Chapitre 8
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre en guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 8 : Les pillards (1)
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« Toi… Tu n’as pas l’air de savoir grand-chose sur celui que ce prêtre “servait”, pas vrai ? »
Malgré ses paroles meurtrières, l’homme ne semblait pas du genre à maltraiter ses hommes. Contenant sa colère, il se mit à leur expliquer qui était Num.
« Celui que servait ce prêtre impose des doctrines et des pratiques strictes, d’une exigence brutale. Ses fidèles et ses prêtres sont donc très peu nombreux. »
« … »
« C’est pourquoi le Très-Haut chérit ses fidèles et ses prêtres bien plus que la plupart des dieux. Le prêtre que nous avons rencontré tout à l’heure a sans aucun doute fait l’expérience directe de la volonté du Très-Haut. »
« Gloups… »
L’homme qui s’était vanté comprit avec horreur que le prêtre qu’ils avaient tué était sans doute un favori de Num, puissant dieu intermédiaire.
Les autres pillards qui avaient participé à l’attaque contre le prêtre tressaillirent eux aussi, la peur se lisant sur leurs visages.
« … Malgré tout, ne vous inquiétez pas trop. »
Le chef leur rappela qu’ils bénéficiaient eux aussi de la protection du Très-Haut. Tant qu’ils ne provoqueraient pas davantage Num ouvertement, ils n’auraient pas à subir directement son courroux.
« Alors, évitez de raconter ce genre de conneries. Si Num décide vraiment de s’en prendre à nous, ça ne nous aidera pas. Compris ? »
« O-Oui… Pardonnez-moi. »
Comprenant qu’il avait agi imprudemment, sans se fier qu’à son expérience passée, le pillard s’empressa de présenter ses excuses à son chef.
« Dans ce cas, fouillez le monastère aussi soigneusement que possible, sans provoquer le Très-Haut. Compris ? »
« Oui ! »
Les pillards répondirent brièvement, d’une voix basse mais disciplinée.
En les entendant, Gerik comprit qu’au moins dix pillards avaient pris position dans les environs. La terreur s’empara de lui.
Je vais encore mourir comme ça ?
À l’idée de mourir moins de deux mois après avoir été réincarné dans un autre monde, Gerik paniqua et se mit à trembler.
Pourtant, son expérience du cancer dans sa vie précédente lui permit de ne pas faire de geste irréfléchi sous le coup de la panique, qui aurait attiré l’attention des pillards.
« … Nous n’allons quand même pas subir la vengeance de celui que servait ce prêtre, si ? »
Il s’agissait peut-être du bras droit du chef. Inquiet après avoir entendu ses explications, il posa la question avec prudence.
« Il suffit de ne pas dépasser les limites. Ce monde compte de nombreux dieux, et chacun a ses propres règles. Pour tout ce qu’on a fait jusqu’ici, le pire qui puisse arriver, c’est qu’ils envoient leur Ordre des chevaliers sacrés à nos trousses. »
« P-Pour un seul prêtre intermédiaire, ils enverraient l’Ordre des chevaliers sacrés ?! »
Le bras droit était venu de jour capturer un vétéran aventurier nommé Lugos, mais il s’était retrouvé à affronter, contre toute attente, un prêtre de guerre intermédiaire de Num et avait subi de lourdes pertes. À l’évocation des chevaliers sacrés de Num, il blêmit d’horreur.
« Ce ne sont que des moyens mortels. Comme nous n’avons pas franchi la limite, le Très-Haut a sans doute simplement donné un ordre en toute discrétion. Ne vous inquiétez pas. »
Le chef affirma que, puisqu’ils bénéficiaient eux aussi de la protection d’un dieu, ils pourraient facilement échapper à une manifestation mineure du courroux de Num grâce à leurs propres capacités.
Un peu rassuré par l’attitude du chef, son bras droit hocha la tête.
« Oui. Rouge D… »
« Ferme-la ! »
Quand son bras droit osa mentionner le surnom du dieu qu’ils vénéraient devant le monastère de Num, le chef l’empoigna par le col et le foudroya du regard.
« P-Pardon. Je suis désolé. »
Comprenant son erreur, le bras droit se mit à suer froid et répéta ses excuses.
Rouge… D ? À entendre le son, peut-être Dena ou Dae…
À l’écoute, non loin de là, Gerik comprit que le mot que le bras droit avait failli prononcer constituait un indice important pour découvrir leur identité. Il se le répéta mentalement afin de le retenir.
« Il n’y a rien dans le monastère. Seulement des provisions courantes et des affaires destinées au clergé. »
« Bon sang… Où diable les ont-ils cachés ? »
Ne me dites pas que… ?
Les paroles furieuses du chef firent comprendre à Gerik pourquoi les pillards avaient attaqué le village. Ils croyaient que Lugos détenait les objets à livrer.
« Vous êtes sûr qu’ils ne sont pas là ? »
« Oui, chef. Ils n’y sont pas. »
« Et vous êtes certain que les quatre autres n’en avaient que trois à eux tous ? »
« Oui… Nous avons récupéré les objets qu’ils avaient, mais il en manquait définitivement deux. »
« Bon sang… Où sont passés les deux autres ? »
En écoutant le chef et son subordonné, Gerik comprit qu’il manquait l’un des objets recherchés par les pillards. Sans réfléchir, il tendit la main et toucha le sac de Lugos, posé sous ses pieds.
