Chapitre 60
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre en tant que guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 60 : Le cœur des ruines
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Grâce à l’Éveillé psionique, qui avait entièrement rétabli son état, Gerik avançait d’un pas léger comme une plume.
Boum !!
Chaque fois qu’il rencontrait une pente abrupte, il utilisait Charge sans hésiter et franchissait d’un bond les terrains accidentés.
« Même un alpiniste professionnel de ma vie passée ne pourrait pas me suivre, maintenant, si ? »
Grâce à cela, malgré la hauteur considérable de la colline, Gerik en atteignit le sommet en seulement trois ou quatre heures.
« Ouf… »
Tout en buvant, il observa les alentours. Une forêt à perte de vue s’étendait devant lui. Cette colline était bien plus haute que celle où il avait atterri en franchissant le portail ; son regard portait donc beaucoup plus loin.
« … »
Gerik sentit soudain son souffle se couper.
Ce n’était pas la taille écrasante de la forêt. Il avait vu d’innombrables paysages de ce genre dans la Forêt Sauvage du Démon.
Ce qui le troublait, c’était l’absence totale de présence humaine aux alentours.
L’écosystème ressemblait clairement à celui de la forêt extérieure. D’après ce qu’il avait vécu jusqu’ici, un village frontalier aurait dû se trouver dans les environs.
« Ça ne correspond à rien de ce que je sais… »
À cet instant, une phrase qu’il avait aperçue quelques jours plus tôt dans sa fenêtre de statut lui revint soudain à l’esprit.
Célébrité d’un monde détruit.
À l’époque, il s’était occupé de son corps moribond et avait balayé cette mention, la prenant pour le surnom d’un pays ou une expression à la mode.
« …C’est impossible. »
Un frisson parcourut l’échine de Gerik tandis qu’il scrutait de nouveau la forêt déserte.
« Et si ce n’était vraiment pas le monde où j’ai vécu ? »
Il avait compris depuis longtemps qu’il ne se trouvait pas dans la Forêt Sauvage du Démon. Mais se retrouver dans un monde entièrement différent, c’était une autre histoire.
Bien sûr, il n’avait pour seul indice que la description d’un fruit et cette forêt sans âme qui vive. Faute de pouvoir vérifier, cela ne restait qu’une hypothèse.
Il se retourna et continua à examiner les environs avec frustration. C’est alors qu’une masse immense entra dans son champ de vision, derrière lui.
Un monticule colossal, assez imposant pour être considéré comme une petite chaîne de montagnes. Il dominait lourdement la crête boisée et attirait irrésistiblement le regard.
Ayant toujours vu des montagnes en Corée, dans sa vie passée, Gerik n’y prêta d’abord pas grande attention.
Mais tandis qu’il balayait les environs du regard, il finit par remarquer quelque chose d’étrange et se concentra sur le monticule.
« Ce serait… des ruines ? »
La plupart des vestiges étaient ensevelis sous les arbres et les lianes, ce qui les rendait difficiles à distinguer.
Pourtant, en plissant les yeux, Gerik distingua, grâce à sa perception et à son intelligence accrues, des piliers de pierre et des sols soigneusement dallés qui affleuraient par endroits sous la végétation.
« Je le savais… ! »
Les ruines vivantes qu’il avait explorées auparavant étaient faites de chair et de cornées. Elles ne venaient clairement pas de cette terre.
Mais celles-ci, c’était différent.
Il s’agissait d’une structure bâtie en taillant et en empilant des pierres. La trace laissée par ceux qui avaient vécu sur cette terre.
« Il doit y avoir quelque chose là-bas. »
Où se trouvait-il ? Où étaient passés les habitants ? S’il existait des réponses, elles ne pouvaient se trouver qu’au milieu de ces ruines.
« Dans le meilleur des cas, des gens seront venus enquêter ici. »
Comme il n’avait aucun moyen de partir pour le moment, rencontrer ne serait-ce qu’une personne serait déjà une immense chance.
« Qui sait ? Peut-être que, comme avec ces ruines vivantes… je vais encore tomber sur le gros lot ? »
Il s’obligea à ne pas prendre cette idée trop au sérieux, puis se dirigea aussitôt vers les ruines.
