Chapitre 62
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 62 : Évasion (1)
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[Nom : Gerik]
[Classe : Sans emploi]
[Attributs]
Force : 4 (Attribut qui influe sur la force musculaire, la capacité de charge et la puissance d’attaque)
Dextérité : 3 (Attribut qui influe sur l’équilibre, les réflexes, la vitesse de déplacement, l’agilité, entre autres)
Santé : 4 (Attribut qui influe sur l’endurance, la résistance aux maladies et la vitalité)
Intelligence : 5 (Attribut qui influe sur la mémoire, la logique, la déduction, le langage et la pensée)
Perception : 5 (Attribut qui influe sur la conscience de son environnement, la détection des dangers et l’intuition)
Charisme : 3 (Influence exercée sur les autres, par la négociation, la persuasion ou l’intimidation)
[Compétences]
Niv. 4 Entaille (99/100)
Niv. 2 Charge (74/100)
Niv. 1 Télékinésie (10/100)
[Succès]
* Celui qui a franchi la ligne de la mort (Passif / Rare)
* Procédure transcendante réussie (Passif / Épique)
* Héritier de la bénédiction sauvage (Passif / Légendaire)
Après avoir examiné sa fenêtre de statut, Gerik constata que sa Force et sa Santé avaient chacune augmenté d’un point.
Mais ce qui attira le plus son attention fut le nouveau succès qu’il n’avait encore jamais vu : Héritier de la bénédiction sauvage.
Naturellement intrigué par ce nouveau succès, Gerik le sélectionna et en consulta les détails.
『Nom du succès : Héritier de la bénédiction sauvage (Passif)』
『Rang : Légendaire』
『Effet : La Force et la Santé augmentent, et son détenteur est protégé des pouvoirs maléfiques. Une seule fois, lorsqu’il subit une blessure mortelle qui devrait entraîner sa mort, la volonté ultime de l’Arbre-Monde, accumulée dans son cœur, éclate, régénère son corps et accroît ses capacités physiques.』
『Note : Tant qu’il me restera quelque chose à protéger, la mort ne pourra pas m’emporter. — Braktul, le Dieu Sauvage —』
En découvrant le rang et les effets de la bénédiction, Gerik frissonna. C’était pratiquement comme obtenir une vie supplémentaire.
« Une seule fois, mais… elle me régénère si je reçois une blessure mortelle… »
Gerik pensa naturellement à Braktul, dont il avait vu les souvenirs. Le demi-dieu avait pu se remettre sans difficulté, même après avoir subi des blessures mortelles sur le champ de bataille, grâce à son pouvoir d’immortalité.
Le pouvoir dont Gerik avait hérité n’était sans doute qu’une faible trace laissée dans son cœur, mais cela lui suffisait amplement.
« C’est sûrement pour ça que ma Force et ma Santé ont moins augmenté qu’avec l’Éveillé psionique. »
Une fois ses pensées enthousiastes rassemblées, Gerik posa les yeux sur l’épée mystérieuse qui gisait au sol.
S’il l’avait vue pour la première fois, il aurait pu la prendre pour les restes d’une épée brisée. Mais, après ce qui venait de se passer, Gerik savait qu’elle fonctionnait encore parfaitement.
Gerik la ramassa de nouveau avec précaution. Après l’avoir étudiée un moment, il tenta de l’imprégner de Télékinésie.
Le cristal fixé au bout de la poignée s’éleva dans un Hummm, puis une douce lueur bleue apparut entre lui et le pommeau, formant une lame.
Cette apparition mystérieuse, qui rappelait un sabre laser, enthousiasma Gerik.
« Elle a les mêmes propriétés que les épées laser des romans de science-fiction ? »
Empli de curiosité et d’impatience, Gerik brandit l’épée.
Mais son enthousiasme céda bientôt la place à la perplexité.
« … Elle n’a aucun effet physique ? »
Il l’avait pourtant dirigée vers les broussailles voisines, mais la lame les traversa comme un fantôme, sans rencontrer le moindre obstacle.
« Non… ! Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! »
L’épée dévorait avidement son énergie psychique, sans produire le moindre effet. Stupéfait, Gerik consulta sa fenêtre de statut pour en connaître les détails.
[Éclat d’étoile, lame psyker]
『Type : Arme』
『Rang : Épique』
『Effet : Absorbe l’énergie psychique de son utilisateur et se transforme en une puissante épée capable d’infliger des dégâts spirituels.』
『Note : Aaah ! Un fantôme ! Apportez-moi « ça » ! — Rubin Bell, chasseur de fantômes légendaire —』
« Ah… »
Après avoir lu attentivement la fenêtre de statut, Gerik comprit pourquoi l’épée ne pouvait pas infliger de dégâts physiques.
