Chapitre 59
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 59 : Ruines palpitantes (4)
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Après avoir lu l’explication sur les attributs dans sa fenêtre de statut, Gerik comprit enfin pourquoi il avait mémorisé si facilement ces symboles qui lui étaient inconnus.
Heureusement, ce n’était pas une sorte de lavage de cerveau.
Sa mémoire était devenue incroyablement vive parce que la procédure avait augmenté son Intelligence, et non à cause d’une altération physique néfaste.
Une fois qu’il s’en rendit compte, l’angoisse qui persistait au fond de son cœur commença peu à peu à s’estomper.
« Pfiou… »
Il ne parvenait toujours pas à se détendre complètement, mais au vu de tout ce qu’il avait appris jusque-là, Gerik se réjouissait de la chance incroyable qu’il avait eue.
« Un mal pour un bien… C’est exactement ça. »
Cette chance inattendue lui remonta le moral, et sa curiosité pour l’étrange vaisseau s’éveilla tout naturellement.
Dans l’espoir d’y trouver d’autres avantages, il retourna vers la salle de contrôle où il était entré la première fois.
Si je regarde l’intérieur sur les caméras de surveillance, je trouverai peut-être quelque chose d’utile.
Alors que Gerik examinait le grand écran de la salle de contrôle, un événement inattendu se produisit.
Ouî-ouî !! Ouî-ouî… !!
L’indicateur de batterie, qui clignotait de manière irrégulière dans la salle de contrôle, se mit soudain à flasher à toute vitesse. Une sirène stridente retentit dans tout le vaisseau.
Hummm… !!
Comme si cela ne suffisait pas, les cristaux qui éclairaient le vaisseau se mirent à vaciller, tandis qu’un étrange bruit de lame fendant l’air résonnait.
Sur les images des caméras de surveillance, les portes des sections extérieures se refermaient les unes après les autres, isolant les différentes zones, sans doute pour économiser de l’énergie.
… Ça ne présage rien de bon.
En voyant les installations extérieures se désactiver sous ses yeux, Gerik comprit que la situation était grave.
Il avait le pressentiment que s’il tardait, il finirait piégé à l’intérieur.
Je dois d’abord sortir… !!
Pour écarter tout risque imprévu, il décida de sortir d’abord, puis de revenir explorer les lieux une fois que tout serait terminé. Il se hâta aussitôt de reprendre le chemin par lequel il était venu.
Ma mémoire s’est vraiment améliorée.
En revenant sur ses pas, Gerik prit la mesure des effets considérables de la Procédure transcendante sur sa mémoire.
Il se rappelait clairement l’itinéraire qu’il avait suivi, sans la moindre hésitation.
Chhhk !! Chhhk !!
Tandis que Gerik se dirigeait vers la sortie, même la zone centrale semblait passer en mode économie d’énergie. Les portes alentour se scellaient les unes après les autres, comme les lamelles d’un diaphragme qui se referme.
Bon sang… Il faut que je sorte… !!
À mesure que les lourds bruits des portes qui se refermaient derrière lui se rapprochaient, Gerik céda à la panique.
Comprenant qu’il n’y arriverait pas autrement, il utilisa même Charge et fila à toute allure dans le couloir.
Chhhraack !!
À l’instant où Gerik se faufila par l’ouverture béante, la porte derrière lui se scella complètement.
« Haa… Putain… Haa… C’était moins une… !! »
Ayant échappé de justesse au piège, Gerik haleta tout en se retournant vers le vaisseau hermétiquement fermé.
C’était probablement… à cause de ma guérison et de la procédure.
Gerik supposa que l’Éveillé psionique du vaisseau avait dépensé toute l’énergie qui lui restait pour le sauver alors qu’il était mourant, puis lui imposer la procédure psionique.
Il y réfléchit un instant, puis fut soudain envahi par les regrets.
Si les Ruines abritaient aussi tranquillement une chose aussi incroyable qu’un Éveillé psionique, il y avait de fortes chances que des trésors encore plus précieux reposent dans leurs profondeurs.
Hmm… Est-ce que je devrais essayer de forcer le passage ?
Incapable de renoncer à cette idée, Gerik ramassa une pierre et frappa la porte scellée afin d’éprouver la solidité du vaisseau.
Clang ! Clang !
Mais la porte était si solide qu’elle n’avait même pas été égratignée.
Par précaution, il entailla aussi de son épée la paroi charnue. Le résultat fut le même. Malgré son aspect mou, la lame n’y laissa pas la moindre marque.
« … C’est si résistant que ça ?! »
Gerik laissa échapper un rire incrédule devant la solidité du vaisseau. Une question lui vint alors à l’esprit.