Les ruines étaient très éloignées.
Il avait beau marcher, la forêt semblait interminable. Heureusement, une rivière coulait en direction des ruines et des grappes de fruits apparaissaient ici et là ; il ne manquait donc ni d’eau ni de nourriture.
Le temps était assez doux pour qu’il puisse, en allumant un feu, se servir de son armure en peau de Chouette grizzly comme d’une couverture et dormir un peu.
Bien sûr, le voyage ne fut pas de tout repos.
Les fourrés denses lui bouchaient la vue. Gerik devait donc grimper de temps à autre dans de grands arbres pour repérer le monticule et éviter de se perdre.
« Ouf… Doucement… Juste un peu… ! »
Chaque fois qu’il s’agrippait à une branche élevée, le souvenir de sa chute de la falaise lui revenait et faisait trembler le bout de ses doigts.
Bzzzt… !!
Mais la télékinésie qu’il venait d’acquérir lui apportait souvent un grand réconfort. Lorsqu’il tendait la main pour saisir une branche épaisse, une force invisible tirait fermement son corps vers le haut.
Après avoir observé les environs et être redescendu, Gerik s’adossa à un arbre et ferma les yeux. Il se reposait sans être fatigué pour une raison simple.
Ces derniers jours, il avait découvert que le sommeil était le moyen le plus rapide de récupérer cette énergie.
« D’après ce que j’ai constaté ces derniers jours… comment définir la télékinésie ? »
À mesure que la lourde fatigue à l’arrière de sa tête s’estompait, Gerik entreprit de mettre en ordre ses observations.
« Sa portée est d’environ cinq mètres. À pleine puissance, elle tient dix secondes d’affilée. Après une utilisation, il me faut à peu près dix secondes avant de pouvoir recommencer. Si je l’utilise ainsi sans interruption, je peux tenir environ dix fois… »
Le problème, c’était sa puissance.
Il avait beau forcer, sa force n’équivalait qu’à celle de l’avant-bras d’un adulte. Lorsqu’il tentait d’en tirer davantage, elle se dispersait comme par magie, alors qu’il lui restait encore de l’énergie, et il ne parvenait pas à la maintenir.
« C’est parce que son niveau est bas ? Entaille et Charge se sont toutes les deux renforcées en montant de niveau. »
Malgré ses nombreuses limites, Gerik ne détestait pas ce pouvoir.
C’était comme recevoir un cadeau amusant du père Noël à Noël.
À force de s’exercer à la télékinésie en marchant, tel un enfant qui joue avec un nouveau jouet, il atteignit sa destination sans s’ennuyer.
« Enfin… !! »
Après plusieurs jours de marche, il arriva enfin aux ruines.
Des arbres et des buissons, petits et grands, avaient recouvert les sols dallés et les piliers brisés, mais même eux ne parvenaient pas à dissimuler toute la majesté des ruines.
« Tout ça vient d’un seul pilier ? »
Ce qui surprit le plus Gerik, ce furent les piliers effondrés, éparpillés sur le sol. Réduits en morceaux méconnaissables, ils n’en étaient pas moins gigantesques : chaque fragment avait la taille d’un petit bâtiment.
« Quelle civilisation a bien pu laisser de tels vestiges… ? »
Des statues brisées, des murs écroulés, des couloirs effondrés.
Même Gerik, qui avait les connaissances d’un homme moderne, fut frappé par l’ampleur des lieux.
Paradoxalement, l’architecture appartenait clairement à une civilisation antique. Cette contradiction le déconcertait.
« Cela dit, si cet endroit est aussi vaste et aussi avancé… »
Malgré sa confusion, un mince espoir naquit dans le cœur de Gerik.
Un lieu d’une telle envergure devait bien être étudié ou entretenu par quelqu’un. Il devait au moins y avoir des traces de passage.
« …Il n’y a rien. »
Il avait beau fouiller partout et examiner les lieux avec soin, Gerik ne trouvait aucune trace de présence humaine. Pas même celle de pilleurs de tombes, encore moins des vases rituels ou des objets du quotidien qu’on aurait normalement pu s’attendre à trouver.
