Chapitre 57
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Traducteur/éditeur : Alyo
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◈ Survivre comme guerrier dans un monde de jeu de rôle sur table ◈
Chapitre 57 : Ruines palpitantes (2)
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Plusieurs images de l’intérieur des ruines s’affichèrent sur les petits écrans, comme les images de vidéosurveillance de l’ancienne vie de Gerik. L’entrée, les couloirs et toutes sortes de salles impossibles à identifier.
Gerik étudia les écrans avec un vif intérêt…
« Kof… ! »
Une douleur atroce lui traversa de nouveau la poitrine. Elle était sans commune mesure avec celle qu’il avait ressentie jusque-là. Sans même oser tourner la tête, il cracha un flot de sang rouge sur le panneau.
« Ha… Ha… »
Couvert de sueur froide, Gerik s’essuya précipitamment la bouche du revers de la main.
Ça remuait. Ça remuait.
Le panneau, soudain éclaboussé de sang, se mit à frémir. Pire encore, il absorba avidement celui qui s’était répandu à sa surface.
En un clin d’œil, le sang disparut, comme s’il s’était enfoncé dans de la chair.
« Qu’est-ce que… ! »
Un frisson lui parcourut l’échine. Le visage blême, Gerik recula.
Bien que son corps fût déjà gravement meurtri, il leva instinctivement sa main gauche, relativement épargnée, et resserra sa prise sur son épée longue, prêt à tout.
Heureusement, contrairement à ce qu’il craignait, ce monstre inconnu qui faisait aussi office de structure ne lui fit aucun mal.
Au contraire, il se servit du sang absorbé pour afficher quelque chose à l’écran, à l’intention de Gerik.
« !? »
Une silhouette humanoïde bizarre apparut sur le moniteur.
Elle avait une tête de céphalopode et, au premier coup d’œil, semblait vaguement humaine, mais ses membres se terminaient par des amas de tentacules grotesques qui faisaient frissonner quiconque la voyait.
Serait-ce… une représentation de moi ?
Elle ressemblait si peu à un être humain que Gerik n’avait même pas envisagé qu’elle puisse le représenter.
Mais après l’avoir observée un instant, il remarqua les parties rouges de son corps et comprit que le monstre représentait bel et bien sa propre personne.
Son bras droit brisé était d’une teinte sombre. Son bras gauche fissuré était plus clair. Son abdomen, blessé à l’intérieur, se situait entre les deux. On aurait dit que l’écran avait diagnostiqué son état et l’affichait.
Ce dispositif a lu mon état grâce au sang qu’il a absorbé tout à l’heure ?
Alors que Gerik fixait l’écran, l’un des moniteurs qui montraient l’intérieur du vaisseau changea soudain d’image.
Une zone précise se mit à clignoter, comme pour lui indiquer où déplacer la silhouette qui le représentait. L’écran lui montra même le chemin à suivre pour s’y rendre.
En voyant cela, Gerik eut une illumination.
Un centre de soins… !
Il n’y avait qu’une seule explication à un dispositif qui lisait ses blessures grâce à son sang et le guidait vers un endroit précis.
Qu’est-ce que je devrais faire… ?
En temps normal, Gerik n’aurait jamais confié son corps à un amas de machines inconnu. Encore moins à un appareil constitué d’une chair vivante et inquiétante.
Mais à présent, il n’avait pas le choix. Il était en train de mourir de blessures mortelles, sans aucun moyen de se soigner ni personne pour l’aider.
Deux possibilités s’offraient à lui.
Mourir, ou s’accrocher à une faible chance et espérer un miracle.
Allons-y.
Sa décision prise, Gerik s’appuya sur son épée longue comme sur une canne et s’avança lentement dans la direction indiquée à l’écran.
Ça ne va pas…
Ses blessures semblaient empirer. Contrairement à tout à l’heure, Gerik sentait son état se dégrader à chaque instant tandis qu’il avançait.
Sa vision se brouillait et, incapable de garder l’équilibre, il tanguait sans cesse comme un homme ivre.
Encore un peu… Juste un peu plus loin…
En temps normal, il aurait dû abandonner et s’effondrer. Mais puisqu’une seule possibilité s’était présentée à lui, Gerik tint bon de toutes ses forces et continua d’avancer.
Après une lutte qui lui parut durer une éternité, Gerik parvint enfin à l’endroit indiqué par l’écran.