« Eh bien… pour porter atteinte à l’immortalité de Braktul, les dégâts spirituels devaient compter davantage que la force physique… »
Il était dommage que l’épée n’ait aucun effet physique, mais Gerik n’en fut pas déçu. Pour l’instant, il n’avait aucun moyen de lutter contre des créatures comme les fantômes.
Le monde où vivait Gerik était un endroit où les êtres surnaturels existaient réellement. S’il comptait continuer à être aventurier, une arme comme la lame psyker lui serait certainement utile un jour.
« Quand même… ça m’embête que ce truc continue à drainer mon énergie psychique… »
Dès qu’il la tenait, l’épée aspirait avidement son énergie psychique, qu’il le veuille ou non. L’impossibilité de la maîtriser dérangeait Gerik.
« Hum… Est-ce qu’elle fera pareil si je la pose par terre ? »
Cette fois, contrairement à tout à l’heure, il n’utilisait pas la Télékinésie. Estimant qu’il n’était pas lié spirituellement à l’épée, Gerik la posa précautionneusement.
« Oh… Ça marche ? »
Fait intéressant, l’épée cessa d’absorber son énergie, comme si elle ne l’avait jamais fait.
Ayant plus ou moins compris comment la contrôler, Gerik la ramassa de nouveau, l’accrocha à sa ceinture, puis la lâcha.
Comme prévu, elle ne cherchait plus à s’emparer de son énergie.
Ayant réglé tant bien que mal les problèmes immédiats, Gerik quitta la grotte d’un pas lourd, plongé dans ses pensées.
En sortant de la grotte, Gerik repensa aux événements qu’il avait traversés récemment et prit soudain conscience d’une chose.
Peu après sa réincarnation, il s’était retrouvé mêlé à un événement d’une ampleur colossale, qui pourrait décider du sort d’un monde.
« … Ça peut vraiment être une coïncidence ? »
Gerik fixa d’un air absent la clé dans sa main. L’enchaînement des causes et des conséquences lui semblait trop étroit pour n’être qu’une simple coïncidence.
« Peut-être que… c’est à cause de cette clé que je me suis réincarné dans ce monde. »
À mesure que ses pensées s’embrouillaient, la petite clé dans sa main lui parut incroyablement lourde.
« Ne vaudrait-il pas mieux en parler dès maintenant à quelqu’un de confiance et puissant, comme un prêtre d’un dieu bienveillant ou Minos ? »
Se savoir détenteur d’un objet capable de décider du sort du monde poussa Gerik à s’interroger sérieusement sur ses responsabilités.
Mais, après avoir longuement réfléchi, il finit par soupirer et glissa la clé au fond de ses vêtements.
« Si je prends les devants, est-ce que les choses tourneront vraiment bien ? »
Gerik vivait ici depuis moins de six mois, mais cette brève expérience lui avait déjà permis de comprendre en partie la nature du continent d’Aldrun.
Les vrais dieux existaient ici, et ils n’étaient pas des idéaux transcendants comme ceux de sa vie précédente.
Ils avaient une personnalité, poursuivaient leurs propres intérêts et faisaient parfois de mauvais choix. Se fier aux dieux pouvait même précipiter la destruction du monde.
« Il me faut de la force. »
Après mûre réflexion, Gerik comprit que son principal problème était qu’il manquait encore de force, de pouvoir et de renommée pour intervenir dans les affaires du monde.
« … Au moins assez de force pour me protéger. »
Il ignorait si ceux qui avaient attaqué le groupe de Lugos étaient des adeptes des êtres maléfiques qu’il avait vus dans sa vision.
Mais le simple fait qu’ils aient convoité la clé tout en connaissant sa nature prouvait à quel point ils étaient dangereux. Plutôt que de parler à la légère et d’attirer le malheur sur lui, Gerik décida de garder le silence.
« Une chose est sûre. Il y a de grandes chances que les Pillards se soient installés dans la Forêt Sauvage du Démon. »
Une légende racontait que des dieux furieux avaient détruit une civilisation et l’avaient ensevelie sous terre.
À partir de là, Gerik en conclut que des adeptes d’un dieu maléfique, ou un groupe inconnu à la recherche de la clé, s’étaient établis quelque part dans la Forêt Sauvage du Démon.