« Ha… Personne n’a touché à un endroit pareil ? »
Il murmura avec déception, mais le soleil était encore haut dans le ciel. Il lui restait du temps pour explorer ; il continua donc à fouiller les ruines du temple, au cas où.
En pénétrant à l’arrière du temple, Gerik découvrit une immense statue de pierre représentant un géant, à moitié détruite.
« Un autel… ? »
On avait peut-être offert des tributs au géant. Sous la statue fracassée se trouvaient un brasero de pierre, un autel et d’autres objets du même genre.
En s’approchant par curiosité, Gerik remarqua l’ouverture d’une grotte derrière l’autel.
« Les broussailles la cachent, mais c’est bien une grotte. »
Le bruissement des buissons et le faible souffle du vent.
À ces indices, Gerik eut la certitude qu’un passage menait quelque part derrière l’autel.
« Et si… ? »
Ayant obtenu une récompense considérable dans les ruines vivantes effondrées quelques jours auparavant, Gerik éprouva une vive curiosité pour cette grotte.
Frouf.
Il ramassa des brindilles sèches, les enduisit de sève de bois-huile et fabriqua rapidement une torche fiable.
La tenant devant lui, Gerik écarta les broussailles et s’avança prudemment dans la grotte obscure.
« …Un temple ? »
Étrangement, l’intérieur de la grotte avait un aspect très artificiel. Quelqu’un semblait avoir taillé et façonné les parois d’une caverne naturelle pour lui donner l’apparence d’un temple.
La grotte était aussi assez vaste. Cependant, un seul chemin la traversait, sans bifurcation ; Gerik pouvait donc s’enfoncer toujours plus loin sans craindre de se perdre.
Après avoir marché un certain temps, Gerik déboucha sur une immense salle circulaire.
« … ! »
Un autel gigantesque se dressait au centre de la salle.
Et, posé dessus, un énorme rocher à la forme bizarre, difficile à décrire.
« …Une épée ? »
Une épée était profondément enfoncée dans le rocher.
Seule sa poignée dépassait, mais une gemme bleu ciel, faiblement lumineuse, sertie dans son pommeau attirait le regard.
« Il y a eu une sorte de guerre, ici… ? »
Les environs correspondaient parfaitement à ce que Gerik avait imaginé.
Les traces d’un combat acharné avaient peut-être causé les dégâts de toute la zone ; d’énormes rochers, tombés du plafond, jonchaient le sol.
« Qu’est-ce que c’est… ? »
Gerik faisait le tour de la salle avec sa torche lorsqu’il découvrit bientôt des restes inconnus, effondrés au sol.
C’était la première chose qu’il voyait depuis son arrivée qui ressemblait à un être humain.
Plus précisément, il s’agissait d’un cadavre dont il ne restait que les os.
« Un pilleur de tombes… ? Non, ce n’est pas humain… ? »
En s’approchant pour l’examiner attentivement, Gerik confirma que son squelette différait nettement de celui d’un humain.
Son crâne anormalement long était déjà étrange, mais la plus grande différence était que, malgré ses mains et ses pieds, trois os longs et fins s’étiraient de façon grotesque à chacun de ses coudes et de ses genoux.
« Ça… Ce serait… ? »
Gerik se remémora instinctivement la créature tentaculaire qu’il avait aperçue quelques jours auparavant sur un panneau des ruines vivantes. Sa mémoire améliorée lui en restitua l’image avec une netteté saisissante.
« J’en suis sûr… !! C’est un humain tentaculaire… !! »
Après avoir inspecté les lieux avec soin et vérifié qu’il n’y avait rien d’autre à signaler, Gerik reporta naturellement son attention sur le rocher traversé par l’épée.
« Un fragment… peut-être ? »
Comme pour confirmer ses soupçons, le rocher était couvert de motifs étranges et sa surface était rugueuse et irrégulière.
Les épaisses lignes qui ressemblaient à des veines empêchaient surtout de le prendre pour un objet naturel.
Après l’avoir examiné un long moment, Gerik envisagea de le toucher pour faire apparaître sa fenêtre de statut.