« Ha… Ha… »
Devant lui se dressait une énorme masse de chair ronde et boursouflée. C’était une machine d’un genre différent des appareils charnus qu’il avait vus jusque-là.
Elle ressemblait à une gigantesque tumeur, couverte d’innombrables filaments semblables à des veines. Elle palpitait faiblement, donnant la nausée à Gerik.
Il doit y avoir… quelque chose…
Gerik força ses paupières, de plus en plus lourdes, à s’ouvrir et examina lentement les lieux.
Il repéra alors un panneau de chair qui lui était désormais un peu familier. Il ressemblait à une version réduite du grand panneau qu’il avait vu à l’entrée.
Fort de son expérience avec le panneau précédent, Gerik approcha sa main tremblante du disque.
Ça remua !
La chair se mit à frémir sur le disque. Elle recouvrit sa main et la caressa.
Cette sensation étrange et atroce, qu’il n’avait jamais connue, le fit frissonner et lui éclaircit brusquement les idées.
Au même moment, l’énorme masse de chair se transforma. Comme si elle était vivante, elle enfla puis se rétracta à plusieurs reprises.
Au bout d’un moment, elle cessa de bouger et commença lentement à s’ouvrir en deux.
À l’intérieur se trouvait un espace rempli d’un liquide visqueux et d’innombrables tentacules. Il était juste assez grand pour accueillir une personne.
Un liquide tiède clapota dans la masse de chair ouverte, tandis que des tentacules de toutes tailles s’y agitaient comme s’ils étaient vivants.
Je suis censé… entrer là-dedans ?
Bien qu’il fût certain qu’il s’agissait d’un centre de soins, Gerik hésita devant la chair béante.
Son instinct lui criait toujours de ne pas y aller.
N’entre pas.
Et puis…
Glissement.
Plusieurs tentacules descendirent silencieusement du plafond derrière Gerik. Ils se plaquèrent contre son dos, puis le poussèrent vers l’avant.
« !! »
Gerik ouvrit de grands yeux, pris par surprise. Il tenta de résister, mais son corps était déjà trop brisé pour lutter contre leur force.
Perdant l’équilibre, il bascula dans la masse de chair fendue.
Floc.
La chair ouverte se referma aussitôt après sa chute, coupant tout contact avec l’extérieur.
Gerik était pris au piège, incapable même de s’échapper.
Terrifié par cet enfermement soudain, il oublia sa douleur et agita les mains en tous sens pour tenter de sortir.
Ça glissait… !! Ça glissait… !!
Comme pour se moquer de ses efforts, des dizaines, puis des centaines de tentacules jaillirent de la chair et se mirent à explorer son corps.
La sensation était absolument terrifiante. Pris de panique, Gerik hurla et se débattit furieusement, tentant désespérément de les arracher à son corps.
« Kof, argh… ! »
Mais plus il se débattait, plus un liquide répugnant lui coulait dans la gorge, gênant sa respiration et l’épuisant.
Pendant ce temps, plusieurs gros tentacules se dressèrent et lui entravèrent les membres. Bientôt, ses bras et ses jambes furent ligotés, l’empêchant complètement de bouger.
Ça glissait… !! Ça glissait… !!
Les autres tentacules, petits et grands, s’activèrent et commencèrent à lui retirer méthodiquement son équipement, pièce par pièce.
Ils commencèrent par sa brigandine en lambeaux, puis lui enlevèrent le fourreau qui lui servait d’attelle et ses armes. Bientôt, il se retrouva entièrement nu.
Clac !! Clac !! Clac !!
D’innombrables petits tentacules commencèrent à se coller au corps de Gerik, complètement à leur merci.
Sans ses vêtements, chaque sensation lui parvenait avec une intensité accrue. La terreur submergea Gerik, qui poussa un cri.
« Glouglou… !! Aaaah ! »
Le tentacule qui recouvrait la bouche de Gerik se divisa en deux dans sa gorge. L’un des filaments s’engagea dans sa trachée en direction de ses poumons, tandis que l’autre descendit dans son œsophage jusqu’à l’estomac, comme un endoscope.
« Urk !! Ugh !! Uuurgh !!! »
Comme si l’envahir de l’extérieur ne suffisait pas, les tentacules pénétraient maintenant à l’intérieur de son corps. Gerik ouvrit des yeux si écarquillés qu’ils semblaient prêts à éclater.