Si ce vaisseau est si solide… comment a-t-il pu être détruit à ce point ?
Ce gigantesque vaisseau, que même une compétence ne lui permettait pas d’égratigner, avait le corps et la queue complètement fracassés. Gerik se demanda ce qui avait bien pu causer de tels dégâts.
Mais il eut beau se creuser la tête, impossible pour lui de trouver la réponse sur-le-champ. Il finit par laisser cette question de côté et décida d’y revenir un autre jour.
Grrr.
À cet instant, son ventre gargouilla bruyamment, et une faim accablante le saisit. Ce n’était pas le genre de faim qu’on éprouvait après avoir simplement sauté un repas.
… Ça fait combien de temps que je n’ai rien mangé ?
Gerik leva machinalement les yeux vers l’extérieur. Le jour s’était levé. C’était le matin.
Le soleil se couchait quand je suis entré.
Se souvenant qu’il était entré dans le vaisseau aux alentours du coucher du soleil, Gerik comprit enfin qu’au moins une journée, peut-être davantage, avait dû s’écouler pendant la procédure.
Affamé, Gerik se rappela les baies dorées qu’il avait placées dans une besace de fortune, fabriquée avec la doublure matelassée de son armure. Il vérifia celle qu’il avait laissée à l’entrée des Ruines.
« … Elles ont pourri ? »
Gerik fronça les sourcils dès qu’il l’ouvrit. Les fruits avaient tellement changé qu’une seule journée n’aurait pas suffi à les abîmer ainsi. Il pouvait enfin être certain que sa guérison n’avait pas duré qu’un jour.
Après avoir jeté les baies gâtées, Gerik se dirigea vers le bosquet de baies dorées qu’il avait visité la veille, pour se remplir l’estomac et trouver de l’eau potable.
Heureusement, il ne se perdit pas. Son Intelligence accrue lui permettait peut-être de se rappeler et de reconnaître facilement les lieux qu’il n’avait traversés qu’une fois. Il retrouva le bosquet sans grande difficulté.
Glou… Glou…
À son arrivée, Gerik mit sa faim de côté pour l’instant et s’approcha du ruisseau afin d’étancher sa soif.
Il se déshabilla ensuite complètement, entra sans hésiter dans le ruisseau et se mit à laver l’infâme liquide inconnu qui lui collait à la peau.
Floc… !! Floc… !!
Après s’être aspergé d’eau à plusieurs reprises et avoir frotté sa peau pendant un bon moment, il parvint peu à peu à éliminer la substance gluante qui s’y accrochait.
Une fois propre, il rapporta son armure et ses vêtements et les lava à leur tour.
« Pfiou… Je revis, enfin. »
Après s’être nettoyé, ainsi que son équipement, tant bien que mal, Gerik s’approcha enfin de l’arbre pour manger des baies dorées.
« Beurk… J’en ai trop cueilli la dernière fois ? »
Un petit problème se présenta à lui. Quelques jours plus tôt, il avait cueilli tous les fruits à sa portée sur les branches du bas. Les baies restantes pendaient désormais toutes en hauteur.
Quelle corvée…
Il pouvait toujours grimper à l’arbre, mais depuis sa récente chute, Gerik avait développé le vertige et n’en avait pas envie. Tandis qu’il réfléchissait à ses options, une idée lui traversa l’esprit.
Je ne pourrais pas utiliser la télékinésie ?
Dans les récits de science-fiction de sa vie antérieure, Gerik avait compris la télékinésie comme le pouvoir d’exercer à distance une force physique invisible sur des objets, selon la volonté de son utilisateur.
Si c’était bien le pouvoir qu’il connaissait, il était certain de pouvoir cueillir les fruits sans grimper à l’arbre.
Le problème, c’est que… je n’ai aucune idée de la façon de m’en servir.
Bien qu’il eût acquis cette compétence, Gerik ne savait pas comment l’activer. Il fixa d’un air absent les fruits accrochés à l’arbre et formula avec ardeur le souhait de les obtenir.
Je veux… cueillir cette baie.
Au moment où Gerik le souhaita de tout son cœur,
Bzzz.
Une sensation de picotement lui parcourut l’arrière du crâne, et la baie dorée suspendue à la branche se mit à trembler légèrement.
« … ! »
Gerik ouvrit de grands yeux. À l’instant, il venait de comprendre qu’il avait utilisé la télékinésie.
« Il suffit donc de regarder ce que je veux et de le désirer !! »
Tout excité, Gerik s’assit sur place et se mit à expérimenter sérieusement.