Toutefois, se souvenant de la terrible mésaventure qu’il avait vécue après avoir touché à la légère un objet des ruines vivantes, il se contenta d’en explorer la surface avec sa télékinésie.
« …Rien d’anormal, pour l’instant. »
Après l’avoir sondé un moment sans provoquer de réaction, Gerik prit son courage à deux mains et posa directement la main sur le rocher.
Comme prévu, sa paume ne sentit que la pierre froide et dure. Aucune malédiction sinistre ni aucun piège ne se manifesta.
Soulagé, il expira et fit apparaître la fenêtre de statut.
『?? de Br?? scellé』
『Type : ??』
『Grade : ??』
『Effet : ??』
『Remarque : ??』
« …Scellé ? »
Des caractères brisés masquaient les informations. Le seul mot qu’il pouvait lire correctement était « scellé ».
Mais cela suffisait à le convaincre que l’étrange rocher devant lui n’était pas un objet ordinaire.
Gerik fit apparaître la fenêtre de statut encore et encore. Pourtant, les informations cachées ne se révélèrent jamais, comme si le sceau devait être brisé pour qu’elles s’affichent.
« Je n’ai pas le choix, alors. »
Gerik reporta finalement son attention sur la poignée de l’épée fichée dans le rocher.
« L’épée aussi… Au cas où… »
Se préparant à parer à tout danger, il projeta de nouveau sa télékinésie vers la poignée.
Bzzzt… !!
Au moment où sa télékinésie toucha la poignée, une faible vibration émana soudain de la gemme sertie dans l’épée.
« Qu… Qu’est-ce que c’est… ? »
Tremblement… !!
Ce n’était pas le fruit de son imagination.
Au contact de sa télékinésie, la gemme se mit à l’aspirer avidement, comme une bête affamée qui aurait enfin trouvé de quoi se nourrir après une longue attente.
« Qu’est-ce que… !! »
Il sentit l’énergie refluer rapidement depuis l’arrière de sa tête.
Affolé, il tenta d’interrompre sa télékinésie, mais l’épée semblait s’y opposer. Elle maintint de force son pouvoir et continua d’en absorber l’énergie.
« C’est complètement fou… !! »
La précaution qu’il avait prise pour sa sécurité s’était changée en poison.
Terrorisé, Gerik contracta instinctivement la main droite et tira de toutes ses forces sur sa télékinésie, comme pour l’arracher à l’épée.
Fouish !!
Un événement inattendu se produisit.
Comme entraînée par sa télékinésie, l’épée fichée dans le rocher en sortit en glissant.
Clac !!
Au même instant, l’épée fendit l’air et atterrit pile dans la main de Gerik.
« …Hein ? »
Gerik baissa les yeux, hagard, sur l’épée qu’il tenait.
Sa lame translucide brillait d’une lueur bleu-vert, et un cristal inconnu flottait à son extrémité, comme s’il en constituait la pointe.
« …Un sabre laser ? »
À part sa lame, plus fine et plus transparente, elle ressemblait beaucoup aux épées d’énergie qu’il avait vues dans les œuvres de science-fiction de sa vie passée.
« Ce doit être un artefact… pas vrai ? »
Excité par cette découverte inattendue, Gerik s’apprêtait à faire réapparaître la fenêtre de statut pour l’identifier.
Crac… !! Crac !! Craaaac… !!!
Un grondement sourd se mit à retentir devant lui.
« … ?! »
Gerik releva précipitamment la tête et vit que le rocher d’où il avait retiré l’épée rougissait lentement.
Boum… !! Boum… !!
Rouge comme de la lave, le rocher se mit à pulser comme un cœur vivant.
À cette vue, Gerik comprit que les marques qu’il avait prises pour des « veines » en étaient bien.
Mais ces pulsations violentes ne durèrent qu’un instant.
Du trou où l’épée était enfoncée quelques instants plus tôt, une substance rouge inconnue se mit à jaillir.
Crac !! Craaaac !!
Alors qu’elle jaillissait, le rocher pulsant sembla ne plus pouvoir tenir. Il se fendit, puis s’effrita rapidement en poussière.