Des tentacules encore plus fins jaillirent de celui qui s’était introduit dans sa bouche. Ils s’attachèrent à ses organes tout en libérant un liquide étrange. Gerik fut saisi d’une peur indicible.
Mais alors, quelque chose d’étrange se produisit.
Quoi que les tentacules eussent fait à l’intérieur de lui, la douleur dans la poitrine de Gerik disparut soudain, comme si elle n’avait jamais existé. Sa respiration, entravée par le sang et les glaires, redevint normale.
Le liquide qu’ils pulvérisaient semblait aussi avoir un effet anesthésiant, car sa douleur s’atténua.
…Hein ?
Puis Gerik ressentit quelque chose d’incroyable.
Les os de son bras droit, brisés lors de sa chute de la falaise et difficiles à soigner même avec des soins d’urgence, commencèrent à se remettre en place, un à un.
Une fois les os ressoudés, ses muscles déchirés et gonflés commencèrent à guérir.
Comme pour lui rendre service, la substance inconnue sécrétée par les tentacules à l’intérieur de lui semblait aussi l’empêcher de ressentir la douleur.
Alors que Gerik se réjouissait de voir son état s’améliorer, les petits tentacules se mirent à s’approcher de son visage.
« Ugh !! Ugh !! Uuurgh !! »
Gerik comprit alors qu’ils tentaient de le soigner.
Mais il ne parvenait pas à surmonter la répulsion instinctive qu’ils lui inspiraient. Il donna des coups de pied et se débattit, refusant de les laisser approcher.
Clac… !! Clac !!
Comme pour se moquer de sa résistance, un gros tentacule lui saisit le cou et lui redressa la tête.
Il ne pouvait plus résister du tout. Les petits tentacules qui attendaient juste devant lui commencèrent à lui recouvrir le visage.
« Ugh !! Urk !! Ugh !! »
Horriblement, les tentacules s’enfoncèrent dans le nez et les oreilles de Gerik. Ils commencèrent même à pénétrer dans ses yeux. La sensation qu’ils semblaient fouiller son cerveau le fit de nouveau paniquer, et il cria.
Ça remuait, ça remuait.
Pour une raison inconnue, les tentacules qui s’étaient introduits dans les yeux et les oreilles de Gerik se mirent alors à fouiller directement son cerveau.
Aaaah !
Une douleur d’un tout autre genre secoua l’esprit de Gerik. Elle n’avait rien à voir avec celle de la chair déchirée et des os brisés. C’était comme si quelque chose raclait les tréfonds de son esprit.
Les sensations étranges qui tourbillonnaient dans son cerveau firent peu à peu blanchir sa conscience.
Finalement, incapable de supporter cette terrible douleur, Gerik perdit connaissance.
Combien de temps s’était écoulé ?
Gerik ouvrit lentement les yeux.
La première chose qu’il remarqua en reprenant connaissance fut qu’il était toujours entouré d’innombrables tentacules. Ils recouvraient son visage et son corps, mais aussi ses organes internes, cerveau compris.
Quand est-ce que ça va s’arrêter… ?
La sensation étrangère, répugnante, qu’il éprouvait dans ses yeux et ses oreilles le rendait presque fou. Il essaya de bouger, mais il était toujours fermement immobilisé et ne pouvait pas remuer d’un pouce.
Renonçant à lutter, Gerik cessa de chercher à s’échapper. À la place, il contracta différents muscles pour vérifier s’il avait récupéré.
…Hein ?
Alors qu’il constatait que la majeure partie de son corps avait retrouvé son état normal et s’apprêtait à pousser un soupir de soulagement, une sensation étrange, qu’il n’avait jamais ressentie auparavant, s’imposa à sa conscience.
La sensation partait de l’arrière de sa tête, ou plus précisément de la région occipitale. Pour une raison inconnue, cet endroit picotait chaque fois que Gerik désirait quelque chose.
Qu’est-ce que c’est… ?
Cette sensation étrange mettait Gerik mal à l’aise. Après tout, elle se manifestait dans son cerveau. Il craignait que les innombrables tentacules qui s’étaient introduits dans sa tête ne lui aient fait quelque chose de grave.
Au moins, elle n’était ni douloureuse ni désagréable.
S’il devait la décrire, il s’agissait plutôt d’une stimulation inhabituelle qui se déclenchait chaque fois qu’une chose lourde, nichée à l’arrière de sa tête, s’activait.
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