Au début, il ne parvint qu’à faire trembler les choses. Mais à force de se concentrer, il prit peu à peu le coup de main. Il courba des branches pour en faire tomber les fruits, puis rattrapa les baies en plein vol et les attira vers sa main.
Après s’être débattu longtemps, Gerik acquit une compréhension sommaire de cette capacité appelée télékinésie.
Pour commencer, elle n’était pas très puissante. Il avait beau essayer, elle ne pouvait soulever au maximum qu’un poids équivalent à ce qu’il pouvait porter lui-même avec ses bras.
Sa portée était tout aussi limitée. Elle atteignait environ cinq pas. Au-delà, il avait beau le vouloir de toutes ses forces, la sensation de saisir l’objet s’atténuait.
Il y avait une autre condition : il devait voir la cible de ses propres yeux. Pointer l’objet du doigt lui permettait d’utiliser son pouvoir avec davantage de précision, mais dès qu’il détournait le regard, la télékinésie s’interrompait brusquement.
Pour l’instant, il lui était donc impossible d’accomplir une prouesse digne d’une bande dessinée, comme déplacer des objets sans les voir.
Mais ce qui le préoccupait le plus était autre chose. Chaque fois qu’il utilisait la télékinésie, l’organe situé à l’arrière de son crâne était stimulé.
Une brève utilisation ne posait pas de problème, mais s’il s’en servait longtemps ou forçait davantage, il sentait une lourde fatigue s’accumuler à l’arrière de son crâne.
Il apprit également que s’il faisait abstraction de cette sensation et continuait à se forcer, l’arrière de son crâne finissait par se raidir au point qu’il ne pouvait plus utiliser son pouvoir.
Enfin, il découvrit qu’un usage intensif de la télékinésie lui donnait ensuite une faim dévorante.
De même qu’on disait que le cerveau était l’organe qui consommait le plus d’énergie, plus il utilisait la télékinésie, plus il avait faim, comme après un exercice intense.
Ce n’est pas un pouvoir sans limites…
Après avoir terminé sa longue série d’essais, Gerik se sentit, à vrai dire, un peu déçu. En matière de puissance, la télékinésie était très inférieure à Entaille ou à Charge.
Sa portée était assez courte, la force qu’elle pouvait exercer à la fois était faible et elle avait de nombreuses limites. Ce n’était certainement pas le genre de pouvoir qui lui permettrait de vaincre ses ennemis au combat comme le héros d’un roman de science-fiction.
Mais les compétences évoluent avec leur maîtrise.
Gerik chassa vite sa déception et se remonta le moral. La télékinésie était une capacité qu’il venait à peine d’acquérir, à son niveau le plus bas.
Pour être honnête, Entaille n’avait rien d’extraordinaire au début non plus.
L’expérience lui avait appris que les compétences déployaient une puissance incroyable une fois qu’elles atteignaient un certain niveau.
Il se dit que la télékinésie pourrait elle aussi devenir extrêmement puissante, à mesure que sa maîtrise progresserait et que son niveau augmenterait.
Ne décidons pas trop vite de ses limites.
Une fois sa décision prise, Gerik continua d’utiliser la télékinésie pour cueillir les fruits des branches hautes dès qu’il en avait l’occasion, affinant sa capacité tout en se remplissant l’estomac.
Après avoir cueilli des fruits en hauteur pendant un bon moment grâce à la télékinésie, Gerik s’arrêta quand il en eut assez. Il s’assit près du ruisseau et se remplit peu à peu l’estomac.
Peut-être qu’elles sont meilleures parce que j’étais affamé…
Chaque fois que la douceur des baies dorées se répandait sur sa langue, il sentait ses forces revenir. Après en avoir mangé un moment, son esprit, embrumé depuis quelque temps, s’éclaircit considérablement.
« Pfiou… »
Dans un long soupir, Gerik sentit enfin qu’il avait complètement récupéré. Pourtant, son cœur n’était pas tout à fait tranquille.
Les quelques provisions qu’il lui restait quand il avait été séparé du groupe de Minos étaient désormais épuisées. Il ne lui restait plus rien.
Je ne peux pas me nourrir de fruits éternellement.
Gerik soupira en observant son armure très endommagée et son épée longue à moitié détruite. Pour refaire ses provisions, il décida qu’il devait d’abord quitter les lieux.
Le problème, c’est que je ne connais pas du tout la géographie de la région.
Ravalant sa frustration, Gerik regarda autour de lui. Il aperçut la forêt qui longeait le ruisseau et, au-delà, une colline en pente douce.
Je devrais pouvoir voir loin depuis là-haut. Je vais d’abord repérer le terrain.
Gerik rassembla les baies dorées qu’il avait cueillies et sa gourde, puis décida de se diriger sans attendre vers son objectif.
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