Tandis qu’il mettait de l’ordre dans ses pensées au sujet de la clé, une autre question lui vint à l’esprit.
« Pourquoi le monde où je me suis réincarné a-t-il connu un sort différent de celui de Braktul… ? »
Mais cela ne dura qu’un instant. Gerik trouva rapidement une explication simple.
« C’est probablement parce que les dieux du continent d’Aldrun, où je me suis réincarné, étaient plus puissants que ceux du monde détruit de Braktul. »
Après tout, dans le monde de Braktul, seuls l’Arbre-Monde et son avatar, Braktul, étaient des êtres transcendants. Mais Aldrun comptait une multitude de dieux. Gerik pouvait en citer une quinzaine de mémoire.
« Même Braktul, qui n’était qu’un demi-dieu, possédait un pouvoir transcendant de cette ampleur. Alors, quelle puissance les vrais dieux doivent-ils avoir… ? »
Gerik songea à Braktul, qui avait déployé une puissance absolue dans ses souvenirs. Lorsqu’il eut fini de mettre ses idées au clair, il s’aperçut qu’il était arrivé aux confins des ruines.
« Haa… »
Laissant de côté les secrets du monde, Gerik se rappela qu’un problème bien concret l’attendait et poussa un profond soupir.
« Je ne peux pas rester ici, de toute façon. »
Gerik comprit qu’il devait franchir le portail dimensionnel et retourner aux ruines souterraines.
« Bon sang… Comment suis-je censé remonter là-haut… ? »
À l’idée de devoir retraverser cet interminable espace souterrain, le désespoir lui noua la poitrine et il ne cessa de soupirer.
« Ah, merde ! C’est vraiment la galère !! »
Quelque frustrante et désespérante que soit la situation, il ne pouvait pas passer le reste de sa vie à cueillir des fruits et à les manger dans un endroit sans humains ni animaux.
Comprenant qu’il n’avait pas d’autre choix, Gerik décida de prendre le risque et de retourner aux ruines.
« Ouf… D’abord, de la nourriture et de l’eau… »
Comme il avait fini par explorer une bonne partie de ce monde en ruines, Gerik se trouvait maintenant très loin du portail dimensionnel qui l’avait amené ici.
Même en utilisant Charge sans arrêt, le trajet lui prendrait plusieurs jours au minimum. Il calma donc son impatience et se mit à préparer tranquillement de quoi manger et boire.
« Le chemin du retour… »
Gerik se remémora l’itinéraire qu’il avait suivi, y compris les endroits où il s’était réapprovisionné en chemin.
L’Intelligence accrue par l’Éveillé psionique lui restitua alors le parcours avec une précision remarquable, comme s’il l’avait vu quelques instants plus tôt.
« C’est vraiment pratique. »
Sa mémoire considérablement améliorée lui avait en quelque sorte donné un système de navigation dans la tête.
Grâce à cela, il se rappela sans peine les bosquets et les points d’eau rencontrés en chemin, et n’eut pas besoin de perdre du temps à faire trop de réserves.
« Enfin… !! »
Après trois jours de voyage, il arriva au portail dimensionnel.
Gerik se rappela qu’il était à l’agonie à son arrivée et fut de nouveau submergé par l’émotion.
« J’ai eu de la chance. »
Ses épreuves n’étaient pas terminées, mais il ne pouvait s’empêcher d’être bouleversé.
Après avoir pris un instant pour se ressaisir, il sortit la clé de ses vêtements et s’approcha prudemment du portail dimensionnel.
Hummm… !!
À mesure que Gerik s’approchait du portail dimensionnel, la clé émit vers lui d’étranges ondes, comme la fois précédente.
Touché par ces ondes, le portail commença à éclairer les alentours d’une lumière sombre et contradictoire, venue du vide. Bientôt, un passage s’ouvrit.
« Ça marche… !! »
Le portail s’était formé assez près pour qu’il puisse le toucher en tendant le bras.
Mais Gerik ne bougea pas. Il resta simplement là, à le fixer.
« Me précipiter ne résoudra rien. »
Dans la caverne souterraine de l’autre côté du portail, la seule ressource permettant de survivre était l’eau potable.
Au lieu de retourner à l’aveuglette dans son monde d’origine sans aucun plan, Gerik décida donc de se préparer minutieusement.
« D’abord, je vais rassembler de quoi explorer et traverser la caverne souterraine. »
Après avoir vérifié que le portail dimensionnel fonctionnait normalement, Gerik fouilla les environs à la recherche de branches pouvant servir de torches.
