était que le premier étage, un groupe de bleus qui entrait ensemble pour la première fois dans le Labyrinthe risquait pratiquement le suicide. Le taux de survie était inférieur à trente pour cent.
Mais notre groupe comptait un mage de génie, moi, et une elfe, Elena.
En plus, j’avais des connaissances immenses.
Bref, aucun problème.
« À moins qu’un boss de zone ne surgisse de nulle part ou qu’on tombe dans un endroit comme un Donjon secret. »
« Ouais ! Je te fais confiance, Ian ! »
Nous prîmes la direction de l’entrée du Labyrinthe.
La Tour gelée se dressait sur la place, au cœur de la ville.
Cette tour immense, majestueuse et brumeuse, que nous n’avions aperçue que comme une ombre en traversant les champs de neige, perçait les nuages et dominait le centre de la ville.
Un portail était ouvert à l’entrée, assez vaste pour laisser passer un géant, et des gardes montaient la garde avec vigilance. D’innombrables membres de l’Expédition attendaient en file pour entrer.
« Suivant ! »
Pour leur famille, ou pour eux-mêmes.
Pour s’enrichir, pour survivre un jour de plus.
Pour découvrir un savoir mystérieux, ou pour une tout autre raison.
Dans d’innombrables regards brillaient les formes les plus diverses de cupidité et de conviction.
« La personne suivante ! »
Après un peu d’attente, notre tour arriva.
Au fait, la méthode pour s’assurer que tous les membres d’un groupe arrivent au même endroit était simple.
Il suffisait de se tenir par la main et de franchir le portail ensemble.
Voici donc la version réelle du Labyrinthe.
J’avais peur.
Et pourtant, mon cœur battait à tout rompre.
À petite échelle, j’allais explorer un monde inconnu que je n’avais vu que sur un écran. À plus grande échelle, je pouvais espérer rentrer chez moi. À l’idée que ma vie allait s’améliorer à partir de maintenant, je ressentis un mélange d’émotions contradictoires.
« Bon, allons-y. »
La Bande des orphelins et moi entrâmes dans le Labyrinthe.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>