« On devrait lâcher les chiens de chasse ? Il est arrivé avec le prêtre à la fin ; il a peut-être demandé à celui-ci de cacher les objets dans les environs. »
« C’est possible. Lâchez les chiens et fouillez les alentours ! Mais… »
Pour éviter d’attirer le courroux de Num, le chef ordonna de lâcher les chiens de chasse, tout en veillant à ce qu’ils n’abîment pas le monastère ou ses environs, pas plus que ses hommes.
Bon sang…
En entendant cela, Gerik eut de nouveau l’impression d’étouffer à force d’hyperventiler.
Les mains tremblantes, il ramena contre sa poitrine l’épée longue que Lugos lui avait conseillé d’utiliser pour se défendre et la serra fort.
Grrr…
Les grognements de bêtes féroces se mirent à résonner dans la forêt. Elles rôdaient autour du monastère, aboyaient, reniflaient et grognaient sans relâche ; Gerik avait l’impression que la peur allait le rendre fou.
Allez-vous-en… Je vous en prie, allez-vous-en… Partez… !!
Accroupi là, incapable de faire quoi que ce soit, Gerik ruisselait de sueur en suppliant les chiens de chasse de passer leur chemin.
Pourtant, il savait trop bien, grâce à sa vie précédente, à quel point l’odorat d’un chien était sensible. Il sentait instinctivement qu’une seconde mort, inévitable, approchait.
Gémissement… ?
Un bruit d’animal familier retentit près de la cachette de fortune où il se trouvait.
Comprenant que l’inévitable était enfin arrivé, Gerik déglutit aussi discrètement que possible et agrippa la garde de l’épée longue que Lugos lui avait donnée.
Si je dois mourir de toute façon, est-ce que je devrais au moins utiliser Taille une fois avant… ?
Il venait à peine de débuter comme novice et allait déjà mourir pour une raison aussi absurde. Gerik se demanda s’il ne devrait pas au moins utiliser une compétence avant de périr, histoire d’avoir un peu moins l’impression de s’être fait avoir.
Snif, snif…
… !!
Alors qu’il paniquait et laissait ses pensées s’emballer, un chien de chasse colla son museau à l’entrée de la cachette de Gerik et se mit à renifler. Gerik hésitait à dégainer son épée quand cela arriva.
Atch… Atchoum ! Atchoum ! Atchoum !!
De la poussière lui était peut-être entrée dans le nez, car le chien de chasse se mit à éternuer.
Après avoir éternué plusieurs fois, il remit son nez près de la cachette de Gerik. Mais quelque chose lui irrita de nouveau les narines ; il éternua encore quelques fois, puis s’éloigna et alla chercher ailleurs.
L’arbre Orksh… C’est à cause de l’arbre Orksh… !
Gerik comprit pourquoi le chien de chasse n’avait pas repéré son odeur. Sans la méthode de survie que Lugos lui avait enseignée, le chien aurait découvert sa cachette depuis longtemps et les pillards l’auraient déjà laissé pour mort.
À cette pensée, la sueur froide coula sur le front de Gerik malgré le cœur de l’hiver. Il s’essuya le front de ses mains tremblantes et ramena l’épée longue contre sa poitrine.
Par la suite, les chiens de chasse amenés par d’autres pillards s’approchèrent plusieurs fois de la cachette de Gerik. Mais ils réagirent comme le premier, puis firent demi-tour et s’en allèrent.
« … Rien. »
« Bon sang… »
Ils avaient longtemps fouillé la forêt autour du monastère sans rien trouver. Au rapport de son subordonné, le chef jura entre ses dents.
« On va se faire passer un savon en rentrant… Mais tant pis, on n’y peut rien. On se replie ! »
« Oui ! »
J’ai survécu…
En entendant la conversation des pillards, Gerik poussa un soupir de soulagement. Il avait vraiment frôlé la mort et s’en était tiré.
Bientôt, les bruits de pas s’éloignèrent du monastère et Gerik commença peu à peu à se détendre.
« … Bon sang. »
Quand la tension retomba suffisamment pour qu’il puisse faire le point, Gerik remarqua que son entrejambe était mouillé et jura.
Qu’est-ce que je vais faire… ?
La peur lui avait fait mouiller son pantalon et il voulait sortir au plus vite, mais il n’arrivait pas à se résoudre à quitter sa cachette alors que les pillards se trouvaient peut-être encore dans les parages.
Je dois tenir bon. Qu’est-ce que je peux faire d’autre ?
Se remémorant les exercices de son service militaire dans sa vie précédente, Gerik s’efforça désespérément de supporter l’inconfort.
En même temps, il sortit une gourde du sac de Lugos et but un peu d’eau. Il mâcha de la viande séchée et des fruits que Baron et sa femme avaient préparés pour Lugos afin d’apaiser sa faim.
Ils étaient tous en vie et en bonne santé il y a encore peu de temps…
En mâchant la viande séchée, Gerik sentit monter en lui une émotion qu’il ne parvenait pas à exprimer. Elle ne dura pas. Il savait qu’il devait manger pour supporter le froid ; il se força donc à avaler.
Il avait froid et se sentait mal à l’aise, mais le danger passé et l’estomac un peu moins vide, il sentit ses forces l’abandonner.
Je ne ronfle pas… pas vrai ? Sans aucun doute…
Il savait qu’il ne ronflait pas, pour avoir partagé une chambre avec ses frères. Mais, une fois la tension retombée, une vague de sommeil irrésistible s’abattit sur lui. Gerik ferma ses paupières lourdes et s’endormit comme s’il s’était évanoui.
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