Laissant les débris derrière elle, la force rouge flotta dans les airs et se mit à dériver dans la salle.
« … »
Gerik observa la scène sans même respirer, puis remarqua un étrange changement.
Chaque fois que la force touchait les murs obstrués, de jeunes pousses vertes jaillissaient du sol desséché et des parois.
« Une force vitale… ? »
Tandis que Gerik observait, éberlué, la force se mit à errer sans but autour du rocher brisé, comme si elle cherchait quelque chose.
À la manière d’un aveugle qui longe les murs à la recherche d’une sortie.
« Euh… Ne me dites pas que… ?! »
Un terrible pressentiment traversa l’esprit de Gerik.
« La seule sortie, pour l’instant… »
Au moment même où cette pensée glaçante lui traversa l’esprit, un courant d’air venant de derrière Gerik atteignit la force qui errait dans la salle.
Comme si elle avait trouvé ce qu’elle cherchait, la force cessa de tâtonner le long des murs et fonça à une vitesse incroyable vers le passage où se tenait Gerik.
« Non… C’est pas possible… !! »
Fouish !!
Gerik utilisa Charge pour tenter de l’esquiver.
Mais cette force allait bien trop vite pour qu’il puisse lui échapper avec une technique comme Charge.
Elle atteignit Gerik en un instant. En le détectant au passage, la force en fuite s’immobilisa aussitôt et l’encercla.
« Qu… Qu’est-ce que c’est… ?! »
Tandis qu’il paniquait et cherchait un moyen de s’en sortir, la force qui entourait Gerik se mit à s’engouffrer d’un seul coup au centre de son cœur.
« !? »
Une vitalité indescriptible envahit tout son corps.
Il avait l’impression que chacune de ses cellules s’éveillait.
Son sang, refroidi par l’épuisement, se mit à bouillir et ses muscles fatigués retrouvèrent leur force. Il ressentit une plénitude d’un bonheur écrasant.
Mais cela ne dura qu’un instant.
Son corps fut entièrement restauré, mais la vitalité continuait de se déverser sans fin dans son cœur.
« Ghh… !! »
Submergé par une force vitale qu’il ne pouvait supporter, Gerik se tordit de douleur, comme si son cœur était broyé.
Et c’était bel et bien le cas.
Cette puissance insoutenable écrasa son cœur fragile en un instant.
Mais la force implantée dans son cœur ne semblait pas vouloir le laisser mourir. Dès que celui-ci céda, elle le répara grâce à cette vitalité.
« Ghh… Ghh… !! »
Et cela rendit Gerik fou.
La douleur, si atroce qu’il aurait voulu mourir, se répétait sans fin.
L’épée lui échappa des mains et roula sur le sol.
Incapable même de crier, Gerik se cramponna à sa poitrine et se tordit de douleur, tandis que du sang rouge sombre se mettait à couler de toutes les ouvertures de son corps, y compris ses yeux et ses narines.
Boum… !! Boum… !!
Pourtant, la force logée dans son cœur continuait de pulser avec vigueur, faisant circuler violemment la vitalité dans tout son corps par ses vaisseaux sanguins.
Jusqu’au bout de ses doigts, à ses orteils et au sommet de sa tête.
Lorsque cette force brûlante se précipita enfin dans son esprit…
« Aaah… !! »
La vision de Gerik devint entièrement blanche.
Puis il perdit connaissance.
* * *
La lumière s’estompa lentement.
Quand Gerik reprit connaissance, il se rendit compte qu’il ne pouvait, pour une raison ou une autre, bouger son corps comme il le voulait.
« Qu’est-ce que… ? »
C’était une sensation étrange, qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant.
L’esprit de Gerik était parfaitement éveillé, mais son corps ne lui appartenait plus.
Il avait l’impression que quelqu’un avait pris possession de lui et qu’il ne pouvait que regarder le monde.
Son regard plongeait depuis une hauteur vertigineuse.
Des motifs inconnus étaient tatoués en abondance sur une peau couleur bronze ; en dessous, des muscles parfaits et magnifiques semblaient sculptés dans le marbre.
« L’avatar de l’Arbre-Monde… et du dieu sauvage… Braktul ? »
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