Il utilisa Entaille pour couper des branches qui feraient de bons manches. Pour les têtes des torches, il employa autant que possible les brindilles sèches qu’il avait ramassées, afin d’économiser le tissu et l’huile de bois-huileux.
Les torches qu’il fabriqua étaient loin d’être de bonne qualité. En les regardant, Gerik se consola en se disant qu’il ignorait combien de temps elles brûleraient, mais qu’elles valaient tout de même cent fois mieux que rien.
Cependant, il devait fabriquer avec le plus grand soin les torches qui lui permettraient de garder les deux mains libres en escaladant la falaise. Il employa donc généreusement ses matériaux pour en confectionner exactement deux de bonne qualité.
« Le problème, c’est de savoir comment grimper cette falaise… »
Au fond, tous les problèmes auxquels il était confronté se résumaient à cela.
« Ce serait bien si j’avais une corde. »
Avec une corde, il pourrait facilement surmonter l’obstacle. Sa Force et sa Santé avaient augmenté grâce à la bénédiction sauvage, et il possédait Charge, une compétence de ruée qui lui permettrait d’économiser ses forces.
« Avec une corde, je pourrais m’en passer une longueur autour du corps, foncer avec Charge, puis tailler des prises dans la falaise avec Entaille et m’y assurer… »
Malheureusement, Gerik ne savait pas tresser de corde. À contrecœur, il toucha les plantes des environs et envisagea d’en fabriquer une avec quelque chose d’assez résistant.
« … Laisse tomber. C’est exactement le genre de chose qui tue les gens. »
Il ne possédait ni le savoir-faire ni les connaissances nécessaires pour choisir les matériaux d’une bonne corde. Peu importe ses efforts, celle qu’il fabriquerait maladroitement aurait forcément des défauts.
« Je n’ai pas envie de confier ma vie à une corde qui risque d’être mal faite. »
Si elle se rompait à mi-chemin, ce serait fini.
Survivre à sa dernière chute avait tenu du miracle. Gerik n’était pas assez optimiste pour croire qu’un tel miracle se produirait deux fois de suite.
Après avoir tordu quelques tiges entre ses mains, il finit par les jeter, puis attira une outre avec la Télékinésie et se désaltéra.
« … Attends. Est-ce que j’ai vraiment besoin d’une corde ? »
En regardant l’outre, Gerik eut une idée. Il la posa et leva lentement la tête vers la paroi rocheuse voisine.
Il leva alors la main, se concentra sur une saillie rocheuse toute proche et la fixa du regard.
Comme il s’y attendait, la force invisible qui émanait de sa main agrippa fermement la roche selon sa volonté.
« Est-ce que… la Télékinésie peut supporter mon poids ? »
À cette pensée, Gerik s’appuya sur la Télékinésie et souleva les deux pieds du sol.
À sa grande surprise, la force soutint fermement son corps.
Mais seulement pendant dix secondes.
« Ça marche ?! »
Encouragé par ce que lui avait montré la Télékinésie, Gerik procéda à diverses expériences.
Fait remarquable, à moins de cinq mètres, la Télékinésie pouvait saisir fermement presque n’importe quelle saillie.
Les fissures trop étroites pour y glisser les doigts et les parois lisses impossibles à agripper à mains nues ne posaient aucun problème à la Télékinésie.
En fait, elle le maintenait bien plus fermement que ses mains. À certains égards, elle était même préférable à une corde.
Le problème, c’était la durée maximale de la Télékinésie.
Comme le niveau de la compétence était encore bas, il ne pouvait la maintenir qu’une dizaine de secondes, quoi qu’il fasse.
Cette brève durée ne suffirait pas à escalader une falaise aussi haute, et Gerik sentit la déception l’envahir.
« Attends. »
Au début, cette durée limitée lui avait paru être une contrainte insurmontable.
Mais après un instant de réflexion, Gerik se rappela qu’il possédait une autre compétence capable de contourner ce problème.
« J’ai Charge… »
Dès que l’idée lui vint, Gerik n’hésita pas et la mit aussitôt à l’épreuve.
La méthode était simple.
Il lui suffisait de s’agripper brièvement avec la Télékinésie à une saillie située à moins de cinq mètres, sa portée maximale, puis d’utiliser Charge pour se propulser vers l’endroit qu’il voulait atteindre.
Tant qu’il trouverait un point d’appui convenable à proximité, les dix secondes de la Télékinésie seraient largement suffisantes.
Voyant là une possibilité, Gerik ne perdit pas de temps. Il répéta plusieurs fois les mouvements sur place pour s’entraîner.
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